CERCLE des POETES NON DISPARUS
A l’adresse de M. J.P. BAILLY, P. D.G. de La Poste
Nos meilleurs voeux Monsieur le Président
Monsieur Jean-Paul Camo, en cette fin d’année,
Dans un style aigre-doux, décide de supprimer
Les très gros avantages qui nous étaient donnés
Pour alléger les charges
[insupportables] que vous devez gérer.
Artisans du passé, nous aurions aimé croire
Tenir une autre place, dans cette longue histoire
D’une POSTE travailleuse où vous avez maintenant
L’honneur de détenir le siège de Président.
S’il est un exercice hautement périlleux,
C’est de choisir les mots pour présenter ses voeux.
Les vôtres sans nul doute, sont très économiques
Et bien dans le droit fil de votre politique.
Pour que vivent ces liens qui ont toujours unis
La Poste aux personnels d’hier et d’aujourd’hui
Peut être fallait-il, dans vos civilités,
Mettre moins de commerce...et plus d’humanité.
Entre les normes IAS qui doivent être intégrées
Et les mesures nouvelles de comptabilité
Aucun mot souhaitant une bonne santé
A votre Personnel, actif ou retraité.
Vous avez su bannir tous les propos qui fâchent,
Tel le pouvoir d’achat qui ici ferait tâche,
Et ne pas écrire que, faute de résultats,
Nos chères pensions devront... demeurer en l’état.
Entre l’étau des taux, notre avenir s’étiole
Mais nous avons encore le droit à la parole.
Un jour le temps qui passe aura raison de nous,
Mais il en reste assez pour qu’on s’adresse à vous.
Nous osons dire enfin, privilège de l’âge,
Et n’y voyez ici pas l’ombre d’un outrage,
Que ce que nous voulons en un vers se résume:
Jouir de son vivant mieux qu’à titre posthume.
Qui ne dit rien consent, affirme un vieil adage,
C’est pourquoi nous avons transgressé les usages.
Et si notre propos a un ton dérangeant
C’est pour rendre justice à vos anciens agents.
L’année est avancée, le temps des voeux est loin.
Mais il n’est pas trop tard, si vous le voulez bien
Pour accepter les nôtres, de loin plus avenants :
Que votre année soit belle, Monsieur le Président.
Joseph Desramaut
Un retraité très...très... attaché à LA POSTE
Notre ami Desramaut a parfaitement dit
Tout ce que, comme lui, nous avons en l’esprit.
Ces lignes bien châtiées, nous les aurions écrites
Car en termes choisis, ces choses là sont dites !
Pour ce faire, cependant, il y faut du talent..
Et de l’humour aussi. En avons-nous autant
Que le postier poète ? Hélas, sûrement pas !
Mais faut-il pour autant ne pas oser un pas ?
Le pas de l’amitié que l’on doit à tous ceux
Qui, comme nous, longtemps ont oeuvré de leur mieux
A faire du “P” de Poste, une belle épitaphe
Avec le “T” des autres, télé...phone ou graphe.
En guise de réponse, risquons-nous donc, au moins
À poser simplement quelques alexandrins.
Chez nos amis postiers c’est comme une tradition
Il est recommandé d’accuser réception
Jacques d’Ardenne
Souvenirs, souvenirs
En feuilletant notre album réservé au souvenirs de ''Rencontres et Voyages'' de l'Amicale, ma femme et moi avons retrouvé cet acrostiche datant du printemps 1992 et ''figeant dans le marbre'' un bien beau séjour en l'Hôtel Aréna Bianca de Propriano. Nous étions 17 pour cette aventure Corse. Trois d'entre nous ne sont plus là mais leur présence ne fait aujourd'hui aucun doute dans notre coeur et notre esprit. Nous adressons ce modeste poème à nos compagnes et compagnons de cette époque, mais plus largement aussi à tous nos amis de l' ACSED/ACR confondus dans la chaleur de l'amitié fidèle.
A vec les traits divers qui qualifient nos vies,
R éunis en ces lieux d'une commune envie,
E t soucieux avant tout d'en vivre le partage,
N ous goûtons l'amitié, discrète et dont l'image,
A ce délice en Corse ajoutera son prix.
B ienheureux serons-nous au temps du souvenir.
I l suffira de peu pour qu'onde déferlante,
A notre esprit jaillissent sans pensée défaillante
N os noms et nos visages et leurs plus beaux sourires
C ar l'amitié survit, intacte et persistante,
A l'usage des temps et distances à couvrir.
Envoi : à l'adresse des seuls initiés...
Apothéose enfin quand la “Princesse en fleurs”
Joignit l'hommage ardent d'un “mandarin de coeur”
A celui “cravaté de son garçon d'honneur”.
(écrit au printemps de l'an de grâce 1992)
Henri.Thévenon