PARIS BRULE-T-IL?

 

Le mal être redouté s'exprime par les urgences parisiennes.

La révolte vient du faubourg, et celui de Saint-Antoine retrouve ses élans révolutionnaires : la Bastille n'est pas loin, et l'on n'est plus étudiant pour aller jusqu'au quartier latin.

Les urgentistes avaient prévenu, et l'on connaissait le risque de résonnance.

Il y a dans ce mouvement un mélange de rationnel et d'irrationnel tant économique que culturel, de désespoir aussi.

L'île de France, et Paris surtout, n'est pas la région le plus défavorisée pour l'allocation budgétaire hospitalière par habitant. Il faut donc croire (si on ne le savait déjà) que l'argent y est mal réparti. Peut-on se construire des Versailles de la santé, tel le nouvel hôpital Georges Pompidou, et dans un cadre budgétaire respecté, rénover, améliorer, s'adapter, bref se mettre à la portée des gens, ceux du faubourg, et répondre ainsi à sa vocation d'assistance au public?

Le prestige est souvent incompatible avec efficacité. Cette crise était inscrite dans les plans et les chiffres. Reste à souhaiter qu'elle ne soit pas traitée en prenant ailleurs.

L'institution réfléchira-t-elle sur ce mal être de ses urgences, ou se refermera-t-elle pour mieux laisser passer l'orage, forte de ses convictions traditionnelles? Cette réflexion vaut pour toutes les institutions hospitalières. La rélaité des Urgences n'est pas celle des feuilletons télévisés. Elle se nomme stress, mauvaises conditions de travail, sentiment d'incompréhension institutionnelle, mal être sociètal,.Mais les Urgences sont une vitrine celle que l'on peut montrer, celle qui se voit. Il ne faudrait pas se limiter à l'interface qu'elles représentent. Derrière les Urgences, il y a aussi dans les services obscurs trop de stress, trop de surcroit de travail, trop de gestion déshumanisée. Ce malaise vient aussi de l'évolution sociologique des médecins qu la composent; Les seniors ont remplaçé les Internes, ceux ci subissaient en attendant miieux, ceux la ont plus de maturité, ont trop attendu ou n'attendent plus.

Il est en tout cas étonnant que la décade se finisse par une explosion sociale sur l'urgence alors qu'elle avait commencé par une réflexion approfondie sur ce sujet. Preuve de la complexité du problème.

Malgré ces nouvelles, la revue mhp est quand même heureuse de vous présenter ses meilleurs voeux pour le nouveau siècle.