Note
à l'attention des Directeurs d'Agences régionales d'hospitalisation
Objet
: Orientations nationales d'organisation des soins pour la révision des SROS
Les schémas régionaux de deuxième génération viennent
à échéance au second semestre 2004. Les premiers bilans de leur mise en couvre
et les nouvelles contraintes d'une pénurie croissante de temps médical
m'incitent à vous demandez d'entamer
immédiatement leur révision.
Dans le cadre de cette révision des SROS, vous ferez
porter vos efforts simultanément sur la mise en place d'une organisation graduée des plateaux
techniques (chirurgie, obstétrique, pédiatrie, anesthésie réanimation,
imagerie et biologie) et sur le maintien
ou le développement d'activités de proximité (médecine, permanence des
soins, prise en charge des personnes âgées, soins de suite médicalisés,...),
notamment dans le cadre des hôpitaux locaux.
Vous emprunterez une voie innovante de définition de
territoires de santé qui sont appelés à remplacer les secteurs sanitaires. Et,
sur chaque territoire, vous traduirez les orientations générales du SROS par un
projet médical de territoire, en travaillant avec les établissements et
professionnels, à la fois sociétés savantes, conférences et fédérations, mais
aussi sur chaque territoire tous les acteurs concernés. Vous serez
particulièrement attentifs à optimiser
les ressources médicales sur ces territoires.
Cette révision sera facilitée par le nouveau cadre juridique prévu du plan «
hôpital 2007 » qui réforme
profondément les règles de planification, d'autorisations et de coopération, et
qui sera adopté par ordonnance.
En appui de cette circulaire générale, s'ajoutent cinq
circulaires spécifiques sur les urgences,
la réanimation, la périnatalité, l'insuffisance rénale chronique et l'hôpital
local.
S'agissant de la santé
mentale, le nouveau cadre juridique de la planification permettra
d'intégrer la psychiatrie dans le SROS général, dans le but de mieux articuler
soins somatiques et psychiatriques. Des orientations stratégiques sur
l'organisation de la santé mentale vous seront transmises avant la fin 2003, à
la suite des propositions de la mission que j'ai confiée à Monsieur Philippe
Cléry-Melin.
La présente circulaire précise mes orientations pour
la définition des territoires de santé, des projets médicaux de territoire, les
modalités d'association des usagers et des élus à ces démarches ainsi que pour
l'organisation des principales activités nécessitant une permanence des soins.
En complément de la présente circulaire, vous pourrez
utilement vous reporter à des éléments
de méthode élaborés avec l'aide du CREDES dans le cadre d'un groupe de
travail sur « Territoires et accès aux
soins » pour la définition des territoires, préalable indispensable à toute
réorganisation ;
Vous vous appuierez sur les orientations pour l'implantation et l'organisation des plateaux
techniques fonctionnant 24 heures sur 24 et incluant les disciplines nécessitant une permanence des
soins.
I. Territoires de santé et projets
médicaux de territoire : Éléments de méthode.
1.1.
Définition des territoires de santé
Le projet d'ordonnance de simplification de la
planification, du droit des autorisations et des coopérations actuellement en
cours d'examen en Conseil d'État, remplace les secteurs sanitaires par la
notion de territoire de santé et les conférences sanitaires de secteur par les
conférences sanitaires. L'objectif d'une telle réforme est de permettre
d'identifier des territoires pertinents pour l'organisation des soins dont les frontières
peuvent se situer si nécessaire « à cheval » sur plusieurs départements ou
régions.
Je
souhaite attirer votre attention sur trois démarches distinctes et
complémentaires en matière de territorialisation.
a) Des territoires de santé pour la planification de
l'offre
Dans
le cadre du projet d'ordonnance de
simplification de la planification, il vous est demandé de définir au sein
de l'annexe au SROS la cartographie des
activités de soins par territoire. Sur chaque territoire, et pour chaque
activité, vous préciserez les objectifs quantifiés à atteindre sur la durée du
SROS, sur la base d'un décret qui fixera les conditions de détermination de ces
objectifs.
