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Mardi 21 septembre 2004 : Delhi, Inde
La semaine à Istanbul en compagnie de maman m’a remis d’aplomb pour la suite de mon voyage.
Istanbul - Bahreïn - Muscat (sultanat d Oman) - Delhi
A l’aéroport de Delhi, je rencontre Ian, un américain, Seiji, un japonais et Friederick un autrichien. Lorsque nous quittons l’aéroport une moiteur chaude difficile à respirer nous envahit.
"Un taxi pour Paharganj s'il vous plait".
Paharganj est le quartier de Delhi où se trouve "Main bazaar", près de la gare ferroviaire de New Delhi. C'est ici que sont rassemblés les hôtels très bon marché de la ville. Nous décidons de nous y installer.
rickshaws dans une rue de Delhi
Comment oublier mes premiers pas en Inde ? On m'avait pourtant prévenu : "L’Inde est choquante !". Mais je ne m’attendais pas à une telle bouffée d’émotions !
Autant quand vous arrivez à Istanbul, vous ne pensez qu’à vous relaxer dans un des nombreux jardins à thé de la ville, ici à Paharganj, vous débarquez dans le chaos ! Je voulais fuir, me cacher, trouver une chambre au plus vite, tourner la clé et respirer ! Où ai je atterri ? Je suis mitraillé de nouvelles sensations ! Tout va à 100 à l’heure dans "Main bazaar". Happé par la foule, je tente de me frayer un passage entre les rickshaws, les vaches, les chiens errants et les charrettes ambulantes. A coup de klaxon, dans un parfait désordre, pousseurs, tireurs, vendeurs, auto rickshaws vous mettent les nerfs à vif. J'ai l'impression que les gens autour de moi sont devenus fous. Et tous les 5 mètres ces vendeurs qui vous interpellent, vous suivent et ne vous lâchent plus... Mais où ai-je atterri ? Peut être le pire endroit où mettre les pieds la première fois en Inde !
Paharganj c'est une rue défoncée bordée d'immeubles décrépis se chevauchant dans une géométrie parfaitement irrégulière. Des câbles électriques et téléphoniques se tendent pêle-mêle de part et d’autre de la chaussée. D’innombrables pancartes publicitaires décorent les façades des immeubles. Une succession de misérables taudis sombres et sales. Et toute la rue est couverte d’échoppes en tout genre : bric à brac, gadgets, textiles, artisanat, bijoux, cuir, huiles, encens, mais aussi d’innombrables petits restos, cybers cafés et hôtels pour routards.
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..........................Main Bazaar, Paharganj
Comment oublier mon premier pas à Delhi ? Comment oublier cette pauvreté qui jonche les rues de la capitale ?
Ces hommes étalés par terre au milieu des ordures, ces enfants nus et crasseux, cette jeune fille un bébé dans les bras vous demandant de l’aide en vous attrapant le bras, tous ces infirmes et mutilés, le visage de cet homme drogué par le hash, le regard sans espoir de ces squatteurs fouillant les poubelles ou cet homme couché sur le coté ne sentant même plus les mouches posées sur ses plaies, tous resterons gravés dans ma mémoire. Je m’étais préparé à une telle pauvreté et l’Afrique m’en avait montrée beaucoup, mais quand on s’y trouve confronté le même choc se produit toujours.
Et comment ne pas me souvenir de ces odeurs ? A l’air lourd et humide se mélange le parfum enivrant des encens, du musc, et de la cuisine de rue, à celui des ordures, de la transpiration et des gaz d’échappement. Des effluves inconnus vous arrivent. Elles vous attirent, vous repoussent, vous transportent...
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Photos instantanées dans "Main Bazaar"
Nous trouvons un hôtel pour à peine plus d’un euro par personne. Je ferme la porte de la chambre. Ouf ! Je respire. Une chambre sombre et sinistre où seul un grand ventilateur sur le point de s’écrouler rompt le silence. Je m’assoie sur le lit abasourdi. En à peine 10 minutes, je viens de perdre tous mes repères. Me voila plongé dans l’inconnu. Me voila sans ma boussole habituelle. L’inconnu fait peur. Tout ce qui est nouveau, inhabituel effraie. Mais c’est ce que l’on recherche dans le voyage. Changer son regard d’occidental conditionné. Frotter son esprit à ce que l’on ignore, ce qui nous est inconnu. C’est exactement cela l’aventure en voyage. Le seul danger que l’on court c’est d’être surpris au point d’en avoir peur. C’est ce qui se produit à Paharganj. Une stimulation permanente et nouvelle si intense qu’elle effraie ! Le choc des cultures ! Mon monde à moi est si loin. Il me faut quelques jours pour m’adapter. Le même choc s’est produit chez mes compagnons. Je me souviens de leurs regards ébahis se demandant ce qui se passait. Mais quoi de plus excitant que d’être surpris à chaque coin de rue ? Le temps de reprendre mes esprits et de partager mes impressions avec Ian, Seiji et Friederick qu’une irrésistible envie me prend de retourner dans la folie de Main bazaar. Comment résister à l’appel de nouvelles expériences ?
