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3 Mai 2005 : Bangkok


Retour à Krungthep mahanakhon amonratanakosin mahintara ayuthaya mahadilok popnopparat ratchathani burirom udomratchaniwet mahasathan amonpimam avatansathit sakkattiya wisanukamprasit !!! Non, non, ce n'est pas un exercice de diction, c'est tout simplement le nom thaï officiel de Bangkok. Ce qui signifie :        « Ville des anges, grande ville, résidence du Bouddha d'émeraude, ville imprenable du dieu Indra, grande capitale du monde ciselée de neuf pierres précieuses, ville heureuse, généreuse dans l'énorme Palais Royal pareil à la demeure céleste, règne du dieu réincarné, ville dédiée à Indra et construite par Vishnukarn. »

Vue de Bkk depuis un appartement


J’arrive tout juste à temps dans la fameuse capitale pour célébrer mon anniversaire avec mes amis de Bangkok. Pour l’occase je dégote une petite bouteille de pinard et ouvre les portes du Pizza Hut. La nuit va être très longue entre les pubs de Kaoh San road et les clubs de Thanon Suhkumvit !

Mes amis de Bangkok : Takuya, Jah, Arceeya, Aon, Ning, Kanya, Noi, Milan, Pla, December, Shampoo, Apple, Darunee...


Avant mon départ de Ventiane, je n’avais pas l’intention de rester aussi longtemps à Bangkok, et je pensais bourlinguer plus dans le reste du pays. Mais voilà quand une ville vous tient, vous ne voyez pas le temps passer. Ainsi mes 30 jours de visa vont finalement s’écouler dans l’air pollué, chaud et humide de Bangkok. : BKK comme les jeunes l’appellent ici. Rien n’a vraiment changé depuis mon départ de la ville le 25 février dernier. La ville est toujours autant embouteillée et bruyante ! La température frise toujours les 35°, et la moiteur de l’air est toujours aussi insupportable. 5 minutes de marche suffisent à vous faire suer tel un boxeur en final des jeux olympiques ! Mais voila, il y a quelque chose à Bangkok qui m’attire, et me retient.

Difficile d’expliquer ce qui me retient ici car il m’est tout simplement impossible de décrire réellement ce qu’est Bangkok. Mais pour moi l’exploration de cette jungle urbaine de 560 km2 et de plus de 6 millions d’habitants reste quelque chose de passionnant. Peut être est-ce parce que Bangkok rassemble un peu toute l’Asie en un même endroit. Bangkok est en quelque sorte une Asie en condenser. D’un coté c’est le foutoir, une espèce de méga boxon désordonné. Comme dans ces quartiers plutôt sales, à la densité de population rappelant les villes indiennes, où règne un charivari tout à fait asiatique. De l’autre coté c’est Singapour. Des quartiers modernes cleans et aseptisés dans le luxe où tout est bien en place. C’est le royaume des centres commerciaux ultras modernes, et des clinquants gratte-ciel des quartiers d’affaires.
Dans la capitale Thaï règnent toutes les contradictions du continent asiatique. Voila ce que j’aime, voila sans doute ce qui m’attire et me retient à Bangkok. La Cité des Anges vit dans un monde d'opposition. Tous ces caractères opposés qui s’intercalent parfaitement et forment un formidable patchwork riche et diversifié.
Le propre côtoie le sale, le beau jouxte le moche, le vieux regarde le neuf, le traditionnel rejoint le moderne, le dangereux d’un coté le "safe" de l’autre, la folie grandit avec le raisonnable, le sex drogue rock n'roll épaule le religieux, l’ordonné accepte le désordonné, le riche vit avec le pauvre... Bangkok est un plat à la fois épicé et fade, acide et basique, salé et sucré. Et finalement Bangkok dans ce mélange de sensations des pires aux meilleures ne laissera jamais le voyageur indifférent. Et puis ce que j’aime encore à Bangkok c’est que je suis sur de ne jamais m’ ennuyer. Voila pour moi la plus passionnante et la plus dynamique des villes du sud-est asiatique.


