Perles d'archives
C.H.G.H.47
Au bureau, 54 rue de Cocquard, à Villeneuve-sur-Lot, les adhérents peuvent consulter nos archives, de nombreux dépouillements et relevés de tables décennales.

AGNAC : Comblement d’une fontaine (C.H.G.H. 47 n° 29).

Mes successeurs sauront que le 18 juillet 1764, Monsieur DIJON s’avisa de faire combler la fontaine qui se trouve au fond du cimetière un lopin de terre entre deux. Ne voulant pas souffrir un pareil attentat aux droits de mes paroissiens, après avoir épuisé toutes les voyes de la politesse, je le rendis assigné au sénéchal pour qu’il me réintégrat.
L’exploit fut controlé à Miramont par CHAROTTE le 20 juillet voyant que je ne badinois pas, je le quittois les moyens de douceur pour prendre celuy de la rigueur. Il donna ordre tout de suite que la dite fontaine fut mise dans son premier état.
Ainsi font les braves qui le sont autant qu’eux.
La possession de la fontaine est immémoriale.

VAQUIER, curé d’Agnac.

 

ARMILLAC : Décès d'un couple le même jour.

L'an mil sept cent quatre vingt et le onzième du mois de Septembre sont décédés au bourg d'Armillac et presque à la même heure, Françoise et Antoine HUIRAUD mariés ensemble. L'épouse mourut après quatre heures et L'époux avant cinq heures du même soir comme L'un et L'autre L'avait souhaité pendant leur vie dont l'amitié n'eut jamais d'exemple. Tous les deux âgés d'environ soixante et dix ans munis des Sacrements de l'église, furent ensevelis L'un près de L'autre au gré de leurs désirs dans le même instant dans le cimetière de la paroisse en présence de leurs parents, de Guillaume COLOMBET et de Pierre HUIRAUD qui n'ont signé pour ne pas savoir en foy de ce

LALAURIE Curé.

 

BARBASTE : Déclaration de grossesse chez un notaire (C.H.G.H. 47 n° 29).

Aujourd'hui 18e jour du mois d'avril I762, avant midi, dans le bourg de Barbaste, juridiction de Lausseignan, et dans la maison de Jeanne DUPEYRÉ, veuve du sieur Bernard CAZENOBE, par devant nous, notaire de la ville de Nérac, se rendant au dit lieu, soussigné, présents les témoins bas nommés, a été présente en personne la dite Jeanne DUPEYRÉ, habitante de la présente maison, laquelle de son bon gré et volonté, a dit, déclaré et confessé, qu'ayant appris que dans la présente juridiction de Lausseignan, il n’y a aucun officier pour la distribution de la justice, et, étant dans le cas de la requérir, pour faire sa déclaration de grossesse elle se serait transportée en la ville de Nérac, sans une incommodité qui l'empeche de voyager, et aussi d'autres raisons très légitimes pour faire de la route.
C'est pourquoi la dite DUPEYRÉ, pour satisfaire aux ordonnances du Roy et en cas d'évenements imprévus, elle a dit et déclaré en présence du dit notaire et des témoins, qu'ayant depuis longtemps en pension chez elle le sieur André FILLIASTRE, employé dans les fermes du Roy, elle aurait contracté pour lui une forte amitié, et qu'après des promesses les plus flatteuses et les plus réitérées de la part du nommé FILLIASTRE, la dite comparante n'a pu eviter d'etre « coinçée » charnellement, de la part de ce dernier, duquel elle se trouve enceinte d'environ cinq mois. Laquelle présente déclaration de la dite DUPEYRÉ à fait, pour servir d'a valoir a celle… (deux mots illisibles) que de raison, et pour les raisons susdites,et de laquelle elle m'a requis, a été fait et passé en présence de François GASQUET, maitre es Arts, habitant de la paroisse de Bréchau, juridiction de Lavardac, et du sieur Étienne CADRAUD, négociant, habitant du présent bourg, et ont signé, non la dame DUPEYRÉ, pour ne savoir, ainsi qu'elle l'a déclaré, de ce faire, par moi interpellée.

SAINTARAILLE, notaire.

Contrôlé le 28 avril 1862 (A.D. Lot et Garonne : 3 E 183/27).

 

BRUCH : Sépulture de NOËL nègre (C.H.G.H. 47 n° 30).

Le 29 mars 1768, est décédé un enfant nègre, esclave du Seigneur de Bruch, nommé Noël, agé de douze ou treize ans environ.
Il a été enterré dans la communion de l’église, le 30 dudit mois, en présence de Michel BONNIN, d’Arnaud MONTUS, et autre Arnaud MONTUS qui n’ont signé, pour ne savoir, de ce, requis par moi.

