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	<title>Site littéraire de Francis</title>
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		<title>Site littéraire de Francis</title>
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		<title>Goncourt 2007</title>
		<link>http://www.premiumwanadoo.com/francis.montignon/SPIP-v1-7-2/article.php3?id_article=169</link>
		<date>2007-11-08 08:53:50</date>
		<description>&lt;div&gt;&lt;object width=&quot;425&quot; height=&quot;299&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.dailymotion.com/swf/6RuR5rI4B7ePhnWJQ&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowFullScreen&quot; value=&quot;true&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowScriptAccess&quot; value=&quot;always&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&quot;http://www.dailymotion.com/swf/6RuR5rI4B7ePhnWJQ&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; width=&quot;425&quot; height=&quot;299&quot; allowFullScreen=&quot;true&quot; allowScriptAccess=&quot;always&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/video/x3ebt6_le-goncourt-2007-une-vraie-surprise_politics&quot;&gt;&quot;Le Goncourt 2007 ? Une vraie surprise&quot;&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;envoyé par &lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/lefigaro&quot;&gt;lefigaro&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;</description>
		<author>Francis MONTIGNON</author>
		<dc:date>2007-11-08T07:53:50Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Francis MONTIGNON</dc:creator>
		

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		<title>Prix Nobel de Littérature 2006</title>
		<link>http://www.premiumwanadoo.com/francis.montignon/SPIP-v1-7-2/article.php3?id_article=168</link>
		<date>2007-08-26 17:10:51</date>
		<description>Orhan Pamuk, est né à Istanbul en 1952, il a fait des études d'architecture et de journalisme avant de se consacrer à la littérature. Il est l'auteur notamment du Livre noir (1995), qui fut un grand succès international. Mon nom est rouge (2001) lui a valu le prix du Meilleur Livre Étranger en France, en plus de nombreuses distinctions reçues dans d'autres pays, comme le Independant Foreign Fiction Award ou le prix Impac. Neige, a été récompensé par le prix Médicis Étranger en 2005. L'&#339;uvre du romancier, traduite en de nombreuses langues, a paru en français dans la collection « Du Monde entier ». Orhan Pamuk intervient régulièrement dans la presse internationale sur des questions touchant la Turquie.</description>
		<author>Francis MONTIGNON</author>
		<dc:date>2007-08-26T15:10:51Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Francis MONTIGNON</dc:creator>
		

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		<title>Le plaisir des mots</title>
		<link>http://www.premiumwanadoo.com/francis.montignon/SPIP-v1-7-2/article.php3?id_article=166</link>
		<date>2007-05-30 13:04:06</date>
		<description>&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
S'IL EST fréquent que des lecteurs m'écrivent pour me fournir des précisions sur tel ou tel point d'une chronique, il est assez rare qu'un article puisse rebondir grâce à un correspondant qui permet d'approfondir ou de reconsidérer un sujet. Or mon commentaire sur « La mode de Bretagne », du 18 février dernier, a provoqué les réactions fort érudites de M. Roger Lafouge, un habitant d'Olivet, près d'Orléans, par ailleurs originaire de Bourgogne - ces précisions géographiques sont utiles ; il m'a fourni des développements inattendus.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Voyons d'abord ce qui concerne le mot « trimeau », qui désigne des triplés dans un document de Normandie daté de 1725. Je le supposais représenter une forme contractée de « trijumeau », enregistré, lui, dans ce sens, pour la première fois aussi tardivement que 1850. Le manque d'attestations pour « trimeau » me faisait considérer ce terme comme un hapax (mot rencontré une seule fois), limité à la Normandie où M. Guibert l'a trouvé. Or voici que ce nouveau correspondant, féru d'usage forestier, vient bouleverser cette vision étroite des choses par ces précisions sur la région du Centre : « Une jeune tige de chêne, écrit-il, lorsqu'elle est sectionnée près du sol ( »rez terre*, disent les forestiers) rejette de souche. Des brins se