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Dimanche 1er août : Sofia
Le vieux bus macédonien dans lequel j’ai pris place à Skopje arrive enfin à Sofia ! Impossible d’y dormir ! Entre les vibrations, les sièges qui ne tiennent plus et la chaleur étouffante je préfère taper la causette avec un jeune roumain, danseur de ballet. N’empêche ce bus doit avoir 25 ans au moins! De nombreux autocars d’Europe occidentale qui ne sont plus aux normes ou tout simplement trop vieux pour servir chez nous finissent leur vie dans les pays de l’est.
La capitale de la Bulgarie s’étend à mes pieds. Je traverse le pont aux lions (ici c’est un peu le Pigalle bulgare avec prostituées, travestis, bar peep show et strip-tease en tout genre) puis remonte le boulevard Vitosha, une des avenues principales de la ville, qui mène au centre ville. Une mosquée me rappelle le passé de Sofia. Sachons que la Bulgarie n’est bulgare que depuis 1877 date à laquelle les Turcs se sont retirés ! Puis c’est au tour de la statue de Sofia de m’accueillir, majestueuse, le point brandissant. Me voila au centre....
Sofia, Sofia ! Un beau prénom pour une si belle ville. Construite à 550 m d’altitude( c’est la 2eme plus haute capitale de l’Europe après Madrid) au pied de la montagne Vitocha, Sofia est en pleine évolution. Ce n’est ni Prague ni Budapest mais la cousine des Balkans à la devise bien sage : ''grandir, sans vieillir''. Pourtant c’est ici que se joue l’avenir des Bulgares, dans ce décor invraisemblable d’immeubles néo-classiques du début du XX ème siècle ou staliniens des années 50, des façades austro-hongroises splendides et oubliées, de tramways jaunes, de bulbes dorées, des églises Russes, des statues triomphales, et des places en dalles... jaunes encore. Ne cherchez pas le Danube, il ne coule pas à Sofia. En revanche la ville est réputée depuis l’antiquité pour ses sources thermales.
Je dors à l’hôtel Sofia, rue Pozitano, non loin de l’imposant hôtel Sheraton, l’un des plus luxueux de la ville. Pour moi c’est la meilleure adresse. On y dort à 5 ou 6 dans de petites chambres et ce n’est pas cher.
Mais l’avantage de l’hôtel Sofia, c’est que l’on y rencontre du monde, des voyageurs de tout type et de tout horizon. Une espèce d’Auberge espagnole me direz vous ! Du coup on y échange informations, expériences, vécus, etc.
Dormir à l’hôtel Sofia c'est un peu comme entrer dans une petite famille et se faire des compagnons de visites se fait tout naturellement.
Je rencontre Sylvia, une italienne, Cremena une bulgare, Yoann un Belge, 2 hollandais et je retrouve Laurent le francais croisé à Kalambaka en Grèce. Le soir, tout le monde se retrouve autour d’un repas, d’une bière... la soirée s’organise !
Devant la cathédrale de Sofia avec Sylvia
Ah, que je suis bien à Sofia ! Pourtant la route m’attend... L’Asie m’attend. Mais chut... La route c’est pour plus tard ! D’abord allons dîner (entre 6 et 15 leva, 3 et 7.5 euros pour une entrée, un plat et un dessert), puis allons boire une bière (1.20 leva soit 0.60 euro la 0.5l). Ensuite laissons nous tenter par un pti ciné (5leva, 2.5 euros), pour finir la soirée dans un fauteuil des nombreux bars de la capitale en dégustant une des différentes sortes de vodka (entre 0.8 et 2 leva soit 0.40 et 1 euro). Ah, j’allais oublier, sur le chemin du retour arrêtons nous et dégustons une glace (1.75 leva, 0.90 euro). Les glaces bulgares sont absolument démentes. Les meilleures glaces au monde, j’ose le dire ! Quoi de plus normal dans le pays où l’on fabrique les meilleurs yaourts ! Oh, oui, la route c’est pour plus tard...
Jeudi 5 août : Montagnes du Pirin
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J’ai repris mes occupations de routard ! Me voila à Bansko, un sympathique village au pied du massif du Pirin, l’un des joyaux sauvages de Bulgarie.
Une ruelle à Bansko
Le village est très animé. Il se prépare ici un festival de jazz réputé.
Demain je partirai pour une rando de 4 jours dans ce parc national classé au Patrimoine mondial de l’UNESCO.
