L'OPINION DE LA PRESSE SPECIALISEE
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Jazz One More Time
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Fabien Mary Quartet - CD Chess |
Jacques Chesnel est membre de l'Académie
du Jazz. Auteur de "Le Jazz en quarantaine" (Isoète),
"Les Grands Créateurs de Jazz" avec Gérald Arnaud
(Bordas) ; auteur et consultant "jazz" pour l'Encyclopédie
Encarta sur CD-Rom. Peintre, il travaille depuis plus de trente ans
sur les rapports entre jazz et peinture.
Jacques Chesnel |
Fabien Mary (trompette), Hugo (guitare),
Fabien Marcoz (contrebasse), Mourad Benhamou (batterie) enregistrement
les 10 & 11 janvier 2005
1/ Chess 2/ I’m always lucky 3/ The fruit 4/First
march 5. Philly twist 6/ I don’t stand a ghost of a chance with you
7/ Next week 8/ Blue on blue 9/ Just a few days 10/ Monaco
Dès ses premières apparitions dans les
clubs ou au sein de différents grands orchestres, puis lors de
la parution de son premier album en qualité de leader (Twilight,
en 2002 chez Elabeth), nous savions, dans le petit monde du jazz français,
que nous tenions là un trompettiste sur lequel il fallait désormais
compter ; il obtint un « Django d’Or » en 2003 et en 2004
le prix «révélation instrumental» de Jazz
à Juan… tout cela confirmé par ce deuxième opus
avec plus de certitude encore, Fabien Mary ayant aisément surmonté
le fameux problème du deuxième disque … celui qu’on attend
(comme le font les mauvais esprits) « au tournant » !
Non seulement ici transcende-t-il avec une belle assurance
(un sympathique culot, comme le démontre son interprétation
de la ballade I don’t stand a ghost of a chance with you) la fertilisation
du substrat clifford-brownien, mais il s’affirme en tant que compositeur
en signant la moitié du répertoire. Avec une sonorité
plus aérée, plus aérienne encore que dans le précédent
opus, F.M., sur sa composition Next week au tempo d’enfer, nous donne
la preuve que son agilité, sa vélocité, son articulation,
sa précision, son sens du swing sont la marque d’un work in progress
qui le place maintenant dans la lignée des trompettistes de grand
talent.
Ses partenaires ne déméritent pas, bien
au contraire : Hugo Lippi aussi présent en soutien harmonique
et rythmique que soliste inventif, inspiré, précieux dans
les unissons avec le trompettiste, la souple solidité de Fabien
Marcoz à la contrebasse et Mourad Benhammou dont l’accompagnement
généreux, intuitif et complice est indispensable à
l’unité de la formation.
Un beau disque, un très beau disque qui fait chaud au cœur, qui
rend heureux comme un rayon de soleil, comme une belle journée
de printemps, comme une jeune fille en fleur.
Jacques Chesnel
(mai 2005)
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Revues |
Fabien Mary Quartet - CD
Twilight |
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Premier disque en
leader , enregistré en juin 2002, d'un trompettiste né
en 1978. Quartette sans piano mais avec guitare, tenue par un autre
jeune, Hugo Lippi, qui a une conception dynamique de l'accompagnement.
Le guitariste ne suit pas le trompettiste. Il n'est pas en avance non
plus, ni en retrait. Il est sur la même ligne, et réalise
des contrechants qui suscitent l'adhésion. Présent au
saxophone baryton dans deux titres, Xavier Richardeau apporte une couleur
supplémentaire, sans que ne soit modifiée la structure
du quartet. Fabien Mary est de ceux qui savent s'inscrire dans la longue
continuité de la trompette bop sans renoncer à l'expression
d'une réelle personnalité. À son écoute,
les noms qui viennent à l'esprit sont ceux de Clifford Brown,
Donald Byrd, Kenny Dorham, Louis Smith, et même Roy Eldridge.
Fabien Mary est simplement lui-même, avec une sonorité
légèrement aciduiée, et une retenue qui lui fait
éviter le recours au passage en force. Ce qui colle bien, une
fois encore, avec le jeu de son collègue guitariste. Souhaitons
une confirmation de cette association dans un proche avenir.