développent sur la souche ainsi créée, donnant naissance à une cépée. En laissant vieillir assez longtemps de telles cépées (cent ans et plus), on obtient une »futaie sur souches* dont chaque arbre est composé de plusieurs fûts, unis à la base. Les forestiers désignent par le terme de »jumelles* les arbres formés de deux fûts, à l'image de deux filles nées le même jour d'une même mère. Pour désigner un arbre composé de trois fûts le terme »trimelle* est en usage dans la région Centre. »&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais alors ! ce féminin change tout ! Il montre que, loin d'être une exception normande, les « trimeaux » ont couru les bois ailleurs que dans la région de Louviers... On peut raisonnablement en déduire que « trimeau » et « trimelle », au sens des bébés multiples, ont cheminé longtemps dans le langage vernaculaire de plusieurs régions de France sans laisser de trace dans l'écrit. La rareté de leur occurrence a été la cause de leur absence dans les textes - les jumeaux n'étaient déjà pas si fréquents autrefois, mais les grossesses triples arrivées à terme devaient être exceptionnelles ; du reste les « bessons » (de « bis ») n'ont pas donné de tressons. Nous avons donc l'insigne honneur d'arracher ces mots utiles à la clandestinité où les avaient tenus des siècles négligents !&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le mérite de M. Roger Lafouge ne s'arrête pourtant pas là. Il signale également que « Dans les actes de catholicité des registres paroissiaux du XVIIIe siècle (dans sa région d'origine) figure assez régulièrement l'expression »Oncle à la mode de Bourgogne* pour désigner le cousin germain du père de l'intéressé ». C'est l'équivalent même d'un oncle ou d'une tante « à la mode de Bretagne ». Là aussi, le sujet se trouve considérablement élargi, donnant du crédit à l'hypothèse que je formulais en février, à savoir qu'il s'agirait d'une notion de parenté très archaïque, peut-être celtique, vraisemblablement antérieure aux Celtes, selon laquelle le lien familial du « cousin germain » se trouve proche de celui des frères et soeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Est-ce par hasard si la Bretagne et la Bourgogne ont en commun d'avoir été des duchés souverains ? Provinces indépendantes, dotées de fortes identités - jusqu'au XVIe siècle pour la première, au XIVe pour la seconde -, il est possible qu'elles aient conservé, chacune à part, des usages, des traditions familiales très anciennes, abandonnées dans les autres contrées du royaume. Au lieu d'être une bizarrerie bretonne, ces oncles et tantes seraient alors issus d'une souche commune ancestrale, laquelle présente, je l'ai dit, une similitude avec certaines coutumes d'Afrique noire.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;M. Lafouge cite un acte de mariage daté de 1848 dans lequel les témoins sont qualifiés, l'un d'oncle « à la mode de Bourgogne », l'autre d'oncle tout court ; il m'assure en outre que cette appellation est demeurée vivante plus ou moins jusqu'aux années 1940 - des traces existent donc peut-être encore au pays des Nuits... Pas étonnant que les Bourguignons soient fiers - il n'y a pas que leurs ceps qui ont des racines !&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Source : &lt;a href=&quot;http://www.lefigaro.fr/litteraire/20070524.FIG000000251_des_enfants_et_des_arbres.html&lt;/strong&gt;&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le Figaro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
		<author>Francis MONTIGNON</author>
		<dc:date>2007-05-30T11:04:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Francis MONTIGNON</dc:creator>
		

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		<item>
		<title>Questions de religions</title>
		<link>http://www.premiumwanadoo.com/francis.montignon/SPIP-v1-7-2/article.php3?id_article=165</link>
		<date>2006-10-31 06:22:33</date>
		<description>&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
