Peut-on
acheter un logement sans être mariés ?
Deux
personnes n'ont pas besoin du droit pour vivre ensemble. En revanche,
le droit va tôt ou
tard
s'intéresser à leur couple (séparation, partage,
décès, etc.), sans parler du fisc qui n'oublie jamais
de présenter sa note. C'est pourquoi dans les moments importants
de la vie, par exemple lors de l'achat d'un logement et de l'emprunt
bancaire ou familial qui l'accompagne, il faut bien s'informer avant
de s'engager. Le principe de base est que toutes les formes de conjugalité
permettent d'emprunter et d'acheter un logement. L'important est
de choisir la solution juridique et fiscale la mieux adaptée
à vos choix de vie. Acheter à deux sans être
mariés peut se faire de plusieurs façons.
Quelle
est la façon la plus simple d'acheter ensemble ?
Le
moyen le plus élémentaire est d'acheter « en
indivision ». Il suffit de décider, au moment de l'achat,
dans quelles proportions chacun des deux « indivisaires »
sera propriétaire (moitié/moitié ou une autre
répartition). Ce choix est définitif et toute modification
ultérieure de ces proportions nécessiterait un nouvel
accord et entraînerait des taxes. Lors de l'achat vous êtes
libre de fixer la quote-part de chacun dans cette indivision. Il
est donc essentiel de calquer cette répartition sur la participation
financière de chacun dans l'investissement total (prix d'achat
et frais annexes : commission d'agence, frais d'acte notarié,
frais d'emprunt.
Pour faire les calculs, on peut distinguer l'apport personnel et
les sommes empruntées. Pour l'apport personnel, le calcul
est souvent assez simple, il suffit de connaître le pourcentage
apporté par chacun à ce titre.
Pour la partie empruntée on constate l'usage de plusieurs
méthodes. Certains couples vont considérer que chacun
remboursera la moitié des échéances. D'autres
fixeront un autre pourcentage. Dans tous les cas, il ne s'agit que
d'une prévision car avec le temps la participation de chacun
dans le remboursement du prêt est susceptible de varier sous
l'effet de facteurs imprévus (hausse ou baisse de revenus,
perte d'emploi, maladie, autres ressources de dépenses, etc.).
Il est très important de bien noter que le changement de
participation dans le remboursement en cours de route n'a aucun
effet automatique sur les proportions fixées dans l'acte
d'achat. Parfois certains anticipent une future rentrée d'argent
personnel (donation par la famille, arrivée à terme
d'un plan d'épargne, déblocage d'une participation,
perception d'une prime, etc.) qui servira à rembourser une
partie du prêt par anticipation. Ce cas doit être géré
avec prudence car si les proportions d'achat sont fixées
en anticipant cette participation future et qu'elle n'a pas lieu,
la répartition deviendra injuste sans vraiment pouvoir la
modifier. Ne pas l'anticiper alors qu'elle aura lieu sera tout aussi
injuste. Par ailleurs la banque va exiger que chacun des indivisaires
s'engage pour la totalité du prêt. Ils seront débiteurs
solidairement.
Qu'est-ce
qu'une convention d'indivision ?
Si
l'on veut améliorer cette situation d'indivision et lui donner
une plus grande stabilité il est possible de conclure une
«convention d'indivision», pour une durée de
cinq ans maximum. Elle est renouvelable si les indivisaires le souhaitent.
Cette convention interdit, sauf motifs légitimes, de demander
le partage. En l'absence d'une convention d'indivision, chaque indivisaire
peut obliger l'autre à vendre et à partager le prix.
(Article 815 du Code civil :« Nul ne peut être contraint
à demeurer dans l'indivision. »). Par ailleurs en cas
de décès d'un indivisaire, ce sont les héritiers
qui prennent sa place dans l'indivision. Aussi, afin de protéger
le survivant face à des héritiers hostiles un testament
peut être envisagé. Toutefois avant de faire ce testament
sa conséquence civile et la facture fiscale seront à
évaluer aussi précisément que possible. N'oubliez
pas qu'entre concubins le taux des droits de succession est de 60
% et que le pacte civil de solidarité ne les réduit
qu'à 40 et 50 % !
Dans ce contexte, un contrat d'assurance vie conclu par le défunt
au profit du survivant l'aidera payer la note.
Et
la société civile (la SCI) ?
Si
l'on veut donner une plus grande stabilité à l'achat
et à la place de l'achat en indivision, il est possible de
constituer une société civile. Cette solution évite
certains inconvénients de l'indivision tel que le droit de
demander le partage. Elle permet aussi d'associer plus facilement
d'autres personnes dans l'opération d'achat. Ce seront, par
exemple les parents qui, pour aider leur enfant à acheter,
vont faire partie de la société civile et y apporter
leur contribution. La société est dirigée par
un ou plusieurs gérants et les décisions les plus
importantes sont prises par la collectivité des associé.
Rapide et facile à constituer, la société civile
n'est pas le remède miracle à tous les problèmes
mal peut être intéressante dans certaines situations.
Des clauses d'agrément bien étudiées peuvent
protéger les associés contre l'arrivée de nouveaux
venus qui seraient indésirables.
Quel
conseil me donnez-vous ?
Chaque
cas nécessite un examen personnalisé. Rencontrez votre
notaire avant toute prise de décision. Il vous donnera toutes
les informations et mettra au point la solution la plus adaptée
à votre cas
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