Pourquoi l'étang s'envase-t-il ?
L'envasement a une double origine : l'eutrophisation et l'érosion
L'eutrophisation : la faiblesse du courrant et le manque d'oxygène empêchent les bactéries de dégrader l'ensemble des matières organiques qui s'accumulent dans les sédiments. Le phénomène est accentué par la présence dans l'eau de fertilisants. Ils accélèrent le développement d'algues qui augmentent le volume de matière organique.
L'augmentation de la température de l'eau est aussi un phénomène aggravant. La chaleur accélère la production d'algues et diminue la dissolution de l'oxygène dans l'eau. Or, plus l'envasement est conséquent, plus le volume d'eau diminue et plus il est sujet à l'action du soleil. |
|
|
L'érosion : c'est un phénomène naturel mais le travail du sol et les pratiques agricoles qui tendent à diminuer la teneur du sol en matière organique contribuent fortement à l'augmenter. La disparition des haies et talus en flan de coteaux en est également un accélérateur. |
Quel volume de vase faut-il retirer ?
On estime à 900 000 mètres cubes le volume total de vase, mais, pour des raisons de coût, seule la moitié sera extraite.
Quelle sera la technique employée ?
L'aspiro-dragage. On aspire la vase au moyen de pompes montées sur des barges. Puis elle est stockée dans des bassins de décantation/assèchement. Ensuite, les vases peuvent être épandues sur des parcelles agricoles.
Combien de temps vont durer les travaux ?
Les travaux de dragage vont être étalé sur 3 années. Afin d'en favoriser l'assèchement, il est nécessaire que les opérations aient lieu en basse saison afin de profiter pleinement de l'évaporation d'été.
L'opération s'élève à 6 millions d'euros, qui va payer ?
Le dévasement de l'étang présente trois intérêts principaux :
-
La création d'un volume de rétention dans le cadre de la lutte contre les inondations à Jugon-les-Lacs (c'est une compétence de la commune) ;
-
La création d'une réserve supplémentaire d'eau potable utile en cas de canicule ou de vidange de la retenue de la Ville Hatte (c'est une compétence du Syndicat Mixte Arguenon-Penthièvre) ;
-
La préservation du site touristique lié à l'esthétique du site, aux activités nautiques et à la pêche (c'est une compétence de la CCAH).
|
|
Partant de cette réalité, nous avons mobilisé tous les financeurs qui interviennent dans l'un ou plusieurs de ces domaines : la CCAH, la commune de Jugon-les-Lacs, et le SMAP bien sûr, mais également leurs co-financeurs c'est à dire l'Europe, l'Etat, la Région, le Département, l'Agence de l'eau, le Syndicat Départemental d'Eau Potable (SDAEP) et le Pays de Dinan.
Cet important pool financier nous permettra d'atteindre un financement compris entre 5 et 5,4 millions d'euros. La charge de la CCAH sera donc comprise entre 600 000 et un million d'euros. Dans la première hypothèse, notre charge annuelle serait d'environ 50000 euros par an pendant 20 ans, ce qui est supportable par la communauté de communes dont le budget de fonctionnement 2004 s'élève à 3 000 000 d'euros.
Des mesures préventives seront-elles prises pour ralentir l'envasement ?
|
En matière agricole, de gros progrès ont été faits. Par exemple, on voit de moins en moins de sols nus l'hiver. L'érosion en est diminuée d'autant et il y a une meilleure absorption des fertilisants par les plantes, donc moins d'engrais dans le lac. Il faut que la profession poursuive dans ce sens. |
Au niveau des particuliers, nous allons veiller au bon fonctionnement des assainissements individuels dans le cadre d'un SPANC, Service Public d'assainissement Non Collectif que la CCAH va développer.
Une chose est sûre : nous n'avons ni les moyens ni l'intention de recommencer l'opération tous les 20 ans. Le budget tient donc compte du préventif : le chantier sera suivi par un comité composé de tous les acteurs intéressés. Le rôle de ce comité est de faire en sorte que les travaux tiennent le mieux possible, compte tenu de l'activité et des intérêts de chacun. Ensuite, il interviendra dans la gestion des niveaux de l'étang afin de concilier les activités touristiques, la lutte contre les inondations et la nécessité d'avoir une réserve d'eau potable.