Jazz - Hugo Lippi - Concerts et Press Book

 

Mis à jour le jeudi, 09-Avr-2009 21:42
Concerts Hugo Lippi
PressBook

Patrick Audoux © Vues-sur-Scènes vues-sur-scenes citizenjazz


Fabien Mary

Fabien Mary et Hugo Lippi

Si vous désirez être informé des activités (Concerts et enregistrements) d'Hugo Lippi, faites parvenir un message à l'adresse suivante lippi hugo.505@adoo.fr

Discographie Hugo Lippi - Les différentes formations

CD Jazz à Yport 2000 en 2000 Hugo Lippi Trio
CD Twilight Fabien Mary QuartetTwilight du Fabien Mary Quartet 2004
CD Thad Jones Big Band Vintage 2004

CD Chess du Fabien Mary Quartet 2005

CD Insulaire du Sophie Alour Quintet en Novembre 2005
CD Who cares ? Hugo Lippi Trio (Florent Gac, Mourad Benhammou) Mars 2008

 

PROCHAINS CONCERTS
Dates Formation Lieu
Hugo Lippi Trio

 

 

     

 

 


L'OPINION DE LA PRESSE SPECIALISEE

Jazz One More Time

 

Fabien Mary Quartet - CD Chess

Jacques Chesnel est membre de l'Académie du Jazz. Auteur de "Le Jazz en quarantaine" (Isoète), "Les Grands Créateurs de Jazz" avec Gérald Arnaud (Bordas) ; auteur et consultant "jazz" pour l'Encyclopédie Encarta sur CD-Rom. Peintre, il travaille depuis plus de trente ans sur les rapports entre jazz et peinture.

Jacques Chesnel


Fabien Mary (trompette), Hugo (guitare), Fabien Marcoz (contrebasse), Mourad Benhamou (batterie) enregistrement les 10 & 11 janvier 2005

1/ Chess 2/ I’m always lucky 3/ The fruit 4/First march 5. Philly twist 6/ I don’t stand a ghost of a chance with you 7/ Next week 8/ Blue on blue 9/ Just a few days 10/ Monaco

Dès ses premières apparitions dans les clubs ou au sein de différents grands orchestres, puis lors de la parution de son premier album en qualité de leader (Twilight, en 2002 chez Elabeth), nous savions, dans le petit monde du jazz français, que nous tenions là un trompettiste sur lequel il fallait désormais compter ; il obtint un « Django d’Or » en 2003 et en 2004 le prix «révélation instrumental» de Jazz à Juan… tout cela confirmé par ce deuxième opus avec plus de certitude encore, Fabien Mary ayant aisément surmonté le fameux problème du deuxième disque … celui qu’on attend (comme le font les mauvais esprits) « au tournant » !

Non seulement ici transcende-t-il avec une belle assurance (un sympathique culot, comme le démontre son interprétation de la ballade I don’t stand a ghost of a chance with you) la fertilisation du substrat clifford-brownien, mais il s’affirme en tant que compositeur en signant la moitié du répertoire. Avec une sonorité plus aérée, plus aérienne encore que dans le précédent opus, F.M., sur sa composition Next week au tempo d’enfer, nous donne la preuve que son agilité, sa vélocité, son articulation, sa précision, son sens du swing sont la marque d’un work in progress qui le place maintenant dans la lignée des trompettistes de grand talent.

Ses partenaires ne déméritent pas, bien au contraire : Hugo Lippi aussi présent en soutien harmonique et rythmique que soliste inventif, inspiré, précieux dans les unissons avec le trompettiste, la souple solidité de Fabien Marcoz à la contrebasse et Mourad Benhammou dont l’accompagnement généreux, intuitif et complice est indispensable à l’unité de la formation.
Un beau disque, un très beau disque qui fait chaud au cœur, qui rend heureux comme un rayon de soleil, comme une belle journée de printemps, comme une jeune fille en fleur.

Jacques Chesnel
(mai 2005)

 

Revues

Fabien Mary Quartet - CD Twilight

Premier disque en leader , enregistré en juin 2002, d'un trompettiste né en 1978. Quartette sans piano mais avec guitare, tenue par un autre jeune, Hugo Lippi, qui a une conception dynamique de l'accompagnement. Le guitariste ne suit pas le trompettiste. Il n'est pas en avance non plus, ni en retrait. Il est sur la même ligne, et réalise des contrechants qui suscitent l'adhésion. Présent au saxophone baryton dans deux titres, Xavier Richardeau apporte une couleur supplémentaire, sans que ne soit modifiée la structure du quartet. Fabien Mary est de ceux qui savent s'inscrire dans la longue continuité de la trompette bop sans renoncer à l'expression d'une réelle personnalité. À son écoute, les noms qui viennent à l'esprit sont ceux de Clifford Brown, Donald Byrd, Kenny Dorham, Louis Smith, et même Roy Eldridge. Fabien Mary est simplement lui-même, avec une sonorité légèrement aciduiée, et une retenue qui lui fait éviter le recours au passage en force. Ce qui colle bien, une fois encore, avec le jeu de son collègue guitariste. Souhaitons une confirmation de cette association dans un proche avenir.

