
PH, votre retraite est dans le rouge !
Secousses pour l'IRCANTEC, dès le début de l'année 2006...
Notre régime complémentaire Ircantec de retraite serait en bien mauvaise santé et nécessiterait un traitement drastique. Pourtant, il y a encore quelques mois, rien ne laissait présager une telle situation. La nouvelle est tombée dans la chaleur estivale, au moment où la réforme des retraites adoptée par le parlement en août 2003 apparaissait elle-même largement insuffisante (puisquà léchéance de 2020 elle nassurerait que 35% des ressources nécessaires au financement des pensions des salariés). Le Gouvernement a soumis officiellement ce projet de réforme à la concertation des grandes centrales syndicales représentées au CA, sans aucune information auprès des organisations représentatives des Praticiens Hospitaliers. Nous avions pourtant dès 2003 sollicité tant lIrcantec que ses différents ministères de tutelle, et particulièrement le Ministère des Affaires Sociales, afin que les nécessaires adaptations du régime Ircantec puissent sétablir en concertation avec nous.
Alors même que les caisses sont largement excédentaires, cette réforme repose sur des prévisions de déficits techniques de ce régime, qui devraient conduire à un épuisement des réserves en 2026. Elle modifie en conséquence les conditions de fonctionnement avec des incidences potentielles sévères : augmentation des cotisations et du prix dachat du point pour les actifs, baisse relative du niveau des pensions pour les retraités Le calendrier des réformes, très court, prévoie les conclusions pour la fin de lannée 2005.
Le pire nest jamais sûr
La pérennité du régime ne serait pas assurée à moyen terme. Deux raisons essentielles sont invoquées à lorigine de la nécessité de cette réforme :
Un rendement important : le rendement du régime est depuis sa création de 15,1%, soit un niveau supérieur dune part à celui des régimes de droit commun et dautre part au rendement déquilibre actuariel du régime (8%).
Des perspectives démographiques inquiétantes : les projections réalisées en 2005 prévoient une chute rapide et continue du ratio démographique, qui serait inférieur à 1 dès 2012 et atteindrait 0,3 en 2050. Il sagit alors de rechercher des ressources supplémentaires pour créer progressivement des réserves, dans le but de pouvoir faire face à laugmentation des dépenses futures.
Les bases sur lesquelles ce calcul est effectué sont largement approximatives et contestables. Le problème est complexe, puisquil dépend de données prévisionnelles concernant le nombre de cotisants, difficiles à cerner à long terme. Dans les difficultés à venir de ce régime par répartition, la chute démographique nest envisagée dans le projet quà partir de la pyramide des âges et de lespérance de vie. Sur cette seule base, le nombre de cotisants actifs devrait rapidement devenir inférieur à celui des cotisants retraités. Mais cest sans compter, selon lavis de certaines organisations syndicales qui jugent lattaque de ce régime " idéologique ", sur la poursuite de la hausse du recrutement de nouveaux cotisants. Et malgré des variations, sur le fait que les effectifs cumulés des non-titulaires des 3 fonctions publiques augmentent, même si cette catégorie dactifs diminue relativement.
Mais dans lautre sens, ce calcul ne tient pas compte de la privatisation progressive des régimes spéciaux PTT, EDF, SNCF qui provoque une diminution du nombre dagents non titulaires qui cotisaient antérieurement, avec leurs employeurs, à lIrcantec (ils bénéficieront de C.D.D. ou de nouveaux contrats salariaux ). Il ne tient pas compte non plus de la volonté politique de diminuer progressivement les effectifs de la fonction publique qui aura bien entendu également des incidences sur la diminution du nombre de cotisants.
Bref, ce dont on peut être certain, cest que la complexité de la situation demande des études plus poussées réalisées en toute neutralité.
Des axes de réforme présentés de façon très " technique " :
En termes techniques, la réforme vise à différer l'échéance en agissant essentiellement sur deux axes :
Des conséquences très agressives
Derrière ces données très techniques, quels sont les effets en pratique ? En termes clairs cette réforme signifie :
Bien que la loi portant réforme des retraites de 2003 oblige les caisses et lemployeur à fournir des indications précises dici 2007, lexposé des motifs des textes réglementaires ne donne aucune indication chiffrée des conséquences sur les montants des pensions à servir dans lavenir.
On comprend pourquoi ! Ce calcul montre en réalité :
Une situation particulière au sein de lIRCANTEC
La durée moyenne de carrière d'un cotisant IRCANTEC est de 8 ans et 8 mois, ce qui montre que le profil moyen correspond à une période d'attente de titularisation provoquant la sortie de ce régime. Pour ces agents, lIRCANTEC ne constituera quune retraite accessoire. La situation nest pas du tout la même pour les Praticiens Hospitaliers, puisque la majorité d'entre eux atteint ou dépasse 30 années de cotisation et que lIrcantec représente lessentiel de la pension de retraite. Ainsi, si ce projet contient des incidences négatives pour nombre de cotisants à l'Ircantec, il est en revanche proprement catastrophique en ce qui concerne le cas particulier des PH. Une situation dautant plus critique quelle sera difficile à faire entendre : même sils comptent pour plusieurs dizaines de milliers de cotisants et environ 15% des masses budgétaires, les PH ne représentent quune faible part de lensemble des cotisants de lIRCANTEC et ne sont pas représentés au Conseil dAdministration.
Pour un troisième niveau de retraite
Outre les inégalités sévères entre les Praticiens Hospitaliers temps plein, les praticiens hospitaliers à temps partiel, les Praticiens Hospitaliers avec activité libérale..., le grave inconvénient de notre régime de retraite complémentaire est la faiblesse du taux de remplacement, c'est-à-dire du rapport entre le niveau des derniers salaires et celui de la pension versée. A 65 ans il est de 52,5 % pour une carrière normale dun PH temps plein sans activité libérale, un taux très inférieur à celui des fonctionnaires qui atteint 75 % !
Face à ce niveau déjà bas de notre retraite et à la réforme en cours qui pèsent sur ce régime dautres voies susceptibles daméliorer notre retraite globale doivent donc être recherchées.
Si l'on évalue les régimes de protection sociale des salariés de droit privé ou des fonctionnaires, on constate qu'il existe trois niveaux de pensions de retraite, avec :
Pour les salariés de droit privé il existe une complémentarité entre le régime général de la sécurité sociale, le régime AGGIRC/ARRCO, et pour nombre d'entre eux un contrat de prévoyance collective concernant invalidité/décès, pension de réversion, régime de retraite complémentaire.
Un troisième niveau de retraite abondé par l'employeur existe donc dans tous les cas. La mise en place dun tel système pour les PH napparait donc nullement comme une utopie. Il est réaliste, légitime et réalisable.
Mobilisation pour des revendications légitimes
La baisse catastrophique de nos droits qui se prépare à très court terme et la comparaison faite avec les avantages des autres régimes de protection sociale doivent nous conduire à manifester notre opposition et nos revendications de façon extrêmement ferme.
G. Rossinelli, JC. Pénoche
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