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Réunion du 15 février 2005

Accord-cadre national Antibiotiques

 

Participants

 

Michel ARENAZ : DSS

Jean-Michel AZANOVSKY : DGS/SD5A

Anne-Carole BENSADON : DHOS

Yonnick BEZIE : FEHAP

Isabelle CATTANEO : Conférence des Présidents de CME de PSPH

Alexandra FOURCADE :  DHOS

Emmanuel GOMEZ : CNAMTS

Bernard GOUGET : FHF

Françoise JUNGFER : DHOS/SDE

Jean-Noël MARZO : Conseil national de l’ordre des pharmaciens

Jean POUILLARD : Conseil national de l’ordre des médecins

Dominique RAVINET : CNAMTS

Michelle RICATTE : CNAMTS

Christine RIEU : DHOS/SDE/E2

Nathalie ROUQUETTE : FEHAP

Valérie SALOMON : DHOS/E2

Jean-Louis SCHMUTZ : Conférence des Présidents de CME de CHU

Jean-Paul STAHL : Président de la Société de pathologie infectieuse de langue française (SPILF)

Véronique SUC : FHP

Jean-Louis VIDANA : DHOS

 

Excusés :

 

Gilles  BEAUCAIRE : Président du CTNIILS

Edouard BICHIER : Conférence des Présidents de CME de CH

Delphine CARON : FNCLCC

Bernard GARRIGUES : Conférence des Présidents de CME de CH

Didier GUILLEMOT : Expert

Michel MARTY : CNAMTS

Pascal PFISTER : CNAMTS

Marie-Claude  SAUX : Présidente de la Société française de pharmacie clinique (SFPC)

Benoît SCHLEMMER : Comité de suivi du plan antibiotiques

 

Plusieurs des personnes excusées ont envoyé des messages électroniques ou appelé pour demander différentes modifications au projet de trame d’accord cadre envoyé aux participants avant la séance. Ces propositions ont fait l’objet de discussion en séances et ont, le plus souvent, été prises en compte dans cette nouvelle rédaction.

 

 

 

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Accord-cadre national

Antibiotiques

Projet

 

 

1. Préambule

 

Cet accord cadre porte spécifiquement sur les antibiotiques. L’amélioration de la prescription des antibiotiques, en ville comme à l’hôpital,  et plus généralement des autres médicaments anti-infectieux (antifongiques et antiviraux) constitue un enjeu majeur. Différents dispositifs existent déjà pour atteindre cet objectif. Les antibiotiques font l’objet d’un plan ministériel pour  préserver leur efficacité et le plan national de lutte contre les infections nosocomiales souligne l’intérêt de la promotion du  bon usage des antibiotiques à l’hôpital. Le contrat de bon usage des médicaments et produits et prestations mentionné à l’article L.162-22-7 du code de la sécurité sociale vise notamment un objectif d’amélioration de la prescription des médicaments. En outre, l’AFSSAPS a publié en septembre 2004 les fiches de transparence «  médicaments infectieux et pathologie communautaires ». L’ANAES, dès 1996, avait publié des recommandations sur le bon usage des antibiotiques à l’hôpital. Enfin, le référentiel d’accréditation de l’ANAES dans sa version 1 et le référentiel de certification de la Haute Autorité de Santé comportent une référence spécifique sur le bon usage des antibiotiques.

 

Toutes ces dispositions  concourent à la promotion d’un meilleur usage des médicaments anti-infectieux dans un souci d’amélioration de la qualité des soins, à l’aide d’outils cohérents et complémentaires. Les médicaments antifongiques et antiviraux ne sont pas concernés par cet accord.

