
Il serait inconcevable de parler de l'école Saint-Joseph sans parler tout d'abord de son fondateur Monsieur Alphonse Bergerot, 12eme maire d'Esquelbecq.
Celui-ci qui naquit à Bordeaux le 7 septembre 1820 entra d'abord dans l'administration des douanes en 1838 puis dans l'administration des finances à Lille. C'est ainsi que, dans notre région, il fit la connaissance de Clarisse Huet, petite-fille de Louis Colombier (maire de la commune de 1830 à 1847) et fille de Charles et Clarisse Colombier.
Devenu l'époux de la principale héritière de l'immense domaine d'Esquelbecq, Alphonse Bergerot démissionna de son poste et les jeunes époux vinrent s'installer au château en 1852.
Elu maire, cette même année, M. Bergerot administra alors la commune durant 56 ans. Il fut également élu conseiller d'arrondissement puis conseiller général du canton de Wormhout en 1869. En dehors de sa carrière politique, il fut à l'origine de nombreuses institutions et associations qui subsistent encore aujourd'hui : la société des archers " Saint Sébastien ", la troupe théâtrale, l'harmonie municipale " l'écho de l'Yser ", la maison de retraite, le corps des sapeurs pompier et enfin l'école Saint Joseph en 1888.
Monsieur et Madame Bergerot, les donateurs, pressentaient les problèmes qui allaient envenimer les relations entre l'état et l'église et se terminer par les lois contre les congrégations (1901-1904) et la séparation des biens (1905).
C'est ainsi qu'ils créèrent et financèrent l'école Saint Joseph qui vit se succéder trois congrégation religieuses : les sœurs de la Saint-Union (1888-1902), les filles de la croix (1902-1926) et les sœurs de la providence de Rouen (1926-1987), date à laquelle ces dernières passèrent le relais à des laïques lors de la rentrée de septembre 1987.
C'est Madame Anne-Catherine Lheureux qui a succédé à sœur Charles de Foulcaud à la direction jusqu'en 1993 suivie de Madame Marie-Ange Cadyck qui demeure l'actuelle directrice de l'établissement.
A sa création, l'école accueillait les enfants en maternelle et en primaire mais seules les filles restaient après le CP ; les garçons se dirigeant alors vers " l'école laïque des garçons ", rue de Wormhout.
Après les heures sombres de la guerre, l'école connut une belle expansion sous l'impulsion des curés de la paroisse.
L'école, devenue mixte en septembre 1971, fêta son centenaire les 23 et 24 avril 1988.
Ce fut aussi l'occasion de l'inauguration de la place Alphonse Bergerot et une plaque souvenir fut apposée sur la façade du syndicat d'initiative .
De toute évidence, notre école vieille de 117 ans se porte plutôt bien et compte encore mener à leur terme de nombreux projets.
(texte de Monsieur et Madame Cousin ; sources : Histoire et patrimoine d'un village de Flandres Esquelbecq (Guy Rommelaere, 1995), Archives gracieusement prêtées par M et Mme Germe)