                                   Une Avenue à Bangkok et vue sur le MBK Center

Embarquons pour une petite visite guidée :

Dans les vieux quartiers historiques de Thonburi et Ko Ratanakosin on trouve de part et d’autre du fleuve Chao Phraya une multitude de temples anciens ainsi que le grand palais (l’ancienne résidence royale). Dans l’enceinte formée par les remparts du palais se trouve le temple du bouddha d’émeraude : visite incontournable de la plupart des visiteurs à BKK où des voyages organisés passant par la capitale. Le Wat Phra Kaew de son nom thaï est effectivement une merveille architecturale dont les chédis (monument tel un stupas érigé pour abriter une statue du bouddha) recouverts de feuilles d’or scintillantes, les belles tuiles oranges et vertes des toits à multiples pans et les piliers incrustés de mosaïques ne peuvent qu’enchanter le visiteur. C’est dans ce temple que repose le très vénéré Bouddha d’émeraude auquel le temple doit son nom. Aujourd’hui encore de très nombreux thaï viennent se recueillir, prier, et allumer des bâtons d’encens. Si le décor ressemble à la Paya Shwedagon de Yangoon au Myanmar, il n’y a ni la même grandeur, ni la beauté et l’énergie qui se dégage du Wat Phra Kaew.
A quelque pas de la, après avoir enjambé des embarcadères et des petits marchés jalonnant la rive de Chao Phraya on tombe sur le Wat Pho, le plus ancien temple de Thaïlande. Le Wat Pho (prononcez Po) possède une grande école de massage traditionnelle mais surtout il renferme le plus grand Bouddha couché de Thaïlande. Ce bouddha énorme de 46m de long et 15m de haut offre une vision extraordinaire. Sur la rive ouest un autre Wat, le Wat Arun de style Khmer est également une visite très prisée. Ces Wat ou temples sont disséminés en grand nombre un peu partout dans la capitale. Il n’est pas rare de croiser à leur proximité des moines bouddhistes en méditation ou parcourant les rues pieds nus en faisant appel à la charité des gens. Ces lieux constituent de véritables havres de paix et de quiétude en plein coeur de BKK, du bruit et de l’agitation titanesque.

Ning devant le Buddha couché du Wat Pho

Collage de feuilles d'or avec Ning

Wat Phra Kaew, Wat Arun et Wat Pho


C’est dans le quartier de Banglamphu un peu plus au nord du grand palais que se trouve Thanon (rue) KhaoSan. La rue où j’ai eu mon premier contact avec la ville et dont j’ai déjà décrit l’ambiance de mes premières heures bangkokiennes (voir partie Bangkok 1). C’est ici que débarquent la plupart des voyageurs au budget serré. Il s’agit sans doute de la rue la plus internationale de la capitale thaïe. Si grand voyageur que vous soyez le pays vous manque rendez vous ici et vous vous sentirez rapidement comme à la maison, entendrez très certainement la fabuleuse mélodie de la langue française et rencontrerez aisément voyageurs de l’hexagone ou d’ailleurs. Mais je ne vous conseillerai pas d’y dormir. La présence de tous ces touristes a beaucoup dénaturé les environs et il n’y a plus grand chose d’authentique qui subsiste. Tout est tourné vers le commerce et la rue prend une allure de Disneyland sans Mini et Mickey mais où l’on vous vend de tout et n’importe quoi, où l’on croise plus de têtes de farangs que de thaï et où tout le monde porte les mêmes T-shirt histoire de montrer qu’on est dans le style et le "mouv" du parfait baroudeur en Asie du Sud-est. C’est un peu faire 10 milles bornes pour retrouver les mêmes conneries qu’avant ! Bref tout cela risque de rapidement vous décevoir... Mais KhaoSan road reste tout de même très sympa le soir pour faire la fête. De nombreux jeunes thaïs se mêlent d’ailleurs aux farangs pour partager la fête dans les pubs, les bars, et sur les pistes de danse des petits clubs de la rue. Du coup la rue est globalement très bruyante à n’importe quelle heure de la journée et vous risquez de ne pas dormir beaucoup.
Pour trouver un coin plus authentique, plus calme, au même prix voir moins cher et de qualité, rendez vous à Si Sao Thewet près de la bibliothèque nationale à environ 1/4 d’heure de marche de Khao San. C’est ici que j’ai déposé mon sac durant mes séjours à Bkk. On y croise bien moins de touristes, et l’on se sent un peu comme dans un village où règne encore la véritable Kih waam pen thaï (identité thaïlandaise). Notamment vous pourrez observer la vie religieuse s’écouler au Wat Ratchathiwat tout proche ou faire des emplettes au marché alimentaire très local de Thewet ou l’on découvre toute sorte de poissons, mollusques, anguilles, grenouilles ou crapauds sèchés et même des tortues ! Le coup d’oeil vaut la peine à condition de supporter l’odeur. Moi j’ai eu du mal. Arrrrgh !!!
Très appréciable également ; s’attabler à l’une des nombreuses échoppes de rue où les "wokers" en action font mijoter de merveilleux plats. Et ceci est possible à n’importe quelle heure de la journée. En effet plus la peine de s'encombrer d'horaires de repas, quand on sait que dans la rue, les mille saveurs du Siam nous tendent les bras. Nous dînons, à la thaïe, d'une paire de brochettes et d'un ananas. Sans angoisse. Si notre ventre crie famine, il suffira de sauter à nouveau sur la première échoppe ou de pénétrer dans le premier boui-boui venu... L'essentiel de la nourriture se mange dans les restaurants de rue. Signalés par quelques tables et tabourets en plastique posés sur le trottoir. On peut y déguster un plat en regardant la circulation, ou bien l'emporter, soigneusement enveloppé avec la sauce d'accompagnement dans un sachet hermétique. Une échoppe ambulante vend en général un ou deux types de plat, pas plus. Il suffit de se rendre sur le bon étal pour savourer au choix une soupe de nouilles ou de raviolis, du riz sauté aux crevettes, une salade de papaye verte pour les jeunes femmes au régime, un poulet au curry, des brochettes, une soupe de poulet et noix de coco... A toute heure du jour et de la nuit! Ici, à Si Sao Thewet vous pourrez en plus bénéficier du va-et-vient gracieux des étudiantes se rendant au lycée tout proche. (A ce sujet je me dois de tirer un coup de chapeau au gouvernement thaï pour avoir conservé le port de la tenue traditionnelle des étudiantes qui est absolument charmant ! Personne ne dira le contraire ! )