Joël Pailhé

Répertoires

Un délice

Nous avons enfin en France en la personne de Fabien Mary (écoutez son exposé de "I Should Care") et Hugo Lippi (quel beau solo sur le "Stockholm Sweetin'" de Quincy Jones !) l'équivalent du savoureux duo trompette-quitare que formèrent aux Etats-Uni Ruby Braff et George Barnes. Complété à merveille par Le solide Nicolas Rageau à la contrebasse et par Mourad Benhammou à la batterie, véritable accompagnateur swinguant avec une légèreté bienvenue (excellents 4/4 sur "I've Got my Love to Keep me Warm"), ce duo déguise ses audaces sous les apparences du naturel et de la facilité. Lorsque Xavier Richardeau se joint au baryton, on ne peut que penser au tandem Chet Baker-Gerry Mulligan. Leur belle fraîcheur, leur engagement sans complexe dans une tradition qu'ils maîtrisent convenablement, offre à ces jeunes gens un bel avenir musical. En attendant, dégustez sans modération ce bijou de swing qui fait la part belle aux charmes difficiles mais supérieurs de la mélodie.

Ceux qui ont entendu Fabien Mary au sein du big band de Michel Pastre connaissent les qualités de ce trompettiste de vingt-quatre ans : aisance technique déjà impressionnante, vélocité et imagination héritées de son maître Clifford Brown, musicalité constante, sens du swing. Autant d'atouts manifestés dans ce premier album en leader où, remarquablement entouré, il exprime une personnalité bien affirmée qui n'exclut pas une modestie de bon aloi. En effet, à l'inverse de nombre de jeunes musiciens pressés de jouer « leur » musique, il pose ses pas dans ceux de ses devanciers Brown, mais aussi Art Farmer ou Kenny Dorham tout en marquant de son empreinte des standards (I',m Getting Sentimental Over You, I Should Care, Shiny Stockings, Perdido, entre autres) qui lui permettent d'exploiter toutes les facettes de sa sensibilité. Une démarche qui n'a rien de revivaliste au sens péjoratif du terme. Du reste, la qualité des arrangements privilégiant les dialogues trompette-guitare (superbe Hugo Lippi), les interventions dans Stockholm Sweetnin, et Shiny Stockings de Xavier Richardeau, l'efficacité discrète de la rythmique, tout concourt à la complète réussite de ce cd rafraîchissant. Hautement recommandable, est-il utile de le préciser ?

Jacques Aboucaya, le12 novembre 02.
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Pemier disque en leader d'un jeune trompettiste dont on commence à parler. À juste titre. Le titre est sans équivoque : ce crépuscule, c'est l'annonce d'une soirée d'émoi et de rigueur. Étrangère à tout effet facile, à tout artifice, La musique est dépouillée - on ne triche pas avec la trompette, longtemps emblématique du jazz (avant d'être concurrencée par le saxophone). Et Fabien Mary, au fil d'un discours "bop" orthodoxe aux influences affichées sans complexe (celle, entre autres, de Donald Byrd), s'impose d'emblée par sa maîtrise technique et une inspiration sans failles. Une seule composition du signataire du disque (Mister M) - ce qui est plutôt rare par les temps qui courent - et des standards, Le tout servi par un quartette au drive réjouissant, transformé pour deux plages en quintette par L'addition de Xavier Richardeau, employeur habituel du trompettiste. La découverte d'un guitariste remarquable n'est pas le moindre intérêt de cet enregistrement : solide accompagnateur, Hugo Lippi fait preuve d'assez de maturité pour inventer des soli inspirés. Et puis, last but not least, la solidité rythmique de Nicolas Rageau, ses chorus à La WiLbur Ware, et Le mélange d'efficacité et de bon goût de Mourad Benhamou complètent remarquablement cet opus inaugural, qui, plutôt que "prometteur", constitue déjà une promesse brillamment exaucée. On attend une suite avec impatience.

