| RENAISSANCE D'UNE MONASTELLA FAUX CABRIOLET 1932 |
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| Cette Monastella gisait dans un pré, derrière un garage
et subissait en plus des crues de la Saône, les coups de fusil des
chasseurs bredouilles. J'en ai fait l'acquisition sans conviction : elle
a le même âge que moi et cela me chagrinait de la voir ainsi.
A partir de ce jour-là, la voiture de la famille a couché
dehors et mon épouse a eu beaucoup de patience. Après l'acquisition,
il s'est passé quelques mois de réflexion, d'inventaire, de
démarches, d'information sur le modèle, et visites de marchands
et de bourses dans l'Hexagone. Et un beau jour, le virus a pris. La première année, fut consacrée à remettre en état le châssis et la mécanique. Évidemment tout fut remonté dans le moindre détail et reconstruit avec remise à neuf. Le moteur pour commencer, il n'était pas gelé et j'ai eu la chance de trouver 6 pistons cote réparation. Un réaléseur rectifia les cylindres et le vilebrequin, régula les bielles et m'ajusta l'ensemble. Roder des soupapes neuves était alors un jeu d'enfant et mon échange standard était prêt. Les pignons de la boîte et du pont baignaient dans un cambouis digne de l'Erika, les dentures ne semblaient pas avoir d'usure anormale. Tous les roulements furent changés. Le disque d'embrayage regarni, tout comme les segments de frein. Pas de problème hydraulique, les freins sont à tringles ! Au niveau du palonnier de frein, suppression des jeux en remplaçant les axes. De même au niveau de la suspension, les 3 ressorts à lames ont été refrappés pour effacer leur affaissement et un tourneur m'a refait les axes. Bien sûr le démarreur, la dynamo, le carburateur Solex, le boîtier de direction à vis ont été remis en état. |
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Après avoir sablé et repeint le châssis aux couleurs
de l'époque, (vert moteur et gris le reste), le tout a été
réassemblé et j'avais un ensemble tel qu'il sortait en bout
de chaîne ! C'est au cours de ces opérations que j'ai découvert
la plaque ovale du numéro de châssis, bien cachée
rivée sur la traverse avant sous le radiateur. Il restait le radiateur
qui dut être refait avec un faisceau neuf en cuivre tout en conservant
les boîtes à eau elles aussi en cuivre. J'ai dû rouler
une tôle galvanisée pour refaire le réservoir d'essence
cylindrique car c'était une passoire. |
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À l'époque, le pavillon était tendu de grillage
à poule. J'ai respecté la tradition, mais ai rajouté
par-dessus un enduit de mat de verre et polyester. Ce sera plus solide
et surtout évitera à l'eau de pénétrer par
les coutures et la moleskine, car le mal des voitures de l'époque
commençait par là : l'eau pénétrait par le
dessus et finissait par pourrir l'intérieure. Commençait
alors la longue façon des accessoires installés à
blanc avant la peinture. Si on trouve maintenant quelques lanternes et
autres copies de l'époque, j'ai dû refaire une grille de
calandre, des attaches capot identiques, une serrure de coffre arrière
avec des morceaux de serrure du commerce, des fixations de toutes sorte
tels que supports de lanternes et plaque de police etc. À une bourse
à Reims, un artiste en la matière proposait ses services
pour imiter la ronce de noyer. Je dois dire que le résultat sur
la tôle de la planche de bord de la Monastella fait un effet buf.
Grâce à l'examen de quelques autres voitures, j'ai pu refaire
des ébénisteries conformes et le garnissage velours et simili
cuir donne un intérieur qui pourrait figurer dans le livre des
Automobiles ... de Prestige !
Jean VELU ©2003 |
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