"C'est le seul être au monde avec qui
J'aurais aimé me faire photographier à la foire."


Ernst Moerman - Fantômas I


FANTÔMAS
au Rideau de Bruxelles
Ernst Moerman

Création : 3 mai 1984
03 mai au 02 juin 1984
Saison 1985-1986
27 décembre 1985 au 14 février 1986



Adaptation : Martine Gilbert

Réalisation : Bernard De Coster

    Acteurs :


Régie générale : Marcel Derwael
Adjoint à la régie : Philippe Pauwels
Régie de plateau : Pascale Gilles
Assistant à la réalisation :
Michel Vanderlinden
Maquillage : Jean-Pierre Finotto
Décor et costumes :
Nuno Côrte-Real
avec, pour les costumes, la collaboration
de
Farani et de Tirelli, à Rome.

Décor sonore et éclairages réalisés par Bernard de Coster
Chef de l'atelier de couture :
Mila de Brito
Maquillages exécutés par
Nathanaëlle Blanpain et
Martine Lemaire
Electricien : Robert Stroobants
Machiniste : Nino Presti

 

Photos de Daniel Locus

Photos de Daniel Locus


Jules-Henri Marchant
: Fantômas
Francis Besson : Monsieur M
Nicole Duret : Lady Laura Brentham

Les religieuses hospitalières :

Marie-Ange Dutheil :
Première religieuse, Cléo,
Hadja
Isabelle Glorie : Deuxième religieuse,
Dolly
Désirée Olmi : Troisième religieuse,
Touky

Les messieurs :

Fabien Behar : Premier monsieur,
Alidor, Un médecin, Pinkerton

Carlos Vaquera : Deuxième monsieur,
Auguste, Le domestique

Miguel Perez : Troisième monsieur

     
     ...Sans qu'un de ses traits ne bouge, comme découvrant une évidence qu'elle s'approprie en l'énonçant, transformée en oracle, la
femme dit: Pour avoir une âme immortelle, il suffit d'en exprimer le désir. Et Fantômas, en écho mais non en réponse – car chacun
des personnages suit ici le sillage de sa propre pensée – profère ces vers sibyllins où demeure comme une trace inversée du Valéry
du « Cimetière marin » : Les chiens se lèvent. Il va falloir rentrer le vent.
     Belle à couper le souffle, nouant la gorge d'une émotion à quoi il n'est que de céder, c'est la dernière image de - Fantômas au
Rideau de Bruxelles : un des plus beaux points d'arrivée d'un spectacle qu’il nous ait été donné de voir. Près de pleurer après avoir
ri si souvent (on nous l'avait annoncé dès le début), il n'est plus, pour prolonger le charme, que d'applaudir au point de couvrir la
musique finale de ces gouttes d'eau sonores que font les mains.
     Ce n'est pas là qu'un des miracles de ces deux heures qui accumulent les surprises heureuses. La première, à l'évidence, est la
redécouverte de ce météore poétique, mort en 1944, que fut Ernst Moerman. Grâce à un travail de spéléologue décrypteur, Martine
Gilbert a su détecter, parmi ses poèmes, ses proses, son théâtre les fragments en apparence les plus dissemblables et restituer à
leur enchaînement la cohésion qui est celle même de cet équilibriste magistral, témoin et acteur endiablé d'une époque révolue, si
étrangère à celle de la jeune femme qu'elle est.
    Le Soir : 07-05-1984
     
Le texte de Fantômas est extrait de l'Œuvre poétique, de la prose et du théâtre d'Ernst Moerman,
œuvres publiées et inédites confondues. Il est édité dans les Cahiers du Rideau (N°17).
Au sommaire du même cahier, Tristan et Yseult, pièce inédite, une préface de Carlos de Radzitzky,
des articles de Moerman, une notice bibliographique ainsi que de nombreux documents et
photos et l'histoire de la génèse du spectacle racontée par Martine Gilbert.


www.rideaudebruxelles.be
     

    Restée singulièrement ignorée de la plupart des critiques et amateurs de poésie, d'ici et d'ailleurs, l'oeuvre de Moerman s'est inscrite pour
ainsi dire en marge de l'histoire littéraire française de Belgique, inconnue, méconnue.
    Ernst Moerman, qui fit partie de cette pépinière d'écrivains belges que furent les « Poètes de la Rue des Sols », est né en 1897 et mort en 1944.
« Personnage extraordinaire dont la poésie s'exprimait dans chaque geste de la vie » (la phrase est de Robert Goffin, l'un de ses amis les plus
proches), Moerman s'identifiait, par le biais de la poésie, à Fantômas qu'il avait baptisé «gentleman démoralisateur ». D'Apollinaire aux
surréalistes, le mythique criminel créé par Allain et Souvestre dans le ciel littéraire de la seconde moitié du 19e siècle n'a cessé d'inspirer nombre
d'écrivains. D'autant que le mythe fut plus qu'entretenu, recréé par les cinq inoubliables films muets qu'en tira, en 1913 et 1914, Louis Feuillade.
    En 1933, Ernst Moerman publie dans les « Cahiers du Journal des Poètes » une oeuvre intitulée «Fantômas 33 ». Dédiée à Jean Cocteau, elle
raconte, à travers poèmes et dialogues drôles, touchants et sarcastiques, l'histoire d'une vie qui tient du fait divers, du miracle, de la magie, de la
poésie la plus quotidienne et la plus extraordinaire à la fois. L'histoire que raconte le spectacle est celle de Fantômas, mais elle est aussi celle de
Moerman. Car le personnage, dont la subversion apparaissait à Ernst comme un ressort d'inspiration exceptionnel, n'a cessé de surgir dans son
oeuvre comme une constante, de la « Vie imaginaire de Jésus Christ » à « Tristan et Yseult », du « Journal de l'Impatience » à « 37°5 ». Et la mort
de Fantômas fut aussi celle du poète...
    Accompagné de la musique des grands seigneurs du Jazz Hot de l'époque, de décors inspirés de l'oeuvre de Magritte, de l'humour toujours
présent dans cet invincible goût du paradoxe et des calembours, des « images télescopées et des jeux de l'esprit », voici un spectacle total où se
croisent le cirque et la danse, l'amour et la mer, Chaplin et Armstrong, Bunuel et Cocteau...

     
  Avec l'aimable autorisation du Théâtre du Rideau de Bruxelles  
     

    


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Dernière mise à jour : 01.01.2012