Zone de Texte: PARIS, capitale du tennis de table  (19-25 mai 2003)

												Jean DEVYS
Zone de Texte: Esprit : Sports et Olympisme . N°27 										14
Zone de Texte: Lors du congrès d’Osaka en 2001, la France a été préférée au Brésil pour organiser les championnats individuels de tennis de table qui, pour la première fois très officiellement, seront dissociés du « par équipes ».
Ces championnats, 47e du nom, se dérouleront du 19 au 25 mai au Palais des Sports de Paris-Bercy. Cela fera 56 ans que la France et la capitale n’avaient eu ce qui est tout à la fois une lourde responsabilité et un grand honneur puisque notre pays, après avoir déjà été le théâtre des 8e championnats en décembre 1933, avait récidivé en 1947, ce qui constituait alors la 1ère édition de l’après guerre.
Bien sûr, il n’y a aucune comparaison possible entre ces trois événements. En 1933, à l’époque où l’école hongroise dominait outrancièrement le tennis de table mondial (on employait plus volontiers l’appellation ping-pong !) en l’absence de toute concurrence asiatique, 12 pays étaient représentés. Il n’étaient toujours que 18 en 1947.
Aujourd’hui, la Fédération Internationale de Tennis de Table (I.T.T.F.), solidement implantée dans les cinq continents, comprend quelques 190 nations affiliées et, pour information, en 1997 à Manchester, 103 desdites nations ont disputé l’épreuve par équipes masculines (Coupe Swaythling) et 77 celle par équipes féminines (Coupe Corbillon, du nom du président français qui l’a imposée). Aucun autre sport ne peut se targuer d’une telle universalité en un même lieu !
Les championnats du monde de tennis de table ont vu le jour en décembre 1926, disputés à Londres à l’initiative conjointe du Dr Lehmann, un berlinois, et de l’anglais  Ivor Montagu qui, élu président, le restera jusqu’en 1967, soit durant 41 ans. Autre record détenu par le tennis de table, tous sports confondus !
Si Ivor Montagu a eu le grand mérite de doter le tennis de table de règles fondamentales et restées longtemps immuables, la suprématie sportive a d’abord appartenu aux pays de l’ancien empire austro-hongrois qui, déjà à la fin du 19e siècle, avait instauré et pérennisé des compétitions régulières, que ce soit individuelles ou par équipes. Et l’on considère encore aujourd’hui que le hongrois Victor Barna reste l’incontournable champion et l’incomparable artiste de la petite balle en celluloïd malgré le chinois Chuang Tsé-Tung ou le suédois Jan.Ove Waldner, les génies des temps modernes. Alors que, côté féminin, la figure emblématique demeure l’ex roumaine Angélica Roséanu, 6 fois championne du monde consécutivement dans les années 50.
De nos jours, les Asiatiques ont repris la domination à leur compte, issus de Chine (surtout), des deux Corée et du Japon. Et les statistiques parlent d’elles-mêmes : sur les 46 titres du Simple Messieurs octroyés jusqu’à présent, la Chine Populaire (apparue tardivement sur la scène internationale) en a conquis 12 (pour 8 joueurs) contre 10 à la Hongrie (à 2 exceptions près, tous remportés avant-guerre) et 9 au Japon. A noter que seules 8 nations s’inscrivent au palmarès de ce qui est considéré comme le titre suprême et c’est donc tout à la gloire de la France et de Jean-Philippe Gatien (champion du monde en 1993 à Göteborg) d’y figurer.
Chez ces dames, 27 championnes représentant 9 nations se partagent les titres, la Chine venant à nouveau largement en tête avec 14 consécrations contre, ici encore, 10 à la Hongrie et 7 au Japon. Aucune française au palmarès doré, le meilleur résultat ayant été obtenu en 1935 à Londres par une certaine Marcelle Delacour qui aura pourtant été une étoile filante au firmament pongiste (inter)national.
Le signataire de ces lignes ne se hasardera pas à pronostiquer ne serait-ce qu’une médaille sur le plancher de Bercy, la génération Gatien arrivant à terme et n’ayant pas encore été remplacée à ce très haut niveau, tout démenti serait une cerise sur le gâteau. Et l’on pense notamment au double messieurs, spécialité dans laquelle nos représentants ont souvent excellé(1).