ACR Amicale des Cadres Retraités
Association des Cadres Supérieurs Et Dirigeants
du Groupe
france télécom
6, Impasse Bonne Nouvelle
pièce 1301H - BP 80009
75 462 PARIS Cedex 10

Tél. : 01 42 46 59 61
secret.acr@wanadoo.fr

Un peu de poésie...

Un peu de poésie

Au mois de juin 1955, la Radiodiffusion Française organisait un référendum On proposait aux auditeurs de choisir parmi cinq cents poèmes de qualité indiscutable, que chacun pouvait se procurer dans sa bibliothèque personnelle ou dans les bibliothèques publiques, les deux cents les plus appréciés dans la littérature française du XIIIème au XIXème siècle. Période riche s’il en est.

Plus de quatre mille réponses pour établir un palmarès indépendant, pas des anthologies qui utilisent les goûts personnels de leurs auteurs.

Aussi l’éventail de ce florilège est-il surprenant, édifiant et étonnant. En effet, si l’on est sûr de trouver Ronsard et sa Cassandre, Villon et ses ballades, Hugo et les contemplations, Lamartine et le Lac, Arvers et son sonnet, on y trouve des moins connus : José Maria de Hérédia, Nicolas Boileau, Théodore de Banville, François Coppée. Et puis encore d’autres généralement oubliés : Pierre Dupont (J’ai deux grands bœufs), Philippe Fabre d’Églantine (Il pleut bergère), Jean-Pierre Florian (Le singe et la lanterne) Agrippa d’Aubigné (Stances).

C’est là que l’on fait des découvertes. Vincent Voiture par exemple :

Sous un habit de fleurs la nymphe que j’adore

L’autre soir apparut si brillante en ces lieux,

Qu’à l’esclat de son teint et celuy de ses yeux

Tout le monde la prit pour la naissante Aurore…

 


Alfred de MUSSET

Par contre on n’y trouve pas cet acrostiche de Musset adressé à Georges Sand :

Quand je vous jure, hélas! un éternel hommage

Voulez-vous qu’un instant je change de langage ?

Vous seule possédez mon esprit et mon cœur.

Que ne puis-je pas avec vous goûter le vrai bonheur !

Je vous aime, ma belle, et ma plume en délire

Couche sur le papier ce que je n’ose dire

Avec soin, de mes vers, lisez les premiers mots,

Vous saurez quel remède apporter à mes maux.

Réponse de Georges Sand :

Cette grande faveur que votre ardeur réclame

Nuit peut-être à l’honneur, mais répond à ma flamme...


Geoge SAND

Poèmes transmis aimablement par Gilbert Mourat

Un livre rappelant l’aventure des initiateurs de ce référendum, Philippe Soupault et Jean Chouquet, édité par Robert Laffont me tient de Livre de chevet. On peut y voir que les poèmes les plus appréciés furent ;

« Mignonne allons voir...» de Ronsard, puis La Fontaine avec « les Deux Pigeons », et Verlaine : « Il pleure dans mon cœur… »

Nous avons à l’ACR un regain d’actualité poétique. Et bien tant mieux! Ne pouvant rivaliser avec mes collègues sur les alexandrins, je vous livre un peu de moi-même.

J’ai feuilleté l’autre soir quelques pages de ce livre de chevet. J’y ai retrouvé ce poème plein de lumière et de sensualité. Le voici pour vous.

Les roses de Saadi

J’ai voulu ce matin, te rapporter des roses
Mais j’en avais tant pris dans mes ceintures closes
Que les noeuds trop serrés n’ont pu les contenir.

Les noeuds ont éclaté. Les roses envolées
Dans le vent, à la mer, s’en sont toutes allées.
Elles ont suivi l’eau pour ne plus revenir.

La vague en a paru rouge et comme enflammée.
Ce soir, ma robe encore en est toute embaumée...
Respires-en sur moi l’odorant souvenir.

 


Marceline Desbordes-Valmore
( 1786-1859 )
date d'édition sur le Site :
20 03 2006