Retour menu principal "Aussi loin que l'Asie"
vendredi, 30 juillet: skopje, république yougoslave de Macédoine
je me souviendrai de ce jeudi soir où nous sommes entrés mes compagnons de voyage et moi en Macédoine. Après trois contrôles de passeport, le train de Thessalonique file le long de la rivière Vardar. Entre Gevgelija, à la frontière, et Demir Kapya les paysages sont beaux.Montagnes arrondies parsemées de petits arbres et gorgés resserrées autour de la Vardar.
22h30 le train stoppe à Skopje, la capitale actuelle de la Macédoine.
![]()
![]()
Vues sur la ville de Skopje
Dans un pays qui sort tout juste de plusieurs années de communisme et qui vient d'essuyer une sale guerre, tout évolue très vite. Une course à la liberté. Du coup la plupart des adresses données par le lonely planet de Mike sont inexistantes. Mais il est tard et il nous faut trouver un endroit où passer la nuit. Nous tournons longuement dans la ville à la recherche d'un hôtel peu cher. Justement, voila quelque chose de surprenant. Dans une ville où pour nous occidentaux l'alimentation est extrêmement bon marché il est par contre très difficile de trouver un hébergement peu cher. Il y a ici peu d'hôtels. Et les quelques uns que nous trouvons proposent des chambres pour 25, 30 euros par personne. L'écriture cyrillique utilisée en Macédoine ne nous aide pas vraiment. Impossible de déchiffrer quoi que se soit si on n'a pas appris le Russe ! Ce n'est qu'au bout de 3h 30 de marche que nous finissons par nous installer dans une auberge de jeunesse,mais là aussi le tarif est élevé : 22 euros la nuit ! Tant pis il est très tard, nous sommes épuisés. Nous trouverons quelque chose de mieux demain.
Beau temps sur Skopje. Apres de longue négociations avec un chauffeur de taxi, nous finissons par trouver une chambre pour 10 euros. La ville s'étend de part et d'autre de la rivière Vardar. La rive droite constitue essentiellement la nouvelle ville. De nombreux buildings de l'époque soviétique la compose. Un décor grisâtre et délavé. Quelques belles places tout de même, notamment la grande place centrale d'où part un joli pont de pierres construit par les musulmans pour passer rive gauche. Le reste est composé de grandes rues sans charme avec de pauvres boutiques dans des bâtiments décolorés. Rive gauche par contre, c'est la vieille ville. Une citadelle avec fortifications surplombe la ville. Beau panorama sur la grisaille de la ville ! Des habitants de Skopje nous ont expliqué que la rive gauche s'appelait la rive asiatique et l'autre la rive européenne.
Rive gauche, c'est effectivement le coté des Albanais, Serbes, Gitans et Turques... Du haut de la citadelle je peux compter jusqu'à 6 mosquées. C'est de ce côté qu'a commencé à se construire la ville. Il y a beaucoup moins d'immeubles morbides, mais la saleté y est plus flagrante. On y trouve encore le bazar qui fut pendant très longtemps le plus grand bazar des Balkans relié à la route de la soie. Aujourd’hui le bazar a gardé de son énergie même s'il a beaucoup perdu en taille. On y trouve de tout; des tissus, des costumes, des rideaux, des bijoux, des fruits, et bibelot en tout genre. L'endroit est plus charmant; beaucoup de ruelles pavées parsemées de petites boutiques et autres cafés et doner turcs. On peut y boire le thé turc ! il y a même un hammam reconverti en musée.
![]()
Le marché à Skopje
Mike, Laurent et moi à Skopje
![]()
Bazar dans la vieille ville
Le vieux pont sur la Vardar
A l'image des habitants, les deux rives présentent des caractères très différents.Des gens de différentes cultures, religions, des minorités, des réfugiés de guerre... Une sale guerre... nous a t-on raconté. Un conflit permanent avec les terroristes et la mafia albanaise, un fort taux de chômage... La haine et la désolation se lit toujours sur les regards. Surtout chez les hommes. Certaines femmes, les jeunes tentent de noyer leur pauvreté dans la fête et le sexe. Le sexe et le corps devient alors une richesse... Les minorités de Macédoine, notamment les Albanais n'ont pas encore une place équitable dans la société et de nombreuses tensions sont encore présentes.
La vie s'améliore ici mais elle reste très difficile (100 euros le salaire moyen). Malgré cette pauvreté, les habitants restent très accueillant et le touriste n’est pas sous pression.
Retour menu principal "Aussi loin que l'Asie"
Suite de l'aventure : Bulgarie