La France est en effet l’un des pays d’Europe où la consommation d’antibiotiques à l’hôpital est la plus importante avec 3,9 Doses Définies Journalières (DDJ) pour 1000 habitants, ce qui correspond à près de 10% des ventes totales d’antibiotiques (ville et hôpital). Sur les 90% des dépenses de ville, 7,9% correspondent à des prescriptions hospitalières. La consommation globale d’antibiotiques, très élevée en France est probablement un facteur qui concourt aux taux élevés de résistance bactérienne aux antibiotiques constatés en ville comme à l’hôpital.

 

Compte tenu de l’enjeu de santé publique que représente le bon usage des antibiotiques, l’amélioration des pratiques dans ce domaine constitue une priorité. 

 

 

2. Champ :

 

Acteurs : ensemble des praticiens (cliniciens, biologistes, pharmaciens, odontologistes), Commission Médicale d’Etablissement, Commission du Médicament et des Dispositifs Médicaux Stériles (COMEDIMS), Commission des Antibiotiques quand elle existe, Comité de Lutte contre les Infections Nosocomiales (CLIN), Pharmacie à Usage Intérieur (PUI), Unités opérationnelles d’hygiène hospitalière. 

 

            Thème : bon usage des antibiotiques en établissement de santé

 

 

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3. Objectif médicalisé d’évolution des pratiques : Améliorer la qualité de prescription des antibiotiques (antibiothérapie prophylactique et curative) en établissement de santé et préserver  leur efficacité

 

4. Référentiels validés par la Haute Autorité de Santé sur lesquels s’appuie cet accord

· Pour les établissements soumis à la version 1 du manuel d’accréditation

Une structure interne à l’établissement est chargée d’étudier les modalités d’utilisation des antibiotiques en relation avec le CLIN ou équivalent.

Des recommandations concernant la prescription des antibiotiques pour l’antibiothérapie et l’antibioprophylaxie sont émises.

Un suivi annuel des consommation d’antibiotiques pour l’établissement et par secteur d’activité est assuré.  

La consommation des antibiotiques est confrontée à l’évolution de la résistance bactérienne.

 

· Pour les établissements soumis à la version 2

Le bon usage des antibiotiques, dont l’antibioprophylaxie, est organisé.

Le bon usage des antibiotiques requiert une réflexion collective au sein de l’établissement (dans le cadre notamment de la commission du médicament et des dispositifs médicaux stériles). Il vise l’efficacité pour le patient, la prévention des résistances et l’efficience. Il repose sur le respect des recommandations professionnelles, la formation, le conseil thérapeutique, le suivi des bactéries multirésistantes, la confrontation entre la consommation d’antibiotiques et les données bactériologiques

 

5. Références et outils facilitant l’atteinte de l’objectif précité

 

Recommandations de l’ANAES de 1996 sur le bon usage des antibiotiques à l’hôpital

Fiches de transparence «  médicaments anti- infectieux et pathologies communautaires » septembre 2004

Conférence de consensus de mars 2002 de la Société de Pathologie Infectieuse de Langue Française : « Comment améliorer la qualité de l’antibiothérapie  dans les établissements de soins ».

Extrait de l’étude des traitements antibiotiques à partir de l’enquête de prévalence 2001, annexe 2 pages 31,32,33, guide de l’enquêteur

Xx

 

6. Objectif quantifié :

 

La réduction de l’usage des antibiotiques permet de diminuer l’exposition de la population aux antibiotiques et constitue  un déterminant essentiel de la maîtrise de la résistance bactérienne aux antibiotiques. La réduction de l’utilisation inappropriée des antibiotiques participe à l’atteinte de cet objectif. 

 

Dans un souci de cohérence avec la médecine de ville, on tendra vers un objectif global en volume d’évolution de la consommation des antibiotiques fixé à x%

 

7. Indicateurs visant à s’assurer des efforts réalisés pour favoriser l’atteinte des objectifs

           

· Mise en place d’un protocole de bon usage des antibiotiques

 

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· Consommation d’antibiotiques en volume pour 1000 journées d’hospitalisation en différenciant médecine/ chirurgie / obstétrique/ réanimation/ soins de suite et de réadaptation /soins de longue durée 

 

La quantité d'antibiotiques prescrits dans une structure de soins est un des indicateurs de la politique de prescription. Cet indicateur est complété par un indicateur en euros de façon à modéliser,  la nature des molécules prescrites .  

