2003 : une année hydrologique contrastée au Ramier de Bigorre

 


Les conditions météorologiques de l’année écoulée ont fait connaître au ramier des amplitudes thermiques et hydriques importantes. En effet, l’automne/hiver 2002/2003 fut très pluvieux, cela s’est traduit par un sol détrempé de novembre à début mars, des bras fortement inondés et deux crues dont une décennale* (fréquence en moyenne tous les dix ans) le 5 février, avec une montée des eaux à hauteur du chemin d’accès (créant un effondrement de celui-ci au niveau du bras mort). Les mesures de hauteur d’eau sur l’entrée aval du nouveau bras ont varié de 0,50 à 1,6 mètres durant cette période avec un pic estimé à plus de trois mètres lors de la crue décennale. Puis après la crue annuelle de début mars, les rares petites pluies d’avril et le début des chaleurs fin mai, la sécheresse s’est installée jusqu’à la mi-août. Celle-ci, malgré son importance, n’a pas fait baisser la nappe phréatique excessivement, car il est resté de l’eau en permanence dans les bras morts. En fait la ripisylve a très bien joué son rôle, elle a absorbé l’eau de pluie, des crues et des infiltrations depuis le fleuve durant l’hiver et a alimenté en retour les bras morts et les plantes lors de la période  sèche (une petite source au bras mort de la Capelette est toujours restée active au plus fort de la sécheresse).Cela c’est traduit par une très faible mortalité des jeunes plants et des arbres en général, et les bras morts toujours en eau ont permis le maintien d’une vie aquatique (plantes, poissons, amphibiens, invertébrés). Un autre rôle très important  de la ripisylve est l’auto épuration des eaux superficielles, c’est à dire que l’eau restituée aux bras et à la Garonne est plus propre (élimination, par assimilation ou réduction des polluants dissous), et plus fraîche (température de l’eau en été plus basse dans les bras morts que dans la Garonne). Une étude de l’agence de l’eau en 1999 a montré que la qualité de l’eau du fleuve entre Seilh et Grenade est assez bonne malgré la traversée de Toulouse et l’entrée d’un affluent très pollué qu’est l’Aussonnelle : on relève une eau de bonne qualité pour les matières organiques et les nitrates, et une eau passable pour les matières phosphorées (rejets domestiques) et azotées  (hors nitrates). Cette amélioration de la qualité de l’eau par rapport à l’amont, due à l’auto épuration du fleuve,  se fait essentiellement dans la couche de graviers (quant elle existe encore) qui tapisse le lit du fleuve, et dans les  zones humides (l’amélioration devrait se poursuivre après les travaux sur la station d’épuration de Ginestous).

 

En conclusion, et au vu des conditions climatiques de l’année écoulée, on peut appliquer pour le ramier de Bigorre, un cycle de l’eau suivant :

·         absorption de fortes quantités d’eau en hiver ;

·         filtrage et stockage dans le sol et la nappe phréatique ;

·         restitution de l’eau épurée à la Garonne, et alimentation des plantes en période sèche.

 

 

Jacques Rhodes, agent d’accueil et d’entretien du Ramier de Bigorre

* débit maximum constaté à la station de Verdun-sur-Garonne le 5 février 2003 : 2810m3/s