André Comte-Sponville était présent début octobre à l'Institut Français de Barcelone pour présenter son livre L'esprit de l'athéisme, récemment traduit en castillan. Catholique par éducation, Comte-Sponville a, après ses 18 ans, remis en cause cette croyance, et cherché des réponses ailleurs. En récusant l'existence de Dieu, par manque d'expériences et de preuves, il se décrit comme athée. Pour lui, les religions expliquent les faits par de l'inexplicable. Pourtant, il relate une &quot;expérience mystique&quot;, qui permet d'entrevoir une spiritualité hors de toute religion. Dès l'avant-propos, l'auteur nous aiguille sur le but de ce livre : réfléchir et raisonner sur les différents aspects des religions et sur la place qu'elles tiennent dans nos sociétés. C'est en cherchant une voie médiane entre l'absence de foi - le nihilisme - et le trop de foi - le fanatisme - qu'il se reconnaît lui même dans l'athéisme. Trois questions sont alors posées : peut-on se passer de religion ? Dieu existe-t-il ? Quelle spiritualité pour les athées ? Spiritualité, fidélité et amour Le premier pas est la distinction fondamentale entre religion et spiritualité : &quot;toute religion relève, au moins pour une part, de la spiritualité ; mais toute spiritualité n'est pas forcément religieuse&quot;. C'est pour lui ce qui fait la distinction entre les croyants et les athées. &quot;On peut se passer de religion, mais pas de communication, ni de fidélité, ni d'amour&quot;, explique-t-il. Ce dernier mot revient de façon régulière dans l'ouvrage. En effet, beaucoup de religions, notamment le christianisme y font souvent référence : pour l'auteur, l'amour est totalement dissociable de la religion. C'est une notion intemporelle, de même que certaines valeurs morales véhiculées par la religion mais qui ne lui sont pas propres. Son analyse philosophique est rigoureusement menée et très bien documentée. L'idée n'est pas de porter un jugement, mais d'ouvrir la discussion sur ce thème. A lire sans a priori, dans la même optique que celle de l'auteur : la réflexion.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Source : &lt;a href=&quot;http://www.lepetitjournal.com/content/view/9378/305/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Le Petit Journal&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
		<author>Francis MONTIGNON</author>
		<dc:date>2006-10-31T05:22:33Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Francis MONTIGNON</dc:creator>
		

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		<title>Coup d'envoi de la quinzaine des prix littéraires</title>
		<link>http://www.premiumwanadoo.com/francis.montignon/SPIP-v1-7-2/article.php3?id_article=164</link>
		<date>2006-10-26 10:55:19</date>
		<description>&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
PARIS (AFP) - L'attribution du Grand Prix du roman de l'Académie française donne ce jeudi le coup d'envoi de la saison des prix littéraires, dont le grand favori, &quot;Les Bienveillantes&quot; de Jonathan Littell, est sélectionné pour les six principales récompenses.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De mémoire d'éditeur, on n'avait jamais vu ça. Le livre de Littell est en lice pour les prix Goncourt, Renaudot, Médicis, Femina, de l'Académie française et Interallié, les six qui ont traditionnellement le plus d'impact sur les ventes.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La question n'est donc plus de savoir si &quot;Les Bienveillantes&quot; (Gallimard) aura un prix, mais bien qui tirera le premier et soufflera à la concurrence le best-seller de la rentrée. D'autant que Littell a de fervents partisans dans tous les jurys.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'Académie française ouvre comme d'habitude la saison. Les jurys Femina et Médicis, qui décerneront leurs prix le 30 octobre, auront cette année l'avantage sur les Goncourt, qui attribueront le leur, sauf surprise, le 6 novembre. Rien n'empêche un jury de récompenser un livre déjà primé, au risque de concentrer l'attention et les ventes sur un seul titre et une même maison d'édition, mais les exemples sont rares.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au côté de Littell, une demi-douzaine d'outsiders représentent les éditeurs familiers des prix littéraires. Parmi les plus cités : &quot;Marilyn, dernières séance&quot; (Grasset) de Michel Schneider et &quot;L'amant en culottes courtes&quot; (Seuil) d'Alain Fleischer.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Littell, Fleischer, Schneider et François Vallejo, pour &quot;Ouest&quot; (Ed Viviane Hamy), composent le dernier carré des Goncourt. Côté éditeurs, les habituels Gallimard, Grasset, le Seuil, ainsi qu'une &quot;petite&quot; maison, Viviane Hamy, sont ainsi représentés.