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FANTÔMAS EN BANDES DESSINÉES |
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Marcel ALLAIN |
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C'est à l'intention de l'artiste chargé de mettre en images la bande dessinée
de 1958 que M. Allain a composé sous le titre Indications pour typer les
personnages principaux ce portrait photographique... et théâtral de Fantômas
et de son entourage. |
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Ce personnage doit être traité de bien des manières en se souvenant
que par définition c'est un " As " du grimage. Dans ses incarnations successives,
il doit être impossible à reconnaître : de gros il devient maigre, de
jeune vieux, de barbu glabre, etc. Le dessinateur a donc toute latitude
pour le représenter comme il l'entendra dans ses incarnations successives.
En revanche il y a deux aspects de Fantômas qui sont invariables 1° : quand il est en cagoule. 2° : quand il se manifeste " en Fantômas " à ses complices ou à sa maîtresse - Lady Beltham - ou à sa fille Hélène. Généralités : Fantômas est en réalité un homme de 35-40 ans. II est grand, mince, souple, sportif. C'est assurément un homme du monde. Il est " chic ". Il fait peu de gestes et parle laconiquement. Son attitude préférée est empreinte d'un immense dédain : bras croisés, il dédaigne tout danger, toute menace. C'est un audacieux, qui ne doute de rien - et qui sait qu'il fait peur... |
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Fantômas en cagoule
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Fantômas en cagoule est légendaire. Sa silhouette est immuable. Contrairement
à ce que l'on a vu dans les films français. Fantômas en cagoule est essentiellement
vêtu de vêtements collants (et jamais de cape ou autres vêtements flottants).
Il porte, en somme, la tenue du rat d'hôtel. La tête entière, visage et cou, disparaît sous une étoffe noire qui colle aux traits (pratiquement les artistes se servent pour la cagoule d'un bas de femme dans lequel ils enfoncent le visage). Deux trous seulement permettent de voir le flamboiement des yeux. Le buste est vêtu d'une chemise, noire aussi, assez collante, qui se raccorde à la cagoule et ne laisse voir aucun linge, aucune chair. Comme pantalon un collant noir, sans aucun pli, qui moule les cuisses, les jambes (pratiquement les interprètes se servent d'un caleçon Rasurel). Les mains sont gantées de noir et joignent avec les manches de chemise. Les pieds sont chaussés de chaussons montants, noirs, que l'on devine souples et quasi sans semelles (chaussons des trapézistes). Tel que, et une fois la silhouette adoptée, Fantômas doit être invariable. II faut qu'on le reconnaisse au premier coup d'œil. |
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Fantômas en gentleman
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Fantômas, évidemment, ne passe pas sa vie en cagoule. Il faut
donc le typer très nettement en ce que nous appellerons ses tenues civiles.
Ces tenues pouvant être différentes - habit, smoking, veston, vêtements
de sport - il est essentiel de le typer en se servant du visage qui doit
être caractéristique. On le voit complètement glabre, avec un visage long et distingué, l'air autoritaire, les traits un peu américains. On s'efforcera, par quelque artifice, de faire ressortir ses yeux, qui sont ardents, menaçants, impérieux. Bien noter en tout cas que Fantômas est un homme du monde, chic, riche, que le meilleur des tailleurs habille, que le plus habile des coiffeurs soigne. Ce n'est pas du tout un type du milieu, ou un apache. C'est un millionnaire, fils de famille, qui a mal tourné ! En habit, en smoking, ne pas hésiter à le présenter comme suprêmement élégant. II sait saluer, se présenter dans un salon, baiser la main d'une jolie femme, etc. Il est infiniment galant, d'ailleurs, et plaît aux femmes. Il tue, torture, etc., mais s'efface pour laisser une femme passer devant lui... |
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Fantômas en gentleman
coupable
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| Pour commettre ses forfaits, Fantômas ne se met pas toujours en grand uniforme de cagoule ! Souvent, il demeure le personnage " Fantômas gentleman " ci-dessus décrit ; mais alors, pour éviter d'être reconnu ou plus exactement pour être reconnu comme étant Fantômas, sans, toutefois, laisser voir son vrai visage, il porte, simplement, un loup de velours noir... | |
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Fantômas en ses incarnations