PELOUS, curé de Bruch

(Réf. : E supplément 2.770)

 

DOLMAYRAC : Fille ou garçon ?

L’An mil huit cent vingt deux, le douzième du mois de Juillet à neuf heures du matin, par devant nous Guillaume MALAURE adjoint et officier de l’état civil délégué par monsieur le maire de la commune de Dolmayrac, Canton de Sainte-Livrade, quatrième arrondissement du département de Lot et Garonne, est comparu Marie Capiel âgée de vingt trois ans habitante au bourg de Dolmayrac laquelle nous a déclaré que le douze dudit à quatre heures du matin Anne MARROU domiciliée au dit bourg est accouchée dans sa maison d’un enfant du sexe masculin ou féminin (qu’il ou elle) nous présente, et auquel (il ou elle) donne le prénom de Jean.
Les dites déclarations et présentation faites en présence de Guillaume DELBREL agé de vingt neuf ans et Jean PAPON agé de vingt huit ans, cultivateurs domiciliés au dit bourg de Dolmayrac et nont les déclarants signé pour ne savoir de ce requis interpellés par moy après que Lecture leur en a été faitte.

MALAURE.

 

FOURQUES : Notre-Dame de Fourques : Choix d’un sacristain en 1703 (C.H.G.H. 47 n° 32).

Le deuxième septembre mil sept cent trois, nous soussignés prêtre et curé de cette paroisse de Fourques, et sindiqs et marguillier de la ditte église, après démission volontaire de Jean PICCART, tailleur, si devan sacristain de nostre église, à cause de son esloignement, impossibilité et incompatibilité de profession à servir en qualité de sacristain.
Lequel nous aient remis la crois et clefs de l’église ; c’est présenté Jean PISSOS paroissien plus proche voisin de l’église pour servir en ceste qualité de sacristain et se faisant reconnaît la probité, bonne vie et mœurs et propre pour la dite fonction, nous l’avons unanimement approuvé et reçu, et lui avons remis la ditte crois et clefs de l’église.
La charge de bien et dignement faire sa fonction de tenir le linge et les chandeliers et lampes nets, de balier soigneusement la ditte église la veille des festes et dimanches, d’accompagner le Vicaire quand il porte le Saint Sacrement de l’Eucaristie et d’Extrême Onction, sonner les messes et aux marias et faire généralement toutes les fonctions d’un zellé sacristain, consentent qu’il tire les rétributions et salaires accoutumés.

 

LACHAPELLE : Saint-Martin de Gardelles et Saint-Cloud son annexe : 1709 - Etat des meubles et ornements des églises (C.H.G.H. 47 n° 30).

Un calice avec la patène d’argent qui sert pour toutes les deux églises et celuy pour la mettre.
Deux chasubles l’une d’un costé de taffetas violet, de l’autre à fleurs de coleur blanc, rouge et vert ; l’autre chasuble d’un costé à fleurs de couleur blanc rouge et vert de l’autre costé noir.
Une house avec deuc coporeaux.
Une aube fort usée avec lamp et cordon.
Un surplis fort usé.
Une grande croix de fonte pour les processions, une petite pour l’autel, 4 napes de devant d’autel fort usés l’un vert l’autre blanc.
Des cremières (1)d’estein, une cuvette cuivre un encensoir 2 chandeliers de ter…

Saint-Cloud son annexe : 1709 - État des meubles et ornements des églises (C.H.G.H. 47 n° 30).

2 chasubles, l’une… de deux costés, l’autre costé à fleurs de couleur rouge vert et blanc de l’autre de taffetas vert, l’autre chasuble de couleur blanc.
Une aube avec amy (2) et cordon.
5 nappes, un devant d’autel, une grande croix d’estein et une petite pour l’autel.
Un missel et rituel à chaque église.

 

LAGRUÈRE : Mort d'un inconnu.

L’An de Grace Mille Sept Cent Soixante Douze et le vingt six Juin, j’ai enseveli dans le cimetière de Lagruère un garçon inconnu noyé dans la Garonne, âgé de quinze ans, après que la justice du Mas a eu fait le procès verbal et qu’elle m’a prié par lettre de l’ensevelir dans le cimetière de Lagruère en présence de Gabriel… valet de ville et de Pierre MAGNON qui n’ont signé pour ne savoir de ce requis par moy.

LALIBERT Vicaire.