Je sors de l’hôtel... Impossible... Impensable... Un éléphant me passe sous le nez! Son dresseur, haut perché, me lance un "yes, yes, mister. Do you want to try ?". Je ne rêve pas. En plein Paharganj, le pachyderme avance nonchalamment évitant tant que possible les gens et les rickshaws ! Un éléphant à Delhi ? Le subcontinent indien semble me réserver bien des surprises ! En attendant j’estime que l’expérience pachyderme sera pour plus tard !!!
10 minutes plus tard, un homme coiffé d’un turban sikh se rapproche muni d’un panier en osier et me demande : "Cobra, cobra ?". Je ne comprend pas et poursuit mon chemin. Mais l’homme dépose le panier, s’accroupit devant moi, sort une flutte et se met à jouer. Un cobra se dresse alors hors du panier hypnotisé par le son de l’instrument. Bienvenue en Inde ! Finalement faire son premier pas à Paharganj n’est pas si mal que ça. C’est peut être même la meilleure chose à faire si l’on veut être directement plongé dans l’incroyable folie de l’Inde. Déjà, je n’ai qu’une envie : en voir encore !
Avec Friederick et 2 indiens dans Chowdni chawk(Old delhi)
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..............Lodi Garden........................................Jama Masjid
Mais Delhi ce n’est pas que Paharganj. Si beaucoup de personnes considèrent ce quartier comme mal famé, la ville présente des ambiances plus paisibles. New Delhi possède un visage bien différent de Paharganj. De larges avenues pour la plupart embouteillées dès 8h du mat, des carrefours décorés de palmiers et autres plantes tropicales, vous mènent aux quartiers résidentiels ou d’affaires.
Old Delhi, la vieille ville, bouillonnante tant par la circulation que par la population se dresse au nord de Connaught Place le point central de la ville. C’est aux bords de la Yamunâ qu’est édifié le Red fort dont les murailles de grès rouge s’étirent sur 2 kms. La plus grande mosquée d’Inde la belle Jama Mas Hid fait aussi parti des trésors d’Old Delhi, sans oublier les nombreux temples indous disséminés un peu partout dans l’agglomération.
..................Humayun's Tomb
..............Red Fort (Old Delhi)"Auto rickshaws grand prix"
"Djisus !" voilà l'unique mot sortant de la bouche de Ian après notre tour en auto rickshaw en plein Delhi. Un auto rickshaw est un triporteur bruyant doté d’un moteur à deux temps, d’un chauffeur à l’avant et de deux places ou plus à l’arrière. Il n' y a pas de portières, juste une capote de toile.
Attachez votre ceinture (même s’il n’ y en a pas !!!), je vous emmène faire une petite balade dans le trafic de Delhi.
Inutile de perdre son temps à choisir le bon Rickshaw-wallah (chauffeur de rickshaw). Ils sont tous un peu fango dans l’âme. "behhhhhhhhhh behhhhhhhhhhhhhh" ou "rrrrrrrmmmmmm rrrrrrmmmmmm" en fonction de l’état du véhicule, notre chauffeur se faufile entre les voitures tel un casse cou. On n’entend que le bruit assourdissant du moteur. La circulation est infernale : une hallucinante mixture de métal et de corps humains changeant continuellement de forme. Ca part dans toutes les directions, dans tous les sens. Ca s’approche, ça s’éloigne, on frôle sans cesse l’accident et les accrochages sont fréquents ! La petitesse des roues et la rudesse de la suspension rendent les autos rickshaws particulièrement inconfortables et il n’est pas rare de littéralement décoller du siège. Notre Rickshaw-wallah semble ailleurs. Il se croit dans un jeu vidéo qui aurait pour nom "auto rickshaw grand prix" ! Cramponné au guidon, les yeux grands ouverts, ultra nerveux, tout le temps à fond… A l’arrière on s’agrippe à l’armature en fer de la capote déjà bien déchirée.
"Djisus". J’ai l’impression que chaque instant est le dernier. Nous zigzaguons entre les bus jaunes, vert citron, ultra bondés, élancés tel des kamikazes et freinant toujours au dernier moment. Nous arrivons à hauteur des roues. Comment le conducteur peut- il nous voir ? A cela s’ajoutent les énormes trucks et camions joliment décorés et colorés de pendentifs, colliers, médailles, bannières lumineuses et fanions. Leur conduite peut se résumer à : "dégagez, j’arrive !!!". Au feu rouge, dans notre petit auto rickshaw nous sommes à la hauteur des pots d’échappement. Mais respirer les gaz d’échappement et se prendre en pleine face une fumée noire et épaisse fait parti du jeu.
