Les Energies Renouvelables avec mdi |
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Café-citoyen du vendredi 9 décembre au Café Papail (Hôtel du Tertre) Mont-Dol
M. Dubourg a présenté aux quelque 60 personnes présentes (de Mont-Dol et du pays de Dol, mais aussi de St Hilaire du Harcouët...)... un moteur inspiré du "Pantone"américain, qui fonctionne avec 20% d'eau (contre 80% pour le "vrai" Pantone) La soirée s'est poursuivie sur le thème du biodiésel et des économies d'énergie. On a parlé colza et huile de friture ... des substituts encore "bon marché"... mais "de luxe" si on devait leur appliquer la taxe des produits pétroliers. Noter que pour produire les 50 MT de carburant nécessaires aux transports dans notre pays, il faudrait cultiver une surface de 365 000 km2 en colza (66% de la surface de la France) et 472 000 km2 s'il s'agissait de tournesol, soit 86% du territoire ou encore 300% des superficies cultivées en 1997 !
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M. Dubourg, qu'il est possible de contacter, pour informations complémentaires, via MDI ou par téléphone au 02 33 48 07 97
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BMW : le futur de l’automobile passe par la vapeur
Puisqu’une des solutions à l’actuel problème de l’énergie est d’en dépenser moins, louons la nouvelle invention de BMW pour améliorer le rendement énergétique des moteurs existants. Le problème du moteur à combustion interne est qu’une grande partie de l’énergie disparaît sous forme de chaleur, en particulier via l’échappement et dans le circuit de refroidissement. Le système proposé par BMW consiste à récupérer cette chaleur et la recycler pour aider à la propulsion. Les tests au banc ont montré que sur un moteur 4 cylindres 1,8 litre, la consommation baissait de 15 % tandis que la puissance augmentait de 14 ch et le couple de 20 Nm grâce à ce que BMW appelle le "Turbosteamer", qu’on pourrait traduire par "Turbovaporisateur". Le principe est celui du bon vieux moteur à vapeur. Les gaz d’échappement sont transférés dans un circuit primaire qui joue le rôle d’échangeur et vaporise le fluide contenu dans un second circuit. La pression générée est utilisée pour aider à la rotation du vilebrequin, et le reste de l’énergie est récupéré dans le circuit de refroidissement qui à son tour retourne dans le circuit principal. 80 % de la chaleur est ainsi recyclée aux dires de BMW. Le système tourne sur banc à l’état de prototype, et sa taille permet d’ores et déjà en théorie l’adaptation dans le compartiment moteur d’un 4 cylindres. Mais ne vous précipitez pas chez le concessionnaire : l’objectif annoncé est d’avoir un système prêt pour la production dans moins de dix ans. |
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Voiture propre et nouvelle conception des transports individuels : un défi technologique, économique et politique
Il est très intéressant de rapprocher le contenu et les conclusions de deux récents rapports concernant les véhicules du futur, celui de l’AIE (Agence Internationales de l’Energie), et le dernier rapport de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, intitulé « La définition et les implications du concept de voiture propre » (
Rapport de l’OPECST à paraître
). Le rapport de l’OPECST souligne que, dans l’immédiat, la motorisation diesel est la solution la plus efficace et la moins chère pour réduire les émissions en Europe, où le diesel est massivement diffusé. Les motorisations diesel dégagent en effet moins de gaz carbonique - principal coupable du réchauffement de l’atmosphère - que les motorisations essence car leur consommation est en moyenne moindre de 20 % à 30 %. Elles peuvent aussi fonctionner avec des esters d’huiles végétales, les "biocarburants". Le rendement énergétique de cette technologie, qui a perdu beaucoup de ses défauts environnementaux initiaux grâce au filtre à particules et à l’injection haute pression, peut encore être amélioré de l’ordre de 20 %, selon le rapport.