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Fantômas, roi de l'art en se grimer, incarne tous les personnages
qu'il lui plaît d'incarner. Il peut être par exemple ou un infâme voyou,
ou un gros négociant, ou un riche banquier protestant, etc. Dans chacune
de ces incarnations il doit être dessiné sans aucune hésitation sous la
forme typique du personnage représenté. II sera donc un voyou type, le
banquier type, le négociant type, etc. Dans ses incarnations le lecteur doit être trompé et ne pas reconnaître Fantômas : donc ne rappeler en rien sa silhouette légendaire, ne pas même conserver les yeux flamboyants, et modifier sans aucun scrupule les traits du visage. |
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C'est, après Fantômas, le principal personnage. Juve est aussi bien l'antithèse du bandit. Juve a quarante-cinq ans. C'est un modeste. C'est un fonctionnaire, et un fonctionnaire qui ne touche pas de gros appointements. Inspecteur de la Sûreté, Juve est avant tout un brave homme et un homme brave. Mais il ne fait aucune épate ! Habillé correctement, sans doute, ne portant pas assurément les souliers à grosses semelles légendaires pour les argousins, mais n'usant pas, cependant, de l'art du bottier ! Juve doit s'habiller à la Belle Jardinière... Il est " classe moyenne ". C'est un fumeur enragé, mais il n'aime que les Gauloises... nbsp; La stature est moyenne. Pas aussi grand ni aussi mince que Fantômas, sans cependant être petit ou gros. On dirait qu'il est un peu " lourd ". Le visage respire la volonté et l'énergie. Mais cette volonté et cette énergie se teintent de bonhomie. C'est un homme de cœur : il adore Fandor et le considère comme un fils chéri. Juve, aussi bien, si modeste qu'il soit, a conscience de sa valeur et de sa célébrité, car il est le roi des policiers. II n'est donc jamais humble, jamais servile... Avec ses chefs et surtout avec Havard, il est déférent, mais a son franc-parler. II fume dans le bureau directorial. Il s'assoit sur le bord d'une table. C'est quelqu'un, qui ne s'en fait pas accroire, mais qui ne se laisse pas marcher sur le pied. |
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Incarnations
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| Juve, lui aussi, pour le besoin de ses enquêtes, se camoufle et se grime. Il est aussi habile que Fantômas, mais le plus souvent le lecteur est dans la confidence, ou, en tout cas, y est mis rapidement. On peut donc, dans ses incarnations, le reconnaître, tout en ne le reconnaissant pas ! | |
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Jérôme Fandor, reporter au journal La Capitale, a vingt-deux,
vingt trois ans.
C'est un garçon sympathique en tous points, séduisant même. - Il est fort bien de sa personne - un peu plus grand que Juve, mince de la minceur des très jeunes, costaud quand même. C'est un risque-tout, un casse-cou, un impulsif, un enthousiaste, un bavard à l'occasion. (Serait à merveille incarné par Roland Toutain.) C'est un sportif, capable des pires acrobaties... Garçon, cependant fort comme il faut, très bien élevé. Il est un peu plus " chic " que Juve, mais il n'a rien d'un snob. Habillé correctement, bien, même.. C'est Fandor qui incarne le jeune premier de la série. II doit plaire aux jeunes filles et aux femmes... Fandor aime Juve comme son père. Fandor, dans la suite de la série, devient l'amoureux d'Hélène, fille de Fantômas... Fandor lui aussi se grime, mais il n'est pas toujours reconnaissable tant que Juve n'a pas rectifié son camouflage ! Fandor doit faire " gai ". Naturellement, n'a à aucun titre la bosse du respect. Blague n'importe qui. Envoie promener les plus hauts personnages. |
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Ce haut et puissant chef de la Sûreté - le grand
chef de Juve - incarne en tous points le fonctionnaire redoutant les "
histoires " et fuyant les dangereuses responsabilités... Cette peur de se compromettre définit l'homme. C'est un personnage étriqué, un peu solennel, arriéré, protocolaire - et dépourvu de toute élégance réelle, encore qu'il y prétende volontiers - 55 ans. |
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| Sous-chef de la Sûreté. C'est une pâle copie de M. Havard. Plus timoré encore. Mais plus jeune, 40 ans. | |
| De braves types, dévoués à Juve comme des caniches. Des policiers quelconques et typés : pas riches, gros souliers, etc. | |
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Lady Beltham est, avec Fantômas, Juve et Fandor, un des principaux personnages.
