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Amicale des Cadres Supérieurs et Dirigeants
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BILLET N° 1 bis


« J’ai du bon tabac dans ma ta…… »

Indispensable pour conserver le tabac , les pots en céramique sont aussi des objets de décoration. Des ancêtres aux modernes , des traditionnels aux facétieux, ils ont eu leur temps…mais rassurez vous si le prix des cigarettes augmente ce n’est pas par « manque de pots », le fisc s’est toujours attaché à travailler « plein pot ».

D’abord utilisé par les Indiens d’Amérique le tabac arrive en Europe au XVIeme siècle , dans les bagages des premiers découvreurs du Nouveau Monde .

On attribue notamment son introduction en France à Jean NICOT. Cet ambassadeur de France au Portugal l’aurait fait connaître à Catherine de MEDICIS dans les années 1560.

La plante exotique, notamment supposée soigner la migraine, s’est rapidement popularisée sous des noms divers : herbe « à NICOT », « à l’Ambassadeur », « à la Reine », ou encore « nicotine ». Chacun se plait alors à priser , puis chiquer ou fumer, le tabac au gré des prescriptions médicales ou des modes lancées par la Cour.

Initialement dans les pharmacies ; Rejoignant la pharmacopée, le tabac est donc vendu par les apothicaires dès le début du XVIIeme siècle. Il est d’abord conservé dans des pots à pharmacie, à l’instar des autres plantes à vocation curative. Il entre ensuite dans les habitations des consommateurs vers le milieu du XVIIIeme siècle. Les premiers pots sont généralement en faïence.

Ils sont surmontés d’un bouchon ou d’un couvercle conique souvent de même matière, ou bien en cuivre ou en étain. Les pots arborent une forme plus ou moins cylindrique et sont généralement dépourvus d’éléments de prise.

Ils sont nombreux du XIXeme siècle aux années 1930. Au XIXeme l’usage du tabac se démocratise et dynamise la fabrication des pots : la grande période de production s’étend de la seconde partie du XIXeme siècle jusqu'au années 1930.

Les fabricants leur attribuent alors des formes et des dimensions variées . C’est à cette époque que les modèles à effigie apparaissent. A l’instar des tabatières les pots à tabac véhiculent parfois des messages.

Très courants jusqu’aux années 1930, les pots se raréfient progressivement après la seconde guerre mondiale. Bien des matières sont employées pour ce type de récipient mais les modèles en céramique sont les plus courants.

Des plus luxueux aux plus populaires à chacun son pot….l’essentiel étant « d’en avoir ».

La tabatière avait déjà instauré une hiérarchie des classes à la fois sociale et physique ; souvenez vous !

« J’en ai du fin et du bien râpé, Mais ce n’est pas pour ton fichu nez.. »

Le pot l’a confortée et il affiche au travers de ses modèles les opinions religieuses, politiques, l’opposition des idées ou même l’esprit grivois des propriétaires.

Au fait les demoiselles de l’escadron volant fumaient elles l’herbe à la Reine ? qu’utilisaient elles ? le pot ou la tabatière !……les pierres de CHENONCEAU sont sur ce point muettes.

Aujourd’hui si chacun d’entre nous manifestait ses sentiments, ses idées et ses intentions en collectionnant les pots à tabac, les ébénistes ne fourniraient plus à fabriquer des étagères…

Et pour conclure vous êtes autorisés à me taxer de vieux pot.

Origine : revue Antiquités Brocante adaptée par MV.

date d'édition sur le site :
08 02 2005