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La Suède mise sur les énergies renouvelables
La Suède veut devenir le premier pays d’Europe à ne plus dépendre du pétrole et de convertir son économie à des formes d’énergie plus respectueuses de l’environnement. "L’intention du gouvernement est d’en finir avec les hydrocarbures avant que les changements climatiques ne ruinent l’économie et que la pénurie de pétrole ne fasse gonfler encore davantage les prix de l’or noir. Stockholm s’est donné quinze ans pour cesser d’utiliser des énergies fossiles et s’en remettre plutôt à des sources renouvelables, sans construire de nouvelles centrales nucléaires. Un comité composé d’industriels, de scientifiques, d’agriculteurs, de fabricants automobiles, de fonctionnaires, sera chargé de la planification et du suivi de ce plan". "Le gouvernement suédois travaille en collaboration avec les fabricants automobiles Saab et Volvo pour développer des voitures et des camions fonctionnant à l’éthanol ou à d’autres carburants propres. Les différents organes de l’Etat suédois doivent aussi abandonner le pétrole. Des incitatifs fonciers ont été mis en place pour les particuliers afin de les encourager à faire de même." Cette décision place la Suède en tête des pays poursuivant les politiques les plus volontaires en matière d’énergie propre. L’Islande a déjà annoncé que d’ici à 2050 elle convertirait ses bateaux et ses voitures à l’hydrogène tiré de sources renouvelables, et le Brésil veut rouler à 80 % à l’éthanol d’ici cinq ans. "Notre dépendance au pétrole devra prendre fin en 2020", espère la ministre du Développement durable suédoise, Mona Sahlin, citée par The Guardian. "Il y aura toujours de meilleures sources d’énergie que le pétrole. Nos maisons ne devront plus être chauffées au fioul, et aucune voiture ne devra s’en remettre seulement à l’essence", poursuit-elle. L’objectif n’est pas irréaliste. Aujourd’hui déjà la Suède n’utilise le pétrole que pour la voiture. L’électricité y est produite par des turbines hydrauliques ou la filière nucléaire. Les maisons sont presque toutes chauffées à l’eau chaude ou à la vapeur, grâce à l’énergie géothermique et à la récupération de la chaleur produite en milieu industriel. En 2003, 26 % de l’énergie consommée en Suède provenait de sources renouvelables, un pourcentage largement supérieur à la moyenne européenne, de 6 %. Les Suédois ont déjà réussi à réduire leur utilisation du pétrole de 45 % en trente ans. |
Une alliance industrielle pour hydrogène... et les hydrocarbures, en Californie La compagnie pétrolier BP et le groupe Edison International viennent d’annoncer leur alliance pour la construction d’une centrale électrique de 500 MW utilisant des turbines à hydrogène. La nouvelle installation, représentant un investissement d’un milliard de dollars, sera implantée à proximité de la raffinerie BP de Carson, au sud de Los Angeles. Le projet devrait être finalisé en 2008, pour un couplage au réseau en 2011. La centrale utilisera les résidus de distillation de la raffinerie voisine (flux journalier entre 3 et 4000 tonnes) pour produire de hydrogène et du gaz carbonique. La combustion de hydrogène alimentera une turbine à gaz et la vapeur d’eau ainsi produite sera utilisée en aval dans des turbines classiques. Le CO2 sera acheminé par pipeline et injecte dans un gisement pétrolier ou sa séquestration permettra d’augmenter le taux de récupération des hydrocarbures. Le taux de capture du gaz carbonique devrait avoisiner 90 %. Cette annonce s’inscrit dans la lignée du lancement, par BP en automne dernier, de sa composante Alternative Energy, un nouveau segment industriel dédié à des projets éoliens, solaires et à gaz. BP envisage d’investir 8 milliards de dollars sur ces projets dans les 10 ans à venir et de développer un chiffre d’affaires annuel de 6 milliards. L’annonce