Une "ambassador", mi Rolls Royce, mi tank soviétique, nous dépasse avec classe et distinction. La musique d '"auto rickshaw grand prix" est un horrible et épuisant arrangement de symphonies de klaxons, de freinages assourdissant en "rrrriiiiiiii mineur", de chorales de moteurs et de vibrations métalliques en guise de percutions. A l’arrière des bus et des trucks, il n' y a pas écrit le sympathique message "bébé à bord" ou "gardez vos distances". Non. Ici il est écrit "Horn, please" (klaxonnez s’il vous plait) !!! cela vous donne une idée de l’ambiance sur la chaussée. Une main sur le klaxon et l’autre sur le volant, voilà la position de base du conducteur indien. La première leçon de conduite étant : "le klaxonnage"
Ensuite il y a cet enchevêtrement incroyable de piétons, de charrettes, de vélos, de motos, de scooters et de vaches qu’il faut éviter si on peut. C’est la qu’on se rend compte qu il vaut mieux circuler en auto rickshaws qu’à pieds ou en deux roues. Un type a tenté de traverser la chaussée au mauvais moment et se retrouve coincé au milieu. Il ne peut ni avancer ni reculer. Mais l’homme voit un bus arriver vers lui et recule. Nous arrivons lancés, notre chauffeur klaxonne mais il est trop tard et nous heurtons l’arrière train du malheureux passant. Heureusement plus de peur que de mal !
Pour finir il y a ces familles suicidaires en moto ou scooter sans casque bien évidemment. Le père aux commandes et à l’arrière la femme est assise en biais les deux jambes du même coté, agrippant le mari d’un bras et portant son bébé de l’autre. Parfois un gamin est encore recroquevillé entre les genoux du père. Il faut le voir pour le croire.
"Djisus". L’auto rickshaw s’arrête, le jeu est fini. Vous filez les 30 rupees à votre chauffeur en espérant plus jamais le croiser sur la route et vous remerciez le ciel d’être encore en vie !!!
24 septembre 2004 : Voyage de Delhi au camp de base du Nanda Kot (4600m) dans l'himalaya. Uttaranchal, Inde.
Le train démarre. Je quitte Delhi. Plutôt content de partir de cette ville bouillonnante et irrespirable. J'ai complètement chamboulé mes plans. Je pensais prendre la direction du Sud et du Rajasthan. Mais la veille de mon départ, sirotant un mango lassi (Yaourt liquide mélangé à de la mangue), je m'arrête sur la carte de l'Inde. Je réalise à quel point je suis proche de l'Himalaya : une nuitée en train de Delhi. Alors je me revois à Strasbourg songeur devant ces images de vallées et de pics enneigés, ces histoires tragiques et ces épopées héroïques. Souvent je me disais : "un jour, j’irai..."
Avalant de travers mon lassi, je réalisai que j'étais entrain de passer à coté de ces montagnes qui m'ont tant fait rêver. Deux mois et demi d'aventures pour arriver ici à quelques centaines de kilomètres de l’Himalaya et ne pas m'y rendre. Suis-je devenu fou ? Comment ai je pu envisager cela ? Qu'est ce que j'attends pour aller titiller quelques cimes enneigées ?
Me voila donc dans le train non pas pour le sud mais en direction du nord. Avec Ian, nous nous rendons dans l'Uttaranchal, un petit état enclavé entre le Népal et le Tibet.
Dans le train de Delhi à Kathgodam (Uttaranchal)
Nainital : Nous arrivons à Nainital, une station climatique en bordure d'un charmant petit lac de montagne. Changement total de décors : l’air que je respire est frais et pur. Tout autour, des collines couvertes d'une intense végétation ceinturent la petite ville. Les pentes sont abruptes et s'enfoncent dans de profondes vallées. Mais partout la forêt est présente et de grands arbres peignent les paysages d'un vert profond. Je n'avais jamais vu de tels paysages et j'étais loin de penser que les contreforts himalayens ressemblaient à ces vallées encaissées et ces collines recouvertes d'une intense végétation. Aux bords de la route, des macaques rhésus saluent notre passage !
Composé des régions du Garhwal et du Kumaon (désignées sous l'appellation collective d' Uttarakhand, le pays du nord), l'Uttaranchal est coiffé de montagnes couvertes de neige entre lesquelles coulent certains des fleuves les plus sacrés de l'hindouisme. Le plus vénéré, le Gange, prend sa source à Gaumukh et serpente à travers les plaines du sud de l'état en traversant des centres de pèlerinages tel Rishikesh et surtout Haridwar. C'est pourquoi l'un des plus grands Yatra de l'Uttaranchal himalayen, le Char Dham, remonte aux sources spirituelles de la Yamuna, du Bhagirathi Guange, de la Mandakini et de l'Alaknanda.
