Dans le prétoire… « L’amour… et son univers impitoyable »
La maîtresse éconduite depuis deux mois était venue rencontrer l’épouse bafouée. Elle a pris des coups « sévères ». Mise en scène, conteste la défense.
Sur les photos en couleur, ça ressemble à un passage à tabac en règle. Liliane, la plaignante, a le visage tuméfié, de jolis cocards, un nez cassé, des hématomes partout. Sur la seconde planche, sa jupe est découpée, ses collants saccagés, le soutien-gorge à demi arraché.
A la barre, dans le rôle des « barbares », Bernadette , une petite brune fluette de 47 ans qui a un peu perdu l’accent de Montpellier, et son fils Yohann, qui l’a conservé.
Le 10 Mars 2003, dans la maison de Claix(1) , ils auraient salement tabassé Liliane.
Ce jour là, Liliane, qui était passée la veille pour voir Pascal, le mari de Bernadette, avait fait chou blanc. Le lendemain, elle avait téléphoné à l’épouse, en se présentant comme une collègue de travail. Elle est venue. D’entrée de jeu, elle a annoncé la couleur. En substance : je suis la maîtresse de votre mari depuis six ans et demi. Il faut que l’on parle.
Version de Bernadette : elle s’est énervée, lui a collé une bonne gifle, l’a attrapée « par la peau des fesses » et l’a jetée dehors.
Version Liliane : elle a été attirée dans un guet-apens, séquestrée pendant une paire d’heures, frappée par la mère pendant que le fils la tenait. Ils lui ont même coupé des cheveux, lacéré ses vêtements, « Ils ont menacé de me tuer, de me foutre à l’eau ».
« Un gros pain »
En fin d’après midi Liliane qui était alors en dépression et en arrêt de maladie, s’est pointée sur son lieu de travail. Ses collègues l’ont vu arriver ensanglantée et déchirée.
Une première plainte avait été classée sans suite. Aux enquêteurs, elle avait omis de dire qu’elle était la maîtresse du mari. Une seconde, avec constitution de partie civile, a conduit tout le monde au tribunal. Stéphanie Veyssière, le procureur, comme Jean- Pierre Portet, l’avocat de Liliane, ont été « horrifiés » par les photos.
Pas Danièle Trimoulinard et Philippe Lesbarrères, les avocats de la défense, qui avec véhémence, se sont attachés à pointer les contradictions, les mensonges, les omissions , les calculs et la mise en scène de la plaignante, horrifiés, eux, par les trois ans de prison dont deux avec sursis réclamés par le parquet pour des violences aggravées.
Une « expertise médico-légale sur photos, un rapport psy qui parle de traits hystériques et d’accusations à connotation sexuelle », a tonné Danièle Trimoulinard « vengeance d’une maîtresse bafouée et larguée » a appuyé Philippe Lesbarrères qui demandait que sa cliente ne soit condamnée que pour ce qu’elle a fait. En clair, avoir collé « un gros pain » à la maîtresse de son mari, un peu « responsable de ce qui lui est arrivé ».
Le tribunal a besoin de réfléchir, il rendra sa décision le 21 Mars… « à moins que d’ici là JR…n’ait réconcilié l’épouse et la maîtresse…..impitoyable vous dis je ! ».(2).
Origine Journal La Charente Libre , titre et notes de MV.