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Un livre d'Elif Shafak
  ..et la note de lecture de Christine

 

« La vérité est un miroir tombé de la main de Dieu et qui s'est brisé. Chacun en ramasse un fragment et dit que toute la vérité s'y trouve » (Rumi)

J’ai lu « Un amour soufi » au cours de cet étrange hiver 2012… longtemps qu’un livre ne m’avait pas accompagné si intensément et si directement … des mots qui font écho au vécu - quotidien, immédiat et transcendé – et réciproquement. Est-ce cela être prêt ? Prêt à entendre ce que le cœur souffle à l’esprit et ce que l’esprit souffle à l’âme qui à son tour souffle des mots,  en l’occurrence ceux du poète Rumi -alias Jalâl ud Dîn Rûmî alias Mawlana - et de son ami et inspirateur, le derviche errant Shams de Tabriz, pépites qui jalonnent ce roman initiatique.  Prêt à se laisser aller au lâcher-prise, tout comme Ella Rubinstein, personnage féminin middle-américain du  XXIème siècle, à laquelle, malgré quelques aspects bien pensants/bien WASP,  il est somme toute assez facile de s’identifier, ne serait-ce que par sa façon bien à elle de faire la cuisine …  Prêt pour l’attention véritable, en route vers la compréhension sincère et désintéressée de ce qui se passe ici, maintenant, autour, en résonance au plus profond … en effet, qu’on les prenne pour sagesse ou folie, les 40 Règles de Shams de Tabriz accompagnent et forment de véritables clés pour l’Amour et la Compassion, qualités humaines incompressibles.
Cette mise en abyme historique mène le lecteur dans un voyage spatio-temporel entre le Massachussetts contemporain et la ville turque de Konya au milieu du XIIIème siècle, au cœur d’une  rencontre « virtuelle » - en ce qu’elle utilise à ses débuts les  «  outils modernes de la communication » -  mais O combien réelle par la profondeur du sentiment qui va bousculer les deux protagonistes, Ella et Aziz. Lire la suite de la note de lecture et un extrait du livre

Pour en savoir plus sur Rumi

Soufi, mon amour / Elif Shafak ; traduit de l'anglais par Dominique Letellier. - Paris : Phébus, impr. 2010. - 1 vol. (405 p.) : couv. ill. en coul. ; 21 cm.

Glossaire
ISBN 978-2-7529-0446-1 (br.)

 

 

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Un livre d'Henry Bauchau
  Le tout début d'un poème de François Philipponnat, un poème qui a rythmé notre séjour à Florac

 

..et le cri du cœur de Rebeka
extrait de : Cent remarques sur tout

Si je devais rajouter ma petite pierre [à vos coups de cœur littéraires] je donnerais "L'enfant bleu" de Henry Bauchau, que je relis, qui me porte, me transporte, m'hallucine, comme "déluge". J'aime violemment cet auteur qui fêtera ses 100 ans l'année prochaine, quelle joie de le savoir encore parmi et près de nous. Ses journaux sont aussi troublants que ses romans, pour la part d'éternité que dévoile son quotidien.

.


 

A première vue
rien

Pour que ça fourmille

il faut zoomer

 

*

A première vue
trop

 

Pour l’irréductible
il faut laisser faire l’érosion

jusqu’à nomenclature du simple

Le simple n’est ni vrai ni faux

simple

mais les oreilles en parlent

et tout se complique

L'enfant bleu / Henry Bauchau. - Arles : Actes Sud ; [Montréal] : Leméac, impr. 2006. - 1 vol. (442 p.) : couv. ill. en coul. ; 18 cm. - (Babel ; 727).

