| DANSE, SPORT ET SANTÉ |
Gilbert ABOUSSOUAN. |
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1° La danse donne un moral d’enfer
Quand on bouge de manière intensive et prolongée il y a libération d’endorphines, ces « endorphines naturelles » produites par le corps qui procurent une sensation d’euphorie. Et plus il y aurait de chocs répétés sur la plante des pieds, plus cette libération serait massive ! Il a ainsi été prouvé que les autres activités d’endurance comme le vélo ou le ski de fond, où les chocs plantaires sont moindres, ne provoquent pas autant d’effet. Alors, pour que votre moral grimpe en flèche, choisissez un stage intensif de claquettes plutôt qu’une séance de natation !
2° Elle fait fondre les bourrelets
Vous pensez que rien ne vaut un bon sauna pour éliminer les toxines ? Vous avez tout faux. Les études prouvent que le mieux pour évacuer l’urée et l’acide lactique, c’est encore un effort soutenu. Hip-hop pour tous ! Ce n’est pas tout ! Le principal problème des candidats à l’amincissement, c’est que une fois stockée dans les cellules de réserve (les adipocytes), la graisse n’en sort pas facilement. Or, la danse comme toute activité physique d’endurance, la rend plus sensible aux ordres de déstockage donnés par l’organisme. « les muscles sont d’autant plus aptes à la brûler que l’activité est régulière et prolongée », souligne Martine Duchemin, kinésithérapeute, coauteur du Nouveau Guide du bien maigrir (éditions Odile Jacob) . Moralité, s’adonner plusieurs fois par semaine à la danse permet de perdre du poids… et de ne pas en prendre. En piste !
3° La danse donne une peau de bébé
Saviez-vous que pratiquer la danse peut contribuer à régler vos problèmes cutanés ?
En réalité, c’est grâce à sa capacité à évacuer les tensions. « On sait en effet aujourd’hui que les cellules de la peau fabriquent les mêmes neuromédiateurs que le cerveau. On en a recensé une trentaine en commun, explique le docteur Danièle Pomeyrey, dermatologue et psychiatre, auteur de La Peau et ses Etats d’âme (éditions Hachette Littératures) . En cas de stress, les neurones du cerveau se dérèglent et transmettent de mauvaises informations jusque dans les cellules du derme et de l’épiderme. Celles-ci se mettent alors à travailler davantage pour tenter de rétablir la situation. Cela entraîne des états inflammatoires fréquemment observés : eczéma, urticaire, acné, dermite séborrhéique… »
Si l’on danse régulièrement, activité antistress par excellence, on peut limiter, voire éviter, ces désagréments.
4° La danse nous met du « boum » au cœur
Quand on danse, les mouvements répétés des membres inférieurs activent la circulation. Résultat : « on irrigue un nombre de vaisseaux plus important, notre organisme est alors comme un jardin où tout pousse mieux parce qu’on l’arrose bien ! explique le docteur Jean-Pierre de Mondenard, médecin du sport. On a calculé que les petits capillaires passaient de 585 par millimètre carré de tissu chez une personne sédentaire à 820 par millimètre carré chez un sportif ! La dilatation des vaisseaux sanguins permet aussi d’abaisser la tension artérielle. Et toutes les statistiques le confirment, le taux de mauvais cholestérol qui encombre parfois nos artères diminue nettement, alors que celui du « bon » remonte. Certains cardiologues seraient bien inspirés de prescrire quelques séances de rumba ou de tango à leurs patients les plus motivés… »
5° La danse peut faire office de psychanalyse
Selon France Schott-Bilmann, psychanalyste et danse-thérapeute, auteur du Besoin de danser (éditions Odile Jacob), « la danse est comparable à une psychanalyse en ce sens qu’elle réveille dans le corps des traces inconscientes, notamment le souvenir du couple que l’enfant a formé avec sa mère ». Le beat de la techno, par exemple, ne ferait que reprendre le rythme du balancement de la berceuse. « Sa convivialité, son caractère allègre semblent étrangers à priori à l’expérience de la psychanalyse qui évoque au contraire un processus lent, pénible, coûteux, conduisant à exhumer des souvenirs douloureux. Pourtant le parcours proposé au danseur n’est pas aussi éloigné qu’on pourrait le penser de celui qu’effectue le sujet en cure psychanalytique. Mais le « traitement » par la danse est joyeux, festif, gratuit ou presque. » En somme, le divan est dans la rue ! Tant mieux.
Conclusion
(commentaires de Susan Sparks, professeur de Salsa)
Prendre des cours c’est bon pour la santé. Apprendre une technique, capter des rythmes, c’est un plaisir, mais c’est aussi du travail et, comme dans tout travail, il est gratifiant de progresser. Et puis en s’inscrivant à un cours, on fait quelque chose pour soi, on prend la décision d’évoluer, d’intégrer des connaissances nouvelles dans un cadre ludique. C’est pour cela que les bénéfices vont bien au-delà d’une meilleure forme physique. Je suis toujours étonnée de constater à quel point mes élèves s’épanouissent au fil du temps. L’autre intérêt, c’est que dans un cours, on se touche, il y a quelque chose de magique dans l’espace qui se crée entre les danseurs, c’est vivant, il y a des connexions, des résistances.
C’est quand même plus enrichissant que de pédaler tout seul sur un vélo dans une salle, avec des écouteurs !
Prenons la salsa, que j’enseigne : quelle libération ! Et une libération légitimée ! A l’opposé de l’éducation occidentale, vous avez la permission de faire comme à Cuba ou à Porto Rico, de bouger vos hanches sensuellement, d’avoir une nouvelle complicité avec votre corps. La démarche de transgression est la même pour la danse orientale.
Les hommes s’y mettent de plus en plus. D’abord parce qu’ils sont ravis, dans les danses en couple, d’avoir enfin la permission-et même le devoir-de diriger une femme (alors qu’elles sont parfois réticentes pour se laisser guider, bien qu’il ne s’agisse en aucun cas d’une soumission) ! J’ai longtemps eu l’impression qu’ils se laissaient moins facilement aller que leurs cavalières, peut-être plus habituées à s’occuper sans complexe de leur corps. Mais aujourd’hui il semble évident que de « vrais » hommes comme Antonio Banderas et son tango super sexy de « Dance with Me », ou Richard Gere dans « Shall We Dance ? » avec Jennifer Lopez, les ont décomplexés !