fait aussi écho aux propos du président Bush qui, dans son discours sur l’Etat de l’Union, a mis en avant la nécessité de développer des technologies innovantes dans le domaine des énergies propres et renouvelables. Le projet BP-Edison est très voisin du projet pilote FutureGen, centrale au charbon "zéro pollution", à séquestration de CO2 et à génération hydrogène, dont le coût de 1 milliard de dollars sera cofinancé par le gouvernement fédéral et une alliance industrielle. On peut cependant s’interroger sur le bilan environnemental de ce nouveau projet, ou les bénéfices de la séquestration de gaz à effet de serre sont atténués par la production accrue d’hydrocarbures. Sur le plan économique, le coût du kilowattheure produit par la combustion de hydrogène reste élevé et la rentabilité de la nouvelle centrale dépendra en grande partie des incitations prévues dans l’Energy Bill de 2005 au chapitre des technologies avancées de gazéification. |
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Besançon mise sur les énergies renouvelables Dix mois après l’ouverture du chantier, la Ville de Besançon et ses partenaires l’Etat, la Région de Franche-Comté, le Conseil général du Doubs et l’ADEME, ont assisté le 10 février à l’allumage, préalable à sa mise en service industrielle, d’une des plus grosses chaufferies automatiques au bois de France d’une puissance de 6 MW. Cette réalisation va alimenter dès avril 2006 en chauffage et en eau chaude sanitaire 2500 logements du quartier de Planoise à Besançon. D’un point de vue environnemental, le bois énergie évitera le rejet de plus de 10 000 tonnes de gaz carbonique par an. Par ailleurs, le traitement des fumées par filtres à manches permettra de réduire le taux de rejets des fumées à 50mg/m3, soit deux fois moins que la valeur imposée par la réglementation actuelle. Par ailleurs, l’utilisation du bois énergie diminuera les taux de SO2 et CO2 respectivement de 259 tonnes, soit 52 % et 10 335 tonnes, soit 36 % sur site puisque 3 320 tonnes de fioul lourd seront économisées. L’approvisionnement en bois est géré par l’ONF dans le cadre d’une convention avec l’exploitant de la chaufferie (SECIP). A terme, il s’agit de mobiliser les ressources en bois local. Pour le moment, l’essentiel du bois qui alimentera la chaufferie viendra de la forêt de Chaux et un complément proviendra du syndicat des Grands Bugnoz et de la forêt de Chailluz. Ainsi, 13 000 tonnes de bois par an (dont 3 000 tonnes de produits connexes de scieries : sciures, écorces) seront nécessaires pour produire 24 000 MWh. L’économie réalisée par rapport au fioul lourd sera de plus de 500 000 euros par an, pour un projet dont le coût s’élève à 4 millions d’euros. Après avoir privilégié les énergies propres, GNV (gaz naturel de ville) et électricité, pour son réseau de bus urbain et son parc de véhicules ces dernières années, la Ville de Besançon, depuis septembre 2004, alimente une cinquentaine de voitures électriques avec de l’électricité produite par des capteurs photovoltaïques placés sur le toit du Centre Technique Municipal. La Ville a mis en place récemment un plan de déplacements d’entreprise (PDE) pour inciter les 2500 employés municipaux à emprunter les transports en commun grâce à une réduction de 40 % sur le ticket. L’ensemble des actions de la municipalité au niveau du chauffage a conduit à une réduction des consommations énergétiques de 40 % entre 1980 et 2000. Les émissions de CO2 sont passées de 18 900 à 8 960 tonnes, soit une réduction de plus de 52 %. En terme d’émission polluants, cela représente une baisse de 87 % de S02 et de 31 % de NOX. |
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UN SITE A VISITER www.roulemafleur.free.fr/index2.htm |
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Article Journal Le Pays Malouin 15 décembre 2005. Avec les remerciements de MDI.