Vous
pourrez définir des territoires différents par activité. Ainsi, la cartographie
de la médecine pourra donc être différente de celle de la chirurgie, de la
psychiatrie ou des soins de suite et inclure une véritable graduation des soins
au sein de chaque discipline. Toutefois, en vue d'assurer une cohérence territoriale entre toutes les activités de plateau
technique (voir supra), les territoires pour les activités de chirurgie,
anesthésie, obstétrique, pédiatrie, imagerie et biologie pourront être les mêmes
et se recouper complètement.
Sur
chaque territoire et pour chaque activité, vous établirez une graduation des soins précisant les
complémentarités et les coordinations à mettre en place. La graduation des
soins permet en effet d'identifier
différents niveaux d'activité partant de la proximité et allant jusqu'au
niveau inter-régional, comme l'indique l'annexe à la présente circulaire.
Pour
établir cette cartographie, vous pourrez vous appuyer utilement sur les éléments méthodologiques figurant dans
l'annexe du rapport sur « territoires
et accès aux soins » et jointe à la présente circulaire. Outre les éléments
propres à la géographie physique et humaine, il est en effet intéressant
d'analyser les comportements de la population par rapport a l'offre de soins et
l'attractivité des structures.
b) Des territoires pour la concertation
Les
conférences sanitaires de secteur seront remplacées par des « conférences
sanitaires » dont il vous reviendra de définir le champ territorial. Il serait
intéressant que les conférences sanitaires deviennent de véritables lieux de
concertation, ayant vocation à contribuer aux projets médicaux de territoire
(voir supra).
Compte
tenu de la nécessité de ne pas multiplier à l'excès les lieux de concertation
et de rechercher une certaine taille critique, il serait souhaitable que les
conférences sanitaires s'inscrivent dans les territoires de santé que vous
aurez retenus pour les plateaux techniques.
c) Des territoires pour la proximité
Parallèlement
a une démarche de planification de l'offre de soins, il convient de participer à
l'identification de territoires d'accès aux soins de proximité ou de premier
recours, inscrits dans des territoires de santé plus vastes. Au sein même du
SROS, une articulation entre les
soins hospitaliers, ambulatoires et services médico-sociaux doit pouvoir faire
l'objet d'un travail particulier, en lien avec les institutions et organismes
compétents, préfets de département, élus locaux, ordres professionnels,
assurance maladie.
Cette
démarche consiste a identifier des territoires pour le premier recours aux soins impliquant les généralistes, les
infirmiers libéraux, les pharmaciens et sur
lesquels s'organise la permanence des soins. Ce premier niveau ne doit pas
non plus être trop petit et doit évoluer vers un exercice plus collectif et
interprofessionnel qui permet d'assurer
des services polyvalents et coordonnés et une continuité de la prise en charge que les praticiens isolés ont de
plus en plus de difficulté à assurer.
Ce niveau de proximité doit permettre de conjuguer les
réponses à apporter aux besoins de la population tant sur le plan des soins que
sur celui de la prévention, de la réinsertion et de la réadaptation. En milieu rural, on peut y trouver
aussi des hôpitaux locaux et les
services médico-sociaux quand ils existent. Ce niveau est particulièrement
important pour les personnes âgées et
les personnes handicapées, qui doivent pouvoir bénéficier d'une prise en
charge coordonnée sanitaire, médico-sociale et sociale, dans le cadre de réseaux de santé.
1-2
Élaboration et contenu d'un projet médical de territoire en réponse aux besoins
d'une population et élaboré en lien avec les établissements et professionnels
Un
des grands enjeux auquel nous devons répondre est de mieux prendre en compte la dimension territoriale dans les SROS, de
mieux associer les établissements et
professionnels et susciter une véritable animation pour leur mise en oeuvre
au sein de chaque territoire de santé. Les établissements
et professionnels de santé doivent en effet au sein de chaque territoire de
santé être les acteurs d'un projet
médical qui implique qu'ils coopèrent entre eux. Par ailleurs, l'allocation
régionale des ressources doit pouvoir s'appuyer sur ces projets de territoire.