Elle a une très grande importance et doit être très soigneusement étudiée.
C'est une Anglaise, apparentée au roi d'Angleterre, faisant partie de la Cour... Elle a vingt-cinq ans. Elle est blonde comme les blés, divinement jolie, suprêmement distinguée et élégante, habillée par les plus grandissimes couturiers, ce que lui permet son immense fortune. Lady Bentham, grande, mince, souple, est caractérisée dans le roman par cette phrase-rengaine répétée à satiété : " Elle avait un port de reine... " Lady Beltham est extrêmement sympathique. C'est une héroïne dont on pardonne les égarements... Elle apparaît dans l'histoire sous les traits de " Lady Beltham ", femme de Lord Beltham, vieux et riche fonctionnaire colonial. Elle devient alors amoureuse d'un certain caporal Gurn... sans soupçonner que Gurn et Fantômas ne font qu'un. Plus tard, devenue veuve, à la suite de l'assassinat de Lord Beltham, elle découvre que le Gurn qu'elle aime n'est autre que le terrifiant Fantômas. Mais il est alors trop tard pour qu'elle reprenne son cœur et elle continue d'aimer le monstre, tout en s'efforçant toujours de l'empêcher de commettre de nouveaux forfaits. La liaison de Lady Beltham est naturellement secrète. Juve, la police la connaissent. Mais nul n'oserait y faire allusion. Aussi bien, Lady Beltham ne reculerait devant rien pour empêcher une arrestation de Fantômas, mais en revanche met tout en oeuvre pour sauver ceux que le misérable menace. Donc, la faire jolie, élégante, blonde et sympathique. |
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La fille de Fantômas et la douce et perpétuelle fiancée de Fandor est une jolie brune, très sportive, assez
délurée, mais cependant très " jeune fille ". C'est un grand premier rôle, mais Hélène n'apparaît que bien plus tard. On la décrira en son temps. |
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La princesse Sonia Danidoff apparaît
dans les premiers épisodes puis disparaît assez vite. C'est une authentique grande dame du centre européen. Elle est riche, jolie, mais un peu rastaquouère. Sa servante, Nadia, doit être typée en petite étrangère, un peu sauvageonne, moricaude au besoin... |
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Bouzille, qui apparaît très vite, est
un personnage essentiel, bien qu'épisodique. Bouzille est un comique sympathique. C'est un vieux vagabond et un ivrogne accompli. Il exerce successivement tous les métiers : chemineau, mendiant, colporteur, repêcheur de noyés, etc. Il a largement la soixantaine. Il est toujours vêtu d'extraordinaire façon : bottines dépareillées, chapeaux volés à des épouvantails, habit avec un pantalon de cheval, jaquettes de suisses d'église avec pantalon de soldat, etc. nbsp; Mais, toujours une bouteille sort de sa poche ! Des traits sympathiques, hilares, un sourire où se devine l'ivresse... Avec cela, malin, rusé, menteur, poltron - et bon enfant... A-t-il plus peur de Fantômas ou de Juve ? On ne sait pas ! II est aux ordres de qui le paye ! II trahit Juve et vend Fantômas. Copain avec Jérôme Fandor, il a des ruses savantes pour se faire payer à boire par le jeune homme. Pas un comme lui pour feindre la candeur la plus désarmante... |
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Les autres personnages - au moins dans
les premières bandes - ont moins d'importance. Aussi bien, au fur et à mesure qu'ils apparaîtront, leur signalement sera donné, avec des textes correspondants... |
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