Floc, floc, floc. It's raining man ! Je marche depuis 2h 30 sous une pluie battante avec bobislav un bulgare. Même la forêt épaisse ne nous protége pas. Vite, vite, vite, nous arrivons au refuge Banderica à quelques 1800m d’altitude, trempés et glacés. Ne vous attendez pas à un petit refuge de bois ou de tôle comme dans nos montagnes, Banderica est un grand bâtiment blanc et froid de trois étages. On dirait plutôt un bâtiment de colonie de vacances. Cela n’empêche pas les toilettes d’être à l’extérieur ! Nous partageons le dortoir avec Georgi et Yanko 2 autres bulgares, la trentaine.
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Dans le refuge Banderica avec mes 3 amis bulgares
Samedi 7 Août :
Le mauvais temps persiste et nous empêche de partir. Me voila coincé dans ce refuge avec mes trois potes bulgares.Que puis je bien faire sinon les écouter converser entre eux et tenter d’y comprendre quelque chose ! C’est pas gagné ! Pourtant il parait que j’ai une très bonne prononciation. Mais que voulez vous comprendre dans un pays où les gens secouent la tête horizontalement pour dire oui et verticalement pour dire non. C’est l’inverse de ce que nous faisons ! Mieux vaut être au courant sinon bonjour les confusions et les mésententes. N’empêche c’est le seul pays au monde à faire cela et je n’ai toujours pas trouvé pourquoi ! Dès que la pluie cesse, nous en profitons pour mettre le nez dehors. La forêt est magnifique, sauvage et inexploitée. Les arbres y sont particulièrement grands. J’y découvre des senteurs végétales inconnues. On se gave de fraises des bois !
Les nuages jouent à cache-cache avec les sapins. Nous rentrons au refuge juste avant l’orage... La, un groupe de bulgares déjà bien imbibé, enchaîne des chansons populaires à vive voix et en bourrinant sur des tambours.
Parfois des courageux s’en vont danser sous la pluie... Oui, oui le bulgare est fêtard m’a t'on dit !
Dimanche 8 Août :
5h du mat. des étoiles dans le ciel... C’est bon nous pouvons enfin continuer notre marche.

Dans l'une des nombreuses grottes du massif
Bobislav, Yanko,Georgi et moi, partons à l’assaut du mont Vihren, le sommet culminant des montagnes du pirin avec 2907m. L’ascension au petit matin est superbe.
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Le massif du Pirin
En plein effort!
Un peu de repos ...
Lorsque nous sortons de la forêt, le paysage s’élargit et les sommets apparaissent. Vers 10h30 j’atteins le sommet par la face Nord en compagnie de Yanko. Joyeux anniversaire Papa
Au sommet du mont Vihren 2907 m

Vue des montagnes Rila
La vue est superbe. on aperçoit les montagnes Rila toutes proches, les Rhodopes et la Stara planina plus au Nord. Mais la joie est de courte durée. Les nuages arrivent tels des Formules 1 et le temps de redescendre du col, nous sommes plongés dans un brouillard dense. Je n’y vois pas à 10m. Pourtant il nous faut franchir le délicat passage du ''koncetto'', une crête aux flancs abrupts. De temps en temps les nuages remontent et l’on aperçoit de sublimes vallées aux contreforts abruptes et vides de toute construction humaine. Des ours et des loups y survivent encore. Trois sommets à passer en longeant la crête (le Banski suhodol, le Bajuvi dupki, le Kamenitica) avant de finir la rando par une longue et fatigante descente. Arrivés au refuge Javorov mes amis bulgares sont plus qu’heureux. Ils viennent de réaliser leur Mont Blanc national ! Nous partageons un repas. Un dîner simple mais tellement joyeux. Du pain, des tomates, du fromage, du saucisson, de la lutenitsa (un mélange de purée de tomate et de purée de poivrons avec des épices), et bien évidemment une petite Pirinsko Pivo, la bière de la région.
Mardi 10 août : Melnik
J’atteins enfin Melnik le plus petit village de Bulgarie, de l’autre coté de la chaîne du Pirin.
Wouaw ! Quand on arrive ici, on a qu’une envie : se laisser vivre.