1-2-1 Un projet médical de territoire
qui permet de contractualiser des coopérations
Le
projet médical de territoire est un document évolutif qui contribue à l'élaboration du SROS et qui est amendé après
l'adoption de ce dernier pour en traduire les orientations stratégiques sur
un plan opérationnel. Il donne lieu à une animation
par les professionnels et établissements de santé du territoire et à un
suivi débouchant sur une évaluation. Il précise les coopérations nécessaires.
a) Contribution à l'élaboration du SROS
Le
SROS fixe les grandes orientations
stratégiques de l'évolution de l'offre de soins à la fois sous l'angle de
l'implantation des activités et des coopérations à mettre en place. Il importe
qu'en amont du SROS, les établissements de santé et professionnels qui
travaillent au sein d'un même territoire
de santé puissent transmettre à
l'ARH des propositions stratégiques pour l'évolution de l'organisation des
soins sur les principales activités de plateau technique et si possible pour
les activités de proximité, en particulier la prise en charge des personnes
âgées. Des groupes de travail peuvent être mis en place pour chaque activité
concernée par le SROS sous l'impulsion de l'ARH, au sein des conférences
sanitaires si leur configuration s'y prête, en faisant appel en tant que de
besoin aux sociétés savantes.
b) Animation du projet médical de
territoire et contribution a l'évaluation du SROS
Une
fois le SROS adopté, le projet médical
de territoire, , en constituera la déclinaison
permettant de décrire, de manière plus détaillée que dans le SROS, les
réponses apportées par les acteurs de santé, publics, privés et libéraux pour couvrir les besoins de santé de la
population.
L'ARH favorisera ensuite une animation du projet médical de territoire, qui pourra avoir pour
cadre la conférence sanitaire et qui
devra en tout état de cause associer les
établissements publics et privés et les professionnels de santé contribuant
à la définition des modalités précises de mise
en oeuvre du projet médical de territoire et à son suivi.
Le
projet médical peut ainsi prendre, sur la base des orientations stratégiques
définies dans le SROS, la forme d'un plan
d'actions pour le territoire qui donne lieu à évaluation. Cet espace
d'animation territoriale de l'organisation des soins doit en effet aussi
initier une évaluation partagée du SROS qui
est transmise ensuite à l'ARH et permet le cas échéant de nourrir la révision
du SROS.
c) Contractualisation et coopérations
sur le territoire de santé
Le contrat d'objectifs et de moyens de
chaque établissement de santé, voire dans certains cas commun à plusieurs
établissements, doit servir de
support à la mise en oeuvre de cette démarche, où objectifs et moyens sont
discutés sur la base de la contribution
de chacun au projet médical du territoire, déclinaison du SROS.
Cette
démarche suppose également de développer
des coopérations entre établissements publics, privés et professionnels de
santé libéraux. Dans un certain nombre de cas, cette coopération doit pouvoir
favoriser la constitution d'équipes
communes permettant de mieux prendre en compte les complémentarités et la contrainte de la démographie médicale et d'organiser la permanence des soins.
Le
projet médical de territoire doit préciser le mode de coopération médicale
choisi par les praticiens du territoire et sous
quelle responsabilité médicale s'effectue cette permanence. Il est
souhaitable que les équipes des sites qui font appel a des praticiens des
établissements pivots soient intégrées dans une seule et même équipe, sous la responsabilité du chef de service
de l'établissement pivot.
Il
est intéressant dans ce cadre de développer l'exercice pluri-établissements des praticiens hospitaliers à
partir de leur rattachement à une équipe commune exerçant sur plusieurs
établissements.
Dans
le cadre d' « hôpital 2007 », le nouveau régime juridique des coopérations
facilitera ce type de démarche.
1-2-2 Le projet médical permet l'allocation
des ressources humaines dans le secteur public en fonction des activités
décrites dans le projet
Ce
sont les équipes des établissements les
plus chargées en termes d'activité et les plus pertinentes par rapport aux
besoins de la population, qui doivent être en priorité renforcées.
