Au mois de juin 1955, la Radiodiffusion Française organisait un référendum On proposait aux auditeurs de choisir parmi cinq cents poèmes de qualité indiscutable, que chacun pouvait se procurer dans sa bibliothèque personnelle ou dans les bibliothèques publiques, les deux cents les plus appréciés dans la littérature française du XIIIème au XIXème siècle. Période riche s’il en est.
Plus de quatre mille réponses pour établir un palmarès indépendant, pas des anthologies qui utilisent les goûts personnels de leurs auteurs.
Aussi l’éventail de ce florilège est-il surprenant, édifiant et étonnant. En effet, si l’on est sûr de trouver Ronsard et sa Cassandre, Villon et ses ballades, Hugo et les contemplations, Lamartine et le Lac, Arvers et son sonnet, on y trouve des moins connus : José Maria de Hérédia, Nicolas Boileau, Théodore de Banville, François Coppée. Et puis encore d’autres généralement oubliés : Pierre Dupont (J’ai deux grands bœufs), Philippe Fabre d’Églantine (Il pleut bergère), Jean-Pierre Florian (Le singe et la lanterne) Agrippa d’Aubigné (Stances).
C’est là que l’on fait des découvertes. Vincent Voiture par exemple :
Sous un habit de fleurs la nymphe que j’adore
L’autre soir apparut si brillante en ces lieux,
Qu’à l’esclat de son teint et celuy de ses yeux
Tout le monde la prit pour la naissante Aurore…
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