L'Uttaranchal reste la région de l'Himalaya indien la moins visitée par les touristes.
Le lac de NAINITAL
La fête du Nanda Devi bat son plein à Nainital. Des centaines de fidèles se sont rendus en ville pour célébrer leur déesse dans un temple qui lui est dédié, aux bords du lac. Pour l’occasion un grand marché et une mini foire sont installés sur la place principale. Nous rencontrons un groupe de lycéens. Notre présence provoque un véritable enthousiasme et bientôt une vingtaine de jeunes nous encerclent. Chacun veut nous saluer, nous serrer la main, savoir d'où l'on vient, quels sont nos prénoms, comment l’on trouve leur pays... Un ballet de "namaste" (bonjour en Hindi) accompagne notre visite du marché. Des visages souriants et joyeux nous accueillent de toutes parts. Nous avons l'impression d'être les stars du village. L'un des jeunes, Yogesh, me prend la main comme le ferait un couple. Surpris par ce geste et ce comportement inhabituel je la retire rapidement. Mal à l'aise c'est l'incompréhension totale. Pourquoi m’a t’il pris la main de la sorte ? Plus tard, j'apprendrai qu'en Inde de nombreux hommes se tiennent par la main et se montre très affectueux en public sans que cela ne signifie quelconque homosexualité. Il s'agit d'une démonstration d'amitié communément admise !
La fête du Nanda Devi à Nainital
Almora : une autre station climatique au nord de Nainital.
Fondée en 1560 pour servir de capitale d’été aux Rajas Chand du Kumaon, cette pittoresque petite agglomération jouit de beaux panoramas sur les montagnes himalayennes. Mais les nuages gagnent la partie et nous n’apercevons aucun sommet enneigé.
Lors d’une promenade dans les environs d’Almora, nous nous arrêtons dans un minuscule village au milieu de la forêt. Deux simples bâtisses entourées de jardins et d’arbres fruitiers. Des femmes chassent les singes voleurs à coup de jet de pierres et de cris. Aron Bhan nous accueille et nous invite dans sa cour où il prépare le fameux dhal (purée de pois sec, de haricots ou plus souvent de lentilles). Nous faisons connaissance mais très rapidement il nous demande : "do you smoke ? Come with me, I show you…" Nous le suivons à l’écart des habitations. Et la devant nous, poussant sauvagement, des centaines et des centaines de plants de majejuana. De quoi faire quelques kilos de haschisch !!! Mais tout ceci reste plus ou moins légal. Le charas, comme ils l’appellent ici pousse naturellement dans les contreforts himalayens et représente même une plante sacrée pour les indous qui sont nombreux à la fumer. Les fameux saddhus que l’on trouve partout, ces hommes aux dreadlocks poussiéreux, à la barbe de 12 mois, accompagnent leur voyage spirituel de la fameuse plante.
Aron s’en va cueillir quelques plantes. Il veut nous montrer comment il extrait le chite de la plante. Accroupi, il roule légèrement entre ses mains les feuilles et les bulbes de la plante. Après une dizaine de minute une couche noire est restée fixée à ses mains. Il frotte alors énergiquement les mains l’une contre l’autre afin de décoller la matière noire et d’en former une boule. Et voila 2 grammes de chite…Le sourire jusqu' aux oreilles Aron s’en va chercher son cholam (sorte de long tube creux utilisé par les indous pour fumer le charas). Une dizaine de petites et rapides inspirations qui se terminent par une grande bouffée. Aron semble heureux de nous apprendre tout ça, et nous tend fièrement son cholam. En attendant le dhal se met à cramer dans la marmite ! Plus bas, des jeunes femmes remontent des champs portant sur leur dos d’énormes rouleaux de paille à l’aide d’un bandeau enroulé autour de leur tête. Ainsi va la vie dans ce coin de forêt des collines himalayennes.
..................La dernière née de la famille Bhan
Vers le glacier du Pindari : kausani, Baijnath, bageshwar, Kapkot, Song.
Comme un aimant, la montagne nous attire et nous nous enfonçons toujours plus dans les contreforts himalayens.
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.................................Ecoliers à KAUSANI
La montagne devient plus escarpée, moins accueillante. Puis le goudron disparaît, il faut emprunter des jeeps collectives. Nous effectuons des sauts de puce de village en village à bord de ces jeeps "Tata Sumo" ou "Maruti" au confort très relatif, toujours plein à craquer ! Bien souvent Ian et moi nous nous sommes retrouvés à faire le voyage sur le toit car 15 personnes occupaient déjà le véhicule ! Je vous laisse imaginer ce que peut donner 17 passagers dans une jeep "Tata Sumo". Parfois le chauffeur du véhicule est amené à conduire le corps à moitié à l’extérieur du 4x4 ! Je sais vous ne me croyez pas. C’est impensable ! Mais sachez qu’en Inde rien n’est impossible !
