Un premier quart-temps sans premier quart-temps… Le problème de ce genre de match, c'est qu'il est très difficile de les gagner en 3 quarts-temps. En effet, le premier round entre les deux équipes a littéralement vu la JA Vichy faire un cavalier seul. Pour preuve, une véritable déferlante offensive des verts, pendant laquelle le STB n'a fait que déplorer les dégâts : 17-3 pour les coéquipiers d'un Ball très présent. Durant ce premier quart de jeu, je me suis un petit peu demandé ou j'étais arrivé… suis-je bien aux docs ? S'agit-il bien d'un match où d'un exercice offensif où le but est de laisser l'attaquant dérouler son jeu et ses phases jusqu'au bout pour leur assurer une véritable fluidité offensive, une confiance à toute épreuve… Mais non ! En fait, ce qui se passait c'est que tout doucement, le STB coulait… Mais où donc étaient les Traoré, roi de la contestation de la passe ; les Thompson, toujours présents a 200% sur une contre-attaque, les JK Edwards toujours solide défensivement, imperturbable ; mais où étaient Sommerville et Cox, les gâchettes ? Eh bien non, visiblement ce soir, tout le monde était absent, personne pour se distinguer …

Lors du deuxième quart, pas plus. Personnellement, je dois avouer que je commençais à voir le score final d'une manière pas tout à fait heureuse… je me voyais devoir affronter les moqueries amicales de mes amis du SLUC. En effet, depuis le début d'année une sorte de compétition s'est installée entre nous. J'ai parié qu'à la fin de la saison, le STB ne finirais pas à plus de deux places derrière le SLUC… j'ai même été jusqu'à parier un menu maxi best of BIG M** (pas de publicité, désolé, le CSA pourrait me tomber dessus) qu'il était même possible que le STB finisse devant… eh oui ! Je suis confiant… Malheureusement, lors du deuxième quart, les hommes de Monschau ne se réveillent toujours pas… Même lui ne se fâche même plus : très vite, on a le sentiment qu'il avait compris. Ce soir, il semble que ce soit un jour sans, un de ses jours où l'on est contraint de suivre le match, comme si l'on était dans les tribunes… On a envie de faire quelque chose, mais la main ne suit pas, elle tremble, le dribble n'est plus infaillible, la balle se fait tout d'un coup fuyante, glissante, bref, rien ne va plus… Tout ça pour dire que pendant le deuxième quart-temps, les choses ne s'améliorent pas …Même s'il faut rester positif et s'efforcer de voir la bouteille à moitié pleine, on peut tout de même se satisfaire du fait que le STB offre enfin une mini-résistence, mais cela reste bien pâle… Les blancs n'y sont toujours pas vraiment, même si quelque peu convalescents. A la mi-temps, l'écart ne reflète pas le léger mieux… C'est tout de même pas le nirvana, loin de la (ça rime, à souligner : l'effort de l'auteur pour rendre son texte plus ou moins agréable et poétique).

C'est la pause, mon téléphone vibre… qui est-ce ? Qu'est-ce? Un texto de Mathieu: « Are you serious? Where are you? » … Eh voila! Ça commence, au SLUC, les espoirs suivent le match du Saint Thomas Basket, et ça commence déjà à vanner… « Attends la fin du match, on verra » lui ais-je répondu faisant l'optimiste… Honnêtement, tout laissait penser que la seconde période serait bien meilleure que la première : forcément, on ne pouvait pas tomber plus bas.

Le troisième quart va commencer. Dès le départ, on oublie très vite les espoirs de retour de l'équipe… Dès le départ, la JA vichy accélère, accélère encore et fait preuve d'une réelle maîtrise de son sujet. Ainsi, un 9-0 est infligé… Saint Tho coule vraiment et se retrouve plus que jamais au fond du trou…27-54… ça rime presque avec grosse claque…mais… ça rime aussi presque avec come-back ! Et la, le messie entre sur le terrain. Romain Duport, pour son entrée, nous gratifie d'un rebond défensif des plus rageant, avec sur l'action qui suit, un panier primé… Saint Tho revit, saint tho y croit de nouveau et la salle entière se réveille… L'équipe se transforme de suite en un groupe soudé de guerriers rageurs et prêts à se jeter sur chaque ballon, sur chaque rebond, contestation de toutes les passes, de tous les déplacements… C'est bien simple on a l'impression que plus rien ne passe, et que Saint Tho a renversé la tendance… On retrouve une défense solide et disciplinée. C'est bien ce qui montre le manque de confiance dont étaient victime les thomistes : un nouveau joueur entre et montre qu'il est confiant. Cela suffisait pour remettre toute l'équipe sur les rails. Duport se rappelle aux souvenirs des joueurs adverses en leur rappelant qu'un pivot peut aussi savoir marquer a 3… et hop ! Un deuxième panier a trois points… ; Le STB va désormais beaucoup mieux mais accuse toujours un retard significatif de 18 points. Un point important cependant, les adversaires semblent abattus, et le mental a changé de camp. La JAV est surprise, déstabilisée, on la surprend même chancelante avec une fin de quart temps mauvaise : les shoot qui s'enfilaient auparavant butent contre l'arceau, tapent la planche, mais finissent toujours par sortir…

On espère tous alors. Le stade entier espère. Les supporters plutôt silencieux jusque la, retrouvent la dynamique, le stade entier applaudit, et les quelques courageux supporters du Sud se retrouvent d'un coup bien moins motivés et plus aussi certains de repartir avec les deux points de la victoire.

