PREVENTION DES CONDUITES A RISQUE DES ADOLESCENTS : QUE FAIRE ?

 

Conférence du docteur Claire MAITROT

conseiller technique du recteur de l'académie de Rennes

 

VENDREDI 21 OCTOBRE 2005

cliquer pour écouter un extrait de la conférence ( mp3 nécessaire )

possibilité d'obtenir une copie de l'intégralité de la conférence, faire la demande à jarouquette@wanadoo.fr

Photo Armel Rouault - Ouest-France

 

Avec 89,3% et 84,9% de taux de réussite au  bac général et au bac professionnel, 84,4 % au brevet des collèges

                                   ••• la Bretagne est quasiment première de la classe pour le meilleur

Mais avec 15% des jeunes de 17 ans à connaître l’ivresse par consommation d’alcool au moins une fois par an, avec 48% d’entre eux dépendant du tabac et 16% qui font un usage régulier du cannabis, avec le suicide comme première cause de mortalité chez les jeunes,

                                  ••• la Bretagne est quasiment première de la classe pour le moins bon!!!

Ce « paradoxe breton » est à l’origine de l’inscription de la prévention des conduites à risque dans l’une des 4 priorités du projet académique actuellement en cours dans les écoles et établissements scolaires.

S’appuyant sur le résultat  d’études menées notamment dans le cadre de  la recherche des explications socio-culturelles du phénomène suicidaire, et sous l’intitulé « responsabilisation », il s’agit de :

Au demeurant, les premiers des éducateurs, dans cette longue marche qui conduit de l’enfance à l’âge adulte, ce sont les parents.

Et si la majorité de nos enfants traversent l’adolescence sans dommage durable pour leur devenir (même s’il existe des turbulences que le milieu socio-familial parvient le plus souvent à contenir) il en est qui évoluent dans le malaise ! Malaise des jeunes, malaise des parents ? Manque d’  « aise » ?

   

Photos Ouest-France (Armel Rouault)

 

Quand faut-il s’inquiéter et quelles sont les réponses possibles ?

Entre les petits signes qui peuvent alerter sans pour autant justifier la dramatisation,  et les situations franchement pathologiques relevant de la prise en charge médicale spécialisée,  il y a les phases critiques où le mode d’être et de fonctionnement de l’adolescent peuvent conduire à sa mise en danger.

S’il n’est pas de certitudes, et encore moins de recettes, qui soient universelles pour garantir une adolescence sans risque à tous nos enfants, il est quelques pistes de réflexion à proposer… de la prise de conscience du  « mal à dire » de certains ados  à la place qui leur est donnée dans la disponibilité parentale, de la pratique des différentes formes d’autorité à la médiation d’un tiers quand les tensions sont trop grandes…

 

"Laissez-nous le temps de rêver, tant que nous en avons encore l'âge" (Melle X)

 

Pêle-mêle ... en cours d'écriture !

 

la conférence du docteur Maitrot a été enregistrée. Elle est disponible en version MP3, durée 2h10. Environ 135 Mo.

Faire la demande à l'adresse : jarouquette@wanadoo.fr

 

" S'agit-il du malaise des jeunes ou de celui des adultes . "

" Il n'y a pas une réponse mais des réponses ... et s'il n'y a pas de livre de recettes, il y a par contre des pistes de réflexion "

"Les jeunes vivent très mal cette évaluation négative qui est faite systématiquement à leur sujet et qui est contre-productive en matière de prévention"

" 61% des jeunes vivent l'école de façon positive en Bretagne ... mais il sont 80% au plan national "

" 86% des jeunes disent être heureux. Mais seulement 43% sont optimistes face à l'avenir "

" Un adolescent qui va mal a du mal à vivre... et à dire. "

" On dit qu'un adolescent qui parle de se suicider ne le fera pas, que c'est du chantage. C'est faux et archi-faux ! Et même si c'est du chantage, c'est à prendre en considération, car ça prouve qu'il y a quelque chose qui ne va pas bien. Donc ne pas banaliser le fait qu'un adolescent parle de suicider."