''Un jour, dieu convoqua, tôt le matin, tous les responsables afin de leur distribuer les pays. Mais le Bulgare n'était pas matinal et arriva bon dernier. Dieu avait tout distribué, mais comme il ne voulait pas que le Bulgare rentre bredouille, il lui donna un morceau de paradis !'' Melnik fait partit de ce petit paradis bulgare. Niché dans un paysage surprenant de monticules calcaires sculptés par l'eau et le vent, ce village-musée est un endroit où il y est bon d’y boire du vin, d’y manger des spécialités culinaires et de contempler ces pyramides calcaires changer de couleur.
Melnik fut un lieu très vivant et réputé vers la fin du XIXeme siècle et le vin de la région s’exportait loin depuis le port de Kavala en Grèce. Melnik était alors un endroit de villégiature de riches commerçants et aristocrates. De très belles maisons y subsistent encore.
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Maisons typiques de Melnik
Je quitte la vieille maison familiale de la charmante Gergana Uzunova sur les hauteurs de Melnik une bouteille de vin à la main.
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Une des nombreuses caves à vin du village
Direction Sofia en compagnie de Maya. Nous faisons du stop. Arrivés à Sofia dans la soirée, Maya me cuisine une ban itsa dans son petit appartement de banlieue.
Vue sur Sofia de l'appartement de Maya
Demain je prendrais la direction de Veliko Turnovo.
Jeudi 12 août : Veliko Turnovo
''Quand je regarde cette cité invraisemblable, impossible, j'ai le sentiment d'avoir une vision qui leurre les yeux'' Ivan Vazov.
En effet Veliko Tarnovo me surprend. Nichée dans un cadre naturel très particulier, au nord de la chaîne de montagne appelée Sara Planina (les vieilles montagnes), la ville est construite sur les rives de la rivière Iantra qui ý décrit 7 méandres. Veliko Turnovo est encaissée dans cet amphithéâtre de moyennes montagnes vertes et boisées. Ici les maisons sont suspendues dans le vide et s étagent pelle mêle les unes sur les autres, des rues enlacées par la colline se dispersant en labyrinthe. Et puis il y a la présence de cet incroyable bastion du Tsaverets, capitale du 2ème royaume bulgare entre 1185 et 1393.
Forteresse de Tsaverets
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Une rue de Veliko Turnovo
Maisons accrochées à la falaise
Samedi 14 août : Plovdiv
La deuxième plus grande ville de Bulgarie et peut être ma préférée... Faut dire que Plovdiv développe des atouts ! Située aux pieds des montagnes des Rhodopes sur la route de l’orient (Lamartine y passa lors de son voyage en orient) cette ville est devenue un grand carrefour commercial très dynamique. Mais elle a également su préserver son passé et la vieille ville qui s'articule sur l’une des 5 collines qui entourent Plovdiv possède un charme réel. Des petites ruelles pavées serpentent entre des maisons traditionnelles absolument superbes construites de pierres et de bois. On y trouve même un amphithéâtre romain d’où l’on jouit d'une vue sur la ville moderne. Un endroit calme, sans voiture en plein coeur de la ville. Plus bas, l’ambiance est tout autre lorsque l’on emprunte la rue piétonne principale qui relie le grand casino à la mosquée. L’avenue est bourrée de boutiques de fringues, cafés et autres bars fashyons. A la tombée de la nuit il ne faut pas manquer le spectacle qu’offrent les jeunes filles de la ville ! Les plus belles filles de Plovdiv défilent plus sexy les unes que les autres. Alors je m’assois, commande une bière ou un rakia et observe le va et vient de ces starlettes d’un soir !!!
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Amphithéatre de Plovdiv
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rue de Plovdiv
Avenue principale de Plovdiv
Dimanche 15 août : Monastère de Batchkovo, montagnes des Rhodopes
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Avec Nicolas, Julien et Amélie, des français rencontrés à Plovdiv, j'arrive au monastère de Batchkovo. Après Celui de Rila, Batchkovo est l’un des plus célèbre de Bulgarie. Il est merveilleusement bien situé (comme la plupart des monastères d ailleurs!!!) aux confins d’une vallée paisible dans un écrin de verdure.