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On retrouve Littell, Schneider, avec cette fois Vincent Delecroix pour &quot;Ce qui est perdu&quot; (Gallimard), dans la dernière sélection de l'Académie française.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Même favoris pour le Femina (Littell, Schneider), qui pourrait également couronner Nancy Huston (&quot;Lignes de faille&quot;, Actes Sud), Olivier et Patrick Poivre d'Arvor (&quot;Disparaître&quot;, Gallimard), Laurent Mauvignier (&quot;Dans la foule&quot;, Minuit) ou Françoise Henry (&quot;Le rêve de Martin&quot;, Grasset).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Littell, Fleischer, Delecroix sont sur la liste du Médicis, avec Stéphane Audeguy (&quot;Fils unique&quot;, Gallimard), Sorj Chalandon (&quot;La promesse&quot;, Grasset) ou Richard Millet (&quot;Dévorations&quot;, Gallimard).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Attribué aussitôt après le Goncourt, le Renaudot tient régulièrement lieu de session de rattrapage. Littell et Schneider figurent dans la dernière sélection, mais également Christine Angot, dont &quot;Rendez-vous&quot; (Flammarion) a trouvé un public malgré une critique souvent très dure, Alain Mabanckou (&quot;Mémoires de porc-épic&quot;, Seuil) ou les frères Poivre d'Arvor.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'Interallié, qui bouclera la saison le 14 novembre, avait été attribué l'an dernier à Michel Houellebecq, recalé au Goncourt quelques jours auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ecrit en français par un Américain inconnu sur un sujet difficile - les confessions d'un ancien SS -, &quot;Les Bienveillantes&quot; a suscité le débat et s'est déjà vendu à plus de 200.000 exemplaires. Des ventes qu'un grand prix pourrait multiplier par deux ou trois.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais les livres de Nancy Huston, Michel Schneider, Christine Angot, Laurent Mauvignier ou des Poivre d'Arvor pointent également parmi les meilleures ventes.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Source : &lt;a href=&quot;http://www.afp.com/francais/news/stories/061026074825.jnu4uew4.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;AFP&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
		<author>Francis MONTIGNON</author>
		<dc:date>2006-10-26T08:55:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Francis MONTIGNON</dc:creator>
		

		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>Une étoile brûlante</title>
		<link>http://www.premiumwanadoo.com/francis.montignon/SPIP-v1-7-2/article.php3?id_article=163</link>
		<date>2006-10-26 10:30:22</date>
		<description>&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
VOICI QUE celui qui sauva du naufrage les cahiers de Simone Weil voit ses propres cahiers ­arrachés à la tombe, mis au grand jour par une main amie. Du premier sauvetage naquit ce florilège d'om­bres et de lumière intitulé La Pesanteur et la Grâce ; du second vient de naître une constellation de fragments qui peuvent briller dans les plus sombres nuits : Aux ailes de la lettre, car à les prendre trop au pied de cette lettre qui tue, contre l'esprit qui vivifie, on risquerait de figer une pensée dont la lucidité souvent cruelle voulut fixer des vertiges et en son sein porter nos intérieures contra­dictions. Sous cette plume comme un soc qui déchire pour préparer d'improbables semailles, c'est un effort constant pour ne rien laisser au confort, un affrontement d'apho­rismes qui remet l'intelligence en tension, sans trêve, entre le problème et le mystère. Et l'on découvre alors que le XXe siècle eut en un paysan autodidacte de l'Ardèche son très grand mora­liste ; et que Nietzsche, sans doute, eût reconnu dans ce catholique radical son héritier incomparablement plus grand que tous les traiteurs d'athéologie en gros.