 

LAVARDAC : Imbécile (C.H.G.H. 47 n° 30).

L’an de Grace 1728, et le 11 décembre, est morte Claire PRECHAC, IMBÉCILE, agée d’environ 52 ans, et a été ensevelie, dans le cimetière de la paroisse de 12 du dit mois. Présents : Joseph FARBOS, Jean LARQUIÉ, Jean BELLET.
Signé, FARBOS, BELLET, LARQUIÉ

LAFARGUE, curé.

(Réf. : E supplément 2.790)

 

LOUBÈS-BERNAC : Bernac : Bénédiction d’une cloche (C.H.G.H. 47 n° 30).

Le 13 juin 1781, la cloche de Bernac qui depuis 4 ans avait été fêlée par le tonnerre a été refondue dans mon sol et augmentée de 220 livres de métail et le lendemain 14 juin de la même année, jour de la fête-Dieu, elle a été bénie par moy soussigné.
Mr de TEYFON seigneur de Théobon en a été le parrain et Madame son épouse la marraine quoiqu’absents, comme il conste par l’inscription que j’y ai fait mettre dessus, en foy de ce.

CAZAUX, curé de Bernac

 

MAS d’AGENAIS (Le) : Enfant trouvé (C.H.G.H. 47 n° 32).

Aujourd’hui 1er brumaire an VII de la République une et indivisible, à dix heures du matin, nous agent municipal de la Commune du Mas d’Agenais, soussigné, chef lieu de Canton, Département de Lot-et-Garonne, avions été averti qu’il avait été exposé à la porte de la ci-devant église du Mas, où était attaché une panière en osier avec un avant clou garni d’un linge blanc neuf le dit enfant mailloté dans une chemise garnie d’un mètre environ d’étoffe blanche et avec une mauvaise couverture de laine rayée, un bonnet de satin blanc à la teste ceint de ruban bleu.
Lequel enfant a été de suite transporté dans la maison du citoyen SAZI, par le citoyen MESNARD du bosc, secrétaire en chef de ladministration municipale qui estima que la longue exposition fut préjudiciable à la santé du dit enfant, le réchauffait et nous donnait le temps de nous transporter pour en faire verbal et que nous avons fait après l’avoir fait visiter et reconnu pour être une fille née de trois jours, et avions le dit enfant enveloppé comme ci-dessus couché dans du foin dans un panier d’osier où était un petit flacon rempli de vin.
Le dit enfant l’avions remis aux soins de la citoyenne CRIDELAUZE, épouse du citoyen BOUIN, domicilié dans cette Commune pour l’abriter en attendant qu’il se présente une nourrice ou qu’il soit envoyé à l’hospice de Marmande de tout quoy avons fait et donné le présent procès verbal ce jour mois au susdit.

 

PRAYSSAS : Don en nature et séquestre (C.H.G.H. 47 n° 30).

Etat des ornements ou autres effets ou meubles d’église, que Dame Marianne de MORIS de MONTAMAT, marquise de Sonneville, Baronne Seigneuresse de Prayssas, a donné à notre église, ornements que j’ay en garde, dans ma maison, pour ne pas les laisser exposés dans une sacristie mal saine, ou à d’autres accidents.
1° un rayon, ou soleil, d’argent, d’un pied et demi de haut, très beau ouvrage de Paris,
2° un ornement noir d’un gros de naples, avec tout l’assortiment dalmatique et le reste,
3° une chape d’un satin noir avec son étole, garnie d’une crépine et soye blanche,
4° un ornement d’une étoffe des Indes à fleur d’or avec son voile bourse et tout l’assortiment,
5° un devant d’autel noir de velours, garni d’un ruban de soye blanche,
6° une aube avec son amit et son cordon, lesquels effets je reconnais avoir reçu de Madame la Marquise de Sonneville pour servir à notre église à Prayssas le 25 7bre 1764.

DUBLANC, curé de Prayssas.

Deuxième don (C.H.G.H. 47 n° 30).

Le 13 may 1768, haute et brillante dame marie anne de moret de montarnal, baronne de prayssas, marquise de sonneville, a donné à l’église de prayssas, un calice neuf d’environ un pied de haut, en façon de paris, at qu’ai reçu des mains de mon frère.

BARSALOU, curé de Prayssas.

 

RAYET (Le) : Saint-Grégoire : En 1789, un curé progressiste (C.H.G.H. 47 n° 60).

