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Atelier scientifique Réchauffement
climatique |
Etude des puits de carbone
La modélisation mathématique réalisée par les premières S avec l'aide de Marc Jamous du LSCE a mis en évidence une régulation naturelle qui capte la moitié du CO2 émis par les activités humaines. Ces puits de carbone existent dans la nature, ce sont des réservoirs qui piègent le CO2 atmosphérique. Nous avons choisi d'étudier expérimentalement deux puits de carbone.
Premier type de puits: la plante verte ou végétal chlorophyllien
Protocole : Nous avons utilisé trois serres en plastique à couvercle étanche, remplies de façon identique. Chacune contient 1kg de sable propre, 500ml de liquide de KNOP contenant tous les sels minéraux dont une plante peut avoir besoin, un lot de 2 ou 3 plants de chlorophytum dont le poids de chaque lot est identique (88gr de racines et feuilles de même taille). Ces 3 serres sont rangées dans une armoire de culture in vitro qui maintiendra l'éclairage et la chaleur constante. Comme les plantes vont passer les 15jours de vacances de Noël dans un labo obscure et froid, c'est nécessaire.![]() |
Une des serres est le témoin. Elle contient uniquement les facteurs déjà cités. La deuxième serre est privée de CO2
atmosphérique par ajout d'un flacon planté dans le sable.
Ce flacon ouvert contient des pastilles de potasse qui absorbent le CO2
. |
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La troisième serre contient une atmosphère
en enrichie en CO2 . Nous avons d'abord produit
du CO2 en faisant tomber de l'acide chlorhydrique
sur des petits morceaux de craie et nous avons vu les bulles monter
dans le tube à essai et repousser l'eau. |
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On a mesuré le pourcentage de CO2 présent dans l'atmosphère des serres au début de la mise en culture puis nous avons soigneusement refermé les trappes. Les 3 serres ont été placées à la lumière et à 20°C dans l'armoire de culture, elles y sont restées 3 semaines. Le vendredi d'après les vacances de Noël, nous avons de nouveau mesuré le pourcentage de de dioxyde de carbone dans chacune des trois serres, |
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serre témoin
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serre sans CO2
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serre avec ajout de CO2
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| poids de chlorophytum au départ |
87 gr
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87 gr
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87 gr
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| [CO2] au départ, en % d'atmosphère |
0,02%
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0%
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5,18%
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| poids de chlorophytum 3 semaines après |
107 gr
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58,8 gr
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147 gr
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| [CO2] 3 semaines après, en % d'atmosphère |
0,01%
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0,01%
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1%
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D'après le bilan de la photosynthèse, la
quantité de CO2 absorbé ferait 6x22%
d'une mole de CO2 absorbé. |
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Conclusion:
Combien de forêts planter pour compenser nos émissions de gaz carbonique? Difficile
à dire car:
- Une forêt est un puits de carbone uniquement quand elle est jeune, puis
à maturité, la respiration équilibre la photosynthèse.
- Une forêt à la place de champs absorbe plus de CO2
mais une forêt à la place d'un pré absorbe moins de CO2!
- En supposant qu'un hectare de forêt nouvellement plantée absorbe 2tonnes de
carbone par an, il faudrait planter environ 1.500.000.000hectares
de forêts , en remplaçant des terres agricoles, pour que, avec des émissions
restant en outre au niveau de 1990, les concentrations de CO2
dans l'atmosphère n'augmentent pas. Pour fixer les idées, cela représente la
plantation d'un huitième des terres émergées, ou encore environ 2 fois le Sahara,
ou encore 30 fois la superficie de la France. Utopique avec la faim dans le
Monde, non? (valeurs trouvées sur http://www.manicore.com/documentation/serre/forets.html
)
Un peu déçus, nous nous tournons vers notre deuxième puits de dioxyde de carbone:
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Deuxième type de puits: l'océan Nous avons recherché une recette pour faire de l'eau de mer. Il en existe beaucoup pour ceux qui élèvent des poissons en aquarium. Nous avons choisi une recette assez complète, tout en ne mettant pas les sels minéraux cités à moins de 0,1gr/L. Recette pour 1L d'eau de mer :
Nous avons réalisé notre recette en pesant chaque constituant avec la balance de précision. |
![]() ![]() |
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Nous avons soufflé en chronométrant pour
essayer d'ajouter une quantité équivalente de CO2
dans chacun des 3 erlenmeyers.
