Madame
la Directrice Territoriale,
Depuis
le début de ce mois de septembre 2007, 2 agents de France Telecom de
Lanester et de Vannes ont tenté de mettre fin à leurs jours et un collègue
de Lannion s'est suicidé.
Ces
actes désespérés, qui seront analysés par les CHSCT concernés,
sont de plus en plus fréquents à France Telecom. Ils nous interpellent
et doivent également vous interpeller.
En
effet, comme en témoignent par ailleurs plusieurs médecins du travail
de l'entreprise -comme ceux de Rhône-Alpes et Auvergne qui s'inquiètent
du stress, du désarroi, des troubles anxio-dépressifs - nous pensons
que ces pathologies résultent principalement de la politique de suppression
de postes et de restructurations incessantes menées par l'entreprise
depuis plusieurs années qui engendre une réelle souffrance au travail
dans de nombreux services de France Telecom.
Aujourd'hui,
avec les fermetures de sites envisagées ( Châteaubriant, St Malo, Saumur,
Morlaix) celles de services ( Redon, Ploufragan, DITC ….), ou
d'agences (Concarneau, Cleunay, Pornic, La Ferté Bernard ), France Telecom
passe à un stade supérieur dans ses réorganisations en programmant le
déplacement de dizaines d'agents sur des résidences éloignées de + de
50 km de leur lieu de travail actuel.
Dans
de nombreux services (UAT, AVSC, UI, CCOR…) le recours à la sous-traitance
et aux délocalisations d'activités s'intensifie, cause directe de suppressions
massives d'emplois et de déplacements forcés des personnels. En Bretagne
( Rennes Mabilais, Albert 1er, Lorient-lanester, Guingamp..), ou en
Pays de Loire (Nantes), la Direction, là encore
essentiellement pour des raisons financières, annonce
le déplacement " à marche forcée " de centaines de salarié(e)s vers
de nouveaux sites de travail sans s'embarrasser outre mesure des conséquences
pour la vie quotidienne du personnel (transports, restauration, garde
des enfants, conditions de travail dans les nouveaux locaux..)
Nous
savons que le principal objectif de l'entreprise aujourd'hui c'est la
réussite du plan Next avec d'un côté 22 000 suppressions
d'emplois de 2006 à 2008 et de l'autre la réalisation d'un "
Cash Flow " de 7 milliards d'euros dont la moitié
est redistribuée aux actionnaires. Pour parvenir à ces résultats,
tous les moyens sont bons pour pousser les salariés vers la sortie de
l'entreprise. Pour cela, vous avez mis en place un " Espace Développement
" qui à l'usage se révèle être une véritable ANPE interne qui organise
les départs de l'entreprise : mère de 3 enfants, service actif 55 ans,
fonction publique, essaimage etc….
Vous
ne pouvez pas ignorer la détresse grandissante d'une grande partie
du personnel, cadres compris, confrontés aujourd'hui à des pratiques
de management destinées à respecter les engagements pris devant la Bourse,
même au prix d'une désorganisation permanente empêchant toute visibilité
d'avenir de l'entreprise à moyen terme.
Vous
ne pouvez pas ignorer la détresse mais également la colère exprimée
le 5 juillet par les salariés que vous voulez déplacer au prix d'une
ponction d'un tiers de leur salaire en déplacement, au prix d'une dégradation
intolérable de leur santé physique et mentale ( + de 2h de trajet/jour),
au prix d'une remise en cause de leur vie familiale et sociale. Vous
ne pouvez pas ignorer les conséquences de vos choix pour les bassins
d'emplois concernés qui ont déjà beaucoup de difficultés. France Telecom
opérateur historique avec pour actionnaire principal l'Etat Français
a des responsabilités sociétales, d'aménagement du territoire et de
localisation de ses activités.