Arceeya, Jah et Tan

Toujours dans le vieux Bangkok, un tuk-tuk vous amènera dans Chinatown, le quartier chinois surpeuplé et embouteillé de Bangkok. Encore et toujours les embouteillages ! Bon dans ce cas mieux vaut tenter sa chance en "moto sai"(moto taxi). Nous pourrons au moins nous faufiler dans la circulation compacte. Reste à prier pour que le chauffeur ne travaille pas depuis 48h , en se dopant à coups de Red Bull. Ici, les accidents sont fréquents. La vie des motos taxis ressemble un peu à celle des gangs: organisés en groupe, avec un dossard pour les identifier, ils ont la main mise sur une ou plusieurs ruelles. Au delà desquelles commence le règne d'un autre groupe de motards. Leur vie est dure: pour faire un maximum d'heures, ils se shootent souvent au yabaa (la drogue dure du pauvre, dévastatrice en Thaïlande), au Red Bull et à l'alcool. Prendre une moto sai, c'est quand même prendre un risque! Arrivés sain et sauf à Chinatown, vous noterez le changement d’ambiance. Un agglomérat grouillant et continu d'activités où la cacophonie ne dépare pas des quartiers populaires d'Hong Kong, Shanghai ou Taipei... Dans les rues surpeuplées et embouteillées, les boutiques étroites aux couleurs dominantes rouges et or, surmontées d'enseignes en idéogrammes, charrient tout le jour des marchandises en tous genres. Les temples, surmontés de dragons, mêlent leurs fumées d'encens aux parfums des étals de rue. Et les livreurs poussent tant bien que mal leur carriole surchargée au milieu d'une foule affairée...Bienvenue à Chinatown ! Le quartier est également une orgie de plats en tout genre, d’ingrédients étranges et de produits bizarres totalement inconnus pour nous nous qui ne jurons que sur la fameuse "french cuisine" ! Votre nez reconnaîtra des odeurs de poissons, de poulets vidés, de soupe à la noix de coco et de couennes de porc frites. Ici, certains gâteaux inconnus prennent des couleurs surnaturelles, rose ou vert fluorescent...
C’est ici que l’on trouve un marché aux voleurs ou le Nakhon Kasem, spécialisé en antiquités, porcelaines, statuettes et bronzes. Vraies ou fausses... vous ne savez jamais vraiment si vous êtes entrain de négocier des objets réellement volés ou non ! C’est aussi à Chinatown que persistent certaines activités clandestines interdites. Les prêts sur gages et le commerce de l’or restent des activités courantes dans le quartier mais les maisons de passe continuent de prospérer sous la couverture de "salons de thé". Les dealers d’héroïne à la sauvette ont remplacé les fumeries d’opium et les arrières salles de certains restos se convertissent en tripots.

