Habitat : Pour rendre plus confortable mon nid, je peux prendre n'importe quoi : mousses, herbes ou encore fourrures et plumes. J'habite dans une vieille bâtisse prés d'un ruisseau. J'aurais aussi bien pu opter pour  une crevasse de rochers,  un trou sous des racines,  un terrier … j' aime bien les lieux humides (près de cours d'eau, de marais &), mais aussi les champs et les milieux moyennement boisés, comme les lisières des forêts.

Le putois

Je suis un putois qui, comme tous les Mustela Putorius (mon petit nom latin) de mon espèce, fait partie de la famille des mustélidés (comme mes cousins loutres, blaireaux, fouines &). Je suis un carnivore (je mange presque uniquement de la viande), et un mammifère (comme vous !).

Morphologie : Vu mon allure, un oeil averti ne peut se tromper :

Masque blanc ; petites oreilles ; pattes courtes ; longs doigts munis de longues griffes ; ventre et dos noirs ; flanc clair &

Je mesure environ 35 cm, alors que les mâles de mon espèce atteignent 45 cm. (le dimorphisme sexuel est important). Ils sont aussi plus lourds (ils pèsent entre 1 et 1,5 kg, contre mes 500 à 700g ).

Par contre, ma queue est aussi grande que la leur. Elle mesure une quinzaine de centimètre de long.

Je suis née un jour de mai il y a 2 ans. J'ai passé 6 à 8 semaines, dans le nid familial, à manger et à jouer avec mes frères et soeurs. Je pouvais alors suivre ma mère dans ses déplacements. On a pu m'apercevoir en famille, habillée comme tous les jeunes putois d'un pelage jaunâtre qui disparaît à notre premier anniversaire.

Vers le 15 août (soit 3 mois après environ) toute la famille s'est dispersée. Chacun dans son coin, Je suis devenue solitaire sur mon  territoire (d'une surface moyenne de 19 hectares contre 38 pour les mâles). Tout animal qui en franchira les limites sentira l'odeur que j'ai produite grâce à mes glandes anales (dans le jargon scientifique, on dit que je fais un marquage olfactif). Ce sont ces mêmes glandes qui m'ont valu mon nom. Tout ça parce que quand j'ai peur, elles émettent une mauvaise odeur. En plus de l'odeur, à en croire l'expression « crier comme un putois », il y aurait aussi le bruit. Que d'incompréhension !

Les journées s'enchaînent et j'ai adopté ma petite routine. Je me lève à la tombée du jour pour chasser et vaquer à mes occupations pendant toute la nuit. Je dors toute la journée, récup’oblige ! (les phases diurnes d'activités sont assez rares). Coté sport : si je ne brille pas en escalade ; en natation par contre je suis une star !

Nourriture : Mon alimentation étant liée à mon habitat, mes menus sont le plus souvent composés d'amphibiens (grenouilles, crapauds.. .), de petits rongeurs (campagnols, souris &), occasionnellement de petits oiseaux, de lapins, d'insectes, de lombrics, de lézards et de charognes. Ces proportions auraient varié si je vivais dans un autre milieu. A l'occasion, je peux piller un poulailler mal entretenu où je pourrais me glisser (c' est si facile). Il m'arrive de faire des réserves de nourriture.

L' automne, puis l'hiver sont passés. Pendant ces 2 saisons, je suis plus diurne et moins active.

Reproduction : J'ai atteint ma maturité sexuelle à 1 an et ai pu alors me reproduire. Ce n'est pas le cas de tous les putois, certains attendent encore 1 an. Comme mes congénères adultes européennes, je rentre en chaleur vers mars-avril, cela dépend de la photopériode (c'est à dire de la durée des jours), et donc des lieux. Au même moment, les mâles sont en rut (ça tombe bien !). Je choisis alors un compagnon qui me convient et, 40-42 jours environs après l'accouplement, je donne naissance de 4 à 8 jeunes en moyenne. Comme ma mère, je les élève  sans la moindre aide du mâle !

Mes relations avec l'homme sont rares. Il faut dire que je me cache bien ! Et oui, si la préfecture de la Haute Garonne actuelle ne me considère  plus comme « nuisible » (je rends service en mangeant les petits rongeurs), je ne suis pas protégée pour autant. Je peux donc être chassée & C'est du moins la situation actuelle et locale, puisque, en France, cela dépend des préfectures & Les voyages peuvent donc être risqués !

Indices de présence : Mais je laisse tout de même quelques traces sur mon passage, que l'on peut trouver si  on regarde bien : empreintes, crottes, restes de repas &

Autant d'indices qui vous permettront peut-être, si vous êtes chanceux et discret, de remonter jusqu'à moi. Je vous assure que si vous ne me faites pas peur, vous ne sentirez rien !

Autre chose : j'ai l'habitude de laisser des restes des batraciens que j'ai chassés. Je laisse par exemple les têtes des crapauds sur place & je sais qu'elles sont munies de glandes à venin.

Petite remarque : Le furet (Mustela furo) n'est autre qu'un putois domestiqué, plus ou moins albinos. Il peut se croiser avec le putois.

*Attention : tout les évènements relatés dans cette histoire sont tirés de faits réels.

Joris Santini et Katia Roux, bénévoles

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Empreinte de ma patte antérieure droite

(de taille intermédiaire entre celle de la fouine et de l'hermine)

Zone de Texte: ©J.Santini - K.Roux

Aspect d'une de mes crottes

(odeur assez forte)

Zone de Texte: ©J.Santini - K.Roux