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Avant de souffler, l'eau était limpide. Après:
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| Nous avons constaté que le pH de l'eau varie en même temps que la concentration en CO2. Du CO2 juste dissout acidifie l'océan sous forem de H2CO3 puis il se déplace jusqu'à être ion carbonate et précipite en calcaire. C'est une méthode pratique de mesure du CO2, qui demande cependant d'avoir un pH-mètre assez précis et un tableau de correspondance. | ![]() |
Une autre question, peut-être plus pressante, se pose : comment ces teneurs plus élevées de CO2océanique vont-elles affecter les écosystèmes marins ? En se dissolvant dans l’eau, le CO2 réduit le pH de l’eau et la rend plus acide. Depuis le début de la révolution industrielle, le pH a baissé, au plan mondial, de 0,12 unités de pH. Si ce taux n’est pas vraiment alarmant, la rapidité de son changement et sa tendance continue à la baisse sont inquiétants. À notre connaissance, les océans n’ont jamais subi une acidification aussi rapide. D’ici à la fin du siècle, si la concentration du CO2 atmosphérique continue à croîtrede façon exponentielle, nousdevrons nous attendre à constater une multiplication par trois de cette variation du pH et par 100 de sa vitessed’augmentation par rapport aux périodes de transition entre les ères glaciaires et interglaciaires. Il est probable que la planète n’a pas connu de si grandes modifications du pH océaniquedepuis 21 millions d’années.
Protocole 2: Pour tester l'influence de la température, nous préparons 3 erlenmeyers de 250ml:|
1 = eau de mer à température ambiante
de 19°C
2 = eau de mer à 16°C (sur un bac de glaçon) 3 = eau de mer à 22°C (sur une plaque tiède) ![]() |
Cette fois, nous avons produit le CO2 à
l'aide d'une bougie glissée allumée sous le bouchon. Elle
s'éteint au bout de 10 secondes. Nous la sortons rapidement,
refermons l'erlenmeyer et procédons de même pour les 2
autres erlenmeyers. |
Interprétation: L'eau de mer qui se réchauffe "dégaze"
une partie du CO2 dissous qu'elle contient ce qui diminue
les capacités de ce puits de carbone. Moins elle contient de gaz dissout
et moins elle peut transférer le CO2 atmosphérique en ion puis
en roche calcaire. Le réchauffement climatique ne va pas arranger les
chose, cela tient plus du cercle vicieux...
Conclusion du deuxième protocole:
L'influence des activités humaines a conduit l'océan de surface à émettre 20
milliards de tonnes de carbone par an en plus de ce qu'il émettait en 1750 (flèche
rouge vers le haut), essentiellement à cause de l'augmentation de sa température
de surface (une eau océanique qui se réchauffe "dégaze" une partie du CO2
dissous qu'elle contient), mais aussi à absorber 22,2 milliards de tonnes de
carbone par an en plus de ce qu'il absorbait en 1750, en réponse à l'augmentation
de la concentration atmosphérique en CO2 (plus de CO2
dans l'air "pousse" plus fort le CO2 à se dissoudre dans
l'eau de l'océan)!
Le puit de CO2 océanique, c'est aussi le phytoplancton,
c'est à dire les micro-végétaux de l'océan. Et malheureusement,
plus il y a de CO2 dans l'air, plus il y en a dans l'eau
de mer, et le CO2 acidifie l'eau de mer en s'y dissolvant. Hors, plus on acidifie
l'eau, moins le phytoplancton pousse!! En deçà d'un certain pH, ça serait même
complètement terminé, on aurait tué le puit de carbone le plus important qui
est aussi le premier producteur de dioxygène de la planète: mortel...
Conclusion générale: Les échanges de molécules carbonées créent un cycle du carbone qui circule d'un réservoir à l'autre. Il existe 4 grands réservoirs terrestres: biosphère (animaux et végétaux), lithosphère (roches), hydrosphère (eau à l'état liquide et solide) et atmosphère (azote, dioxygène, gaz à effet de serre (H2O, CO2, CH4)... Les puits que nous avons testés sont intéressants car ils agissent rapidement, à échelle humaine. Le stockage de carbone par la lithosphère est beaucoup plus lent, il se déroule à l'échelle géologique. La lithosphère relâche du carbone selon deux processus : le volcanisme qui libère brutalement une quantité importante de carbone sous forme de CO2, et l'érosion qui libère constamment le carbone contenu dans les roches. Les feux de forêts (combustion de matière organique) et le chauffage urbain par combustion de matière organique fossile (pétrole, gaz, charbon) participent activement à l'apport de CO2 dans le réservoir atmosphérique.
Pour en savoir plus, consultez le site de Jussieu présentant le cycle du carbone et l'effet de serre avec de bonnes animations: http://cycleducarbone.ipsl.jussieu.fr/content/category/3/3/6/