Vous succombez à une petite envie de shopping ? Direction Siam-Square. La Mecque de la consommation. De Chinatown, il faut prendre un taxi car il est très difficile de circuler à pied dans cette ville moite et polluée. Le peu de passages protégés et aménagés pour les piétons proscrit rapidement ce genre d’initiatives. Les rares passerelles aériennes, pour traverser les voies multiples obligent à de longs détours.
Ceci dit il n’est pas certain que vous arriviez avant en taxi. A Bangkok impossible d’arriver à l’heure à un rendez vous. Les feux aux carrefours peuvent rester au rouge jusqu’ à 10 minutes sans déclancher de klaxons. A cela s’ajoute le nombre de voitures particulières qui progressent et provoque chaque jour les interminables bouchons engorgeant la ville désespérément. Car en Thaïlande la voiture est avant tout une vitrine sociale et dans la capitale on y croise presque plus de BMW et de Chevrolet qu’à Paris ou New York. Donc armez vous de patience si votre taxi avance de 10 mètres toutes les 5 minutes !


Arrivez à Siam Square vous remarquerez rapidement qu’il s’agit d’un véritable temple de la consommation. Un quartier bien différent de Chinatown, Thonburi ou Banglamphu. Tout y est plus propre et plus moderne et les bâtiments s’élèvent nettement plus en hauteur. Dans ce quartier bien central vous attend un véritable concentré de tentations. Ici, les fast-foods ne désemplissent jamais, les cinémas très modernes proposent les derniers films en V.O. D’ailleurs de nombreux films arrivent en Thaïlande bien avant leur sortie en France. De plus certains complexes comme le “Grand EGV” du “Siam Discovéry Center” proposent des sièges “gold class”: la grande classe effectivement ! Des fauteuils géants en cuir rouge ultra confortables qui se déplient à l’horizontale et vous offrent différents programmes de massages. On vous donne également couvertures et chaussettes au cas où la clim. serait trop forte. Le seul inconvénient dans tout ce luxe : Il vaut mieux que le film soit très intéressant car on a vite fait de s’endormir si confortablement allongé dans ces canapés ! Et je sais de quoi je parle !
Bref, les cinémas Thaïlandais n’ont rien à envier à leurs confrères européens. Et à 100 bahts (2 euros) la place normale, c’est un véritable petit bonheur !
Dans les rues, des écrans géants interpellent ceux qui n’auraient pas encore mis la main au porte monnaie. Des jeunes en uniforme d’école ou d’université passent d’un “département store” à un autre ou s’en vont dépenser quelques bahts dans les immenses salles de jeux vidéo.
Partout ce n’est que magasins, magasins et magasins. Des immeubles entiers comme le “MBK Center”par exemple, présente un labyrinthe de boutiques sur plusieurs étages. On ne sait plus ou donner de la tête. De plus ces centres de shopping sont super agréables car on est loin des marchés de rue où règnent un parfait désordre. Ici, des panneaux indiques la situation des différents magasins. Des escalators et des ascenseurs relient les différents niveaux. Mais ce qui est le plus appréciable, c’est la climatisation. Un véritable oasis de fraîcheur au sein de la cité où le thermomètre explose ! Je me suis souvent retrouvé dans ces centres de shopping pour fuir la fournaise extérieure ! Une bonne raison pour faire quelques achats n’est ce pas ?

Pour ceux qui n’auraient pas trouver leur bonheur dans les innombrables boutiques de Siam-Square, il n’y a plus qu’un endroit où aller : le Chatuchak market ou Week-end market (car n’a lieu que le samedi et le dimanche). Mais il est bien loin de Siam Square. Mais cette fois pas de problème de circulation et d’embouteillage infini. On prend le BTS, c’est à dire le Sky-Train de Bangkok. Ce n’est pas le moyen de transport le moins onéreux (pour 30 Bahts il couvre une distance qui coûterait 3.50 baht en bus) mais il a le net avantage de s’affranchir de tous les bouchons et finalement coûte moins cher qu’un taxi pris dans le trafic. En plus de cela c’est un excellent moyen de découvrir Bangkok du ciel. En effet les stations, en altitude, offrent aux usagers une vue imprenable sur BKK. Les wagons et les stations sont d’un clean absolu. Mais il vaut mieux se munir d’un pull ou d’une chemise à manche longue, car l’air conditionné glacial vous fige dès l’entrée dans le wagon.Avec une chute de 20 degrés par rapport à la température extérieure,c’est le rhume carabiné qui vous attend surtout si vous êtes en nage!