Joël Pailhé |
Répertoires |
Un délice
Nous avons enfin en France en la personne de Fabien
Mary (écoutez son exposé de "I Should Care")
et Hugo Lippi (quel beau solo sur le "Stockholm Sweetin'"
de Quincy Jones !) l'équivalent du savoureux duo trompette-quitare
que formèrent aux Etats-Uni Ruby Braff et George Barnes. Complété
à merveille par Le solide Nicolas Rageau à la contrebasse
et par Mourad Benhammou à la batterie, véritable accompagnateur
swinguant avec une légèreté bienvenue (excellents
4/4 sur "I've Got my Love to Keep me Warm"), ce duo déguise
ses audaces sous les apparences du naturel et de la facilité.
Lorsque Xavier Richardeau se joint au baryton, on ne peut que penser
au tandem Chet Baker-Gerry Mulligan. Leur belle fraîcheur, leur
engagement sans complexe dans une tradition qu'ils maîtrisent
convenablement, offre à ces jeunes gens un bel avenir musical.
En attendant, dégustez sans modération ce bijou de swing
qui fait la part belle aux charmes difficiles mais supérieurs
de la mélodie.
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Ceux qui ont entendu
Fabien Mary au sein du big band de Michel Pastre connaissent les qualités
de ce trompettiste de vingt-quatre ans : aisance technique déjà
impressionnante, vélocité et imagination héritées
de son maître Clifford Brown, musicalité constante, sens
du swing. Autant d'atouts manifestés dans ce premier album en
leader où, remarquablement entouré, il exprime une personnalité
bien affirmée qui n'exclut pas une modestie de bon aloi. En effet,
à l'inverse de nombre de jeunes musiciens pressés de jouer
« leur » musique, il pose ses pas dans ceux de ses devanciers
Brown, mais aussi Art Farmer ou Kenny Dorham tout en marquant de son
empreinte des standards (I',m Getting Sentimental Over You, I Should
Care, Shiny Stockings, Perdido, entre autres) qui lui permettent d'exploiter
toutes les facettes de sa sensibilité. Une démarche qui
n'a rien de revivaliste au sens péjoratif du terme. Du reste,
la qualité des arrangements privilégiant les dialogues
trompette-guitare (superbe Hugo Lippi), les interventions dans Stockholm
Sweetnin, et Shiny Stockings de Xavier Richardeau, l'efficacité
discrète de la rythmique, tout concourt à la complète
réussite de ce cd rafraîchissant. Hautement recommandable,
est-il utile de le préciser ?
Jacques Aboucaya, le12 novembre 02.
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Pemier disque en leader d'un jeune trompettiste dont
on commence à parler. À juste titre. Le titre est sans
équivoque : ce crépuscule, c'est l'annonce d'une soirée
d'émoi et de rigueur. Étrangère à tout effet
facile, à tout artifice, La musique est dépouillée
- on ne triche pas avec la trompette, longtemps emblématique
du jazz (avant d'être concurrencée par le saxophone). Et
Fabien Mary, au fil d'un discours "bop" orthodoxe aux influences
affichées sans complexe (celle, entre autres, de Donald Byrd),
s'impose d'emblée par sa maîtrise technique et une inspiration
sans failles. Une seule composition du signataire du disque (Mister
M) - ce qui est plutôt rare par les temps qui courent - et des
standards, Le tout servi par un quartette au drive réjouissant,
transformé pour deux plages en quintette par L'addition de Xavier
Richardeau, employeur habituel du trompettiste. La découverte
d'un guitariste remarquable n'est pas le moindre intérêt
de cet enregistrement : solide accompagnateur, Hugo Lippi fait preuve
d'assez de maturité pour inventer des soli inspirés. Et
puis, last but not least, la solidité rythmique de Nicolas Rageau,
ses chorus à La WiLbur Ware, et Le mélange d'efficacité
et de bon goût de Mourad Benhamou complètent remarquablement
cet opus inaugural, qui, plutôt que "prometteur", constitue
déjà une promesse brillamment exaucée. On attend
une suite avec impatience.
Thierry Leboff
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Jazz Notes |
Tout juste 30 ans,
et déjà son enthousiasme à la trompette fait plaisir
à entendre. Il a dû écouter attentivement les ténors
du genre comme Clifford Brown, car il possède une jolie sonorité
précise et juste, plus un sens pointu du swing. il est alimenté
par une belle rythmique Hugo Lippi (g), Nicolas Rageau (cb), Mourad
Benbammou (dms), tous trois très attentifs au leader lui donnant
un soutien constant et appliqué. En guest le baryton Xavier Richardeau
émouvant et subtil. 11 morceaux classiques mais toujours d'actualité
et mis au goût du jour. Encore un petit gars qui sait de quoi
il parle et nous le prouve d'une jolie façon avec une facilité
désarmante. Elabeth a eu le nez creux de nous le présenter
RENCONTRE AVEC FABIEN MARY,
ETOILE MONTANTE DU JAZZ HEXAGONAL.