Perchés sur le toit, balancés dans tous les sens, gigotés à souhait, on se cramponne comme on peut aux armatures de la jeep. Dans chaque hameau que l’on traverse nous provoquons les fous rires des villageois. Quelle drôle de scène que de voir deux occidentaux accrochés sur le toit d’une jeep. Quel plaisir, autant de joie !
Les villages que nous traversons sont de plus en plus petits. Bientôt l’environnement devient trop rude et les jeeps n’ont plus accès. Pourtant les glaciers sont encore loin ! Il nous reste un peu plus de 50 bornes à parcourir à pieds pour atteindre la haute montagne. C’est décidé, nous partons pour un trek de 6 jours et quelques 120 Kms pour atteindre le glacier de Pindari à moins de 30 Kms de la frontière tibétaine.
Kilomètre après kilomètre les paysages deviennent plus rudes, les pentes s’inclinent à l’extrême, la forêt épaisse laisse place à une végétation plus alpine, le torrent se déchaîne, la vallée se ressert et la pluie se déverse. Perchés dans les arbres des entelles nous regardent passer. De village en village les biens et la nourriture se transportent à dos d’hommes ou à l’aide de chevaux ou d’ânes. Il n' y a plus d’électricité, la vie s’organise autour des dernières récoltes avant l’arrivée d’un rude hiver isolant la vallée pendant des mois !
Nous arrivons à près de 3350m d’altitude. Le glacier est la devant nous. Nous sommes plongés dans le brouillard le plus total. Nous ne voyons rien même pas le somptueux Nanda Khat (6611m) et Nanda Kot (6816m). Nous nous réfugions dans une cabane de pierres dans laquelle est allumé un feu bienfaiteur. Le moral est au plus bas. Tant d’efforts pour arriver la et ne rien voir. Nous restons silencieux, fatigués, la mine triste. Un vieil homme entre dans la cabane. C'est un saddhu. Il s’assoit à coté de nous, fait mine de nous bénir et allume son cholam. Au bout de 10 minutes, il brise le silence : "Tomorow good. Tomorow you paradize". Je n’ai pas envi de l’écouter. D' ailleurs qu’est ce qu’il raconte avec son paradis ! En voila un qui devrait arrêter de fumer.
....................................Un feu bienfaiteur
5 heures du mat. Pas un nuage dans le ciel. Le soleil se lève sur le Nanda Kaht et le Nanda Kot.
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...........Lever du soleil sur le Nanda KahtLe site est grandiose. Je repense aux paroles du saddhu. Sa prophétie s’est avérée juste. Je devrais peut être essayer le charras moi aussi ! Une succession de pics, d’aiguilles et de dômes enneigés aboutissant au chaos de pierres, de glace et de crevasses du grand glacier du Pindari. Long de 3 Kms et large de 365m, il couvre l’extrémité sud du Parc National du Nanda Devi. Nous grimpons au camp 1 du Nanda kot à quelques 4600m. A cette altitude nous marchons sur la glace. La vue est splendide. Les tours jumelles du Nanda Devi, le plus haut sommet situé entièrement en Inde, apparaissent au loin. Le Nanda Kot parait plus accessible ! Pourtant il se dresse encore à plus de 2200m au dessus de nos têtes. Ici c’est le royaume du léopard des neiges, animal mythique et mystique encore présent dans ces montagnes. Nous nous sommes bel et bien réveillés au paradis !
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......................Le Nanda Devi
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... Glacier du Pindari (à l'arrière le Nanda Devi)
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10 octobre 2004 : Haridwar, uttaranchal, Inde
Un long voyage est nécessaire pour revenir des glaciers du Kumaon à cette ville sacrée de 220 000 habitants dans l’ouest de l' uttaranchal. C’est sa position qui fait d' Haridwar l’une des villes les plus importantes de la religion indous. En effet l’agglomération se trouve à l’endroit où le Gange émerge de l' himalaya. C'est ici que le fleuve sacré quitte les montagnes et pénètre les plaines. Des milliers de pèlerins viennent ici se baigner dans le fleuve et faire des offrandes aux dieux dans les nombreux temples aux alentours. Le bain des croyants et cette foule amassée sur les ghats (marches ou palier donnant accès à la rivière) sont un spectacle impressionnant.
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Les pèlerins se tiennent aux chaînes fixées sur les marches du ghat pour ne pas être emporté par le courant. L’eau du Gange est ici transparente et glacée. Au crépuscule d’innombrables flammes vacillantes, offrandes confiées au fleuve se reflètent dans les eaux.