Objectif "zéro pétrole" : le courageux pari suédois Un pays moderne peut-il se passer complètement de pétrole ? Oui, selon la Suède qui vient d’annoncer tranquillement, avec ce mélange unique de pragmatisme, de détermination et d’anticipation politique, qu’elle serait le premier pays au monde à se passer complètement du pétrole d’ici 2020. Mi-février, la Commission contre la dépendance pétrolière, nommée par le gouvernement, a entendu une quinzaine d’experts. Présidée par le Premier ministre en personne, Göran Persson, et composée d’industriels, de chercheurs et de fonctionnaires, elle doit présenter un plan d’action d’ici à l’été prochain. Selon l’Agence suédoise de l’énergie, en 2003, 41 % de l’énergie produite en suède provenait du pétrole, 14,2 % du nucléaire et 35 % des sources renouvelables. L’utilisation de la biomasse et l’hydraulique sont les principales énergies renouvelables de la Suède avec une part respective de 59 % et 40 %. La production d’énergie renouvelable a presque doublé en 30 ans en passant de 92 TWh en 1971 à 166 TWh en 2002. Mais les dirigeants suédois sont bien décidés à exploiter leur énorme potentiel géothermique, éolien et solaire sans oublier bien sûr les immenses ressources suédoises en biomasse. Pour chauffer ses 9 millions d’habitants, le pays a mis en place ces 10 dernières années des réseaux de distribution de chaleur et d’eau chaude générés par l’énergie géothermique ou la récupération de chaleur dans les industries, si bien que les Suédois dépendent aujourd’hui du pétrole essentiellement pour alimenter leurs véhicules. Stockholm compte dès lors s’appuyer à l’avenir sur ses immenses forêts pour produire des biocarburants. Des contacts ont déjà été pris avec les constructeurs automobiles Saab et Volvo pour développer des voitures et camions qui rouleront à l’éthanol et autres biocarburants. La tendance des 20 dernières années indique que la consommation d’énergies renouvelables progresse tandis que celle du pétrole diminue. Cette tendance est particulièrement visible dans l’industrie : la consommation de pétrole dans ce secteur est demeurée stable depuis 1994 alors que la production industrielle a augmenté de 70 % sur la même période. Globalement, la Suède est parvenue à réduire de plus de 45 % sa consommation d’hydrocarbures depuis 1970. Fin décembre, une enquête britannique révélait que la Suède était, avec le Royaume-Uni, le seul pays européen en passe d’atteindre les objectifs de réduction des émissions de CO2 fixés par le protocole de Kyoto. Le gouvernement suédois veut aller plus loin, car « les changements climatiques représentent le plus grand défi de notre époque pour l’environnement », selon la ministre du Développement durable, Mona Sahlin, qui ajoute « Débarrassée des énergies fossiles, la Suède réduirait l’influence des variations du prix du pétrole sur son économie. » Parmi les pays industrialisés, la Suède est déjà, avec la Finlande, le plus grand utilisateur de biocombustibles. Mais le défi le plus important réside dans les transports. Voitures, bus et camions avalent les deux tiers du pétrole consommé annuellement. Or il faut souligner que la Suède, contrairement à la Norvège ou à la Grande-Bretagne, ne dispose d’aucun gisement d’énergie fossile. Les constructeurs automobiles sont donc mobilisés. Le PDG de Volvo, Leif Johansson, compte d’ailleurs parmi les membres de la Commission contre la dépendance pétrolière. Depuis quelques années, Saab et Volvo ont développé plusieurs modèles de « voitures vertes », qui connaissent un franc succès en Suède. Les ventes de véhicules fonctionnant à l’éthanol ont augmenté de 60 % entre 2004 et 2005. A Stockholm, les propriétaires de ces voitures vertes disposent de parkings gratuits et échappent au péage à l’entrée de la capitale. Aujourd’hui, la Suède est le plus gros consommateur d’éthanol en Europe. Pour faire face aux besoins de ses automobilistes, elle envisage de construire quatre usines de production d’« essence verte ». Mais les dirigeants suédois savent que, pour se passer complètement du