" Sur dix jeunes ayant fait une tentative de suicide, sept en avaient parlé à leur entourage ! " La moitié des jeunes ayant fait une tentative de suicide déclarent : personne ne s'en est aperçu "

" Quatre jeunes sur cinq "suicidants" récidivent...Même un geste apparemment anodin (avaler quelques comprimés d'Efferalgan), qui n'a pas vraiment mis en jeu le risque vital est à prendre en considération."

"Une idée reçue sur le suicide: "il voulait mourir ". Non, ce n'est pas vrai ! Le jeune adolescent voulait que ça s'arrête. J'avais mal et je ne pouvais plus faire face. Alors je n'avais que ça comme moyen. "

"La vérité ! On ne risque rien à aller dire à un adolescent : je sens que tu ne vas pas bien, je perçois quelques signes et je suis inquiet pour toi."

" Pour t'aider, je te propose du temps, je te donne des repères (ceux de la société mais aussi les miens) et je t'accompagne (... dans ta construction, c'est à dire que je suis là, tu peux me demander conseil...)"

" Rester l'adulte dont le jeune a besoin ! C'est en observant l'adulte qui fait face aux contraintes de l'existence, en observant sa capacité à résoudre les problèmes - tantôt avec bonheur, tantôt avec malheur - que l'enfant va intérioriser les significations à partir desquelles ses aînés organisent leur existence. C'est grâce à cette observation "vraie" qu'il acquiert confiance en lui, par effet miroir."

" Partager vos doutes d'éducateur, de parent, partager vos expériences, demander conseil à des professionnels pour permettre de modifier l'analyse par un regard différent, objectif, dégager d'autres solutions."

" Eduquer, c'est donner les moyens à son adolescent pour qu'il devienne libre et autonome. La relation d'autorité est reconnue comme source de trois bénéfices : quand il y a de l'autorité il y a de la sécurité affective, il y a de la liberté, et il y a de l'identité."

" Un conseil : bien accompagner son enfant au moment de l'adolescence !"

" Si nos jeunes ont besoin des adultes pour bien grandir, je crois aussi que nous adultes, nous avons besoin des jeunes pour bien vieillir."

" Tout adulte dans la communauté éducative a son rôle à jouer dans toute sa difficulté."

" La "bande" du jeune... est à respecter car indispensable. Sauf si elle présente trop de risques pour le jeune."

" S'il y a un trait commun entre les toxicomanes, c'est qu'ils n'ont jamais été confrontés à la Loi."

" Le cannabis n'entraîne pas de dépendance physique.Par contre il entraîne une forte dépendance psychique. C'est à dire que pour être bien dans ma peau, je vais devoir augmenter ma consommation. Le cannabis est un stupéfiant qui transforme notre vision et notre appréciation de la réalité. "On est dans un autre monde, moins pesant que le monde réel. " Le jeune qui fume du cannabis, quand il est sous cannabis, n'a pas la même appréciation de la réalité.C'est bien pour cela qu'il le prend. Le danger, c'est que c'est bien cette réalité-là qui devient dominante ! Donc le jeune se coupe du monde, s'isole, se démotive, et c'est bien-là le gros problème en matière de scolarité. Troubles de la concentration, troubles de la mémoire qui de passagers au début vont devenir permanents, difficultés intellectuelles ... conduisent à ne plus avoir envie d'apprendre, à la démotivation, et à l'échec scolaire.C'est ce qu'on appelle le syndrome amotivationnel, et c'est bien cela le plus gros danger du cannabis. Parallèllement, perte du contact avec le réel, avec la société, avec les copains...Si on fume un joint avec les copains au début, on fume ensuite tout seul dans son coin.D'où une désocialisation et une seule idée : trouver son produit. Perte de liberté et de motivation donc."

" Les composants du cannabis sont également cancérigènes."

"Le cannabis au volant, c'est catastrophique, comme un état d'ébriété."