12 octobre 2004 : rishikesh, uttaranchal, Inde
Plus calme qu' Haridwar, Rishikesh est également une ville sainte de l’hindouisme. Elle aussi se situe au bord du Gange. Voila une ville sympa où il fait bon rester et se détendre quelques jours, s’initier aux différentes techniques du yoga dans des ashrams aux règles de conduites plus ou moins strictes, ou prendre des cours de médecine naturelle. Le tout dans un cadre reposant de collines verdoyantes et de plages sablées au bord du fleuve qu’est ici encore propre et claire. Mais la capitale mondiale du Yoga attire trop de visiteurs à mon goût. Tout ne semble tourner qu’autour de ce commerce.
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15 octobre 2004 : Vallée de Parvati, Himachal Pradesh, Inde
Je change d’état. Me voila dans l' Himachal Pradesh, un pays de sommets et de neige situé au sud du Cachemire. Ian doit me quitter car il n’a que deux mois et veut encore passer quelques temps dans le sud de l’Inde. Je me rends donc seul dans la vallée de Parvati. Une vallée sacrée pour les indous, une vallée sacrée pour les amoureux de paysages montagneux à couper le souffle. Mais aussi une vallée sacrée pour la majejuana ("l himalayan gold") qu’on y trouve ! La drogue a donc attiré beaucoup d’aventuriers intéressés par le charas très bon marché et facile à se procurer. La vallée de Parvati a ainsi acquis une mauvaise réputation, notamment après le meurtre et la disparition de plusieurs voyageurs. Entre 1996 et 2001, plus de 18 touristes étrangers ont disparu dans la vallée de Kullu et celle de Parvati. Jusqu' au meurtre horrible d’un allemand et de 2 espagnols en 2000, la police mettait ces disparitions sur le compte d’accidents de trekking. Mais il est fort probable que la drogue ait une part de responsabilité dans ces disparitions.
En ce qui me concerne je découvre une région paisible aux superbes paysages montagneux et aux habitants joyeux et accueillants. Je loge chez la famille Thakur dans une grande maison de bois sur les hauteurs du petit village de Jari.
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Randonnées, dégustation de thé, contemplation, séance de grimace pour amuser les petites filles de la famille et cours de cricket avec les garçons, occupent une grande partie de mes journées. Le soir un feu est allumé et on y fait griller les fameux kukulu (maïs). Le matin j’accompagne les enfants à l’école sur le sentier à flanc de montagne qu' ils empruntent joyeusement en chanson. Puis je vais me promener avec Parveen pour qu’il me raconte les dernières nouvelles de sa relation platonique avec Anoo, une fille dont il est follement amoureux. Il rêve d’une photo d’elle. Je pars donc à la recherche de la belle afin de lui ramener le fameux cliché…
Au cour de mes balades je rencontre des villageois privés d’électricité et vivant à plusieurs heures de marche de la route la plus proche. Des conditions de vie difficiles surtout en hiver, mais partout je suis accueilli avec la joie et le sourire des enfants. Des enfants aux cheveux crépus et emmêlés, au visage poussiéreux. Les femmes continuent inlassablement leurs travaux agricoles pénibles et lorsqu’ elles ont un moment de libre c’est des enfants qu’il faut s’occuper. Cela ne leur enlève en rien leur charme de princesse. Des princesses aux pieds boueux et abîmés mais qui possèdent une immense richesse : celle de vivre en paix et en harmonie avec la nature qui les entoure !
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22 octobre 2004 : Manali, Himachal Pradesh, Inde
Manali est un petit village aux maisons de pierres à l’extrémité nord de la vallée de Kullu. Il est aujourd'hui devenu la plus importante agglomération de la vallée à quelques 2050m d’altitude. Entouré de hautes montagnes, Manali ressemble à n' importe quelle station d’altitude moderne avec ses innombrables agences de voyages proposant trekking, raft, parapente, ski etc., ses marchés et ses boutiques.
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C’est aussi ici la spécialité du châle qu’il soit en laine, en angora ou pashmina. Et puis il y a des hordes de touristes indiens et occidentaux venus respirer un peu d’air pur et frais et fumer le charas !
La neige a bloqué l’accès aux autres vallées, fameuses pour leurs sentiers de trekking. Sans équipement la randonnée est difficile. Je quitte donc la ville sans remords après avoir regarde “Rambo III” en hindi.25 octobre 2004 : Mc Leod Ganj, Himachal Pradesh, Inde
Avec Paul un Anglais rencontré à Manali durant le visionnage de Rambo III, je me rends à Mc Leod Ganj une petite ville située sur les hauteurs de Dharamsala. La localité abrite le gouvernement tibétain en exil et la résidence de Sa Sainteté le 14ème Dalai Lama. En mai 1949, le nouveau gouvernement communiste chinois signa un traité étendant la souveraineté de la Chine sur le Tibet. Il partait du principe que les deux nations appartenaient à l’empire Mongol. La même année, l’armée chinoise du people marcha sur Lhasa, inaugurant une politique brutale qui fit non moins de 1,2 million de victimes tibétaines et envoya d’innombrables hommes en camp de travail. Depuis cette date quelques 90% des institutions religieuses de la nation tibétaine ont été détruites au nom de la révolution et toute opinion pro indépendance a été étouffée. Craignant pour sa vie et celle de son peuple, le chef spirituel du Tibet, Sa Sainteté le 14ème Dalai Lama, Tenzin Gyatso, prit en 1959 la décision de s’exiler. Depuis quelques 250 000 tibétains ont suivi ses traces et sont venus s’installer en Inde.
