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14 janvier 2005 : Bangkok, Thaïlande
L’airbus flambant neuf de la Royal Bhutan Airlines vient de faire crisser ses pneus sur la piste de l’aéroport international de Bangkok. Me voila au royaume du sourire : la Thaïlande. C’est un monde bien différent du sous-continent indien. La capitale de la Thaïlande, la ville des villes du sud-est asiatique, la Grande Bangkok, le carrefour des voyageurs du monde entier. La suffocante Bangkok déploie ses autoroutes à 8 voies, ses avenues embouteillées à toutes heures, ses routes aériennes et son "sky train'' moderne qui se faufile entre les grattes ciel. Un monde bien différent... Oh que oui ! Débarquant d’Inde, Bangkok c’est un peu l’Amérique. Comme un retour en Occident ! Une musique de rock thaï sort des enceintes du taxi climatisé. Des voitures élégantes et silencieuses nous dépassent et empruntent des rues bien éclairées aux trottoirs en bon état. De multiples pancartes indiquent le nom de restos aux spécialités des quatre coins du monde, des cafés et des bars à l’ambiance feutrée proposent des musiques occidentales dernière mode ou de la pop asiatique. Entre les rives de la Chao Phraya les bateaux taxis continuent inlassablement leur va-et-vient.
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..................Vue de Bangkok du fleuve Chao Phraya
Kolkata, le Rajasthan et l’Inde semblent maintenant bien lointains. Il me faut le klaxon des tuks-tuks, l’air horriblement humide et chaude, des pancartes aux écriteaux illisibles, des pagodes brillantes de dorures, des échoppes de rues où grillent à toutes heures poissons et brochettes de poulet pour me rappeler combien je suis loin de mon pays. Les visages que je croise sont bien asiatiques !!!
Je débarque à Kao San Road. Je retrouve mon ami Takuya, un japonais rencontré dans un voyage précédent près de la frontière Georgienne en Turquie. Il travaille à Bangkok depuis peu. Kao San est le secteur de la capitale des "Backpackers", des voyageurs sac à dos. La rue des hôtels et des guest houses pour routards.
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Le soleil s’est couché depuis plusieurs heures et l’activité débordante de la rue ne fait que s’amplifier. Des néons lumineux jaillissent de toute part. On dirait Broadway ou Disneyland. Une rue enfiévrée où se bousculent salons de massages traditionnels, pubs, bars, magasins de souvenirs, agences de voyage, fast-food en tout genre....
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.........................................................Bangkok by night
Nous nous faufilons entre les touristes blancs becs droit arrivés d’Europe et les nombreuses jeunes filles thaï venues s’amuser avec les farangs (étrangers blancs). Un véritable va-et-vient de corps bronzés et tatoués, de baroudeurs body buildes tout juste revenus de quelques îles paradisiaques, de tronches intoxiquées à la full-moon party. A même la chaussée, un groupe de touristes allemands déjà bien éméchés entonnent des chansons germaniques devant un stand de "super strong cocktail" à 40 bath (80 cent d’euro). Ici on ne rigole pas, on boit au "bucket" ! C’est à dire un whisky red-bull que l’on sert dans un seau en plastique qui en envoi plus d’un au tapis. C’est ce qu’ils appèlent l’effet "bucket" !!! Juste à coté du stand aux "super strong cocktail" des vendeurs de cd piratés font trembler la chaussée de décibels. Bob Marley l’emporte un peu plus loin dans un groupe d’étudiants thaïlandais entonnant les chansons du maître du Reggae accompagné d’une guitare.
Taku et moi nous nous arrêtons pour boire une bière que l’on savoure ici avec des glaçons !!! Nous observons l’activité délirante de la rue. Taku me montre une fille au loin. "Tu vois la fille là-bas ?" La fille qu’il me montre a l’air très jolie. Je n’aperçois pas son visage. Elle porte de longs cheveux noirs s’arrêtant dans le milieu du dos. La silhouette est parfaite.
"Elle a l’air pas mal. Tu la connais ?" lui demandais je.
"Oui je lui ai déjà parlé. Ce n’est pas une fille !!!"
"Quoi ce n’est pas une fille ? Tu veux me faire croire que la créature là-bas avec sa jupe ultra courte, ses jambes longues et fines, ses talons aiguilles et sa façon de tourner les fesses quand elle marche... Tu veux me dire que cette fille c’est un homme ??!!"
"Je te le jure. Tu vas vite t’en rendre compte. Ici en Thaïlande il y a beaucoup de Lady boy. C’est comme ça qu’on les surnomme. Il faut faire attention car elles...euh ils sont parfois difficile à reconnaître. Des homosexuels qui se transforment en femme. Parfois la ressemblance est fascinante."
"C’est dingue ! J’arrive pas à croire que le corps de cette fille soit en fait celui d’un homme"
"Et tu sais quoi ? Il arrive souvent que des hommes non homosexuels tombent dans le panneau croyant qu’ils ont affaire à une femme. Hé hé bienvenue en Thaïlande Greg !"
