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24 août 2005 : Tokyo
Si arriver au Japon n'était pas un but en soi dans mon voyage, il me tenait à cœur de visiter ce pays. Après plus d’un an d’aventures me voila enfin au pays du soleil levant.
Mais où ai-je atterri ? Je suis paumé… Complètement… J’avais pourtant dans ma tête les images précises des documentaires télé et des magazines de voyage. Mais dès mon arrivée ce n’est que surprises et inattendus. Rangez vos étiquettes, vos préjugés. Il faut venir ici pour se rendre compte de ce qu’est vraiment le Japon. Tout semble atteindre les limites de l’imaginable. Tout semble si loin de mon pays, si étrange et bizarre. Le japon est sans doute l’un des seuls pays si développé dans lequel un voyageur européen se retrouve complètement dépaysé.
Le Japon… L’extrême Orient… Ici ce n’est pas que l’Orient qui est extrême. Le Japon est une fusion d’extrêmes ! Une culture contemporaine où s’opèrent traditions millénaires et soif de nouveauté et de modernité. Autant dire que le Japon est un pays contrasté à l’extrême. Rien d’étonnant à cela quand on observe un peu son passé : d’abord soumis à des siècles d’oppression de la part des seigneurs de guerre puis longtemps fermé au monde par une politique de Sekoku (réclusion nationale), le Japon a brusquement ouvert ses portes à la modernité et aux idées occidentales vers le XIXème siècle, bouleversant ainsi son univers traditionnel. Ensuite il subit au XXème siècle les ravages de la Seconde Guerre mondiale, et les fastes d’une économie surpuissante.
Mieux vaut me préparer à toutes les surprises !
Tout d’abord mon Boeing en provenance de Shanghai atterrit à l’aéroport de Narita environ 100 kilomètres au nord est de Tokyo. Première surprise : la japonaise au comptoir de l’office du tourisme parle parfaitement bien l’anglais et m’explique comment rejoindre Tokyo en train. On m’avait pourtant bien dit que les japonais ne parlaient pas l’anglais. Fausses joies d’ailleurs. Une heure plus tard dans le quartier d’Asakusa, je cherche une rue et mon hôtel. Impossible de trouver le moindre individu comprenant un mot d’anglais. Les japonais sont bien aimables et beaucoup ont pris de leur précieux temps pour tenter de m’aider et de m’orienter. Mais à peine débarqué le japonais n’est rien qu’un son étrange à mes oreilles ! Je finis donc par trouver mon petit hôtel grâce aux très bons plans de mon guide de voyage.
Dans la station de l’aéroport, j’attends mon train à la façon française, c'est-à-dire sur le quai de gare. Quoi de plus normal ? Alors je remarque des groupes de personnes en file indienne patientant sagement sur le quai devant des marques jaunes au sol indiquant l’ouverture des portes. Ainsi les premiers arrivés sont les premiers à entrer dans le train. J’allai donc me coller derrière l’une des files histoire de faire dans les normes. Je savais que les Japonais étaient disciplinés, mais à ce point !?!
Voilà une heure que je suis dans ce train en direction de Tokyo et pourtant je ne vois aucun gratte-ciel comme je me l’imaginais. Les paysages qui défilent sont faits de petits carrés de verdure, de champs et de forets bordés par des routes, des habitations, des lotissements, des mini centres villes. Mais où est donc Tokyo ? J’arrive à la station d’Asakusa, un quartier de Tokyo. La bouche de métro me jette enfin à l’air. Et là encore c’est l’effarement. Suis-je bien à Tokyo ? Autour de moi pas de building de verre et d’acier défiant les cimes, pas de rues aux lumières assommantes, pas de vie trépidante comme je l’imaginais. C’est calme, les grandes avenues font passer sans problème les quelques Mitsubishi, Toyota, Mazda et Honda, et les immeubles autour de moi ne sont guère élevés ni modernes !
Dans les rues j’observe quelques japonais en habits de bureau ne marchant pas plus vite que chez nous, des vieilles personnes, et des mères accompagnées de leurs bambins. Je les imaginais plus petits que cela aussi. Finalement tout semble normal.