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'espérance est le désespoir supporté&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Du moraliste, Thibon tient ce travail de la pensée qui se double d'un travail sur la langue. D'au­cuns prétendent, pour honorer sa mémoire, qu'il ne recherchait jamais l'effet : ils ne s'aperçoivent pas qu'à ce compte ils diminuent l'artiste et sacrifient au mythe de la spontanéité vraie (mythe que ce maître du soupçon ne cessa de pourfendre). L'écriture est art : ­elle ne trouve un ton naturel que dans un redoublement d'artifice (Céline le savait bien), et Gustave Thibon, comme cet autre Gustave qui éprouvait sa prose au gueuloir, nous donne ici encore une leçon d'écriture à la Chamfort : rapprochement des contraires, dissimilation des synonymes, balancement de la phrase avec la foudre des clausules d'un Bossuet, et l'éclair des contrastes d'un Hugo. Exemple, ces deux lignes où le sens de la formule épouse la formulation du sens : « Celui qui est étoile pour les hommes est peut-être enfer pour lui-même. Il donne la lumière, et garde l'incendie... »&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cet incendie est justement ce qui le place encore au firmament des moralistes : le papier brûle, les phrases sont les flammes d'un feu purificateur, elles n'ont pas peur même de nous laisser un goût de cendres. Bernanos nous avait appris que l'espérance véritable n'était pas une partie de plaisir mais « le désespoir surmonté ». Thibon semble aller jusqu'à dire qu'elle est le désespoir supporté. Pas de consolation facile, ici ; mais pas non plus la « grimace des petits blasés d'aujourd'hui », ni ce pessimisme déloyal et complaisant, qui jouit de ses démolitions, prétend « se hisser à l'inconsolation finale » et, au lieu de se tirer la balle qu'il préconise, s'étale sur les présentoirs en volumes vendeurs. Sous peine de n'être qu'une posture, le doute doit nous amener à douter de nous-même, à « passer par ce néant et perdre jusqu'à la plus lointaine pensée qu'il ne s'agit que d'un passage ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Alors seulement l'homme est assez nu pour n'être plus de bas en haut qu'un cri. Il est radicalement abandonné, c'est-à-dire qu'il s'abandonne à l'énigme.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Source : &lt;a href=&quot;http://www.lefigaro.fr/litteraire/20061019.FIG000000194_une_etoile_brlante.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Le Figaro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
		<author>Francis MONTIGNON</author>
		<dc:date>2006-10-26T08:30:22Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Francis MONTIGNON</dc:creator>
		

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		<title>Un conte de ce magicien d'Oz</title>
		<link>http://www.premiumwanadoo.com/francis.montignon/SPIP-v1-7-2/article.php3?id_article=162</link>
		<date>2006-10-26 10:23:43</date>
		<description>&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
C'est un village maudit où gémit un torrent. Les montagnes, les forêts, les nuages le cernent de toute part, et plus loin sur la route, personne ne peut aller. C'est un bout du monde d'où la beauté a fui. Le coq n'y chante pas l'aube, le rossignol n'y trille pas le serein et, dans les étables comme dans les vergers, dans les poulaillers comme dans les potagers, on n'entend pas un bruit. Les animaux sont partis. Partis, oui.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les enfants continuent d'aller à l'école. Les adultes continuent de travailler dans les champs et, les soirs clairs, autour d'une chope de bière, ils évoquent les temps disparus. Mais lorsque vient la nuit, les familles se claquemurent. Elles tirent les volets, elles mettent les barres aux portes. La nuit est le royaume de Nehri, le démon des forêts. C'est Nehri qui, pour châtier le village d'une faute immémoriale, a ravi les animaux. Et quand il n'ensorcelle pas les bêtes, il s'en prend aux enfants. Le petit Nimi, par exemple. Celui dont tout le monde se moquait, celui qui était dans la lune, perpétuellement enrhumé, et qui riait avec des dents d'en haut si écartées et saillantes qu'on le surnommait « Bouche d'égout ». À ce pauvre être, Nehri a infligé une « hennite ». La « maladie du hennissement », oui. Une infirmité dégoûtante, dont Nimi a conçu tant de honte qu'il s'est sauvé dans la forêt.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;« Vous avez compris ?, souffle entre deux lignes le magicien Amos Oz.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.premiumwanadoo.com/francis.montignon/SPIP-v1-7-2/puce.gif' alt='-' /&gt; Compris quoi ? », répondent à l'unisson Matti, Maya et le lecteur. Matti et Maya, trublions et héros de Soudain dans la forêt profonde, ont l'âge des rêves interdits et des questions têtues. Le lecteur aussi, du moins c'est ce que, dans sa confiance en la nature humaine, l'auteur espère.