L'organisation des activités dans le cadre des projets de territoires doit être
suivie d'un rééquilibrage des ressources.
Ainsi, l'allocation des ressources devrait être après concertation au plan régional
prioritairement corrélée avec le travail
de réorganisation des plateaux techniques et activités de soins, dans le
cadre des projets médicaux de
territoire, et avec l'amélioration
de l'organisation interne au sein des établissements.
L'allocation des ressources, notamment
médicales, ne doit pas être automatiquement définie en
fonction d'une organisation existante et
au prorata des effectifs.
1-3 Éléments
de méthode pour la communication avec les élus, les associations des usagers et
la population lors de la révision du schéma régional d'organisation sanitaire
La
partie précédente insistait sur la nécessité de travailler avec les
établissements de santé et les professionnels le projet médical de territoire
et de leur demander d'être force de proposition pour l'élaboration du SROS et
sa mise en oeuvre opérationnelle.
Une
communication suffisamment en amont avec les élus et la population sur les
projets de territoires et les réorganisations le cas échéant induites est tout
autant indispensable. Des actions d'information et des échanges approfondis
avec la communauté politique doivent avoir lieu bien avant la réalisation des projets. Les représentants
associatifs doivent se voir reconnaître comme interlocuteurs de l'ARH à
l'échelon régional et sectoriel.
Les
conférences sanitaires peuvent constituer des lieux d'échange et de proposition
pour l'élaboration de projet médicaux de territoire à l'échelon des bassins de
population dès lors qu'elles pourront associer des représentants des usagers,
des professionnels de santé libéraux et des représentants du secteur
médico-social. Les textes réglementaires seront prochainement modifiés en ce
sens.
a) Associer
des usagers d'horizons divers et en nombre suffisant
Afin de tendre vers cet objectif de représentativité
il apparaît donc nécessaire de prendre
en compte l'ensemble du paysage associatif, même s'il existe dans certaines
régions à faible densité de population une réelle difficulté à trouver des
participants en nombre suffisant.
Il est souhaitable d'impliquer à la fois des
associations défendant les usagers atteints d'une pathologie particulière, des
associations généralistes et de ne pas exclure la représentation des
associations de victimes. Les usagers membres des conseils d'administration des
établissements doivent être également associés en veillant à la diversité des
personnes et des associations.
La
participation doit permettre d'associer l'ensemble des associations présentes
dans la région afin de ne pas écarter
d'emblée certaines associations et de permettre la représentation d'usagers la
plus large possible dans les groupes de travail mis en place.
A cet égard, il convient de veiller à ce que les
personnes participant à la révision du SROS puissent être suppléées en cas
d'absence, voire relayées. En effet, l'un des obstacles évoqué de manière
récurrente à la participation des usagers est leur manque de disponibilité eu
égard aux exigences de l'objectif de révision des schémas.
b) Modalités d'association des usagers a la révision
des schémas régionaux d'organisation sanitaire
Les usagers doivent être associés à toutes les étapes
de l'élaboration du SROS : état des lieux, choix des priorités régionales et
des priorités territoriales, annexes opposables, suivi et évaluation.
Les représentants des usagers doivent être impliqués
dans la révision des SROS à l'échelon régional au sein d'un comité régional des usagers pérenne. Ce
comité doit pouvoir être consulté à chaque étape de la révision et émettre des
avis écrits sur les orientations régionales en matière d'organisation des
soins.
Par ailleurs, il est préconisé également d'associer
les usagers à la réflexion menée à l'échelon infrarégional, notamment dans le
cadre des conférences sanitaires ou
leur présence est fortement souhaitable.
La
reconnaissance de la place des usagers nécessite un accès à la formation et
l'indemnisation des représentants. L'organisation
d'un ou plusieurs séminaires de
formation permet un plus grand investissement des usagers dans la démarche
participative qui leur est demandée.
L'identification
d'un référent au sein de l'Agence pour répondre aux interrogations des associations sur le système de soins, les orienter et
des les accompagner tout au long du processus de révision du SROS est un
élément facilitateur pour l'ensemble de la démarche. La participation active
des représentants des usagers ne peut se
concevoir sans indemnisation des transports et du temps de présence, à prévoir
par l'ARH. Il est également préconisé, dans la mesure du possible, de tenir les
réunions à des heures compatibles avec la vie professionnelle des bénévoles.