Année à jamais mémorable par l’heureuse et grande Révolution qui s’opère en France. Année tumultueuse, mais année qui a mis le despotisme en cendres, secoué le joug de l’aristocratie. Anéanti le régime féodal, supprimé la dixime et déclaré que tous les hommes naissent et demeurent égaux en droit de la légalité. Plus de distinctions, de prééminence, les conditions sont confondues, la vertu seule distingue le bon du méchant. Tout français citoyen, tout citoyen soldat. Et l’homme est libre.

DELPI, curé de Saint-Grégoire.

(B.M.S. : Le RAYET : Saint-Michel-de-Monseyroux et Saint-Grégoire, son annexe, 5 Mi 35 (R 34) 1645-1792 (E sup. 3908 et 3909).

 

TAILLEBOURG : Saint-Pardoux de Taillebourg : Les grands froids de l’hiver 1788 (C.H.G.H. 47 n° 32).

Les grands froids ont commencé cette année vers la mi-novembre après diverses intempéries. Ils devinrent excessifs vers les fêtes de Noël. Le 20 décembre la Garonne chariait beaucoup de glaces, le 30 et le 31 elle en était couverte devant l’église de Taillebourg où elles étaient mouvantes, mais la rivière fut entièrement gelée à Tonneins, eu un grand nombre de personnes la traversaient à Marmande les 30 et 31 décembre.
Le 1er de l’an 1789, le dégel survint, mais le 4 janvier le froid recommença avec autant de violence. Le 9e du même mois la Garonne fut entièrement couverte de glaces immobiles devant Taillebourg et gelée et tout à fait prise devant Caumont, puis jusqu’à Marmande.
Le dégel survint le 10 et le 17 il ne paraissait plus de glaces sur la rivière, ni sur les bords. Le thermomètre est descendu à Tonneins jusqu’à 15 degrés de gésine de congélation, et à Paris, le même jour, au matin du 31 décembre, il est descendu jusqu’à 18 degrés.
Le froid a été beaucoup plus considérable qu’en l’année 1766.

Saint-Pardoux de Taillebourg : L’inondation de 1791 (C.H.G.H. 47 n° 32).

26 décembre grande inondation de la Garonne.
Les eaux ne rentrèrent dans leur lit que dans la journée du 30, après s’être élevées à une hauteur qui ne fut moindre de celle où elles parvinrent en 1770 que de deux pieds.
Les bords de Garonne furent emportés et plusieurs terrains furent sablés extraordinairement.
Peu de récolte cette année là. Le blé a un prix.

CEUILLER de BEAUMOIR, curé.

Saint-Pardoux de Taillebourg : 2 mai 1781 : Une épidémie de rougeole (C.H.G.H. 47 n° 31).

Ces deux enfants et les suivants ont été enlevés par une rougeole maligne et épidémique qui était accompagnée de tumeurs, de chancres et d’ulcères à la gorge. Un grand nombre de personnes de tous ages ont été attaquées avec les mêmes sympthomes. Les enfants surtout ont été les victimes. Ils mourraient le 3ème ou le 4ème jour de la maladie.
Presque tous ceux qui se sont rétablis ont changé de peau.

Saint-Pardoux de Taillebourg : L’inondation de décembre 1767 (C.H.G.H. 47 n° 31).

Le 21 décembre 1767, un très grand débordement de la Garonne parvint à son plus haut point le matin de la fête de Saint Thomas, apôtre, pendant les 24 heures qui ont précédé les eaux couvrent toute la plaine et leur accroissement était d’un pouce et demi à l’heure.
Ce qui annonçait une très grande crue, quand elles s’élèvent de plus d’un pouce par heure dans le jour du débordement. Elles passèrent au-dessus des mates du cimetières huit à dix pouces et montaient à quatre pieds moins trois pouces dans les appartements du presbytère.
Le 8 mars 1783 elles s’élevèrent de 25 pouces plus haut et le 9ème d’avril 1770 quarante trois pouces plus haut. Jamais de mémoire d’homme aucun débordement n’avait enlevé tant de terrain surtout vis-à-vis de l’église qu’en cette année 1767.
Huit à neuf toises de terrain ont disparu devant la maison de François COURSAN qui n’est plus loin de la rivière que de six toises dans le coin du levant.
Elle a d’ailleurs causé grands dégats par la quantité incomparable de sable qu’elle a jeté par les terres.

 

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(1) Crémières pour crémaillères.

(2) Amits : sorte d’habits ou coiffure. Dictionnaire des termes de vieux françois ou trésor de recherches et antiquités gauloises et françoises, par Borel, conseiller et médecin du Roy, 1750.