Problématique :
Observation : Au Chili 1960, un séisme entraîna l'effondrement d'une zone de 20.000km² au large de Concepcion et détruisit toute cette région. Il engendra une vague titanesque qui ravagea les villes côtières d'Hawaï, à 11.000km de distance. Une heure plus tard, il fit plusieurs centaines de morts sur les côtes nord du japon, situées à 17.000km. En méditerranée, Messine fut ravagée par un cataclysme similaire en 1908, tuant plusieurs milliers de personnes. Cette gigantesque vague porte le nom de tsunami. Tsunami est un nom d'origine japonaise qui signifie littéralement phénomène de raz-de-marée; bien que certaines différences subsistent entre ces deux perturbations d'origine chaotique. Effectivement, les raz-de-marée sont engendrés par des tempêtes contrairement aux tsunamis qui eux ont pour origine une déformation du fond marin ou d'importants phénomènes extra-terrestres.
Question : Qu'est-ce qui distingue une vague d'un tsunami ?
Hypothèse : Ce serait juste une question de taille !
Vérifions cette hypothèse expérimentalement :
A. Protocole de l'expérience :
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Nous avons rempli
un grand aquarium d'eau, puis avons ajouté du sable afin de simuler
le relief du littoral.
Nous avons placé une plaque dans l'eau, en la tenant par deux fils de fer, que nous avons tirés vers le haut afin de créer un soulèvement d'eau pour modéliser une plaque océanique qui se souléverait. |
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B. Résultats de l'expérience :
1) Le mouvement de la plaque a créé une modification locale du niveau de l'eau dans l'aquarium.
2) Cette augmentation locale du niveau de l'eau s'est propagée en s'éloignant de façon concentrique, comme autour d'un galet jeté dans l'eau.
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Une onde de surface
peut se caractériser par :
-sa forme du front vue du dessus, circulaire centrée sur le point perturbateur, puis linéaire si l'onde arrive sur la plage -sa vitesse de propagation (vecteur V) -son amplitude (a) -sa hauteur (h) -sa largeur (L) |
3) Nous avons remarqué hausse de 2mm d'amplitude et de 3mm de hauteur au moment du déferlement sur le sable modélisant le littoral, par rapport au niveau 0 (représenté par un trait noir à la surface de l'eau). Nous n'avons pas réussi à mesurer L et V !
C. Interprétation de ces 3 résultats :
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1) Naissance de l'onde : |
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2) propagation de l'onde :
L'onde, en littérature, désigne la mer, un lac, une ondée
désigne une averse ; en anglais et en allemand, "onde" se dit de la même
manière que la vague (respectivement "wave" et "welle"), c'est dire si
la notion d'onde est liée à la notion de vagues et d'eau.
| Avec une surface plus grande, par exemple une piscine où l'on pénètre, le niveau va monter d'abord autour de soi, puis une vague concentrique va propager cette augmentation sur toute la surface. | ![]() |
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Lors du passage
de l'onde, l'eau monte puis redescend. Les molécules d'eau s'assemblent
pour former un monticule appelé crête de l'onde, puis
le monticule s'effondre sur place, et ce sont les molécules d'à
côté qui s'assemblent pour former un nouveau monticule. L'énergie
qui les remet en place est l'énergie potentielle de gravité,
puisque l'eau est plus haute à 1'endroit de la crête.
2 crêtes successives séparées d'une distance Lambda vont se succéder à un intervalle de temps déterminant la période T de cette onde. |
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3) Comportement de l'onde rencontrant un obstacle : - Si l'obstacle est petit par rapport à la longueur d'onde lambda (distance entre deux crêtes successives), on observe des diffractions dans toutes les directions (faibles en a et fortes en b). - Si l'obstacle est
grand par rapport à la longueur d'onde de l'onde rencontrée,
la perturbation se présente comme une réflexion,
sauf aux bords de l'objet où l'on a des diffractions (en c). |
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Réflexion de Descartes : 1.les fronts font le
même angle alpha
avec le bord, |
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| L'amplitude et la hauteur du tsunami augmentent lorsque il arrive sur la côte, il se redresse alors que sa vitesse diminue en raison des frottements de plus en plus importants avec le fond. | ||
En conclusion, comparons notre modélisation avec la réalité :
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1) La naissance du tsunami : Les tsunamis locaux prennent naissance
près des côtes et donnent peu de temps aux populations menacées
de se protéger. Dans des états américains comme la
Californie, les tsunamis sont du type locaux et on ne peut les détecter
que quelques minutes avant qu'ils n'atteignent les rivages! Les éboulements ou les éruption volcanique subaquatiques, qui accompagnent souvent les grands tremblements de terre peuvent également soulever la colonne sus-jacente d'eau. Les tsunamis déclenchés par ces mécanismes se dissipent rapidement et affectent rarement les côtes éloignées de son origine car ils déplacent de plus petites quantités d'eau. Cependant, ces phénomènes peuvent accélérer la vitesse d'un tsunami créé par un séisme et donc ils permettent d'amplifier sa force. L'impact (en c) d'une météorite de 100 m de diamètre engendrerait une énergie de 75MT de TNT. La hauteur de la vague en eau profonde serait de 0,7m (pour une météorite de 1km => 70m). Or une vague de 0,7m donne sur les côtes un tsunami de quelques dizaines de mètres. Un impact sur la Terre ferme crée des dégâts inférieurs à ceux qui résultent d'un tsunami dû à l'impact en mer ! |
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Un tsunami se propage avec très peu de perte d'énergie. Cette énergie correspond à l'énergie mécanique (ou énergie totale) qui est la somme de énergie cinétique (en rapport à la vitesse) et de l'énergie potentielle (liée à l'amplitude des tsunamis). Or la vitesse du tsunami et son amplitude sont inversement proportionnelles (Em = Ec + Ep = constante). En eau profonde, la vitesse est très importante alors que l'amplitude du tsunami est faible d'où l'énergie cinétique est considérable et l'énergie potentielle est faible. Les tsunamis ont une grande longueur d'onde lorsqu'ils se propagent au large. Les particules d'eau qui les composent se déplacent sur une ellipse. C'est le phénomène des ondes longues. |
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3) A l'approche des côtes :
les vagues sont ralenties par les "effets de fond". En effet,
la profondeur diminue et par conséquent la vitesse aussi . C'est la phase
de déferlement, c'est-à-dire de repliement de l'onde sur elle-même.
L'énergie totale du tsunami étant constante, son
énergie cinétique est inversement proportionnelle à son
énergie potentielle et lorsque cette énergie cinétique
diminue, alors l'énergie potentielle augmente. En effet, quand la vitesse
diminue, la hauteur de la vague augmente significativement. Ainsi, au large
la vitesse de propagation des vagues est de 800Km/h alors que près des
côtes elle n'est plus que de 36Km/h d'où l'accroissement des tsunamis
jusqu'à plusieurs dizaines mètres. Lleur
amplitude croît jusqu'au déferlement où ils libèrent
toute l'énergie emmagasinée.
Les chercheurs admettent qu1ils sont loin de tout connaître de ces "géants des mers". Cependant leurs recherches ont donné naissance au système de surveillance "The Pacific Tsunamis Warning Center" qui permet de déceler un tsunami au large des côtes et de prévenir à temps les populations les plus exposées. Afin de protéger les zones les plus fréquemment touchées, des campagnes d'information et de prévention ont été organisées. Le but de la recherche n'est pas uniquement la compréhension du phénomène mais au-delà, c'est pouvoir mettre en œuvre tous les moyens nécessaires pour permettre à l'homme de prévoir, d'anticiper et donc de se protéger.