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Des moines Tibétains
Avec un jeune moine
Dès les premiers jours passés ici quelque chose me frappe. Je m’attendais à voir un camp de réfugiés d’une extrême pauvreté. Des Tibétains menant une vie des plus difficiles. Mais à Mc Leod Ganj ce sont les hindous qui font la manche. Des femmes et des enfants vivant dans les villages insalubres des environs et qui viennent ici demander quelques roupies aux touristes. La jeunesse tibétaine elle se porte bien, porte des tenues à l’occidentales, mange à sa faim. Les T.C.V. (Tibétan children village) créés spécialement pour accueillir tous ces jeunes fuyant leur pays possèdent de bonnes infrastructures des écoles fournies et des professeurs compétents. Le T.C.V. que je visite possède même un magnifique stade d'athlétisme avec une piste tracée et des gradins. Une compétition de relais a lieu lors de mon passage. Là j’observe des jeunes garçons et filles tibétains plein d’enthousiasme encourageant chacun son école. Plus incroyable encore la plupart porte des chaussures d’athlétisme et des tenues de sport modernes et des survêtements à l’effigie de leur école. De l’autre coté des milliers de parents indiens ne peuvent offrir de vêtements à leurs enfants.
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.................Un relais féminin...
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................. .Une jeune écolière
J’étais loin de m’imaginer ça d’un camp de réfugiés. D’où vient tout cet argent ? Un Tibétain me donne une réponse pertinente. Il m’explique que le peuple tibétain est devenu en quelque sorte les “réfugies chouchou” des nations occidentales. D’innombrables associations ont été créées en Europe et aux Etats Unis pour venir en aide aux tibétains. Les gens ont sans doute été touchés par ce peuple paisible et sans défense à qui l’on tente de prendre la dignité. D’importants fonds ont donc permis de créer des écoles, de payer des professeurs étrangers, et les dons semblent bien être arrivés. La générosité des gens envers le peuple tibétains semble donc bien porter ses fruits. D' ailleurs chaque année d innombrables touristes viennent à Mc Leod Ganj pour y rencontrer ce peuple et sa culture. Moi quelque chose me choque dans tout cela. On se passionne pour les arts, la religion, la culture tibétaine au point où Mc Leod Ganj ressemble plus à un grand super marché tibétain qu' à une ville de réfugiés. Les touristes se précipitent pour acheter quelques souvenirs “made in Tibet”. Mais j’ai l’impression que l’essentiel se perd. Le monde est entrain d’oublier d’où viennent réellement les tibétains. Le monde est entrain d’oublier le génocide d’un peuple entier dans la plus parfaite violation des droits de l’homme. Cela fait plaisir de voir que les oeuvres caritatives portent leurs fruits et que le peuple tibétain "se porte bien" mais tous ces jeunes rencontrés m’ont avoué avoir plus besoin de revoir leur pays que de porter des “baggy jeans”!
Moulins à prières
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Des bouddhas, des prières et des offrandes ....29 octobre 2004 : Delhi, Inde
Retour de la montagne dans la capitale de l’Inde. Embouteillage, pollution, bruit, fourmillement humain etc. Pas grand chose a changé à Delhi depuis mon dernier passage. Je tente de découvrir la vie nocturne de la jeunesse aisée de la ville. Avec Paul nous parcourons les hôtels 5 étoiles de la capitale.Ces véritables palaces de luxe sont les seuls endroits à Delhi où se trouvent les bars ou les clubs. Mais l’ambiance laisse à désirer.