À 24 ans, ce trompettiste impose son immense
talent avec un premier album en leader sur le Label Elabeth.
QUEL A ETE VOTRE PARCOURS ?
Je suis né en Normandie, mes parents n'étaient
pas musiciens et rien ne me prédisposait à le devenir.
J'ai découvert la trompette un peu par hasard; j'avais 6 ans
et pendant le cours de solfège le professeur a invité
un élève de la classe de trompette à venir jouer
devant nous. Là je me suis dit: « c'est ça que je
veux faire! ».
J'ai d'abord étudié le classique au
conservatoire d'Evreux, puis une classe de jazz s'est créée
à Bernay. J'y ai participé pendant deux ans. Ce qui est
drôle, c'est qu'à l'époque je croyais que le jazz
c'était uniquement le jazz « français ». De
tous les musiciens que je côtoyais, aucun ne me parlait d'autre
chose. C'est seulement après que j'ai commencé à
découvrir le reste, à remonter la filière: apprendre
les standards et écouter ceux qui sont devenus mes modèles:
Clifford Brown, Kenny Dorham, Fats Navaro, Donald Byrd, Lee Morgan,
Art Farmer, Conté Candoli, moins connu mais que j'adore...
VOUS JOUEZ BEAUCOUP EN BIG BAND ?
Oh oui, je suis dans l'orchestre de Michel Pastre,
le Gérard Badini Super Swing Machine, le Paris Jazz Big Band
et le Vintage Orchestra que nous avons créé avec Eric
Poirier, Dominique Mandinet, Sophie Alour; nous travaillons beaucoup
c'est un groupe qui me tient vraiment à coeur. je tourne également
avec le sextet de Xavier Richardeau, il m'a aidé à mon
arrivée à Paris et fait rencontrer beaucoup de bons musiciens.
C'est aussi lui qui m'a présenté au producteur, Didier
Drussant, du Label Elabeth. À partir de ce moment, tout a été
très vite: contrat pour deux albums, enregistrement au Studio
du Petit Pont dans de très bonnes conditions; j'ai pu enregistrer
exactement la musique que je voulais.
VOS PROJETS ?
Pour l'instant essayer de tourner le plus possible
avec mon groupe: Hugo Lippi, Fabien Marcoz, Mourad Benhammou. Le disque
"Twilight" est très bien accueilli, c'est une chance
qu'il faut saisir puis aussi continuer à jouer comme sideman.
Il y a toujours un truc à apprendre...
Propos recueillis par Daniel Belamy |
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Lecteurs
de Jazzotte, vous connaissez déjà ce jeune trompettiste
de 24 ans (n° 593) dont le swing racé en fait l'un des talents
les plus évidents et les plus prometteurs de la nouvelle génération.
Maturité et caractère, voilà ce qui frappe chez
Fabien Mary, lequel assume sans complexe la pratique d'un style de facture
«classique », en tous les cas celle d'un jazz enraciné
dans sa réalité culturelle. Il s'approprie ainsi, avec
humilité et intelligence, une musique née quarante ou
cinquante ans avant lui, et dont il transmet fidèlement l'esprit
sans oublier d'être lui-même. Mary expose avec ce premier
opus, Twilight, une profession de foi jazzistique véhiculant
les valeurs essentielles de cet art: beauté, simplicité,
générosite. Sans artifices de mode ni esbroufes techniques,
il privilégie une approche impressionniste et très méloclique,
dotée d'une rythmique enlevée. Ce talentueux disciple
de Clifford Brown, aborde avec la même aisance les thèmes
rapides (« l'm Getting Sentimental Over You ») ou plus lents
(« I Should Care»): tantôt pétillant, tantôt
mélancolique, il maîtrise excellemment l'espace sonore,
instaurant l'ambiance dès les premières notes. Poursuivant
au fil des plages leur dialogue, Mary et Lippi se répondent avec
une complémentarité complice, particulièrement
étroite sur « Lullaby of the Leaves». Le duo avec
Xavier Richardeau, invité sur « Stockholm Sweetnin' »
et «Shiny Stockings», est tout aussi enthousiasmant: la
rondeur bonhomme du baryton s'accorde au mieux avec les clairs-obscurs
de la trompette. Au final, un album qu'on effeuille comme un recueil
de nouvelles, poursuivant d'une à l'autre le même récit.
Celui de la belle histoire du jazz, d'Amérique et de France,
d'hier et d'aujourd'hui.