2/ Ces projets médicaux s'appuient sur une coopération
et une graduation des plateaux techniques et sur le développement de l'accès
aux soins de proximité
Pour que les projets médicaux puissent se mettre en place,
il est indispensable de bien définir l'organisation et l'implantation des
plateaux techniques. En effet, compte tenu des impératifs de sécurité sanitaire
et d'une juste répartition des ressources, l'ensemble de la gamme des plateaux
techniques ne peut être systématiquement présente sur chaque territoire. Cette
organisation repose sur des coopérations
formalisées entre acteurs de santé et doit tenir compte des perspectives de liaison entre
établissements ouvertes par la télésanté grâce aux nouvelles technologies
de l'information et de la communication. Il est indispensable d'associer les sociétés savantes présentes
au plan régional aux travaux de révision de l'implantation des plateaux
techniques et, plus généralement, de suivre les méthodes indiquées en première
partie de la présente note.
2-1
Principes généraux d'implantation et d'organisation des plateaux techniques
2-1-1
Définition du plateau technique
La présente circulaire a été rédigée sur la base du rapport consacré au dernier semestre
2002 a l'organisation et l'implantation
des plateaux techniques. Il convient de s'y rapporter en particulier pour
l'organisation du bloc opératoire et des différentes disciplines
médico-techniques. Un bref résumé permet de souligner particulièrement les
points figurant ci-dessous.
Le plateau
technique inclut la chirurgie,
l'obstétrique, la pédiatrie, l'anesthésie-réanimation, les explorations
fonctionnelles et les disciplines interventionnelles, l'imagerie et la
biologie, dans une perspective d'accès
a des soins de qualité 24 heures sur 24 pour la population du territoire
qu'il dessert.
2-1-2 Une nécessaire
évaluation des risques a maintenir ou ne pas maintenir une activité
Il convient dans le cadre du projet médical du territoire de faire apparaître l'ensemble des
disciplines du plateau technique et d'identifier les champs d'intervention des établissements et de leurs équipes ainsi
que les modalités de recours et de
transfert entre eux et en lien avec
d'autres établissements qui peuvent être régionaux ou inter-régionaux. Cela
suppose de mener une réflexion dynamique
sur les missions, activités et ressources de l'ensemble des établissements du
territoire. Dans ce cadre, une
évaluation des risques a maintenir ou ne pas maintenir certaines activités ou
segments d'activités doit être menée et peut conduire à des reconversions
d'établissements.
Pour assurer la
qualité et la sécurité des soins du plateau technique 24 heures sur 24 et l'attractivité des
postes hospitaliers, il importe de ne mobiliser des ressources médicales et
paramédicales que si l'activité le justifie, sauf exception géographique
avérée, et de mutualiser les permanences
du secteur public et développer les coopérations avec le secteur privé pour
mettre en place une organisation générale et globale des permanences.
De nombreux
sites ont aujourd'hui une activité nocturne très limitée et mobilisent des
ressources qui seraient plus utiles ailleurs. La réévaluation de l'implantation
des plateaux techniques doit amener à
privilégier les sites réellement utiles à l'organisation des soins.
Parallèlement, les équipes de bloc opératoire et plus généralement des disciplines fonctionnant 24 heures sur 24 doivent être renforcées de
manière à pouvoir mener à bien leurs missions dans de bonnes conditions, et à
faire face à des surcharges liées à des transferts d'activité non prévues.
L'implantation des plateaux techniques doit garantir à la population du
territoire l'accès à des équipes
compétentes, disponibles 24 heures sur 24, et réactives aux situations d'urgence. Lorsque cela ne peut pas être
le cas pour des nécessités d'ordre géographique, le projet médical du
territoire doit prévoir l'accès aux
moyens possibles de télésanté et aux transports d'urgence (dont SMUR et hélicoptère),
permettant un transfert dans des conditions de rapidité et de sécurité, ou un
renforcement de moyens, saisonnier ou permanent selon les cas.