Aujourd’hui se prépare une grande fête gitane. Afin d’honorer la sainte vierge, tous les gitans des environs et du pays se sont donnés rendez vous dans la vallée. Après une grande procession, les berges de la rivière sont envahies par différentes familles pour un grand pic nique. Le chemin menant aux portes du monastère est innondé par les passants. Les artisans et commerçants du coin ont saisi l’occasion et déballent leur attirail : poteries, sculptures sur bois, dentelles, produits fermiers... Partout les kebabchichs cuisent sur des grills à même la rue et dégagent une odeur qui retourne les papilles ! Sur une petite place, un orchestre et quelques danseurs stigmatise la foule : Des rythmes orientaux entraînant un mélange d’influences slaves et turques, une mélodie saoulante, on se laisse emporter...
Le soir tombant la foule déserte les lieux laissant derrière elle des tas de détritus. L'endroit retrouve son calme habituel. Avec mes compagnons nous tentons de trouver un endroit dans la montagne pour y passer la nuit. Mais de l’autre coté de la rivière une musique atypique brise la sérénité du site. La fête n’est elle pas réellement finie ? Nous décidons d’aller voir se qui s'y passe. Dans l'obscurité, nous traversons plusieurs terrains vagues, boueux à souhait. Arrivés sur les lieux, c'est l'effarement complet. Un semi remorque est planté là entre deux gros arbres. Des personnes y dorment sur des matelas. Je me demande d'ailleurs comment elles peuvent dormir, tellement la musique que crachent les deux enceintes est forte. Le son sature. On ne s’entend plus parler. La musique aussi est irréelle. Une guitariste s' éxite sur sa guitare électrique et un autre musicien suit au synthé. Ils improvisent une mélodie hors du commun entre musique gypsi et musique de dessin animé le tout sur un son assourdissant !!!
Une grande table est déployée sous une tente. 7 personnes y sont attablées la mine blafarde, l’air ennuyé. De temps en temps un sourire se dessine sur leur visage aux clowneries d’un de leur ami. Le bide à l'air, John, gitan de métier s’éclate sur la musique et exécute des mouvements de bassins provocants. Il nous invite à partager leur table. Au menu : une chèvre farcie au riz !!! Estomacs sensibles accrochez vous !!! Je ne me souviens pas dans ma vie avoir manger qqch. d’aussi gras. Les abats sont mélangés au riz et la chèvre a été cuite tel quel sous un feu de bois. Heureusement les gorgées de bière ou de rakia font glisser le tout plus facilement ! L'ambiance aidant, avec l’hospitalité de nos nouveaux amis gitans, nous nous laissons aller, oubliant tous les mauvais préjugés qui circulent au sujet de ce peuple. Nous voilà dansant avec John le sourire jusqu' aux oreilles... Moments inoubliables !!!
Sous la tente avec nos amis les gitans
Mardi 17 août : Sozopole, côte de la mer noire
Je me décide de me diriger vers la mer noire avec Nicolas. Un dernier Brassens à la gratte et nous voilà transportés à Sozopole, un joli petit bourg situé à 30 Kms au sud de Burgas, station balnéaire de la côte de la mer noire.
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Coucher du soleil à Sozopole
Sozopole est divisée en une nouvelle et une vieille ville. Entre les deux : la plage.
Sur la plage à Sozopole
La vieille ville est construite sur une avancée rocheuse qui domine la mer. On y trouve de superbes maisons anciennes toutes en bois. Mais une grande partie du charme de ce village est gâché par la surexploitation touristique du lieu. Partout des échoppes vendant tout et n’importe quoi. Il n y a plus rien de traditionnel.
Impossible de ne pas tester la nuit bulgare. Quelques bars et discothèques le long du port et dans la nouvelle ville. Rien de très dépaysant. C’est comme chez nous. On y trouve les derniers tubes mondiaux et européens mais également quelques hits complètement dépassés chez nous et qui me font bien sourire. Bref si vous vous rappelez de Snap, Dr Alban, Ace of Base, gun s N roses ?
Mercredi 18 août : Nessebar, côte de la mer noireJe m'en vais pour Nessebar.
Nessebar est un superbe village, comme Sozopole avec autant de touristes. La vieille ville, avec ses maisons anciennes, une dizaine d’églises byzantines, des ruelles pavées pittoresques, est construite sur un petit îlot rattaché à la côte. L’endroit reste agréable malgré les touristes et les mêmes boutiques souvenirs complètement hors sujet. Et puis la aussi, il y a les filles qui vous réduisent la vision !!! Ah les filles bulgares....
Profitons en !!! Dans deux jours je serais à Istanbul, un autre monde encore...
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La vieille ville de Nessabar