ISBN 2-7427-5840-2 (Actes Sud). - ISBN 2-7609-2528-5 (Leméac)


 

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Une série de livres d'Aki Shimazaki
  Babeth nous envoie aussi ce poème de Jacques Roubaud

 

..et le point de vue de Babeth sur ces livres
Vint stations d'enfance

J'ai été conquise par les livres de Aki Shimazaki, auteure japonaise qui écrit en français, langue de son pays d'adoption, le Canada où elle réside depuis de nombreuses années.
Chacun des cinq livres est la pièce d'un puzzle que le lecteur reconstitue peu à peu. Les différents personnages livrent la même histoire à travers leur époque, leur génération, leur place au sein de la famille, il y est question d'exil, de trahison, de vieillesse, de filiation, de racisme, de mensonge, ils se racontent avec pudeur et franchise.
Le poids des secrets c'est aussi l'histoire du Japon au XX ème siècle, en proie à son destin, la difficile relation avec la Corée, le dramatique tremblement de terre de 1923, la bombe sur Hiroshima et Nagasaki et les drames humains qui en ont découlé.
J'ai aimé l'écriture fine et précise, chaque livre tourne autour d'un détail infime, une fleur,  un coquillage, une hirondelle et c'est tout l'art japonais, délicat et subtile qui se répand au fil des cinq petits volumes.


1
                    1936, Tulle
                    la grande fenêtre
  *    qui approche
                    et touche mes yeux


2
                    1940, rue d’Assas, Carcassonne
                    jamais l’aube à grands
  *    cris bleui
                    ssant’ notre lavoir

Pour lire la suite, rendez-vous sur le site du Printemps des poètes 2012


Le poids des secrets / Aki Shimaraki. - Arles : Actes Sud. - 18 cm. - (Babel).
1 - Tsubaki. - Impr.. 2005. - (Babel ; 712).......................4 - Wasurenagusa. - Impr. 2008. - (Babel ; 925).
2 - Hamaguri. - Impr. 2006. - (Babel ; 783)....................5 - Hotaru. - 2005. - (Babel ; 971).
3 - Tsubame -Impr. 2007. - (Babel ; 848).

 

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Un livre de Boubacar Boris Diop
  En écho - terrible écho -, un texte de Marcelle Delpastre

 

..et le point de vue d'Annette sur ce livre
Le génocide

De retour dans son pays après de longues années passées à l'étranger, Cornélius mène son enquête sur le génocide rwandais. Ce qu'il va découvrir dépasse tout ce qu'il avait imaginé...
Issu d'un atelier d'écriture mis en place à Kigali, « Murambi, le livre des ossements » écrit par le sénégalais Boubacar Boris Diop, nous parle du génocide rwandais et de la responsabilité de chacun. Sans voyeurisme mais avec une immense lucidité, Diop fait vivre ses personnages, victimes, bourreaux, rescapés, permettant ainsi d'aborder le génocide dans toutes ses nuances. Où se situe le bien ? Où se situe le mal ? Le coupable l'est-il toujours ? Où s'arrêtent les limites de l'innocence ? Où commence le double jeu ? A quel moment le coupable devient-il victime à son tour ? Quand le génocide aura-t-il définitivement pris fin ? Quel rôle la France a-t-elle joué dans ces événements préparés de longue date ?
Un livre fort, qui nous fait réfléchir. Un livre qui me touche de près...

 

Ils ont lié les enfants aux arbres, ils ont crucifié les enfants. Ils ont joué avec leurs ongles, des groseilles a giclé le sang. Ils ont joué avec leur gorge, le râle des bouches a maudit le vent. Dans la flamme et dans la chaux vive ils ont jeté les corps vivants.
Les arbres ont porté des fruits sans graine, les arbres ont germé la mort. La chaux a crié de rire en dévorant les os. Rouge la flamme crache, sa fumée l'étouffe, le vent se charge du message des pourritures et de l'odeur du rôt.
- Mange-les maintenant que tu les as fait cuire ! Dans tes saloirs et tes charniers tu as assez pour vivre l'éternité. Tu as comblé le creux de la colline, ta maison est bâtie d'un mortier de chair, tu te baisses pour boire aux fontaines et dans tes paumes jaillit le sang.
Cet homme se retourne et je vois ses beaux yeux innocents.

Murambi, le livre des ossements : roman / Boubacar Boris Diop ; préface de l'auteur. - Paris : Zulma, impr. 2011 . - 1 vol. (268 p.) ; 19 cm.

ISBN 978-2-84304-550-9 (br.)

 

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