2-2
Réévaluation de l'implantation, coopération et organisation des plateaux
techniques, activité par activité
D'importants efforts ont déjà été consacrés à l'amélioration des coopérations entre
établissements publics, d'une part, publics et privés, d'autre part et à la
recomposition de l'offre. Ces efforts doivent être poursuivis et amplifiés pour
renforcer les complémentarités et les
projets communs entre établissements qui peuvent passer notamment par des
groupements de coopération sanitaire, des fusions, ou de simples conventions.
Dans un certains nombre de territoires, la
coopération public/privé est le seul moyen de maintenir un accès aux soins pour
la population concernée, par une complémentarité voire la mise en place
progressive d'équipes communes.
2-2-1 En matière
de chirurgie
a) Chirurgie
L'on constate une forte inégalité territoriale d'implantation des structures, des écarts importants d'effectifs de
chirurgiens par million d'habitant, une démographie médicale particulièrement difficile, une pratique de la chirurgie générale et
polyvalente qui diminue fortement pour laisser place à une spécialisation
croissante des activités de chirurgie et l'évolution des techniques vers plus d'explorations et moins de gestes
invasifs. Par ailleurs, le maintien
des compétences dans cette discipline est d'abord lié à l'activité et au cadre dans lequel on exerce. Enfin, il est indispensable d'offrir aux praticiens
non seulement un certain niveau
d'activité mais aussi une répartition entre interventions programmées et non programmées qui ne soient pas au
détriment des premières. L'attractivité
des postes en dépend.
Compte tenu de ces données, il est recommandé de faire
évoluer les sites de chirurgie qui ont
une activité annuelle inférieure à 2000 interventions'[1]
avec anesthésie (source SAE) vers des disciplines comportant des besoins avérés
pour la population tels que les soins
de suite et la médecine, sauf si des raisons d'ordre géographique
justifient leur maintien, après une évaluation rigoureuse des risques. Pour les
sites dont l'activité est supérieure mais qui connaissent également
d'importantes difficultés, la sécurité des soins impose qu'une analyse soit conduite
pour évaluer la nécessité de maintenir l'activité de chirurgie.
b) Chirurgie ambulatoire
Il importe de développer
ce mode de prise en charge, qui favorise le maintien à domicile et
correspond aux attentes d'un certain nombre de patients, à la bonne
utilisation des ressources, en particulier dans les établissements publics ou
cette activité représente encore une part très faible de la chirurgie. Cet
objectif gagne à figurer dans les axes
stratégiques du SROS (volet chirurgie) et nécessite que chaque
établissement concerné conçoive un projet médical mettant en place une
organisation interne distincte débouchant sur un circuit particulier pour le
patient et une prise en charge adaptée avant et après l'intervention.
2-2-2 En matière
d'obstétrique
Il convient de distinguer l'accès en proximité a un suivi pré et post-natal qui doit être
garanti aux femmes enceintes de l'accès à
des sites d'accouchement qui nécessite que la sécurité de la mère[2]
et de l'enfant soit assurée 24 heures sur 24 par des équipes compétentes, disponibles
en permanence et réactives à l'urgence dans
les disciplines de gynécologie obstétrique, anesthésie réanimation, pédiatrie
et chirurgie. Pour cette dernière activité, une coopération avec un établissement très proche peut permettre de
ne pas disposer en propre d'un service de chirurgie
à condition qu'un chirurgien, capable de répondre aux urgences vitales
maternelles, puisse intervenir rapidement.
Un réel progrès
en matière de sécurité de l'accouchement et d'amélioration de la prise en
charge de la grossesse est atteint
avec la mise en place de réseaux qui
relient l'ensemble des acteurs impliqués dans cette prise en charge pour la
continuité et la sécurité des soins et développe l'évaluation interne des
pratiques, suscitant actions correctrices de fonctionnement et formations
partagées.