Vous
ne pouvez pas ignorer le fait que vos décisions vont à l'encontre
des 3 piliers qui fondent le développement durable (social, environnement,
économie), car elles ne sont pas économiquement justifiées, elles aboutissent
à mettre sur la route des dizaines de salariés (compte tenu de la difficulté
de liaison par transports en commun sur les horaires décalés 8h-20h),
elles ont un coût intolérable pour les salariés (pouvoir d'achat, temps
de travail, risques..)
Vous
pouvez par contre prendre en compte les attentes des salariés
concernés, les propositions alternatives du Comité d'Etablissement de
la DT Ouest et celles des organisations syndicales, en ouvrant enfin
de véritables négociations sur le fond des dossiers.
Nous
vous rappelons les principales exigences des personnels :
Aucune fermeture de site, aucun
déplacement forcé de personnel.- Arrêt du transfert des emplois
à la sous-traitance et des délocalisations - Arrêt du désengagement
de France Telecom des petites villes - Maintien et développement de
toutes les activités nécessaires à un service de communication de qualité
accessible à tous. - Arrêt du management par le stress, arrêt de la
course aux objectifs, arrêt des pressions au départ de l'entreprise.
-Amélioration des conditions de travail et de vie
Le
secteur des Télécommunications va devoir très rapidement aborder le
virage du très haut débit avec la construction d'un réseau en fibre
optique jusque chez l'abonné comme perspective d'avenir.
Il
y a donc urgence de stopper les suppressions d'emplois à France Telecom
et à prendre la décision de développer la formation pour la construction,
l'exploitation de ce futur réseau FTTH et la commercialisation des services
qui en découleront. Vous avez plusieurs fois déclaré devant le Comité
d'Etablissement que vous " aviez la main " sur les fermetures de sites
et les réorganisations.
C'est
pourquoi nous appelons les personnels de toutes les Unités et Services
de France Telecom à répondre massivement à l'appel
à la grève du 27 septembre 2007 jour de la tenue du CE de la DT Ouest,
à s'exprimer sur leurs sites et auprès des élus et autorités locales
et à venir se faire entendre en manifestant à la Mabilais siège de la
DT le 27 septembre dès 9h30.
ci
dessous déclaration préalable de la CGT
au CE DT
Ouest du 28 juin 2007
Madame
la Présidente,
Châteaubriant,
Concarneau, Pornic, La Ferté Bernard, St Malo, Saumur, Morlaix, Redon,
Ploufragan, Lorient, Vannes, cette liste
des fermetures de sites ou activités avec déplacement forcé des personnels
ne cessent de s'allonger tandis que les transferts de personnel à l'intérieur
des grandes villes s'intensifient dans le cadre des PSDI ou de TSC7.
Le
31 mai, jour de grève internationale du
secteur des Télécoms, le personnel de la Direction Territoriale Ouest,
et particulièrement dans les services touchés par les restructurations,
a très massivement marqué son opposition à cette politique qui entre
dans le cadre du Plan Next de suppression de 17500 emplois.
Il
est temps que FT cesse de faire semblant de ne rien entendre.Il est
temps que vous écoutiez ce que les personnels vous ont dit et que vous
en teniez compte. Tous ensemble nous voulons un moratoire des fermetures
et de la mise en œuvre du PSDI car le personnel subit ces restructurations
et délocalisations depuis de trop nombreuses années.
La
majorité de celui-ci se sent systématiquement sur des sièges éjectables
ce qui engendre une souffrance au travail de plus en plus intense dénoncée
publiquement par des médecins du travail de FT.
Les
fermetures qui sont programmées mais aussi celles qui sont suspectées,
engendrent une incompréhension totale sur le projet industriel proposé,
ou plutôt une élévation de la conscience des personnels sur les objectifs
réels que FT poursuit. Ces différents projets
n'ont en effet d'autre utilité que d'essayer d'accroître encore plus
les profits pour les gros actionnaires sur le dos des salariés : c'est
le fameux Cash Flow de 7 milliards d'euros en 2007 et 2008.