"Tous les fumeurs de cannabis ne deviendront pas toxicomanes ! Ni banaliser, ni dramatiser ... mais ACCOMPAGNER ! L'important c'est de ne pas faire comme si on ne savait pas que le jeune consomme du cannabis. Ne pas vouloir voir, c'est nier l'existence du jeune, et c'est catastrophique."

" Quand on veut parler de prévention aux jeunes, il faut d'abord regarder comment on se situe soi-même par rapport au thème que l'on aborde !"

 

La Presse ...

OUEST-FRANCE 26 OCT 2005

 

LE PAYS MALOUIN 27 OCT 2005

 

LU...

La consommation de Cannabis s’est banalisée chez les adolescents

Les adolescents français goûtent plus facilement le joint, composé de tabac et de cannabis, que la cigarette, selon une étude de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). D’après la recherche, basée sur une étude réalisée en 2003 auprès de 16.000 élèves âgés de 12 à 18 ans, 30,3 % des adolescents ont goûté tabac et cannabis, deux composants souvent indissociables du joint, et 27,5 % n’ont fumé que du tabac.

"Tous les consommateurs de cannabis sont des consommateurs de tabac et pas l’inverse", explique Marie Choquet, chercheur à l’Inserm et co-auteur de l’étude, qui travaille à la Maison des adolescents de l’hôpital Cochin. "L’essentiel du changement s’est fait entre 1999 et 2003, précise la scientifique. Deux facteurs sont intervenus : la baisse de la consommation du tabac et la hausse de celle du cannabis."

Les jeunes âgés de 15 à 18 ans sont les plus concernés. "Le cannabis n’est pas une substance de "petits", remarque Marie Choquet. Il s’installe à la fin du collège et au lycée." 58 % des élèves de 18 ans avouent avoir fumé du cannabis, contre 14 % de ceux âgés de 14 ans, d’après l’étude de l’Inserm. Conséquence notable : les consommations régulières augmentent. "Le cannabis est un produit plus addictogène que l’alcool, et presque autant que la cigarette", observe-t-elle.

Le risque santé est donc important. "Si les tabacologues basent leurs études uniquement sur le tabac et pas sur le cannabis, ils ne vont rien trouver", commente Marie Choquet. Le phénomène est toutefois très récent, ce qui limite le champ d’étude. Le cannabis a ainsi un effet sur le mental, quand la consommation est excessive. "80 % des jeunes patients qui débutent leur pathologie mentale ont une consommation excessive de cannabis", observe le docteur Philippe Nuss, psychiatre à l’hôpital Saint-Antoine.

Elément d’intégration chez les adolescents, fortement connoté, ce produit, ingéré à haute dose, modifie la conscience et la perception du temps, provoque des retards intellectuels et favorise les troubles de l’attention et de la mémoire, selon les différentes études. La réussite scolaire en pâtit, surtout chez les adolescents déjà en difficulté.

"Pétard du matin, poil dans la main. Pétard du soir, trou de mémoire", résume Jean Costentin, chercheur au CNRS, qui insiste sur le "syndrome amotivationnel, et la perte d’intérêt" liée au cannabis. "Ceux qui fument régulièrement perçoivent une dualité de leur comportement. Ils comprennent que le cannabis les aide à dormir et à entrer en relation avec les autres. Mais ils se rendent comptent qu’il les met à certains moments dans des états d’anxiété ou de psychose", affirme le Dr Nuss.

L’effet est d’autant plus dévastateur que la consommation est précoce. "Le THC (Tétrahydrocannabinol présent dans le cannabis) modifie les cellules neuronales, et donc le système nerveux central", qui est en formation à l’adolescence. "Plus on en consomme, plus le risque de développer des pathologies graves, type schizophrénie, est important", avance-t-il. Le risque est aussi physique. "Le cannabis entraîne, outre une dépendance comportementale, une addiction au tabac ", relève Philippe Molimard, fondateur de la tabacologie en France. Il peut favoriser les maladies liées à cette consommation.