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;« Prenez votre temps, écoutez mieux », souffle encore Amos Oz. Soudain dans la forêt profonde n'est ni un roman, ni un essai, ni un récit. C'est un conte. Avec des métaphores naïves et graves, avec du réalisme brodé de merveilleux à très gros points, il vous chuchote les vérités qui dérangent, celles qui nourrissent vos hontes, vos angoisses et vos peines.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Certes, il est question d'enfants frondeurs, de quête initiatique et d'un éden où les pintades dorment entre les pattes des loups ; mais aussi d'intolérance, de cruauté, d'exil, de courage et d'espoir. Pour entendre ces voix-là, qui parlent tout doucement, il vous faut faire silence. Souvenez-vous d'un prince qui avait des cheveux d'or et qui aimait une rose. Comme le petit Nimi, il ne ressemblait pas aux autres enfants et il faisait rarement ce qu'on attendait de lui. Ce prince-là savait qu'on ne voit bien qu'avec le coeur et que l'essentiel est invisible pour les yeux. Mais sur la planète Terre, les gens qu'il rencontrait raisonnaient autrement. À tâtons, pas à pas, Matti et Maya déchiffrent le sens de la terrible loi qui dicte que « quiconque refuse de se fondre dans le moule, d'être comme tout le monde souffre de la maladie du hennissement, du hurlement, ou de Dieu sait quoi, et alors, il a intérêt à se tenir à l'écart pour ne pas contaminer les autres ». La forêt est la matrice de leur seconde naissance. S'ils en sortent « dotés d'un supplément d'âme » et s'empressent de témoigner de ce qu'ils ont appris, c'est pour nous inciter à leur emboîter le pas. Avec eux, il faudrait « inventer un mot, un mot spécial qui voudrait dire en même temps se souvenir et oublier ». Alors, dans la sérénité de ce mot, peut-être saurions-nous enfin prêter une oreille attentive au vent venu de la forêt profonde et qui, sans se lasser, répète : « Parlez aux insulteurs, aux agresseurs, à ceux qui éprouvent un malin plaisir à faire souffrir autrui. Allez trouver également tous ceux qui se moqueront de vous, qui vous condamneront ou vous mépriseront. Parlez et parlez encore, sans vous décourager. »&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Source : &lt;a href=&quot;http://www.lefigaro.fr/litteraire/20061019.WWW000000294_un_conte_de_ce_magicien_d_oz.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Le Figaro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
		<author>Francis MONTIGNON</author>
		<dc:date>2006-10-26T08:23:43Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Francis MONTIGNON</dc:creator>
		

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		<title>Le château de Moulinsart</title>
		<link>http://www.premiumwanadoo.com/francis.montignon/SPIP-v1-7-2/article.php3?id_article=161</link>
		<date>2006-10-15 11:05:19</date>
		<description>&lt;img src=&quot;http://www.premiumwanadoo.com/francis.montignon/SPIP-v1-7-2/IMG/arton161.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align='right' width=&quot;800&quot; height=&quot;499&quot; style='border-width: 0px;' class='spip_logos' /&gt;</description>
		<author>Francis MONTIGNON</author>
		<dc:date>2006-10-15T09:05:19Z</dc:date>
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		<dc:creator>Francis MONTIGNON</dc:creator>
		

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		<title>Le Désarroi, roman inédit de Remy de Gourmont</title>
		<link>http://www.premiumwanadoo.com/francis.montignon/SPIP-v1-7-2/article.php3?id_article=160</link>
		<date>2006-06-30 07:12:05</date>
		<description>&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
À la toute fin du XIXè siècle, dans un Paris secret, se préparent de sanglantes exactions anarchistes. Salèze, grand cérébral, financier occulte d'attentats, destructeur des valeurs morales et religieuses, manie la métaphore avec éclat - entre Blake, Dante et Maldoror- pour tenter d'attirer dans son monde extraordinaire et nihiliste la belle mais rétive Élise. Ésotérisme, anarchisme, paradis artificiels : tous les moyens semblent bons aux personnages du Désarroi pour « se délivrer de la chaîne des causes ». Mais viendra l'heure des choix ou de la catastrophe annoncée...