Thierry Leboff

Jazz Notes

Tout juste 30 ans, et déjà son enthousiasme à la trompette fait plaisir à entendre. Il a dû écouter attentivement les ténors du genre comme Clifford Brown, car il possède une jolie sonorité précise et juste, plus un sens pointu du swing. il est alimenté par une belle rythmique Hugo Lippi (g), Nicolas Rageau (cb), Mourad Benbammou (dms), tous trois très attentifs au leader lui donnant un soutien constant et appliqué. En guest le baryton Xavier Richardeau émouvant et subtil. 11 morceaux classiques mais toujours d'actualité et mis au goût du jour. Encore un petit gars qui sait de quoi il parle et nous le prouve d'une jolie façon avec une facilité désarmante. Elabeth a eu le nez creux de nous le présenter

RENCONTRE AVEC FABIEN MARY,


ETOILE MONTANTE DU JAZZ HEXAGONAL.

À 24 ans, ce trompettiste impose son immense talent avec un premier album en leader sur le Label Elabeth.

QUEL A ETE VOTRE PARCOURS ?

Je suis né en Normandie, mes parents n'étaient pas musiciens et rien ne me prédisposait à le devenir. J'ai découvert la trompette un peu par hasard; j'avais 6 ans et pendant le cours de solfège le professeur a invité un élève de la classe de trompette à venir jouer devant nous. Là je me suis dit: « c'est ça que je veux faire! ».

J'ai d'abord étudié le classique au conservatoire d'Evreux, puis une classe de jazz s'est créée à Bernay. J'y ai participé pendant deux ans. Ce qui est drôle, c'est qu'à l'époque je croyais que le jazz c'était uniquement le jazz « français ». De tous les musiciens que je côtoyais, aucun ne me parlait d'autre chose. C'est seulement après que j'ai commencé à découvrir le reste, à remonter la filière: apprendre les standards et écouter ceux qui sont devenus mes modèles: Clifford Brown, Kenny Dorham, Fats Navaro, Donald Byrd, Lee Morgan, Art Farmer, Conté Candoli, moins connu mais que j'adore...

VOUS JOUEZ BEAUCOUP EN BIG BAND ?

Oh oui, je suis dans l'orchestre de Michel Pastre, le Gérard Badini Super Swing Machine, le Paris Jazz Big Band et le Vintage Orchestra que nous avons créé avec Eric Poirier, Dominique Mandinet, Sophie Alour; nous travaillons beaucoup c'est un groupe qui me tient vraiment à coeur. je tourne également avec le sextet de Xavier Richardeau, il m'a aidé à mon arrivée à Paris et fait rencontrer beaucoup de bons musiciens. C'est aussi lui qui m'a présenté au producteur, Didier Drussant, du Label Elabeth. À partir de ce moment, tout a été très vite: contrat pour deux albums, enregistrement au Studio du Petit Pont dans de très bonnes conditions; j'ai pu enregistrer exactement la musique que je voulais.

VOS PROJETS ?

Pour l'instant essayer de tourner le plus possible avec mon groupe: Hugo Lippi, Fabien Marcoz, Mourad Benhammou. Le disque "Twilight" est très bien accueilli, c'est une chance qu'il faut saisir puis aussi continuer à jouer comme sideman. Il y a toujours un truc à apprendre...

Propos recueillis par Daniel Belamy

Lecteurs de Jazzotte, vous connaissez déjà ce jeune trompettiste de 24 ans (n° 593) dont le swing racé en fait l'un des talents les plus évidents et les plus prometteurs de la nouvelle génération. Maturité et caractère, voilà ce qui frappe chez Fabien Mary, lequel assume sans complexe la pratique d'un style de facture «classique », en tous les cas celle d'un jazz enraciné dans sa réalité culturelle. Il s'approprie ainsi, avec humilité et intelligence, une musique née quarante ou cinquante ans avant lui, et dont il transmet fidèlement l'esprit sans oublier d'être lui-même. Mary expose avec ce premier opus, Twilight, une profession de foi jazzistique véhiculant les valeurs essentielles de cet art: beauté, simplicité, générosite. Sans artifices de mode ni esbroufes techniques, il privilégie une approche impressionniste et très méloclique, dotée d'une rythmique enlevée. Ce talentueux disciple de Clifford Brown, aborde avec la même aisance les thèmes rapides (« l'm Getting Sentimental Over You ») ou plus lents (« I Should Care»): tantôt pétillant, tantôt mélancolique, il maîtrise excellemment l'espace sonore, instaurant l'ambiance dès les premières notes. Poursuivant au fil des plages leur dialogue, Mary et Lippi se répondent avec une complémentarité complice, particulièrement étroite sur « Lullaby of the Leaves». Le duo avec Xavier Richardeau, invité sur « Stockholm Sweetnin' » et «Shiny Stockings», est tout aussi enthousiasmant: la rondeur bonhomme du baryton s'accorde au mieux avec les clairs-obscurs de la trompette. Au final, un album qu'on effeuille comme un recueil de nouvelles, poursuivant d'une à l'autre le même récit. Celui de la belle histoire du jazz, d'Amérique et de France, d'hier et d'aujourd'hui.