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Quartier de Shinjuku et de Ueno
Aux détours d'une ruelle je découvre un ancien temple japonais entouré d’un jardin bien entretenu. L’endroit est calme et propice au recueillement. Selon un proverbe très connu au Japon : «le Japonais naît shinto tandis qu'il meurt bouddhiste». La religion fait encore partie de la vie quotidienne des Japonais, et possède une importance culturelle et sociale encore considérable. Pourtant, la foi des Japonais n'est ni particulièrement forte, ni unique. La plupart pratique une sorte de syncrétisme entre bouddhisme et shinto. Le shinto n'a pas de fondateur reconnu ni de texte de référence. Il se fond sur l'ancienne mythologie et insiste sur la relation entre l'homme et la nature, ainsi que sur la filiation divine des empereurs qui descendent d'Amerasu, divinité du Soleil. Le shinto a joué un rôle historique important, car il a permis de mettre en place les valeurs sociales du Japon, comme on peut le voir dans le bushido, code guerrier qui privilégie l'honneur, le courage, la loyauté, la politesse et la réserve. De nos jours, les cérémonies religieuses, comme les mariages shintos et les enterrements bouddhistes, sont toujours largement pratiquées, et la plupart des familles japonaises ont chez eux de petits autels dédiés aux esprits de leurs ancêtres. Aux alentours du temple j’aperçois des jeunes femmes portant le kimono, le fameux costume traditionnel japonais qu’elles portent avec une obi, large ceinture de soie.
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Temple dans le quartier d'Asakusa
Mon hôtel à Tokyo est typiquement japonais. Il s’agit plus d’une sorte d’auberge que d’un hôtel. Au Japon ces auberges ont pour nom : ryokan. Le bâtiment est très anciens, en bois avec des portes et même des murs coulissants. Les chambres traditionnelles ont des tatamis, et on y installe autant de matelas futons qu’il y a d’hôtes. Après la nuit on range à nouveau les matelas dans un placard spécial. Le bain et les sanitaires sont, dans la plupart des cas, communs. Vous pouvez dormir jusqu’à 5 ou 6 dans la même chambre mais le prix individuel reste le même. Bien sûr, on enlève ses chaussures à l'entrée de l'établissement pour mettre des chaussons. Bien sûr on enlève ses chaussons quand on entre dans sa chambre. Et bien sûr, il y a des chaussons spéciaux pour les WC ! C’est toute une organisation !
Les autres nuits je les passe dans la maisons familiale d’Ayako, une amie japonaise rencontrée lors d’un précédent périple en Bulgarie. Celle-ci tenue au courant de ma venue m’a invité chez elle. J’en profite pour découvrir Tokyo avec elle. Nous nous rendons à Shinjuku. Voilà enfin le Tokyo tel que je me l'imaginais. Situé à l'ouest du centre de Tokyo, c'est le quartier le plus célèbre et le plus animé de Tokyo. Mais les quartiers étant tellement grands, on pourrait parler de villes dans la ville. A Tokyo il n’y a pas vraiment un centre ville, il y en a plusieurs. La première impression est celle d'une fourmilière. Plus le train de banlieue se rapprochait du centre, plus le taux de compression augmentait dans les wagons. Aux heures de pointes les trains et métros sont toujours chargés bien au delà de leurs capacités théoriques et des "pousseurs" officiels compactent les gens pour permettre la fermeture des portes... Les portes s'ouvrent et vomissent une foule pressée sur les quais. Plus de deux millions de personnes passent chaque jour par la gare de Shinjuku... Incroyable !
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étudiantes en uniforme dans une staion de métro et Shinjuku de nuit
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le dernier et le premier métro !Shinjuku est le quartier le plus moderne de Tokyo. Il faut dire qu'il a été entièrement reconstruit après le tremblement de terre de 1923. C'est là que réside le siège du gouvernement dans deux hautes tours jumelles. Les immeubles rivalisent ici de hauteurs, narguant les tremblements de terre du haut de leurs 200 et quelques dizaines de mètres. J'ai ainsi pu admirer Tokyo du 53ème étage... impressionnant, mais rassuré : l'ascenseur était de marque Hitachi.
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Tokyo vu du 53ème étage...
La rue ? Un vrai labyrinthe... Les grands trottoirs commencent à la sortie de passages souterrains et débouchent soudainement sur de petites ruelles étroites pendant que routes et chemins de fer s'entrecroisent sur plusieurs niveaux au dessus des têtes... Même les Japonais s'y perdent ! Le quartier est définitivement commercial. On y trouve tous les grands magasins sur plusieurs étages, une multitude de petits restaurants traditionnels ayant chacun sa spécialité (fritures, nouilles, sushi..). Signe des temps, des centaines de téléphones portables sont en vente à chaque coin de rue.
De nuit ca devient féerique : les néons de toutes les couleurs étincellent, les enseignes rivalisent de taille et d'immenses panneaux vidéos diffusent en continu des flots d'images. Tard le soir les rues ne désemplissent pas. Quelle animation ! Avec ses plus de 20000 établissements où l'on sert de l'alcool, Shinjuku est souvent assimilé au quartier de la débauche. Pourtant, pas de problème de criminalité. Tokyo est même une des villes les plus sûres au monde grâce à son système de "Koban", petits postes de police répartis dans toute la ville.