Jérôme Partage
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Jazz One More Time |
Nouveau
jeune trompettiste français de 22 ans, Fabien nous livre ici
un album avec presque que des standards. Il est allé chercher
loin pour être original dans les arrangements. Il y réussit
parfaitement. Kenny Dorham et Clifford Brown sont deux de ses influences.
J'aime aussi le choix des thèmes (de Gigy Gryce, Frank Foster,
Ray Bryant). Un 4tet plein de finesse, qui favorise la note à
la technique, l'émotion à l'esbroufe. C'est tellement
rare de nos jours qu'il faut le crier haut et fort. La rythmique est
magnifiquement soudée avec Hugo Lippi qui est absolument délectable
tant il est inspiré et chaleureux. Xavier Richardeau, au baryton
: c'est quelque chose aussi! Oui, vraiment, pour un premier CD, c'est
un coup de maître. On attend la suite avec impatience Fabien,
et vite !
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Jeune trompettiste en activité incessante depuis quelques années,
de la petite formation bop au big band, Fabien Mary fait une entrée
au disque de belle facture. Dans la tradition d'un apprentissage bien
mené, Mary rend à ses aînés et sources d'inspiration
ce qu'il leur doit. Avec beaucoup de goût et d'attention, Mary
n'a pas bâti un répertoire qui ne puise que dans le fonds
le plus connu du grand livre de l'histoire du jazz, mais dans des à-côtés
qui deviennent autant de possibles (re)découvertes. "Social
Call", de Gigi Gryce, "Tonk", de Ray Bryant, "Fantan",
de Russ Freeman, ou "Shiny Stockings", de Frank Foster, il
fallait y penser. Et quand les partitions de Quincy Jones ou Irving
Berlin sont sollicitées, ce n'est pas non plus dans le sens le
plus évident de leurs auteurs. Avec le guitariste Hugo Lippi,
le contrebassiste Nicolas Rageau et le batteur Mourad Benhammou, Fabien
Mary installe un univers qui, pour être clairement repéré
les années 194o et 195o), n'est pas abordé par son versant
nostalgique, en surface, mais bien en tant que musique intimement vécue
aujourd'hui. Pour entamer 2003 en reprenant envie avec le swing du jazz
et son imaginaire mélodique, Twilight (,"Le Crépuscule",
intitulé contradictoire avec la lumineuse expression de ses interprètes)
s'impose |
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Fabien Mary
(trompette), Hugo Lippi (guitare), Nicolas Rageau (contrebasse), Mourad
Benhammou (batterie) et Xavier Richardeau sur 2 titres
Enregistrement juin 2002
Ce premier disque sous la signature de ce jeune trompettiste, né
en Normandie en 1978, couronné nouveau talent par les Django
d’Or 2003, est remarquable à plus d’un titre. D’abord, le choix
du répertoire, résolument « classique moderne
», nous faisant (re)découvrir des thèmes peu souvent
joués (Stockholm Sweetnin’ de Quincy Jones, Tonk de Ray Bryant,
Social Call de Gigi Gryce ou Fanfan de Russ Freeman) ou les désormais
incontournables standards que sont Perdido et Shiny Stockings. Ensuite,
saluons cette démarche qui consiste à modestement payer
son dû à une partie de l’histoire du jazz plutôt
que de se précipiter tête baissée dans l’aventure
(souvent brouillonne) d’une démonstration de son propre univers
non encore maîtrisé. Humilité donc, et courage
car on prend alors un autre risque, celui de l’imitation, de la référence
obséquieuse. A la tête de son quartette sans piano, Fabien
Mary a donc su éviter les écueils d’un premier disque
(carte de visite ou proclamation) ; il se positionne en haut de l’échelle
parmi les jeunes espoirs de l’instrument (ils sont peu nombreux) dans
une catégorie qui n’a plus, hélas, les faveurs d’une
critique guettant les exploits à la mode d’aujourd’hui et oubliant
que la mode, c’est ce qui se démode, selon Jean Cocteau.
Devenu parisien il y a quatre ans, Fabien Mary a fréquenté
assidûment les clubs et forgé sa personnalité
dans divers contextes. Bien sûr, et ce n’est pas pour nous déplaire
(bien au contraire) on remarque que Clifford Brown et Kenny Dorham
furent ses premières influences... mais il ajoute à
cela un sens du feeling et une cohérence esthétique
bien à lui, en compagnie de musiciens de la même obédience
sur des arrangements simples et complexes à la fois (encore
un oxymoron).