Chatuchak market est simplement le plus grand marché de Bangkok. Ici c’est le shopping sauvage. Pas d’air conditionné et un véritable labyrinthe d’échoppes encadrées par de minces passages ou s’engouffre des milliers de personnes sur plus de 15 hectares. Si tout reste très bien structuré, bien organisé, on s’y perd vite au milieu de la multiplicité et la pluralité de tous ces commerces. Bien souvent 2h passé la dedans vous épuise pour la journée. La voix des speakers persuasifs, le fond musical hétéroclite et le brouhaha permanent ne sont pas sans rappeler l’ambiance des foires annuelles européennes. Avec en plus l’asiatique touch ! Les odeurs et surtout la chaleur peuvent démotiver même les plus mordus de shopping. Mais Chatuchak market reste un marché populaire et moins cher que ce que l’on peut trouver à Siam-Square. Et vous serez sûr de trouver ce que vous cherchez ! De l’artisanat local comme les céramiques, les tissus, le bois, jusqu’au fruits et légumes et même nos amis les animaux. Bien évidemment, pas un marché sans fringues. Chatuchak n’échappe pas au commerce de l’habillement et des chaussures que se soit du “vrai” ou du contrefait !!!
De la contrefaçon, vous en verrez partout à Bangkok. Sur n’importe quel marché. Ainsi se procurer une contrefaçon à Bangkok est très simple. Il suffit de longer les rues des quartiers très fréquentés et de butiner autour des étals posés là. De petits vendeurs à la sauvette présentent sur des tables précaires des répliques parfaites de produits de luxe, parfums, montres, foulards, sac a mains, baskets ou encore des cd de musique, jeux et dvd piratés.
Le plus surprenant pour la musique et les vidéos, les stands sur le trottoir sont achalandés des dernières parutions, même d’albums non disponibles dans le circuit traditionnel ou de films non encore visibles dans les salles.
Personnellement je trouve ça très séduisant car l’on s’y procure des reproductions bien faites et de qualité pour pas cher. Vu le prix des vidéos, des cd, et de l’habillement en France, je verrai bien nos marchés égayés par la présence de quelques vendeurs de contrefaçon thaïe ! Du moment qu’ils ne se mettent pas à contrefaire notre bonne vieille cuisine... Moi je dis pourquoi pas ?

Pour apprécier Bangkok il faut pouvoir rester insensibles aux bruits incessant et aux mauvaises odeurs. En effet Bangkok est une symphonie de bruits de motocyclettes et de marteau piqueur, un véritable vacarme de bus et de river taxis… Aux effluves de jasmins échappes des stands des commerçants de la rue se substituent les émanations nauséabondes des égouts béants et omniprésents. Rester insensible à cela n’est pas chose aisée. Mais cela vient par habitude. Les Thaïlandais de la Cité des Anges semblent insensibles à ce bruit et à ces odeurs persistantes. Il est souvent impressionnant de voire les clients des cantines de rue, imperturbables, nullement gênés par cette lourde ambiance. Ils conversent sereinement dans la cacophonie des alentours et dégustent leur menu dans les nuages de fumée des pots d’échappement, dans les relents des égouts, des canaux… Et restent “Zen” !
Mais la Cité des Anges sait parfaitement être élégante et raffinée à certains moments et à certains endroits.

Il est tout a fait possible d’entendre le chant des oiseaux à Bangkok. Poumon de la ville, le parc Lumphini est le plus grand et le plus populaire des parcs publics de Bangkok. Un peu à la façon des grands espaces verts des villes américaines, Lumphini se loge au milieu des tours des immeubles d’affaires. Symbole de quiétude et de bien être Lumphini vous transporte a l’écart des vrombissements et du trafic. Autour du lac De nombreux promeneurs et joggeurs sillonnent les voies entre verdure et palmeraies. Des contemplatifs rêvassent sur les bancs aux cotés des artistes peintres appliqués à dompter les couleurs du cadre verdoyant dans lequel siestent les plus insouciants. Sur le lac quelques barques et pédalos d’où s’échappent un léger clapotis.
Et puis partout des imperturbables chassent les démons du stress et tentent de capter les énergies positives par des mouvements de gymnastique chinoise. Dès 4h 30 du matin on aperçoit les ombres gracieuses des adeptes du Tai Chi Chuan hanter le parc.


