POUR UNE REVISION STATUTAIRE
Le statut des Praticiens Hospitaliers a dix ans: c 'est l'occasion de faire le point.
Nous publions dans ce numéro les propositions de l'Intersyndicat National des Praticiens Hospitaliers pour sa révision.
On pourrait penser que le moment est, politiquement ou économiquement, mal choisi.
Politiquement, avec six représentations éligibles, notre pays peut se considérer en période pré ou post-électorale permanente. D'ailleurs, si la question de fond est politique ( veut-on attirer et garder des médecins de qualité dans les hôpitaux publics, et donc maintenir la compétitivité de ceux-ci dans le système de Santé ? ), la résolution est technique.
Economiquement, dans l' ambiance générale, cette annonce pourrait être considérée comme maladroite, voire "anticivique". La dernière lettre d'intention de Monsieur Balladur aux Ministres, définissant les prévisions budgétaires pour 1995, avec une demande de réduction des crédits de rémunération de 8 %, dans la fonction publique, est-elle, dans son domaine, économiquement et politiquement réaliste ? .
Notre initiative, fruit d'un semestre de travail et de réunions, n'est pas spontanée: elle est le résultat de forces variées. Ces forces viennent d'abord de la base: impatience, face au temps qui passe, de constater qu'une partie importante du labeur - les gardes et astreintes - continue de ne pas être prise en compte pour la couverture sociale, notamment la retraite, sentiment d'injustice ancienne pour les mal reclassés "de 1984", incompréhension voire cynisme des différents replatrages, inquiétude existentielle sur l'avenir de ce que nous faisons, la place de l'hôpital public dans la société... Ces soucis rejoignent ceux alimentant le malaise hospitalier général. Voudra-t-on répondre à ces interrogations pour les résoudre ou nous destabiliser ?
Des dérives se sont accumulées depuis la création du statut, aboutissant à des ajouts que nous avons régulièrement dénoncés : modifications, parfois furtives et inaperçues des règles de déclaration, de nomination et de recrutement, statut des assistants, des attachés associés, des médecins contractuels.
Il ne faut toutefois pas considérer le statut de 1984 comme parfait. L'inégalité la plus frappante qu'il contient nous paraît être la distorsion entre le principe défendu de la rémunération de base et les contraintes ou sujétions particulières liées aux fonctions ou à la spécialité exercée. Peut-on comparer une activité médicale de type administratif à celle comportant une charge élevée de stress et de permanence ? C'est dans cette direction qu'il nous paraît nécessaire de rechercher des solutions.
Toutes ces propositions, rapidement publiées, "à l'état brut" sont soumises à vos critiques. Elles ne pourront être améliorées que par vos remarques et suggestions.
Docteur François DOUCHAIN