 

· Consommation d’antibiotiques en euros pour 1000 journées d’hospitalisation en différenciant médecine/ chirurgie / obstétrique/ réanimation/ soins de suite et de réadaptation /soins de longue durée 

 

En fonction de la capacité des systèmes d’information des établissements, un autre indicateur pourra être suivi, (cf guide pour le suivi de l’usage des antibiotiques en ville et à l’hôpital) :

Nombre de Doses Définies Journalières par an et pour 1000 journées d’hospitalisation

Afin de corréler simplement les modifications de prescription avec le type de patients pris en charge, chaque établissement concerné sera son propre témoin.

 

8. Dépenses évitées par l’assurance maladie

 

L’intéressement se fonde sur les dépenses évitées par l’assurance maladie que sont :

 

- les dépenses évitées du fait d’un changement de pratiques concernant les prescriptions de sortie et les prescriptions en consultations externes ;

 

- les dépenses évitées du fait d’un changement de pratiques intra hospitalières qui conduirait à une diminution de consommation des antibiotiques observée au niveau national, et à une baisse des tarifs nationaux des Groupes Homogènes de Séjours.

 

D’autres dépenses peuvent être évitées par l’assurance maladie du fait d’un changement de pratiques en matière de prescription des antibiotiques. Elles sont citées ici pour mémoire dans la mesure où elles ne sont pas mesurables et ne peuvent donc servir de base à un intéressement des établissements. Il s’agit :

 

- des dépenses liées au changement de GHS si une complication liée à un mésusage des antibiotiques amène à un changement de classement du malade ;

 

- des dépenses liées au paiement d’un supplément pour séjours longs si une complication liée à un mésusage des antibiotiques amène à un dépassement de la borne de durée de séjour pour un GHS donné ;

 

- des dépenses liées à l’apparition de résistances bactériennes en ville et à l’hôpital quand ces résistances entraînent un alourdissement évitable du case mix.

 

 

 

 

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Mesure des dépenses évitées

 

· Dépenses évitées du fait d’un changement de pratiques concernant les prescriptions de sortie et les prescriptions en consultations externes

 

Pour un établissement donné ayant signé un accord :

 sélection des feuilles de maladie avec mention du nom de l’établissement et une prescription de sortie ou de consultation externe comportant des antibiotiques.

calcul de l’écart de coûts de prescription en euros entre l’année (n) et l’année (n+1)

Pour la période sur laquelle est calculé cet écart, se reporter au paragraphe « chronologie de l’accord ».

 

· Dépenses évitées du fait d’un changement de pratiques intra hospitalières qui conduirait à une diminution de consommation des antibiotiques observée au niveau national et à une baisse des tarifs nationaux des Groupes Homogènes de Séjours.

 

Cet accord prévoit que les tarifs des GHS puissent être revus en fonction de l’impact des évolutions de pratiques sur les consommations d’antibiotiques. La prise en compte de cette diminution de consommation pour le calcul des tarifs ne pourra intervenir qu’à hauteur de 50% au maximum des dépenses évitées et à partir de 3 ans à compter de la signature de l’accord-cadre.  

 

 

9. Conditions et modalités de reversement aux établissements d’une partie des dépenses évitées

Suivi du référentiel présenté au point 4 du présent accord 

Production des indicateurs mentionnés au point 7 du présent accord visant à s’assurer des efforts réalisés pour favoriser l’atteinte des objectifs

Possibilité de contrôle externe des modalités mises en œuvre pour permette le suivi du référentiel et la production des indicateurs

Evaluation des dépenses évitées  par l’assurance maladie qui sont mesurables et intéressement de l’établissement à hauteur de 50%

Ce taux de 50% demandé par les professionnels et les fédérations représentatives des établissements tient notamment compte du fait que le reversement s’effectue sur les seules dépenses évitées par l’assurance maladie qui sont mesurables, ce qui conduit, pour des raisons techniques, à minorer le reversement potentiel aux établissements, d’où la volonté de se caler sur le taux plafond.