Par
contre pour les salariés concernés,
vous
n'hésitez pas à les jeter sur les routes ou dans les trains en allongeant
considérablement leur temps de trajet, c'est-à-dire leur amplitude de
travail journalière.
Pour
la plupart des sites, l'aggravation du temps de travail-trajet va se
monter pour les salariés à 2 h par jour, 10 h par semaine soit l'équivalent
de plus de 50 jours de trajet/travail par an.
France
Telecom par ces projets non seulement va à l'encontre du développement
durable mais veut faire supporter aux salariés la totalité des frais
de trajet dus à ses restructurations boursières. Ces
frais de trajet imposés aux salariés déplacés sont loin d'être négligeables
et vont fortement amputer leur pouvoir d'achat.
Ainsi
pour un salarié de Saumur déplacé sur Angers,cela représente environ
400 € par mois rien que pour le carburant et le péage.
Il faut ensuite ajouter les coûts d'investissement et d'entretien d'un
véhicule pour 2800 km par mois.C'est
plus d'1/3 du salaire mensuel qui part dans ces frais de déplacement
!
Et ne parlons pas de la contribution à l'augmentation de l'effet de
serre pour une entreprise qui se dit écologiquement exemplaire et distribue
généreusement des brochures recommandant à ses agents de veiller à limiter
leurs déplacements…De qui se moque-t-on ?
A ce temps
de travail supplémentaire et à cette baisse drastique du pouvoir d'achat,
il faut ajouter l'aggravation des risques dus aux déplacements routiers
importants et l'impact psychologique de toutes ces contraintes sur les
agents avec la plupart du temps un changement de métier à la clé.
Nous savons
et vous savez que ces risques peuvent conduire des personnes à des actes
désespérés.
Nous répétons une nouvelle fois que la Direction
de l'Unité et la Direction Territoriale sont directement responsables
de l'aggravation des risques donc des accidents qui pourraient en découler.
Le rôle d'un responsable d'entreprise est au contraire de protéger voire
d'améliorer la santé physique et mentale de ses salariés.
Plus grave
encore, vous tentez dans plusieurs cas de soutirer un avis au CE sans
consulter préalablement les CHSCT concernés par ces restructurations
et modifications importantes des conditions de vie et de travail des
salariés subissant une suppression de poste de travail et un déplacement
forcé.
Brandir
comme remède miracle à tous ces maux, votre fameuse note unilatérale
DG46 qui compense à peine quelques mois de trajet, ce n'est pas sérieux
et cela ne répond nullement aux attentes de nos collègues.
Ce
que veulent les salariés des différents sites et services concernés,
qui ont souvent commencé leur carrière dans la région parisienne et
ont déjà effectué plusieurs changements de métier, c'est
de continuer à travailler dans la ville dans laquelle France Telecom
les a conduit à s'installer, où ils vivent, où leurs conjoints travaillent,
où leurs enfants étudient.
C'est
le ressenti de la majorité des salariés que nous exprimons dans cette
instance de représentation du personnel, que nous n'entendons pas vous
voir transformer en simple chambre d'enregistrement de la politique
prônée par Louis-Pierre Wenes, directeur éxécutif
de FT qui déclare dans le journal de la Tribune du 31 mai 2005
concernant les suppressions de poste : " nous
n'aurons pas de problème pour trouver des volontaires au départ entre
les moyens que l'on met à la disposition des gens et la
pression qui monte sur la mobilité interne . Il leur faut
comprendre qu'ils doivent faire un travail utile à l'entreprise sinon
ça ne peut pas durer ".
Quel mépris
pour les salariés qui ont fait cette entreprise de la part d'un dirigeant
qui ne l'a rejointe qu'en 2003 ! Pour notre part, en tant qu'organisation
syndicale et dans la poursuite du 31 mai 2007, nous allons faire en
sorte que la pression monte contre ces mobilités forcées qui ont des
conséquences désastreuses non seulement pour les salariés mais également
sur la qualité du service rendu aux usagers ainsi que sur l'aménagement
du territoire et l'environnement.