Zone de Texte: Ces au-delà mystérieux, l’auteur les effleure, mais ne les dévoile jamais tout à fait ! L’effort, la pugnacité de ces alpinistes sont, comme les autres sportifs, comme tout homme, une façon d’approcher ces au-delà mystérieux. 
Mais parfois à trop chercher les limites, on se perd. Et la mort (l’ultime perte) rode dans tout ce roman. 
Les journalistes sportifs n’hésitent pas à employer un vocabulaire lié au combat, à la mort, à la survie pour relater dans les colonnes de leurs journaux, « l’exploit sportif », « l’incroyable victoire »… « ils sont allés au bout de leur force »…  L’image du marathonien qui franchit la ligne d’arrivée en titubant, exténué, les yeux presque révulsés, est à rapprocher des images décrites par Frison-Roche… qui ne l’oublions pas était aussi un grand journaliste !
Zone de Texte: Comme nous l’avions précisé en introduction, Premier de Cordée est certes l’ouvrage le plus connu de Frison-Roche, mais il  est surtout le premier roman d’une série qui en comporte trois. Nous nous sommes ici surtout intéressé à cette première œuvre ; comme il nous semblait intéressant de la  « comparer » avec les deux autres, nous exposons dans les lignes qui suivent deux petits extraits de La Grande Crevasse, puis de Retour à la Montagne. Vous remarquerez que l’auteur poursuit et développe sa vision humaniste de la Montagne, et que sur certains points, Frison-Roche 
s’approche d’une philosophie de vie que nous connaissons si bien : l’Olympisme. 

En effet, l’effort, le dépassement de soi, le respect de l’autre, la construction de projet, la pratique du sport comme élément éducatif et social… sont des éléments très présents dans la pensée de Frison-Roche. Ces mêmes éléments sont inscrits dans la philosophie olympique à travers sa Charte, les écrits de Coubertin et de ses successeurs. 
Voilà peut-être pourquoi, les romans de Frison-Roche ont eu et ont encore de tels succès. Le récit romanesque n’est qu’un simple prétexte, c’est bien tout son « discours » qui fait de son œuvre le premier vrai roman moderne de la 
littérature de montagne, répondant ainsi aux attentes des lecteurs, des hommes et des femmes du XXe. Si la 
Montagne reste un lieu inaccessible, mystérieux et secret, il n’en reste pas moins le théâtre exceptionnel et naturel ou l’Homme se découvre, se construit. La Montagne est en quelque sorte le lieu de toutes les révélations, de tous les 
exploits, de toutes les découvertes… un peu comme nos stades modernes. Soulignons enfin que dans le troisième 
roman, Frison-Roche prend la précaution de mettre à distance le patriotisme sportif, qui, dans la première moitié du XXe, était d’une part très souvent associé à la Montagne et qui d’autre part était utilisé par les régimes totalitaires.
Frison fut le premier grand écrivain à ne pas faire de la Montagne une terre d’exclusion, mais un espace universel… et la diversité de ses lecteurs en est le plus beau témoignage !
Zone de Texte: La Grande Crevasse
Zian essayant de s’extraire d’une crevasse : 
«C’était sa propre liberté qu’il taillait dans la masse froide et hostile. »

Retour à la Montagne
« Oui, pour elle […] la montagne était l’image vivante, la vision charnelle du grand combat 
intérieur, des luttes, des épreuves, des sacrifices de l’homme, de l’action dans ce qu’elle a 
d’intimement lié à l’idéal. »
Zone de Texte: BIBLIOGRAPHIE : 
L’imaginaire de la montagne, ou la philosophie olympique, en littérature, Christophe AIT-BRAHAM, Paris La Sorbonne 1995.
(Cote bibliothèque C.I.O. Lausanne : CIO MA 12255 082)
Zone de Texte: Esprit : Sports et Olympisme . N°27 										21
Zone de Texte: Reproduction 
Edit « J’ai Lu ».