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Ayako et ses copines dans le quartier de Roppongi
Durant une semaine je pars à l’aventure dans les différents quartiers de Tokyo tous bien différents. Shibuya et ses magasins fashion pour ados « manganisés », Roppongi et ses nuits chaudes et agitées, Akihabara et son marché électronique absolument démesuré, Ginza et ses avenues aux boutiques chics, Ueno et ses musées et jardins populaires, Ikebukuro ou encore Sumida et la baie de Tokyo avec le magnifique « rainbow bridge » symbole de la ville et l'énorme marché aux poissons.
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Un resto à sushi et Ayako et Heiko dans un autre restaurant japonais
Le Rainbow Bridge de Tokyo
J'aurais pu raconter encore mille choses à propos de Tokyo et du Japon : les chauffeurs de taxi portant gants de soie blanche dans leurs voitures immaculés et leurs portes qui s'ouvrent et se ferment automatiquement, l'obsession nationale pour la messagerie texte (dans le métro, tout le monde pianote frénétiquement sur son téléphone), la méfiance des Japonais à l’encontre des étrangers, leur conception particulière du travail et de l’entreprise, les distributeurs automatique de tickets de menus dans les restaurants, les « shot-bar » où l’on paye non pas les consommations mais le temps que l’on y passe, la prostitution à peine dissimulée, les « bullet-train » ces trains ultra rapides et précis, les parc de sport ou une machine robotisée vous lance automatiquement les balles de baseball… bref le Japon est tout simplement déconcertant et ne manque pas d’intérêt même quand on vient d’un pays développé !
28 août 2005 : Kyoto
La ville de Kyoto au soleil couchant
Kyoto est une grande ville, mais tout semble ici à échelle plus humaine. Kyoto est en quelque sorte la capitale culturelle du Japon. C’est une ville où l’histoire et le passé du pays est encore bien visible. En effet Kyôto compte 1.600 temples bouddhistes et 250 sanctuaires Shintô, sans compter les palais et villas Impériales. Les jardins Japonais sont également une source d'émerveillement pour le visiteur. Si la gare ferroviaire est un exemple d’architecture ultra moderne, la ville est bien moins extravagante que Tokyo. Tout y semble plus calme, plus naturelle. Ici le vélo est le meilleur moyen de découvrir la ville et ses environs.
Kyoto est entouré de montagnes d’où l’on peut jouir d’une vue incroyable sur l’étendu de la ville.
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La gare de Kyoto et les joies du vélo dans les ruelles de la ville
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des temples...
C’est également ici que l’on trouve la plus grande concentration de Geishas. Ceci est du au patrimoine culturel plus riche à Kyoto qu’ailleurs. En effet ces geishas jouent un rôle culturel que nombre d’occidentaux ont du mal à imaginer. Associé à la prostitution en occident ce cliché a totalement dévalorisé cette tradition. S’il est vrai que certaines Geishas de bas niveau s’adonnaient à la prostitution, il en est autrement des véritables professionnelles de l’art de vivre dont la sophistication a toujours était à l’opposé du monde glauque qu’on leur attribue. En japonais geisha signifie l’art de la personne. Les Geishas doivent donc savoir par leur culture animer une réunion ou un dîner pour plusieurs invités. Leur instruction méthodique de l’art de la danse, du chant et de la poésie les destine à divertir des personnes riches et cultivées. Ainsi les geishas de Kyoto appelées Geiko sont aujourd’hui encore l’un des héritages les plus vivants de la tradition du Japon.
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Japonaises en kimonos traditionels
1er septembre 2005 : Osaka
Osaka est tout simplement la deuxième plus grande ville du Japon. Pas beaucoup de changement par rapport à Tokyo. Nous sommes dans le Japon moderne, une cité immense de verre et d’acier, avec des gens partout, partout, partout.
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L'étendu d'Osaka
Le temps pour moi de partir à la chasse du japonais le plus fashion. La mode des jeunes au Japon est simplement sidérante. Dans les quartiers courus majoritairement par les ados et autres jeunes étudiants, j’assiste à un véritable carnaval de modes vestimentaires des plus simples aux plus délurées. On se croirait dans un manga, sur le tournage d’un film futuriste, ou encore dans le château de la famille Adams. C’est génial !!!
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Les fashion victimes made in Japan
Osaka me permets aussi de tester les fameux « Capsules Hôtels ». Pour une somme raisonnable vous pouvez prendre une douche, écouter la radio, regarder la télévision, et bien évidemment dormir. L’inconvénient : il ne faut pas être claustrophobe. Dans ces hôtels dormir à l’étroit prend tout son sens. La première fois que j ai cherché mon lit (pour ne pas dire ma chambre !!!) j’ai cru que j’étais à la morgue cherchant le bon cerceuil. Une petite niche de 2 mètres sur 1 voilà tout. Vos affaires personnelles se placent dans un vestiaire avant d’accéder aux « chambres-sarcophages ». On enfile un peignoir àl’effigie de l’hôtel est le tour est joué...Good night Japan…
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Avec les Sumos de Tokyo !!!
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Fin de l'aventure !!!