Démocratie participative
Le président de la CCAH nous répond à propos de la démocratie participative
Le conseil communautaire a décidé de s'inscrire dans une démarche de démocratie participative. Pouvez-vous expliquer ce concept ?
C'est assez simple à expliquer et, en même temps, délicat à réaliser. C'est faire en sorte que les citoyens soient parties prenantes, le plus en amont possible, des décisions qui les concernent. Il s'agit également pour les citoyens de faire connaître leurs souhaits aux élus. Les élus doivent donc leur reconnaître ce droit et en tenir compte.
Ce sera délicat parce qu'il y a une révolution culturelle à accomplir. Les élus consultent parfois la population mais de manière trop informelle. Il faudra aller au delà. De même, les citoyens, dans leur grande majorité, ne sont pas habitués à dire leur mot, peut-être parce qu'ils ont le sentiment de n'être pas suffisamment écoutés, ou qu'ils ont peur d'être « mal vus ».
Les élus ont-ils à craindre une diminution de leurs responsabilités ?
Certains peuvent le craindre mais je ne le pense pas. Le temps du « Voter ! Nous agirons pour vous » est terminé et c'est heureux. Nous avons des citoyens de plus en plus informés et curieux qui veulent connaître les tenants et les aboutissants des décisions.
Les élus, en permettant l'éclosion d'une citoyenneté active, seront mieux à même de répondre aux souhaits exprimés, ils seront eux-mêmes mieux compris car ils auront un endroit où s'expliquer. S'ils jouent le jeu, leurs décisions (puisque ce sera toujours à eux de décider) y gagneront en crédit.
Comment allez-vous vous y prendre ?
Pour l'instant, nous faisons appel aux citoyens intéressés par cette idée. Nous leur demandons de s'inscrire dans un groupe de travail et c'est ce groupe qui décidera de la démarche. Une proposition toute faite, venue de moi, serait un non-sens ! Je le répète, le processus sera long. Il devra être le plus consensuel possible pour permettre l'expression de tous les citoyens qui le souhaitent et qui entendent y participer.
En France, les expériences se multiplient. La démocratie active est à la mode. Vous n'y cédez pas un peu ?
La communauté n'est pas un camp retranché et nous savons regarder ce qui se passe ailleurs. Ce n'est pas « suivre la mode », c'est bien davantage une conscience qui s'étend. L'enjeu est important. Une réelle participation de la population peut bouleverser, dans un sens positif, les relations des citoyens avec leurs élus.
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