2-2-3 En matière
de pédiatrie
La prise en charge de l'enfant et de l'adolescent
suppose l'identification d'une véritable
filière au sein des établissements de santé des l'accueil et jusqu'a la
sortie qui permette des soins adaptés et associe les familles. Les SROS devront à moyen terme intégrer un
volet consacré à l'enfant et l'adolescent, faisant le lien avec la
pédopsychiatrie. Le projet médical territorial prendra en compte la pédiatrie
dans toutes ses spécificités et
organisera une permanence des soins à l'échelle du territoire incluant tous les
pédiatres publics et les libéraux volontaires.
S'agissant de la chirurgie
pédiatrique, programmée, l'activité, très large et diverse nécessite d'être
organisée selon une graduation en trois niveaux tels que définis par le rapport
cité plus haut.
2-2-4 En matière
d'anesthésie
L'accent doit être placé en particulier sur
l'amélioration du fonctionnement du bloc opératoire, qui est un outil collectif
utilisé par les professionnels de différentes disciplines. La programmation opératoire concertée, la
charte de bloc[3], et la mise en place d'outils de pilotage et de suivi sont
des procédures essentielles pour une meilleure efficience des blocs et par conséquent une meilleure utilisation des ressources humaines.
Partant de cette amélioration du fonctionnement, l'anesthésie qui constitue une
discipline-clé au sein des blocs doit s'intégrer au processus de projet médical
territorial devant conduire à réévaluer l'implantation des équipes de blocs
et organiser leur mutualisation pour une permanence des soins mieux organisée.
2-2-5 En matière
d'imagerie
La circulaire du 24 avril 2002 a défini des
recommandations pour l'implantation des équipements d'imagerie en coupe, selon
une graduation partant de l'établissement de proximité jusqu'à l'établissement
régional. Il est indispensable
d'intégrer l'imagerie dans l'approche globale des plateaux techniques incluant
la participation des radiologues à la permanence des soins.
Les coopérations
doivent être encouragées pour permettre aux patients et aux radiologues l'accès
aux techniques les plus adaptées. La participation
à la permanence radiologique doit faire partie du cahier des charges de la
demande d'autorisation des équipements d'imagerie.
2-3
Nécessité de développer l'accès aux soins de proximité et de renforcer le
maillage des transports sanitaires
La réorganisation des plateaux techniques et
l'évolution vers plus de concentration de la chirurgie en particulier rend d'autant
plus indispensable le renforcement des transports sanitaires et la gestion en
proximité d'activités qui se situent en amont et en aval du plateau technique.
2-3-1
Renforcer les transports sanitaires et organiser des filières directes pour
transférer les patients au bon endroit sans perte de chance
La réorganisation
des plateaux techniques implique de repenser avec les SAMU les transports sanitaires dans le souci
de garantir aux usagers une sécurité et une équité dans l'accès aux soins 24 heures 24. Il convient d'assurer
un maillage renforcé et équitablement réparti sur le territoire. Les
ambulances, les SMUR et les moyens héliportés, publics ou privés, doivent être selon les besoins développés et répartis en
tenant compte de l'accessibilité géographique et des délais de transfert.
L'organisation
et la répartition territoriale des transports sanitaires, médicalisés ou non,
doit être articulée avec le SROS, en
s'appuyant sur les complémentarités des transporteurs publics et privés et
tenir compte des recompositions d'activités sanitaires sur le territoire.
Dans le cadre de cette réflexion sur les transports
sanitaires, il est indispensable
d'organiser le transfert direct et immédiat des patients présentant des
pathologies spécifiques vers les plateaux techniques disposant des compétences
et des équipements requis et au sein desquels ils doivent être admis
directement. Leur chance de survie en
dépend.
L'exemple de
l'infarctus du myocarde est significatif et mérite d'être traité de manière
spécifique. La base PMSI montre pour
l'année 1999, que la mortalité globale est en moyenne de 8,3% et atteint
jusqu'a 17% dans les établissements traitant moins de 20 cas par an.