Le Désarroi est un roman inédit de Remy de Gourmont (1858-1915).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Figure de la vie littéraire « fin-de-siècle », fondateur du Mercure de France, auteur de Sixtine et des Lettres à l'Amazone, il fut le maître à penser de Paul Léautaud, Blaise Cendrars ou Ezra Pound.
« Nous connaissons bien mal nos vraies gloires » disait à son propos, en fervent admirateur, Guillaume Apoll inaire...&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Url de référence : &lt;a href=&quot;http://www.clownlyrique.com&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.clownlyrique.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Source : &lt;a href=&quot;http://www.fabula.org/actualites/article14873.php&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Fabula&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
		<author>Francis MONTIGNON</author>
		<dc:date>2006-06-30T05:12:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Francis MONTIGNON</dc:creator>
		

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		<title>L'artisan (Poésie - Jacques Brault)</title>
		<link>http://www.premiumwanadoo.com/francis.montignon/SPIP-v1-7-2/article.php3?id_article=159</link>
		<date>2006-06-30 06:08:26</date>
		<description>&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
L'AUTEUR :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;JACQUES BRAULT. Poète, romancier et essayiste, il poursuit des études classiques au Collège Sainte-Marie puis à l'Université de Montréal, où il obtient un baccalauréat en philosophie et une maîtrise en arts ; il étudie également en France, à Paris et à Poitiers.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De 1960 à 1996, il est professeur à l'Institut des sciences médiévales et au département d'études françaises de l'Université de Montréal.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Depuis 1970 il collabore à de nombreuses émissions littéraires pour Radio-Canada FM et sur les ondes de la Communauté radiophonique de langue française.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Traduite en plusieurs langues, l'oeuvre de Jacques Brault a été récompensée par de nombreuses distinctions : le Prix Québec-Paris pour Mémoire en 1968 ; le Prix Duvernay en 1978 ; le Prix Athanase-David en 1986 ; le Prix du Gouverneur général du Canada 1970 pour sa pièce de théâtre Quand nous serons heureux publiée dans Trois Partitions, et pour son roman Agonie en 1985. En 1991, il reçoit le Prix Alain-Grandbois pour Il n'y a plus de chemin, de même que le prix Gilles-Corbeil en 1996. En 1999, sa traduction de l'oeuvre de E. D. Blodgett (Transfiguration) lui vaut le Prix du Gouveneur général.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;* Biographie recueillie sur &lt;a href=&quot;http://www.litterature.org/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;L'ÎLE&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'ARTISAN Jacques Brault LES ÉDITIONS DU NOROÎT 2006 - 127 pages - 19,95$&lt;/p&gt;</description>
		<author>Francis MONTIGNON</author>
		<dc:date>2006-06-30T04:08:26Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Francis MONTIGNON</dc:creator>
		

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