pétrole, le recours à l’ensemble des énergies renouvelables ne suffira pas. La consommation d’énergie totale par habitant est en effet en Suède de 5,8 tep (contre 3,9 tep/habitant pour la moyenne européenne). Pour pouvoir se passer du pétrole, la Suède compte bien utiliser également toutes les ressources de la fiscalité et faire preuve d’un volontarisme politique sans faille. Il est vrai que de volonté politique et de vision prospective, la Suède n’en manque pas : le pays a ainsi déjà réussi en 10 ans à rendre raccordable la plupart des foyers suédois à la fibre optique, ce qui va permettre à la Suède, en dépit de ses contraintes naturelles, de proposer à la majorité sa population l’Internet à très haut débit (100 Mbits), quand la France en est encore à connecter ses zones rurales isolées à l’ADSL à 1 ou 2 mégabits et alors que le Gouvernement vient d’annoncer qu’il serait difficile d’apporter le haut débit "de base" dans 100 % des communes d’ici 2007. Autre exploit suédois : la réforme complète de l’Etat et de l’administration, organisés à présent en agences autonomes, responsables de leur recrutement, et fonctionnant avec des contrats d’objectif et une évaluation permanente des résultats. Enfin, dernière illustration en date du volontarisme suédois : depuis le 3 janvier 2006 à Stockholm, les Suédois doivent s’acquitter d’un droit de passage chaque fois qu’ils entrent ou sortent du centre ville de Stockholm. L’objectif est de réduire la circulation routière intra muros de 10 à 15 % et réduire les émissions de gaz à effet de serre et le taux de particules. Aux portes de la ville, des caméras et des capteurs ont été installés de manière à reconnaître les plaques d’immatriculation des véhicules et afin que leurs propriétaires acquittent la taxe. Le péage fonctionne les jours ouvrables entre 6h30 et 18h30 et les tarifications sont modulées en fonction des horaires de passage. Il reste que pour atteindre cet objectif du "zéro pétrole" en 2020, la Suède va devoir résoudre une équation d’autant plus difficile qu’elle a également décidé, en 1980, d’abandonner la production nucléaire d’énergie. Le 15 mars 2002, le Gouvernement suédois a déjà dû renoncer à la date de 2010 pour l’abandon du nucléaire prévu par le référendum en 1980 et, en juin 2002, un accord de sortie négociée du nucléaire a été conclu entre le gouvernement et les grands groupes énergétiques, avec une échéance de démantèlement définitif d’ici 30 à 40 ans. Mais le gouvernement suédois, prudent et réaliste, a subordonné cet abandon progressif au remplacement équivalent en volume de l’énergie produite par des sources alternatives, au premier rang desquelles vient la biomasse. En Suède, la biomasse (Bois et déchets végétaux, organiques et animaux) représente déjà 19 % de la production d’énergie, contre à peine 6 % dans le bilan global de l’Europe. Il est vrai que la Suède a la chance de posséder la plus vaste forêt d’Europe : elle représente 260 000 Km2 et couvre 59 % de son territoire ! En Suède, la production d’énergie à partir du bois représente 7,4 millions de TEP (9,3 en France). Il faut rappeler que les émissions de CO2 liées à l’utilisation du bois sont neutres vis à vis de l’effet de serre si l’on tient compte du carbone réutilisé par la croissance des arbres sur les surfaces replantées. L’’utilisation de 4 m3 de bois énergie permet d’économiser 1 tonne de pétrole (tep), et d’éviter en moyenne l’émission de 2,5 t de CO2 dans l’atmosphère. La petite ville suédoise de Växjö (77 000 habitants) pourrait devenir, grâce à l’utilisation des biocarburants et de la biomasse, la première ville du monde occidental dans laquelle aucun combustible fossile ne sera plus utilisé. Cette commune du sud de la Suède a en effet lancé en 1996 un programme qui a le mérite d’être clair : "Pas de combustible fossile à Växjö". Autre exemple : la ville d’Enköping qui a construit une centrale biothermique qui fonctionne au bois et lui assure l’autosuffisance énergétique. Le saule y est l’essence préférée. Dans cette commune de 38.000 habitants, la centrale biothermique assure chauffage et eau chaude et couvre 60 % des besoins de la ville en électricité. 