 

            Modalités de reversement : Les Agences régionales de l’hospitalisation effectuent le reversement aux établissements de santé signataires d’un accord local conformément à celui-ci en cohérence avec les dispositions prévues dans l’accord-cadre national.

10. Actions

            Information et formation:

des prescripteurs  sur le contenu des accords et sur le référentiel certification validé par la HAS, sur les références existantes, sur les outils utilisables, sur les systèmes d’information, sur les modalités de contrôle, sur les dépenses évitées par l’établissement du fait d’une amélioration de la prescription d’antibiothérapie.

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11. Engagement des signataires

 

Le ministre des solidarités, de la santé et de la famille, le secrétaire d’Etat à l’Assurance maladie, l’Union nationale des caisses d’assurance maladie et les fédérations nationales représentatives des établissements de santé signataires de l’accord-cadre national,  s’accordent sur la nécessité d’améliorer l’utilisation des antibiotiques à l’hôpital. Ils rappellent la finalité première de santé publique de cet accord qui est l’amélioration des pratiques en matière de prescription d’antibiotiques ce qui devrait se traduire par une réduction de l’utilisation inappropriée des antibiotiques. Ils s’engagent à faciliter les actions d’information relatives à cet accord dans un souci de cohérence et à mobiliser les différents acteurs concernés de façon à atteindre les objectifs envisagés .

 

 

12. Evaluation du dispositif 

 

            Une instance de suivi, composée notamment des signataires de l’accord, évaluera les modalités concrètes de mise en œuvre de ces accords. Elle procèdera notamment à une analyse quantitative et qualitative annuelle sur la base des données régionales (nombre d’établissements signataires d’un accord par statut, économies réalisées) qui seront transmises et effectuera un bilan national annuel à partir du traitement de ces données.

 

Les résultats seront communiqués le plus largement possible.

 

13. Durée de l’accord ; calendrier de mise en oeuvre

 

            Dès la signature de l’accord-cadre national, les accords locaux peuvent être à leur tour signés de façon à permettre la mise en œuvre concrète de ce dispositif. L’accord cadre national est conclu pour une durée de 3 ans et pourra faire l’objet d’ajustement en fonction des résultats des évaluations annuelles par voie d’avenant au présent accord.                       

 

            Calendrier de mise en œuvre :

1ère phase, pour les accords donnant lieu à un intéressement dès 2006 :

Signature de l’accord cadre national : avril 2005

                        Signature des accords locaux :  avril 2005 à septembre 2005

                        Sensibilisation des praticiens            : avril 2005 à septembre 2005

                        Mise en œuvre effective : septembre 2005 à décembre 2005

                        Intéressement en 2006

                        Pour l’intéressement en 2007, mise en œuvre de janvier 2006 à décembre 2006

 

 

2ème phase, pour les accords donnant lieu à un intéressement à partir de 2007 :

Signature au fil de l’eau d’accords locaux  dès la signature de l’accord-cadre national

                        Mise en œuvre effective :  janvier 2006 à décembre 2006

                        Intéressement en 2007

 

 

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14. Résiliation

 

            Cet accord peut être résilié par décision d’une des parties en cas de :

- non-respect grave et répété des engagements de l’accord du fait d’une des parties

- modification législative ou réglementaire affectant substantiellement les dispositions de cet accord

            La résiliation s’effectue par lettre recommandée avec avis de réception à tous les signataires de l’accord. Elle prend effet à l’échéance d’un préavis de 2 mois.