Jérôme Partage

 

Jazz One More Time

Nouveau jeune trompettiste français de 22 ans, Fabien nous livre ici un album avec presque que des standards. Il est allé chercher loin pour être original dans les arrangements. Il y réussit parfaitement. Kenny Dorham et Clifford Brown sont deux de ses influences. J'aime aussi le choix des thèmes (de Gigy Gryce, Frank Foster, Ray Bryant). Un 4tet plein de finesse, qui favorise la note à la technique, l'émotion à l'esbroufe. C'est tellement rare de nos jours qu'il faut le crier haut et fort. La rythmique est magnifiquement soudée avec Hugo Lippi qui est absolument délectable tant il est inspiré et chaleureux. Xavier Richardeau, au baryton : c'est quelque chose aussi! Oui, vraiment, pour un premier CD, c'est un coup de maître. On attend la suite avec impatience Fabien, et vite !

Jeune trompettiste en activité incessante depuis quelques années, de la petite formation bop au big band, Fabien Mary fait une entrée au disque de belle facture. Dans la tradition d'un apprentissage bien mené, Mary rend à ses aînés et sources d'inspiration ce qu'il leur doit. Avec beaucoup de goût et d'attention, Mary n'a pas bâti un répertoire qui ne puise que dans le fonds le plus connu du grand livre de l'histoire du jazz, mais dans des à-côtés qui deviennent autant de possibles (re)découvertes. "Social Call", de Gigi Gryce, "Tonk", de Ray Bryant, "Fantan", de Russ Freeman, ou "Shiny Stockings", de Frank Foster, il fallait y penser. Et quand les partitions de Quincy Jones ou Irving Berlin sont sollicitées, ce n'est pas non plus dans le sens le plus évident de leurs auteurs. Avec le guitariste Hugo Lippi, le contrebassiste Nicolas Rageau et le batteur Mourad Benhammou, Fabien Mary installe un univers qui, pour être clairement repéré les années 194o et 195o), n'est pas abordé par son versant nostalgique, en surface, mais bien en tant que musique intimement vécue aujourd'hui. Pour entamer 2003 en reprenant envie avec le swing du jazz et son imaginaire mélodique, Twilight (,"Le Crépuscule", intitulé contradictoire avec la lumineuse expression de ses interprètes) s'impose

 
  Fabien Mary (trompette), Hugo Lippi (guitare), Nicolas Rageau (contrebasse), Mourad Benhammou (batterie) et Xavier Richardeau sur 2 titres
Enregistrement juin 2002

Ce premier disque sous la signature de ce jeune trompettiste, né en Normandie en 1978, couronné nouveau talent par les Django d’Or 2003, est remarquable à plus d’un titre. D’abord, le choix du répertoire, résolument « classique moderne », nous faisant (re)découvrir des thèmes peu souvent joués (Stockholm Sweetnin’ de Quincy Jones, Tonk de Ray Bryant, Social Call de Gigi Gryce ou Fanfan de Russ Freeman) ou les désormais incontournables standards que sont Perdido et Shiny Stockings. Ensuite, saluons cette démarche qui consiste à modestement payer son dû à une partie de l’histoire du jazz plutôt que de se précipiter tête baissée dans l’aventure (souvent brouillonne) d’une démonstration de son propre univers non encore maîtrisé. Humilité donc, et courage car on prend alors un autre risque, celui de l’imitation, de la référence obséquieuse. A la tête de son quartette sans piano, Fabien Mary a donc su éviter les écueils d’un premier disque (carte de visite ou proclamation) ; il se positionne en haut de l’échelle parmi les jeunes espoirs de l’instrument (ils sont peu nombreux) dans une catégorie qui n’a plus, hélas, les faveurs d’une critique guettant les exploits à la mode d’aujourd’hui et oubliant que la mode, c’est ce qui se démode, selon Jean Cocteau.