C'est alors que le dernier round décisif démarre. Profitant dorénavant d'un avantage psychologique certain sur leurs adversaires, les Causeur et Duport vont porter l'équipe, et l'incroyable, l'impensable se produit : la défense de la JAV explose, éclate et l'attaque reste muette. Ainsi, pendant une éternité, le compteur des verts reste bloqué… et la JAV ne marque plus, plus rien du tout. Silence radio. En face, le STB déroule enfin ! le jeu est redevenu fluide, difficile à contrer, chacun sait refaire ce qu'il sait faire de mieux, a l'image de 2 gros dunks énormes de Edwards, deux contre attaques limpides et fulgurantes de Causeur, un trois point supplémentaire et plusieurs rebonds offensifs pour Duport, les trois points des Sommerville et autre Cox. Et c'est ainsi que le STB nous montre une incroyable remontée, un incroyable renversement de situation. Le miracle s'était produit : et voila le STB qui mène maintenant de deux points ! Quel match ! Même le coach adverse ne semblait pas si furieux que cela contre ces joueurs, comme s'il les avait prévenu que cela était possible et même probable. Le stade est en délire, les docs chavirent de bonheur, il reste 1.30 minutes, et nous sommes devant de deux petits points… La fin de match s'annonce aussi tendue que palpitante… un trois points marqué par ce diable de Ball, deux balles perdues et deux fautes concédées plus tard, le STB s'incline, somme toute, assez logiquement, après une remontée, une course-poursuite des plus formidables. 27 points remontés, tout de même, en environ 10 minutes…

Pour la petite histoire, j'ai eu le droit aux félicitations de Mathieu, l'homme du sms, qui n'en revenait pas non plus de l'incroyable remontée des thomistes. Autre petite anecdote, mon directeur était là ce soir-là, et, alors que je craignais de le voir sortir à la mi-temps, il est patiemment resté et jusqu'au bout… Je remercie les joueurs d'avoir fait en sorte que le spectacle soit là en fin de partie… De quoi es-ce que j'aurais eu l'air, moi, sinon ? Moi qui lui avait proposé une place pour ce match, en lui promettant un match de qualité …et, heureusement, il y en a eu, du spectacle. Peut -être que du coup, il reviendra mon directeur… et voila, un supporter de plus !

Est-ce commun ? Tous les clubs ont-ils le potentiel, la force mentale nécessaire pour le faire ? Assurément non, et je puis vous assurer mesdames et messieurs les supporters du STB, que nous pouvons être fier de notre équipe, très fier même. N'oublions pas que ce sport reste un jeu, qu'il est là pour donner du spectacle, pour faire passer une bonne soirée aux supporters et aux spectateurs qui se déplacent. Certes, ce n'est pas de la NBA, mais c'est de la pro A, et c'est magique : dans le stricte respect (ou presque) des règles du code de jeu, on peut tout de même avoir un match de très haut niveau, tant sur le plan basket que sur le plan spectacle. Le début de match état certes laborieux, je vous accorde ce point, mais le dernier quart-temps était sans nul doute formidable et le spectacle certainement au rendez-vous. Le match est perdu, deuxième défaite de suite, c'est un fait… Mais cette défaite a des allures de victoires par beaucoup d'aspects. La seule chose à retenir est qu'un match se joue sur 4 quart-temps… ça peut paraître simple à dire et pourtant… c'est tellement vrai ! Ceci dit, ne laissons pas trop longtemps la place aux regrets et autre déceptions :en jouant comme ce qu'a montré l'équipe sur 1 quart-temps et demi, je pus vous assurer, mesdames et messieurs, que peu de clubs, très peu de clubs du championnat seront en mesure de nous résister. Le tout est désormais de se remettre au travail. Il y en a, certes, et le coach le sait (souhaitons lui en passant un excellent rétablissement), mais il doit être content de ses hommes. Ils ont montré qu'ils étaient vraiment capables du meilleur… comme du pire malheureusement… Avec un brin d'expérience en plus, et une pincée de concentration ajoutée en début de partie et la recette magique se fera : le STB est, mais, surtout, seras ; Allez Saint Tho !