Le fait est connu et un travail américain récent a
observé le même phénomène. La prise en
charge médicalisée précoce conditionne grandement le pronostic ; elle
permet la mise en route du traitement
thrombolytique et la conduite vers
un centre possédant un plateau technique adapté pour les explorations
coronaires ouvert 24h/24h. En conséquence, il est indispensable
d'identifier ces centres, d'en examiner l'implantation en fonction du volume
d'actes qu'ils ont à connaître et des équipes de plateau technique.
La même situation est à envisager en ce qui concerne la prise en charge des accidents
vasculaires cérébraux (AVC) et des blessés médullaires et traumatisés crâniens et leur conduite vers un plateau technique adapté. Une
circulaire est en cours de publication pour la mise en place de filières
organisationnelles dédiées aux AVC et sera suivie à l'automne d'un texte sur la
filière de prise en charge des traumatisés crâniens.
Ce sont des exemples de vraies urgences
médico-chirurgicales dont le pronostic est directement lié a la rapidité et à
la qualité de la prise en charge et au transfert direct vers le centre
spécialisé.
2-3-2 Le
nécessaire développement de l'accès aux soins de proximité
Comme cela a déjà été dit dans la première partie de
la présente note, il importe de définir le bon niveau de prise en charge pour
chaque activité de soins. La révision des SROS et l'élaboration des projets
médicaux de territoire, qui en constituent la déclinaison, doivent bien sur
également intégrer les activités qu'il
convient d'offrir en proximité.
Parmi ces activités, il est particulièrement important
d'insister sur le développement de la
médecine et des soins de suite médicalisés et de faire progresser la prise en
charge des personnes âgées, face à l'enjeu majeur de santé publique que
constitue le vieillissement de la population.
Un constat est actuellement effectué sur le manque ou l'insuffisance de lits d'hospitalisation
de médecine, de consultations de
médecine non programmées et d'hospitalisation
à domicile. Il vous est demandé de veillé à ce que les projets médicaux de
territoire permettent de combler ces manques et de mieux répondre aux besoins de proximité. Une circulaire vient d'être
signée le 28 mai sur le développement de l'hôpital
local qui s'inscrit pleinement dans cet objectif.
Parallèlement, il s'agit de développer les
articulations et partenariats avec la
médecine ambulatoire, les services
et établissements sociaux et médico-sociaux pour une prise en charge des
patients à proximité de leur domicile, lorsqu'ils sont de retour d'une
hospitalisation en court séjour. Dans cette perspective, les réseaux de santé consacrés à la prise en
charge des personnes âgées doivent être appuyés et soutenus financièrement.
C'est aussi la
prise en charge du retour des plateaux techniques hospitaliers qu'il
convient de prévoir précisément en associant les réponses sanitaires, médico-sociales et sociales. Ce rôle est de plus en
plus important au fur et a mesure que les durées de séjour se raccourcissent et
que la médecine de ville doit prendre un relais précoce, en lien avec des
services d'aide à domicile ou dans le cadre de maisons de retraite. Des
consultations avancées de spécialités peuvent être organisées à ce niveau de
proximité.
*
* *
Sur l'ensemble de la démarche, la prise en compte des
territoires d'accès aux soins dans le SROS, le projet médical de territoire en
déclinaison du SROS, le développement de la participation des usagers et de la
concertation avec les élus, la modernisation et la sécurisation des plateaux
techniques et le développement des activités de proximité, je vous demanderais
de bien vouloir me remettre un rapport d'étape sur les conditions et le
calendrier de. mise en oeuvre avant la fin de l'année 2003.
[1] 2000 interventions annuelles correspondent a environ 1500 séjours chirurgicaux PMSI
[2] En effet, selon le rapport national sur la mortalité
maternelle de mai 2001, les hémorragies du 3eme trimestre et en
particulier de la délivrance, constituent la
cause la plus fréquente des décès maternels qui auraient pu être évités à 87% s'il
n'y avait eu perte de temps liée à un diagnostic trop tardif ou des lignes de
conduite inadéquates.
[3]
Cf circulaire DH/FHn°2000-254 du 19/5/2000
relative a la mise en place des conseils de bloc opératoire dans les
établissements publics de santé