Devenu parisien il y a quatre ans, Fabien Mary a fréquenté assidûment les clubs et forgé sa personnalité dans divers contextes. Bien sûr, et ce n’est pas pour nous déplaire (bien au contraire) on remarque que Clifford Brown et Kenny Dorham furent ses premières influences... mais il ajoute à cela un sens du feeling et une cohérence esthétique bien à lui, en compagnie de musiciens de la même obédience sur des arrangements simples et complexes à la fois (encore un oxymoron).
Longue vie à ce groupe (le verra-t-on dans les festivals de l’été) et à ce Twilight qu’il faut traduire comme « aube naissante » plutôt que crépuscule.

Signalons que sur le label Elabeth, on trouve les noms de musiciens français appréciés tels que (les plus connus) : Charles Bellonzi, Christian Escoudé, Jimmy Gourley, Olivier Hutman, Olivier Témine, Luigi Trussardi…
A paraître en février That’s What, album solo du pianiste Alain Jean-Marie… On l’attend avec impatience…

Jacques Chesnel
(janvier 2004)

Jacques Chesnel est membre de l'Académie du Jazz. Auteur de "Le Jazz en quarantaine" (Isoète), "Les Grands Créateurs de Jazz" avec Gérald Arnaud (Bordas) ; auteur et consultant "jazz" pour l'Encyclopédie Encarta sur CD-Rom. Peintre, il travaille depuis plus de trente ans sur les rapports entre jazz et peinture.
(www.jazz-chesnel.com).

  Après Twilight en 2002, qui lui y avait valu une reconnaissance unanime, couronné par un Django d’or en 2003 et le prix de la Révélation instrumentale de Jazz à Juan en 2004, Fabien Mary a sorti un deuxième opus chez Elabeth en juin dernier : Chess.

Comme on ne change pas un quarté gagnant, Fabien Mary continue l’aventure avec deux des compères de Twilight, Hugo Lippi à la guitare et Mourad Benhamou à la batterie, mais c’est Fabien Marcoz qui tient la contrebasse au lieu de Nicolas Rageau. Notre bande de « Normands » (le trio Lippi - Marcoz - Benhamou a enregistré Jazz à Yport en 2000...) se connaît de longue date et gravite dans la sphère de Jazz à Caen, William Chabbey Quartet, Collectif Mu, Jazz Workers Quintet, Jean-Michel Proust Trio, Wadji Cherif...

Si l’allure romantique et les airs d’éphèbe de Fabien Mary évoquent Chet Baker, la comparaison s’arrête là. La musique du quartet n’a rien de cool. Au contraire, Fabien Mary et ses acolytes naviguent joyeusement dans les eaux du hard bop. Comme le fait justement remarquer Jean-Michel Proust dans les notes du disque : « Ce Chess est le développement d’un quartet parfaitement rodé, mais sur une thématique personnelle ». Et, de fait, quatre thèmes sont de la plume du trompettiste. S’ajoutent « Philly Twist » et « Monaco » de Kenny Dorham (autre influence de Fabien Mary), « The Fruit » de Bud Powell, « Blue on Blue » de Jimmy Heath et le standard de Crosby - Washington - Young : « I Don’t Stand a Ghost of A Chance with You ». Autrement dit, pas de quoi s’endormir !

Fabien Mary confirme ses talents de musicien : virtuosité utilisée à bon escient (« Chess », « Monaco »), sonorité claire et ouverte, mise en place précise (« Next Week » ou « Philly Twist »). Le trompettiste est également un improvisateur plein de ressources comme le prouve le joli solo de « I Don’t Stand a Ghost of A Chance with You » ou la construction de celui de « Next Week ». Enfin, Fabien Mary se révèle un compositeur astucieux à l’image de l’élégant « Just A Few Days » ou du « classique » « I’m Always Lucky », thème vif qui se prête parfaitement à un développement hard bop. La guitare d’Hugo Lippi - quelque chose de Wes Montgomery avec des touches « burelliennes » - est bien en phase avec le trompettiste (« Monaco »). Soliste inspiré (« Next Week », « First March »), Hugo Lippi a également un sens de l’écoute évident (« Blue on blue », « Chess »). Fabien Marcoz assure un soutien efficace en walking (« Chess », « The Fruit ») et le solo de « I’m Always Lucky » dans le registre médium grave révèle un gros son bien boisé. Quant à Mourad Benhamou, il contribue largement au balancement des morceaux avec ses pêches (« The Fruit »), une bonne pulsation (« Chess »), des stop-chorus bien emmenés (« Philly Twist ») et des solos joliment construits (« Next Week »).

Chess est un disque dynamique (on l’aura compris...) qu’on écoute avec plaisir. Fabien Mary et son quartet ne renouvellent pas le genre, mais le poursuivent de fort belle manière, avec enthousiasme et brio !

Bob Hatteau

 

 

 

 

 

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