La
CNDCH pour une nouvelle politique de santé
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Dans
le débat en cours sur la nécessaire réforme de l'hôpital, la CNDCH souligne que les
changements souhaités n'ont de sens qu'à travers une approche globale de la politique de
santé, garantissant efficacité et cohérence autour de la prise en charge du patient.
Le décloisonnement est indispensable et l'atteinte de cet objectif ne peut s'affranchir
de la recherche de nouveaux espaces.
A
travers sa "plateforme pour une nouvelle
politique de santé", la réflexion et les propositions de la CNDCH s'articulent
autour de 10 idées-force :
1)
La gestion de la santé ne se résume pas aux soins apportés à la maladie. Elle couvre
un processus allant de l'éducation à la réinsertion, intégrant le préventif et le
curatif, le champ sanitaire et le champ médico-social. L'hôpital, acteur de santé, est
concerné par l'ensemble du dispositif.
2)
Mais l'hôpital n'est qu'un acteur parmi d'autres. La population à travers ses
représentants, élus politiques et associations d'usagers, doit s'exprimer au plus près
des réalités locales.
Les
professionnels, quelque soit leur lieu d'exercice, doivent s'organiser en partageant
compétences, moyens, information et formation au sein d'un territoire identifié.
3)
Le territoire ne doit pas
être le simple lieu d'exécution d'une politique décidée "en-haut".
Il
constitue le lieu légitime de rencontre entre une population identifiée et des
professionnels organisés. La démocratie sanitaire doit s'exercer au niveau du bassin de
santé, ce découpage territorial s'accompagnant d'un maillage de services qui
garantissent l'égal accès aux soins, région par région.
4)
La double pertinence du niveau régional ne permet pas de trancher le débat
décentralisation / déconcentration.
La
région est à la fois, à travers la future ARS, l'échelon opérationnel d'une politique
définie par l'état, et le lieu
d'élaboration de programmes spécifiques, d'où la nécessaire mise en place des conseils
régionaux de santé.
5)
Si la logique de l'étatprovidence a
vécu, la seule logique du marché ne peut pas pour autant s'y substituer. Le rôle de l'état-régulateur est de définir les grands axes
de la politique de santé et déterminer les moyens nécessaires à sa mise en uvre
(ce dernier point suppose une clarification des rôles respectifs de l'Assurance-Maladie
et de l'état). Cette fonction régalienne
s'exerce à travers la planification. La régulation de l'installation doit concerner
l'ensemble des structures de santé, y compris dans leurs formes d'exercice libéral.
6)
L'organisation interne de l'hôpital ne doit pas rester en marge dans ce mouvement de
décloisonnement externe.
La
gestion doit être déconcentrée au niveau des centres de responsabilité regroupant des
disciplines qui concourent à la prise en charge d'organes communs ou de pathologies
liées (pôles).
En
parallèle la mise en place de filières transversales destinées à conjuguer des
ressources complémentaires autour du patient permettent d'éviter que les pôles
s'érigent en nouvelles féodalités.
7)
Pour sauvegarder une indispensable cohérence, le nouveau système ne saurait écarter la
notion de projet d'établissement. Un comité de pilotage d'établissement assurera la
régulation interne. Composé d'une représentation de la Direction et de la CME, avec la
possibilité d'entendre l'encadrement et les partenaires sociaux, il aura pour tâche de
préparer l'ensemble du processus de décision stratégique. Dans ce processus, les
attributions respectives du directeur, du président de la CME et du conseil
d'administration seront clairement définies.
8)
Le nouveau management de l'hôpital ne peut se réduire à un colloque direction /
médecins. Les établissements publics de santé sont des entreprises de main d'uvre
dont le personnel constitue la première richesse. Le projet social doit exprimer la
modernisation de l'hôpital en renforçant le processus participatif, en imaginant
l'intéressement, en reconnaissant la place de l'encadrement. Il conduira ainsi à un
véritable contrat social, gage d'une mise en uvre pertinente des ressources
humaines.
9)
Lier le financement des établissements à leur activité ne doit pas conduire à un
système concurrentiel régulé par les lois du marché. La mise en place de la
tarification à l'activité doit s'accompagner d'un dispositif qui préserve l'accès à
des soins de qualité.
Il
faut éviter une logique d'appel d'offres conduisant à une planification en creux, dans
laquelle les "lots infructueux" seraient confiés aux seuls établissements
publics.
De
même les nouveaux moyens de financement de l'investissement ne doivent pas faire perdre
à l'hôpital la maîtrise de ses projets.
10) Promouvoir la culture d'autonomie créé un risque d'opacité. D'où la nécessité de disposer d'outils de connaissances des coûts et d'évaluation des performances : système d'information, comptabilité analytique, contrôle de gestion, accréditation, politique d'évaluation des pratiques professionnelles.
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La CNDCH a été créée en 1982.
Composée
de 50 membres titulaires et 50 membres suppléants, elle résulte d'une représentation
croisée des régions et des organisations syndicales de directeurs d'hôpital.
Elle
est renouvelée après chaque élection aux commissions paritaires nationales.
Au
même titre que les autres conférences, la CNDCH est l'interlocuteur du Ministère dans
l'ensemble du champ professionnel hospitalier et siège dans diverses instances
consultatives.
La
CNDCH est dirigée par un bureau de 10 membres :
- Angel
PIQUEMAL, directeur du Centre Hospitalier de Bayonne, président
- André
FRITZ, directeur du Centre Hospitalier de Mulhouse, vice-président
- Michel
ROUSSEAU, directeur du Centre Hospitalier de Narbonne, vice-président
- Danièle
LACROIX, directrice du Centre Hospitalier de Meulan-les-Mureaux
- Joël
MARTINEZ, directeur du Centre Hospitalier du Havre
- Marie-Paule
MORIN, directrice du Centre Hospitalier de Corbeil-Evry
- Jean-Claude
POZZO DI BORGO, directeur du Centre Hospitalier d'Aix-en-Provence
- Francis
SALLES, directeur du Centre Hospitalier de Dax
- Jean
SCHMID, directeur du Centre Hospitalier de Vichy
- Hamid
SIAHMED, directeur du Centre Hospitalier de Quimper-Concarneau