SAVOIR DIFFERENCIER HERONS ET AIGRETTES

Le Héron gardeboeuf se singularise par ses moeurs, observé souvent loin de l'eau, notamment en compagnie de troupeaux et presque toujours en groupe. Son aspect est plus trapu que celui des deux autres espèces avec les pattes, le bec et surtout le cou plus court. En période nuptiale, les adultes se colorent de jaune orangé sur le dos, la tête et la poitrine.

L'Aigrette garzette d'aspect plus fin et gracile, elle possède un bec et des pattes noires, avec les doigts jaunes ce qui constitue son signe distinctif en toute saison. En plumage nuptial, les adultes arborent une plume filiforme blanche (l'aigrette) descendant de la nuque sur le dos.

La Grande Aigrette est plus grande et plus robuste, de la taille du héron cendré, avec un bec fort et jaune en hiver (c'est à dire dans la plupart des cas pour nous), les pattes sont brunes.

Si beaucoup d 'espèces d 'oiseaux voient leurs effectifs régresser, le plus souvent à cause de la destruction de leurs milieux de vie, d'autres savent profiter de la protection dont elles bénéficient depuis quelques années pour gagner ou regagner le terrain perdu. C"est dans cette catégorie que se situent les trois espèces de hérons au plumage blanc présents chez nous.

L'Aigrette garzette

C'est la plus anciennement connue dans la région où elle niche depuis au moins quelques dizaines d'années. Midi-pyrénées n'est pas vraiment un fief de l'espèce qui a plutôt des affinités méridionales et surtout une préférence pour les milieux littoraux et les marais. Ces dernières années, depuis la région méditerranéenne, elle étend son aire de répartition le long de la façade atlantique et dans les grandes zones humides de l'intérieur du pays. Et ceci probablement grâce à la clémence des derniers hivers. C'est aussi pour cette raison que l'hivernage d'une partie de la population de notre région est constaté alors qu'autrefois elle nous quittait à la mauvaise saison.

 C'est toutefois encore au printemps que l'on a le plus de chance de l'apercevoir, notamment près des secteurs favorables à sa nidification, c'est à dire les vallées de la Garonne et de l'Agout où se regroupent la plupart des colonies. Pour nicher, les aigrettes se regroupent, recherchant la compagnie d'autres espèces de hérons, le plus souvent des  bihoreaux. Les nids sont disposés dans des arbres ou des arbustes, toujours à proximité de l'eau, que ce soit le long des berges de rivières que des étangs ou, ce qui est le plus souvent le cas chez nous, des gravières abandonnées.

Dès le début de l'été, avec l'envol des jeunes, les colonies se dispersent et les rencontres peuvent se faire un peu partout mais toujours à proximité de milieux aquatiques. En effet, elle recherche quasi exclusivement sa nourriture (petits poissons, batraciens, invertébrés) dans les eaux peu profondes des lacs et des rivières.

Malgré son expansion, cette espèce reste fragile en Midi-Pyrénées car les effectifs s'accroissent lentement et sont concentrés dans quelques colonies seulement. La survie de cette espèce chez nous est donc liée à la protection de ces sites.

Le Héron gardeboeuf

Parmi les espèce qui connaissent une expansion spectaculaire en France, le Héron gardeboeuf figure dans le peloton de tête. Cette espèce d'origine tropicale (Afrique, Asie) a colonisé progressivement les zones humides méditerranéennes, pour nicher pour la première fois en France en 1957 (Camargue). L'expansion d'abord progressive  s'est amplifiée depuis la fin des années 80, en partie grâce à la succession d'hivers doux. Depuis sa première nidification dans la région (1992) les effectifs n'ont cessé d'augmenter et ce sont plusieurs centaines de couples qui s'y reproduisent actuellement.

Contrairement aux aigrettes, cette espèce n'est pas exclusivement liée à l' élément aquatique, et c'est dans les pâturages qu'on l'observe le plus fréquemment. Elle recherche en troupe la présence d'animaux domestiques auprès desquels elle trouve les invertébrés dont elle se nourrit, et se perche parfois sur des bovins ou des chevaux. Ses colonies de reproduction se trouvent tout de même près des zones humides où, comme l'aigrette, elle s 'installe dans les colonies de hérons existantes.

Le gardeboeuf, hiverne plus volontiers que l'espèce précédente, à la condition que le froid ne soit pas trop intense et durable. En cette saison, comme pendant la période de reproduction, on la rencontre dans les prés, le plus souvent en groupe de quelques individus à plusieurs dizaines. Le soir ces troupes se concentrent dans des dortoirs de plusieurs centaines d'individus, perchés sur des arbres, dans des lieux à l'abri du dérangement.

La Grand Aigrette

C'est la plus grande mais aussi la plus rare des trois. Elle ne se reproduit pas dans la région, les principales colonies étant situées en Autriche et Hongrie. Quelques nidifications se sont toutefois produites ces dernières années en France (Camargue, Grand-Lieu, Dombes). En Midi-Pyrénées elle est donc uniquement considérée comme migratrice et hivernante (observée surtout de novembre à mars). Depuis sa première apparition dans la région en 1983 ses effectifs augmentent très progressivement et dépassent maintenant la dizaine d'individus. Durant sa période de présence, elle fréquente les gravières, les lacs, les rivières où elle se nourrit essentiellement de poisson péchés dans les eaux peu profondes.

Jérôme Calas, bénévole

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