Orages en
perspective sur le temps de travail en garde
samedi 25
septembre 2004 par JCP
L'intégralité du texte de la proposition de la Commission Européenne est
disponible à l'adresse suivante:
http://europa.eu.int/comm/employment_social/news/2004/sep/working_time_prop_fr.htm
Lien vers le communiqué de presse le résumant
La Commission des
Communautés Européennes a adopté aujourd'hui un texte de proposition de directive du
parlement européen et du conseil modifiant la directive 2003/88/ce concernant certains
aspects de l'aménagement du temps de travail. Si cette proposition est appliquée, le
temps de la garde ne rentrera plus intégralement dans le temps de travail.
Tout porte à
croire que cette réglementation sera adoptée dans un deuxième temps au niveau du
parlement européen. Pour la France, la volonté ministérielle (et les souhaits de nos
directeurs-employeurs) d'appliquer une telle mesure aux PH ne fait aucun doute : c'est
mécaniquement la suppression du repos de sécurité assurée dans la plupart des cas
après une garde et l'allongement du temps de travail effectif hebdomadaire pour les
disciplines à gardes qui en résultent.
Il s'agit pour
nous d'un Casus Belli majeur. La CHG et le Collectif s'opposeront de toutes leurs forces
à la mise en place de cette mesure de régression sociale, inacceptable en elle-même
mais aussi au regard du travail qu'on exige des PH qui sont à 48 heures quand le reste de
la population travaille 35 heures et auxquels on demande de s'engager à travailler au
delà, la plupart du temps actuellement sans être rémunérés !
En résumé, si
les définitions de "temps de travail" et de "période de repos"
restent inchangées, il est proposé d'insérer deux nouvelles définitions :
"temps de garde" et "période inactive du temps de garde", qui
viennent s'ajouter aux définitions existantes. La notion de « temps de
garde » proposée couvre les situations où le travailleur a l'obligation de
demeurer sur le lieu de travail. Le nouvel article 2bis (Temps de garde) vise à définir
le régime applicable au temps de garde et plus spécifiquement aux périodes inactives du
temps de garde. Il est clairement défini que les périodes inactives du temps de garde
ne sont pas du temps de travail, à moins que le contraire ne soit stipulé par la loi
nationale ou, en conformité avec la législation et/ou pratiques nationales, une
convention collective ou un accord entre partenaires sociaux. Pour ce qui est des
périodes pendant lesquelles le travailleur effectivement exerce ses activités ou ses
fonctions, elles doivent être considérées entièrement comme du temps de travail au
sens de la directive.
D'autre part, selon l'art 16, si la période de référence "standard" reste 4
mois, les états membres pourront porter cette période à un an, sous réserve de la
consultation des partenaires sociaux intéressés et de l'encouragement du dialogue social
dans cette matière.
On se souvient
qu'en octobre 2003, la FHF avait demandé que la réforme du temps de travail des
médecins hospitaliers soit reconsidérée et, en particulier, que la directive
européenne limitant ce temps de travail soit réexaminée, selon une lettre adressée par
son président à Jean-Pierre Raffarin : "Je souhaite que le gouvernement
français n'hésite pas à saisir les instances européennes afin de demander un réexamen
de la directive 93/104 au regard des conséquences potentielles -voire déjà réelles-
sur le secteur hospitalier", écrivait Gérard Larcher dans une lettre au Premier
ministre. "Une mobilisation des quinze ministres de la santé européens sur ce
dossier me semble indispensable", insistait-t-il en suggérant que la France en
prenne "l'initiative". (APM)
Interrogé en avril 2004 dans le cadre de la consultation lancée par la Commission
européenne sur le temps de travail, la Fédération européenne des hôpitaux (Hope -
Comité permanent des hôpitaux de l'Union européenne, que préside le délégué
général de la Fédération hospitalière de France - FHF -, Gérard Vincent)
plaidait pour que soit trouvée « une interprétation plus souple » de
la directive européenne qui régit désormais le temps de travail de nombreux
hospitaliers à travers l'Europe. Pour « préserver l'organisation des services
hospitaliers et la qualité des soins », Hope suggèrait en particulier de ne
plus inclure le temps de sommeil dans le temps de travail, de permettre aux professionnels
volontaires de travailler davantage que 48 heures hebdomadaires et d'étendre à douze
mois la période de référence pour le calcul du temps de travail réalisé. (APM)