Longue vie à ce groupe (le verra-t-on dans les festivals de
l’été) et à ce Twilight qu’il faut traduire comme
« aube naissante » plutôt que crépuscule.
Signalons que sur le label Elabeth, on trouve les noms de musiciens
français appréciés tels que (les plus connus)
: Charles Bellonzi, Christian Escoudé, Jimmy Gourley, Olivier
Hutman, Olivier Témine, Luigi Trussardi…
A paraître en février That’s What, album solo du pianiste
Alain Jean-Marie… On l’attend avec impatience…
Jacques Chesnel
(janvier 2004)
Jacques Chesnel est membre de l'Académie du Jazz. Auteur de
"Le Jazz en quarantaine" (Isoète), "Les Grands
Créateurs de Jazz" avec Gérald Arnaud (Bordas)
; auteur et consultant "jazz" pour l'Encyclopédie
Encarta sur CD-Rom. Peintre, il travaille depuis plus de trente ans
sur les rapports entre jazz et peinture.
(www.jazz-chesnel.com).
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Après
Twilight en 2002, qui lui y avait valu une reconnaissance unanime, couronné
par un Django d’or en 2003 et le prix de la Révélation
instrumentale de Jazz à Juan en 2004, Fabien Mary a sorti un
deuxième opus chez Elabeth en juin dernier : Chess.
Comme on ne change pas un quarté gagnant, Fabien Mary continue
l’aventure avec deux des compères de Twilight, Hugo Lippi à
la guitare et Mourad Benhamou à la batterie, mais c’est Fabien
Marcoz qui tient la contrebasse au lieu de Nicolas Rageau. Notre bande
de « Normands » (le trio Lippi - Marcoz - Benhamou a enregistré
Jazz à Yport en 2000...) se connaît de longue date et
gravite dans la sphère de Jazz à Caen, William Chabbey
Quartet, Collectif Mu, Jazz Workers Quintet, Jean-Michel Proust Trio,
Wadji Cherif...
Si l’allure romantique et les airs d’éphèbe de Fabien
Mary évoquent Chet Baker, la comparaison s’arrête là.
La musique du quartet n’a rien de cool. Au contraire, Fabien Mary
et ses acolytes naviguent joyeusement dans les eaux du hard bop. Comme
le fait justement remarquer Jean-Michel Proust dans les notes du disque
: « Ce Chess est le développement d’un quartet parfaitement
rodé, mais sur une thématique personnelle ». Et,
de fait, quatre thèmes sont de la plume du trompettiste. S’ajoutent
« Philly Twist » et « Monaco » de Kenny Dorham
(autre influence de Fabien Mary), « The Fruit » de Bud
Powell, « Blue on Blue » de Jimmy Heath et le standard
de Crosby - Washington - Young : « I Don’t Stand a Ghost of
A Chance with You ». Autrement dit, pas de quoi s’endormir !
Fabien Mary confirme ses talents de musicien : virtuosité
utilisée à bon escient (« Chess », «
Monaco »), sonorité claire et ouverte, mise en place
précise (« Next Week » ou « Philly Twist
»). Le trompettiste est également un improvisateur plein
de ressources comme le prouve le joli solo de « I Don’t Stand
a Ghost of A Chance with You » ou la construction de celui de
« Next Week ». Enfin, Fabien Mary se révèle
un compositeur astucieux à l’image de l’élégant
« Just A Few Days » ou du « classique » «
I’m Always Lucky », thème vif qui se prête parfaitement
à un développement hard bop. La guitare d’Hugo Lippi
- quelque chose de Wes Montgomery avec des touches « burelliennes
» - est bien en phase avec le trompettiste (« Monaco »).
Soliste inspiré (« Next Week », « First March
»), Hugo Lippi a également un sens de l’écoute
évident (« Blue on blue », « Chess »).
Fabien Marcoz assure un soutien efficace en walking (« Chess
», « The Fruit ») et le solo de « I’m Always
Lucky » dans le registre médium grave révèle
un gros son bien boisé. Quant à Mourad Benhamou, il
contribue largement au balancement des morceaux avec ses pêches
(« The Fruit »), une bonne pulsation (« Chess »),
des stop-chorus bien emmenés (« Philly Twist »)
et des solos joliment construits (« Next Week »).
Chess est un disque dynamique (on l’aura compris...) qu’on écoute
avec plaisir. Fabien Mary et son quartet ne renouvellent pas le genre,
mais le poursuivent de fort belle manière, avec enthousiasme
et brio !
Bob Hatteau
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