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Repas indien traditionel .....Une rue à Dehli............India Gate
2 novembre 2004 : Agra, Uttar Pradesh, Inde
Je prends place dans le Taj Express, le train qui doit me conduire de Delhi à Agra. Avant d’entrer au Rajasthan je m’offre un petit détour par cette ville industrielle située à 204 Kms de Delhi. Ma venue ici tient essentiellement de la présence sur la rive de la Yamuna de l’un des plus extravaguant monument jamais bâti pour l’amour d’une femme. L’une des merveilles du monde : le Taj Mahal. Du moins c’est ce que j’ai pu lire et entendre. Je reste cependant sceptique quant au pouvoir du Taj. La seule chose que je remarque en arrivant à Agra, c’est que le Taj est devenu le véritable symbole touristique de l’Inde. On ne vient que pour lui, il est partout, en poster, en miniature, en bois ou en marbre. Des milliers de visiteurs débarquent chaque jour. Le visage de la ville frénétique et polluée s’est considérablement transformé par la présence de tous ces occidentaux dollars en poche. Ce que je constate, c’est qu’un séjour à Agra représente plus une épreuve qu’une joie ! "Agra suck s" m’avait dit un voyageur dans la paisible ville de Rishikesh. Il n’avait pas tout à fait tord. Partout vous êtes harcelés par les rabatteurs, les rickshaw-wallah et les vendeurs de souvenirs. A chaque coin de rue je suis suivi, appelé, demandé. "Yesss Mister. Come in my shop, have a look" résonne dans mes oreilles tel un écho interminable. Ici tout le monde veut vous aider pour mieux vous berner. L’escroquerie règne en maître à Agra. Ainsi une course gratuite implique inévitablement un arrêt dans une boutique d’artisanat et si vous arrivez dans un hôtel accompagné d’un rickshaw-wallah cela risque fort de doubler votre note. En effet les rickshaw-wallah ne se contentent pas de vous conduire d' un point à un autre, ils exercent aussi le merveilleux métier de rabatteurs payés à la commission qui guettent l' occasion de vous entraîner chez leur négociant favoris. Ainsi si vous acceptez le détour par une boutique de pierre ou de souvenirs recommandée par un rickshaw-wallah vous paierez inévitablement un prix plus élevé pour compenser sa commission. Et les rickshaw-wallah sont prêts à tout pour vous y emmener. Lorsque je demande à mon chauffeur de se rendre à l’hôtel Shahjahan, il me répond que celui ci a fermé ses portes depuis peu mais qu’il connaît une meilleure adresse avec vue sur le Taj. Cela n’est que mensonge et combine pour toucher sa commission en me déposant à l’hôtel de son choix. Alors je suis obligé de me battre pour obtenir ce que je souhaite à un prix raisonnable.
A cela s’ajoute les types qui viennent gentiment faire connaissance "Wat is your name ? Where is your contry ?" et j’ en passe. Finalement c’ est une façon polie de dire "come in my shop and give me your credit card". Dix minutes de conversation pour enfin se rendre compte que le type n’en a qu’après votre porte feuille. Mètres après mètres les vendeurs de souvenirs me harcèlent et me forcent à répéter inlassablement " No, No, I don t want, No !"
Et lorsque vous en avez fini avec l’insistance inébranlable des rabatteurs et des rickshaw-wallah, c’est au tour des mendiants de ne plus vous lâcher. Tient en voilà un qui quitte son poste à l’urinoir public pour poursuivre son job à temps partiel comme mendiant professionnel. Il vient vers moi les cheveux crades et huileux, les yeux jaunis, les habits en lambeaux. Il peut sentir mon exaspération, je peux le sentir. Il pue l’urine et je peux respirer son haleine fluorée qui sent le paan (ou chique de betel). Un mélange de noix d’arec, de pâte de citron vert, d’épices et de condiments le tout enveloppé dans une feuille de bétel qui colore les dents dans une teinture noire rougeâtre.
"Mister, pleazzze" "pleazzze, you reeesh, me poor, pleazzze". Je continue mon chemin sans prêter attention mais voilà qu’ils aient 7 ou 77 ans ils s’accrochent à vous et ne vous lâchent plus. Certains vous accompagnent durant plusieurs kilomètres en demandant tel un disque rayé "pleazzze give me, rupees, rupees". L’arnaque omniprésente, l’insistance désagréable des rabatteurs et l’omniprésence de la pauvreté peuvent amener certains voyageurs au bord de l'hystérie. "Agra suck s" m’avait-on dit. Mais aux bords de la Yamuna se dresse le Taj Mahal. La ''tour Eiffel'' de l’inde. Je pensais que le Taj ne pouvait pas me surprendre. Toutes ces photos vues et revues dans les magazines, tous ces documentaires qui lui sont consacrés. Et puis il ne s’agit là que de pierres. Je me préparais même à être déçu. Mais le Taj Mahal a le pouvoir de vous envoûter, de vous faire dresser les poils dès sa première apparition. Oui, je me suis trompé. J'ai sous-estimé le pouvoir du Taj Mahal. Le Taj m’offre une vision indescriptible, irréelle, touchante et émouvante. On en oublierait qu’il s’agit là que d’un monument. Ses formes pures et simples, son marbre blanc, sont un mirage de beauté. Le Taj Mahal est tout simplement parfait. Une perfection de lignes et de sculptures capable de bouleverser un homme. Il m’offre à moi une vision magique et une splendeur qui me réconcilie en partie avec la phobie d’Agra.
Le Taj Mahal
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Suite de l'aventure : Inde 2 (Rajasthan, Inde du Sud)