80 % du combustible utilisé provient de l’industrie forestière locale (copeaux, écorces, sciures). Les 20 % restants sont fournis par des bois de saules à rotation rapide exploités sur plus de 1.200 hectares. Particularité, ces saules servent également au traitement des eaux usées de la commune... La Suède s’apprête également à devenir le premier pays du monde à introduire un train de voyageurs fonctionnant exclusivement au biogaz. Mis au point par Svensk Biogas au prix de dix millions de couronnes (1,08 million €), ce train, qui entrera en service fin 2006, permettra alors de transporter jusqu’à 54 passagers le long de la côte orientale de la Suède, entre Linköping et Västervik. Le biogaz s’obtient lorsque des bactéries, en l’absence d’oxygène, entraînent une décomposition de la matière organique, un processus connu sous le nom de digestion anaérobie. Le biogaz étant un mélange de méthane et de dioxyde de carbone, il s’agit d’un carburant renouvelable produit à partir du traitement de déchets. La quasi-totalité des matières organiques peuvent être utilisées. Le processus d’origine naturelle se retrouve dans l’appareil digestif, les marais, les décharges d’ordures, les fosses septiques et la toundra arctique, une région du pôle Nord dépourvue d’arbres, située entre la calotte glaciaire et la limite forestière, et caractérisée par un sol gelé et une végétation basse. Le train, qui peut parcourir environ 600 kilomètres avec un plein de carburant, affiche une vitesse de pointe de 130 kilomètres par heure. La Suède a donc bien l’intention d’exploiter pleinement les immenses ressources de sa biomasse et des biocarburants de deuxième génération n’entrant pas en compétition avec les productions alimentaires bois, paille et résidus biologiques de nos ordures. Il est vrai que, comme le montrent les recherches actives de l’INRA (Voir article sur les biocarburants de deuxième génération dans notre rubrique « Matière&Energie) ces biocarburants de deuxième génération pourraient être compétitifs dans une dizaine d’années, compte tenu de l’inéluctable montée du prix du pétrole provoquée par l’explosion économique en Inde et en Chine. Comme le souligne avec une tranquille détermination Madame Sahlin, Ministre suédois du développement durable, "Mettre fin à la dépendance à l’égard du pétrole nous fournira de nombreuses opportunités de renforcement de la compétitivité, de développement technologique et de progrès. Le but est de nous libérer des combustibles fossiles d’ici 2020. À partir de cette date, plus aucun foyer n’aura besoin de pétrole pour se chauffer et plus aucun automobiliste ne sera obligé d’utiliser de l’essence en tant qu’unique option disponible. À ce moment-là, il y aura toujours de meilleures alternatives au pétrole". La Suède gagnera-t-elle son pari du "zéro pétrole" ? On peut raisonnablement le penser, même si l’échéance volontairement très ambitieuse de 2020 doit être repoussée de quelques années. Quel est donc le secret suédois de ces mutations réussies : un consensus et une inflexibilité sur les grands objectifs politiques combiné à un pragmatisme remarquable et à une grande souplesse dans le choix et la mise en oeuvre des moyens destinés à atteindre les buts fixés. Dans ce domaine capital de l’énergie et de la préparation de l’après pétrole, comme dans celui non moins important de l’avènement de la société numérique pour tous, souhaitons que notre pays s’inspire de cet exemple suédois et sache faire preuve d’imagination, de courage et d’opiniâtreté pour anticiper et maîtriser son avenir. Il serait pour le moins paradoxal que notre pays qui a la chance de posséder d’immenses potentialités dans quatre sources d’énergie renouvelables : énergie des mers, biomasse, solaire et vent, soit à la traîne dans cette mutation techno-économique majeure, vitale pour l’avenir de nos enfants et notre environnement, vers l’abandon des énergies fossiles.
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