"Hallucinant !!! Des "Lady Boy"... en voilà qui portent bien leur nom !!!"
Notre bière terminée, je continu ma ballade dans le secteur de Kao San Road accompagné de Takuya. La de jeunes thaïlandais réajustent leur dread locks ou se font faire des rastas pour une poignée de baths. Il est 23h passé et le salon de massage devant lequel nous passons a toujours ses portes ouvertes. Une belle miss me lance en souriant : "Miiiiiiiiiiiiiiiiiiiisssster ! You want massaaaaaaaaaaaaage ????"Je préfère le sham rock pub. Le massage ce sera pour plus tard.
Alors qu’un groupe de musicien reprend en joie les tubes des Red Hot Chilli Peppers,je discute avec Di une étudiante de Bangkok.
Celle-ci me tend un sachet plastique et me demande : "Do you want to try ?"
Je plonge la main dans le sachet et en ressort une poignée de sauterelles grillées et badigeonnée à la sauce au soja. Voyant mon regard hésitant Di me lance en rigolant : "Yes, yes, try. Very Goooooooood"
Je me lance et passe l’insecte sous mes dents. Un croustille ment bizarre.... Ce n’est finalement pas dégueulasse.
"You want to try scorpion ? Have alsooooooooo... "
Et la je ne sais pas quelle euphorie m’a poussé à répondre : "Oh yes give me some scorpions"
Di sort un scorpion noir inerte de 5 à 6 cm de long, lui arrache l’aiguillon et me le tend. J’avale ma salive avec dégoût puis croque dans l’animal...
"Oh yessss ! do you have an other one ?
Après m’être rempli l’estomac de sauterelles et de scorpions je pars chercher Taku. Pour une première soirée à Bangkok c’est déjà pas mal. Il est temps de rentrer. Sur le chemin du retour un type nous arrête et nous demande : "Ping-pong Show ?"
"Quoi qu’est-ce qu’il nous veut ?"
"Yes Ping-Pong Show. Very nice !! You know pussy can do a lot of things. It s crazy !"
"What ????"
"Come I show you"
Il y a des fois il vous est impossible de dire pourquoi vous avez fait ce choix plutôt qu’un autre. Mais ce soir là... Ce type nous paraissait des plus louches qui soit avec son histoire de Ping-pong Show. Pourtant nous avons accepté de le suivre voir ce Ping-pong Show. Nous ne pouvions simplement ce soir là ne refuser aucune nouvelle expérience.
Nous voici donc Taku et moi plongés à une heure tardive en plein Patpong, le quartier de Bangkok mondialement célèbre pour ses bars à filles, ses gogos et strip-tease bars, et le nombre incroyable de ses prostituées. Malgré l’heure, la rue est en pleine activité. Un marché de bric à brac, de souvenirs pour touristes et de fringues se tient dans la rue. De part et d’autre ce n’est que bars, boîtes lugubres, salons de massages douteux, peep show, et je cite "fucking show". Là, par la porte entr’ouverte d’un club, je vois une vingtaine de filles en sous-vêtement ou totalement dévêtues amassées sur un podium au pied duquel quelques vieux pervers aux bides distendus regardent vicieusement leur proie. Lorsque l’une d’entre elle écarta les jambes au dessus de la tête d’un des clients celui-ci se mit à rire !!!
"Putain qu’est ce qu’on fou là, Taku ?"
Le type finit par nous conduire dans un lieu nommé le Wild Cat. "Here Ping Pong Show"
La salle était glauque. Sur une affiche à l’entrée je pouvais lire : "Pussy can play ping pong, pussy can shoot bananas, pussy can play trompette, pussy can drink beer, pussy can do many things, pussy are amazing !!!" Cela ne m’a pas vraiment rassuré...
Il y avait un podium encerclé de barre de fer sur lequel 5 filles se trémoussaient en costume d’Adam sur une musique répétitive. Nous ne payons pas d’entrée. Mais notre bière est trois fois plus chère que la normale. Le spectacle commença. Une heure plus tard, le spectacle se termina. J’étais amusé, stupéfié, et dégoûté à la fois. Je venais d’assister à quelque chose de dingue et de pas vraiment excitant. Voila en résumé ce que j’ai vu. J’ai vu là des pauvres filles payées à lancer des balles de ping-pong et tirer des bananes à plus de cinq mètres avec leur sexe. Je n’en croyais pas mes yeux lorsque je vis cette fille décapsuler une bouteille de bière avec son vagin ou lorsqu’elles se mirent à jouer de la trompette avec leur minou. Je sais c’est difficile à croire. Je fus tout autant surpris (voir d’avantage) en voyant ce qu’était capable de faire une femme avec son sexe !!!
Je suis allé me coucher. Pour une première soirée, Bangkok s’était déjà bien révélée et déjà des tas de questions trottaient dans ma tête...
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Suite de l'aventure : Myanmar (Birmanie)