Dès la tombée de la nuit, Bangkok revêt sa robe de soirée. La Cité des Anges se transforme chaque soir. Les Anges ici ne dorment jamais. Les nuits sont toujours chaudes à Bangkok ! Et ce malgré les dernières mesures prises par le gouvernement très conservateur et moral du Premier Ministre Taksin : fermeture des bars et boites à 1h 30 du matin, contrôle de l’âge, de la carte d’identité, et parfois contrôle anti-drogue. Aucun lieu ne semble échapper à cette règle. Mais il s’agit d’un conservatisme de façade car il ne faudrait pas non plus trop gêner l’industrie du sexe, très lucrative. Que protégent même certains policiers.
Perpendiculaire à Silom,l’une des rue les plus importantes du quartier des affaires de Bangkok, Patpong est un lieu incontournable de sortie. Si l’on s’imagine qu’il ne s’agit que d’un lieu de sortie pour les Farangs, les étrangers blancs de passage à Bangkok, Moi j’y ai vu plus de clients asiatiques. Si beaucoup pensent que la prostitution en Thaïlande ou dans le sud est asiatique est présente à cause du touriste blanc, c’est faux. Il faut savoir que plus de 70% des consommateurs de sexe sont asiatiques en commençant par les Thaïs eux mêmes !
Ah Patpong la canaille ! Mondialement connue, la célèbre rue s’est bien calmée. Certes les bars à gogo-dancers y prospèrent et fleurissent même les uns à coté des autres mais le lieu est plus devenu un site touristique qu’autre chose. De nombreux touristes s’y rendent pour voir par curiosité, mais ne consomment pas.
En journée, point d’activité. Patpong est une petite soi calme qui récupère de sa nuit agitée. Puis lorsque le soleil faiblit au bout de Silom road, la vie semble a nouveau s’exalter. Les stands des commerçants se reconstruisent pour que renaisse, à la nuit, le célèbre marché de Patpong. Les vendeurs disposent avec art de faux sacs Vuitton, faux porte-monnaie Gucci, fausses Reebok, fausses Rolex, faux T-shirt Diesel, fausses lunettes Chanel, CD et DVD pirates… Alors commence un défilé entre les étals dans une joyeuse mixité. Car en matière de contrefaçon, tout comme en matière de prostitution d’ailleurs, les Thaïs sont les premiers consommateurs !
De part et d’autre du marché, se déroulent des plus sages aux pires dépravations d’une manière à peine dissimulée. Le racolage y prend même une dimension industrielle. Les rabatteurs nombreux, tendent des “menus” sans équivoque. Mais à l’intérieur, le spectacle est en général désolant. Rien de très excitant chez ses filles au visage impassible, sans âme, et au corps dénudé, numéroté, et qui s’accrochent sans grâce à une rampe dans un bar généralement vide…
Mais Patpong ce n’est pas seulement ça. La rue possède des bars ou les couples sont les biens venues, des pubs animés par des “live-bands”, des discothèques ou l’industrie du sexe n’a pas encore tout envahie. Finalement on peut sans problème venir s’amuser et passer une très bonne soirée dans le quartier de Patpong et passer outre la prostitution, les “ping-pong show et autre spectacle de prostituées !


Bangkok et ses soirées folles


A plusieurs stations de Sky-Train de Patpong, se déroule la longue avenue de Sukhummvit. Thanon Sukhummvit : un autre lieu qui ne dors jamais. Ici on trouve de tout. Située dans le quartier le plus moderne de la capitale, Sukhummvit road est parsemée d’hôtels en tout genre, de restaurants de tous pays, de centre de fitness, de bars, de pubs, de disco pour tous les goûts et toutes les classes sociales. A Sukhummvit on peut passer du bar à “putes” glauque et désert au club branché et fréquenté par la haute société Thaï et les touristes les plus fortunés. Tout se mélange là-bas. Des restos ultra-chics font face aux échoppes de rue, des centres de shopping des plus modernes auxquels s’accoudent de petits marchés de rue où tout se vend. Bien évidemment on retrouve aussi la prostitution. “Nana Plazza” est une sorte de "Patpong bis" avec le même genre de gogo bar et de spectacles. Bref impossible de s’ennuyer la nuit à Bangkok. La Cité et ses Anges sauront vous retenir jusqu’au petit matin. Même les descentes de police ne réussissent pas à gâcher la fête. Bangkok ne veut pas se coucher, et quand les discothèques s’éteignent, à l’heure réglementaire, Des appartements privés ou des clubs underground continuent d’héberger la fête !

Jah, Arceeya, Taku, December et moi dans un Karaoke de la capitale


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Suite de l'aventure : Malaisie