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Les
Narcisses sauvages de la Haute-Garonne et des environs
Tout le monde sait reconnaître les narcisses, ces fameuses jonquilles.
Cultivées ou rencontrées au hasard des randonnées dans la nature,
ces fleurs savent attirer l'attentionl. Il faut cependant se rendre
compte que plusieurs espèces existent à l'état sauvage dans notre
région. En voici un bref aperçu.
Les
narcisses, du genre latin Narcissus, font parti de la famille
des Amaryllidaceae. Il s'agit de plantes monocotylédones
(dont la graine ne possède qu'une seule feuille primaire ou cotylédon)
qui sont caractérisées par 3 pétales et 3 sépales identiques qui
entourent une « couronne » appelée paracorolle. Cette
famille se différencie des autres par la présence de l'ovaire
placé sous les pièces florales (ovaire infère).
Pour déterminer un narcisse, plusieurs
critères doivent être observés : La grandeur de la paracorolle,
la couleur ou les couleurs de la fleur, la taille, les feuilles
etc & Quelques espèces s'identifient facilement , mais d'autres
sont très proches les unes des autres et nécessitent une détermination
plus approfondie. Parmi les espèces les plus facile à reconnaître,
signalons Narcissus poeticus (le narcisse des poètes ),
Narcissus bulbocodium, Narcissus jonquilla (la vrai jonquille
) et Narcissus assoanus (le narcisse à feuilles de jonc ). Les
autres taxons, qui pour certains sont les plus fréquents dans
nos bois et prairies, sont beaucoup plus délicats à différencier.
Il s'agit du complexe de Narcissus pseudonarcissus.

Voici
une clé de détermination qui pourra vous permettre de distinguer
les différentes espèces :
·
Paracorolle presque aussi
grande ou plus grande que les pétales (comme le dessin ci dessus
)- Pétales et sépales très
fines, de 1 à 3 mm de large = Narcissus bulbocodium L
Plante du domaine atlantique qui atteint notre région
à l'ouest de Saint-Gaudens. Elle pousse dans les prairies assez humides.
-
Pétales et sépales plus larges = N. pseudonarcissus gr.
Dans
ce groupe, trois espèces et trois autres sous-espèces peuvent
s'y retrouver. Leur différence se fait surtout sur la taille
des fleurs et la variabilité des teintes de jaune entre
les pétales et la paracorolle. Le taxon le plus commun en midi
toulousain, en plaine comme en montagne est sans aucun doute Narcissus
pseudonarcissus subsp. pallidiflorus Fernandes. Cette
plante se trouve facilement dans les bois de feuillus et parfois
en prairies. Elle est presque absente du Lauragais mais elle est
commune à l'ouest de Toulouse.
·
Paracorolle plus courte
que les pétales.
-
Pétales blancs et paracorolle jaune à liseré rouge = N.
poeticus L
Cette magnifique plante croît dans les pelouses humides
de montagne. Dans les Pyrénées, on peut la rencontrer depuis l'étage
collinéen jusque à la limite supérieure de l'étage montagnard
(presque 2000 mètres).
-
Pétales tous jaunes
-
Fleurs généralement solitaires
et feuilles de moins de 2 mm de large = N. assoanus Dufour
Cette
petite plante est une espèce plutôt méditerranéenne que l'on trouvera
fréquemment dans les garrigues et les vallons secs, caillouteux,
méditerranéens. Elle fleuri dès le mois de Février. Elle
était appelée aussi Narcisse à feuilles de joncs, vu la finesses
de ses feuilles.
- Fleurs groupées par 2-5 et feuilles de
plus de 2 mm de large = N. jonquilla L
Cette espèce est à rechercher en Haute-Garonne. Elle est peut
être présente dans le reste de la région. Il s'agirait de la « vrai
jonquille ».
Voilà
un aperçu des principales espèces de narcisse que l'on peut rencontrer
en midi-toulousain. Elles ne sont pas très rares ni très menacées,
mais leur cueillette peut, par endroits, causer certains dangers.
Une autre pression subie par ce genre, est la pollution génétique
des espèces sauvages par les espèces, variétés ou cultivars d'horticulture.
Beaucoup de stations de narcisses peuvent alors présenter des
formes (hybrides ?) originales, qui mettent à mal les souches
spontanées. Dorénavant, contentez-vous peut
être de les regarder ou de les identifier uniquement, et de ne
pas les arracher pour en faire un bouquet qui 3 jours plus tard
ne sera qu'un déchet de plus dans votre poubelle. Merci pour elles !
Lionel Belhacène, bénévole
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